Sélection 2022

  • Shuggie bain

    Douglas Stuart

    BOOKER PRIZE 2020 - Glasgow, années 1980, sous le règne de fer de Margaret Thatcher. Agnes Bain rêvait d'une belle maison bien à elle, d'un jardin et d'un homme qui l'aime. A la place, son dernier mari la lâche dans un quartier délabré de la ville où règnent le chômage et la pauvreté. Pour fuir l'avenir bouché, les factures qui s'empilent, la vie quotidienne en vrac, Agnes va chercher du réconfort dans l'alcool, et, l'un après l'autre, parents, amants, grands enfants, tous les siens l'abandonnent pour se sauver eux-mêmes.
    Un seul s'est juré de rester, coûte que coûte, de toute la force d'âme de ses huit ans. C'est Shuggie, son dernier fils. Il lui a dit un jour : "Je t'aime, maman. Je ferai n'importe quoi pour toi". Mais Shuggie peine d'autant plus à l'aider qu'il doit se battre sur un autre front : malgré ses efforts pour paraître normal, tout le monde a remarqué qu'il n'était pas "net" . Harcèlement, brimades, injures, rien ne lui est épargné par les brutes du voisinage.
    Agnes le protégerait si la bière n'avait pas le pouvoir d'effacer tous ceux qui vous entourent, même un fils adoré. Mais qu'est-ce qui pourrait décourager l'amour de Shuggie ? Shuggie Bain est un premier roman fracassant qui signe la naissance d'un auteur. Douglas Stuart décrit sans détour la cruauté du monde et la lumière absolue.

  • Au centre, Manon.
    Autour, une ronde de personnages, qui projettent sur elle leurs peurs, leurs insécurités et leurs fantasmes.
    Ils croient la connaître mieux que personne. Ce sont ses parents, ses frères, son amie au lycée, l'homme qu'elle aime. Et ce sont eux qui vont raconter cette année où tout bascule parce que Manon, seize ans, entame une relation avec un éditeur de bande-dessinée de trente ans son aîné. Elle a du talent. Il va la publier. Ils s'aiment. La femme de l'éditeur aussi l'aime. Les lignes se brouillent, tout se mélange : l'histoire qu'ils vivent et l'écriture de la bