Sciences humaines

  • Mort à Mud Lick

    Eric Eyre

    2005?: William «?Bull?» Preece, quarante-cinq ans, est découvert mort dans son mobile home rouillé d'une overdose à l'oxycodone, un opioïde puissant délivré sur ordonnance. Debbie Preece, sa soeur, se l'est juré?: Bull ne sera pas un autre chiffre dans le bilan humain désastreux des Appalaches. Bébés nés dépendants, familles détruites... Le taux de décès par overdoses aux opioïdes a quadruplé en quelques années.

    2013?: Eric Eyre travaille depuis quinze ans à la Charleston Gazette, dont la devise est «?s'indigner sans relâche?». Il a reçu un coup de téléphone?: des liens suspects existent entre le procureur général de l'État et l'industrie pharmaceutique. Comment sept cent quatre-vingt millions de comprimés d'oxycodone et d'hydrocodone ont-ils pu être déversés en Virginie-Occidentale sans que personne ne dise un mot?? Comment une pharmacie, celle où Bull se procurait ses comprimés, a-t-elle pu vendre plus de deux millions d'analgésiques, autrement dit d'antidouleurs, dans une ville qui ne compte que trois cent quatre-vingt-deux âmes?? Et si Bull avait été la victime, parmi tant d'autres, d'un vaste trafic, juteux pour les uns, mortel pour les autres?? Pablo Escobar et El Chapo n'auraient pas mieux organisé les choses. Eric le pugnace entreprend de remonter le fil, et ce qu'il découvre dépasse l'entendement.

  • Nombre de femmes et d'hommes qui cherchent l'épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s'invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies et qui revient aujourd'hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l'amour hétérosexuel, ce livre propose une série d'éclairages.
    Au coeur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d'infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d'elles-mêmes et le bonheur amoureux. Le conditionnement social, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l'abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques. Même l'attitude que chacun est poussé à adopter à l'égard de l'amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu'être malheureuses. Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l'espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ?

  • La crise sanitaire semble avoir servi de révélateur à ce qui était une tendance de fond : la mise à distance de l'autre, l'évaluation préalable des conséquences de la prise de contact, nous projetant dans un monde de sécheresse, de froidure et de solitude émotionnelle et physique. En réalité, on observe que cette évolution a provoqué une résistance, comme une révolte, où les baisers occupent à nouveau une place de choix : pour vivre plus chaleureusement ou intensément, il nous faudra prendre le risque de nous embrasser. Revisitant toute l'histoire du baiser, qui fut longtemps une pratique plus politique et religieuse qu'amoureuse, et s'appuyant notamment sur une récente étude sociologique, Kaufmann analyse l'émergence étonnante d'une nouvelle forme de romantisme dans nos sentiments.

  • Le travail est devenu le principe d'organisation central de nos sociétés. Pourquoi travaillons-nous autant ?
    Comment le travail a-t-il pu façonner l'évolution de notre espèce ? Quelles sont les conséquences sociales, économiques et environnementales de notre culture du travail ? Peut-on imaginer un monde où le travail jouerait un rôle moins essentiel dans nos vies ? Autant de questions cruciales auxquelles James Suzman apporte un éclairage nouveau.
    Cette histoire de l'espèce humaine au prisme de notre rapport au travail, nous montre que ce type d'activité a toujours été fondamental, mais que notre obsession de la productivité est un phénomène moderne dont on commence à peine à mesurer les effets contreproductifs. Puissant dans les découvertes de l'épigénétique, de l'éthologie, de la génomique, de l'anthropologie sociale, de l'économie et de la théorie de l'évolution, ce livre déconstruit les représentations ordinaires du travail.

  • « À la fin de notre vie, ce qui nous aura rendu le plus heureu-ses, c'est d'avoir eu des relations riches et profondes avec les autres. Alors ma question, c'est : comment on fait ? » Dans un monde qui confond trop souvent amour, violence et dominations en tous genres, nous avons besoin de nouveaux modèles pour vivre des relations affectives plus profondes et plus égalitaires les un-es avec les autres.
    C'est le sens de la grande conversation collective que Victoire Tuaillon a lancée avec le podcast Le Coeur sur la table, afin de jeter les bases d'une vraie révolution romantique : témoignages, éclairages d'expert-es et expériences vécues interrogent les façons dont on s'aime aujourd'hui... et dont on pourrait s'aimer demain.

    Ce livre reprend les épisodes du podcast, et va plus loin avec de nombreux témoignages inédits, des sources et des ressources, pour mieux analyser les vieux schémas dont beaucoup ne veulent plus, et les nouvelles pratiques qui émergent, individuelles ou collectives.

    Parce que l'amour, c'est une des façons de faire la révolution.

  • Les hommes doivent se détacher des hommes. Ils doivent refuser de rester plus longtemps les complices actifs de cette solidarité masculine si destructrice, qui favorise l'entre - soi, sature l'espace public et protège les individus les plus nuisibles. Ils doivent quitter la meute et ses codes. Ils doivent se débarrasser une bonne fois pour toutes de la pression collective qui les pousse à se comporter en prédateurs et en petits chefs. Ils doivent dire non aux bizutages, aux examens de passage, aux tests de masculinité. Ils doivent avancer seuls, apprendre à penser par eux-mêmes et non en fonction du groupe, et se comporter comme des êtres humains dignes et respectueux. Ils doivent arrêter de se réfugier derrière un fatalisme bon teint en vertu duquel il ne serait plus possible d'enrayer le sexisme ordinaire, les discriminations quotidiennes, l'impunité des agresseurs. Se comporter en homme, en homme digne de ce nom, c'est à la fois cesser de jouer à qui a la plus grosse et dire définitivement non à ces indécentes marques de connivence avec des types médiocres, euphoriques d'être qui ils sont alors qu'ils devraient sincèrement en avoir honte.

    Journaliste et enseignant, THOMAS MESSIAS explore la façon dont les groupes d'amis hommes se forment et se développent sur des conceptions rétrogrades des relations femmes-hommes, du rapport à la virilité, de la vie de couple, de l'humour, etc. ; comment ils alimentent le patriarcat en tirant chaque jour profit de leur domination, s'alliant avec des êtres aussi dominants qu'eux pour être plus épanouis, plus insouciants et plus puissants que jamais. Il démontre, impitoyable, pourquoi il est crucial de parvenir à redéfi nir les principes et les objectifs de l'amitié masculine, avec, comme seule issue, la nécessité de dynamiter ces groupes de l'intérieur, ou de les quitter purement et simplement s'il semble impossible de les faire évoluer positivement.

  • « Je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche », expliquait Montaigne à propos de la longue chevauchée qu'il fit à travers l'Europe en 1580.

    Gaspard Koenig aussi sait ce qu'il fuit : les injonctions permanentes des gouvernements et des algorithmes. Il s'est donc lancé sur les traces de Montaigne, en suivant le même itinéraire, avec le même moyen de transport : un cheval, ou plutôt une jument, Destinada. Pour rejoindre Rome, le cavalier et sa monture ont parcouru 2 500 kilomètres pendant cinq mois, passant par le Périgord, la Champagne, les Vosges, la Bavière, la Toscane...

    Toquant aux portes pour trouver gîte et couvert, parcourant les campagnes mais aussi les zones commerciales et les centres-villes, l'écrivain a eu tout le loisir de « frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui », comme le recommandait Montaigne. Dans cette plongée au coeur des territoires, la générosité et l'hospitalité sont presque toujours au rendez-vous.

    Au rythme du pas, notre modernité révèle ses vertus et ses travers. L'occasion pour l'auteur de renouer avec certains thèmes chers à Montaigne : la relation entre l'homme et l'animal, l'art du dépouillement, les conflits religieux, la diversité des cultures ou les leçons de la nature...

    Au fond, que Gaspard Koenig pouvait-il bien chercher dans un tel vagabondage, sinon la liberté ? La sienne, celle que l'on cultive dans cette « arrière-boutique » où se réfugiait Montaigne. Mais aussi la nôtre, exigence politique plus contemporaine que jamais.

  • « Pourquoi quiconque voudrait brûler des livres ? Parce qu'ils sont incendiaires, et porteurs de pouvoir. Le texte écrit recèle parfois des idées radicales [...] il est un symbole, un porteur de philosophies explosives. » Philosophicæ Historica est un parcours exceptionnel dans l'histoire mondiale de la pensée qui démontre la force et l'engagement des grands écrits philosophiques à travers les siècles et les continents. Loin de l'image d'épinal du philosophe coupé de ses pairs et enfermé dans des théories abstraites, ce recueil richement illustré nous montre combien les grandes oeuvres philosophiques ont directement contribué non pas seulement à comprendre le monde, mais aussi et surtout à le questionner et à le transformer : elles ont révolutionné la science, l'histoire, le politique...
    Des Maximes de Ptah-Hotep rédigées en 2500 avant Jésus-Christ en Basse-Égypte, jusqu'aux textes les plus contemporains, des Origines du totalitarisme d'Arendt à L'Histoire de la sexualité de Foucault, laissez-vous conter la fabuleuse et transgressive histoire de la philosophie.

  • « La honte est l'affect majeur de notre temps. On ne crie plus à l'injustice, à l'arbitraire, à l'inégalité. On hurle à la honte. » Frédéric Gros.

    On peut avoir honte du monde tel qu'il est, honte de ses propres richesses face à ceux qui n'ont rien, honte de la fortune des puissants lorsqu'elle devient indécente, honte de l'état d'une planète que l'humanité asphyxie, honte des comportements sexistes ou des relents racistes.
    Ce sentiment témoigne de notre responsabilité. Il n'est pas seulement tristesse et repli sur soi, il porte en lui de la colère, une énergie transformatrice. C'est pourquoi Marx proclame que la honte est révolutionnaire.
    Dans cet essai qui prolonge la réflexion de son livre Désobéir, Frédéric Gros, convoquant notamment Primo Levi et Annie Ernaux, Virgine Despentes et James Baldwin, explore les profondeurs d'un sentiment trop oublié de la philosophie morale et politique.

  • C'est un carnet de voyage au pays que nous irons tous habiter un jour, cette contrée qu'on ne sait comment nommer : la vieillesse ? Les mots se dérobent. Aurait-on honte, dans notre société, de prendre de l'âge ?
    Plus de cinquante après l'ouvrage magistral de Simone de Beauvoir sur la vieillesse, je tente de faire éprouver ce qui est l'essence même de notre finitude.
    Ce livre n'est en aucun cas un guide pour bien vieillir, mais la description subjective de ce que veut dire vieillir, ainsi qu'un cri de colère contre ce que la société fait subir aux vieux. La vieillesse demeure un impensé. Simone de Beauvoir avait raison : c'est une question de civilisation. Continuons le combat !
    L. A.

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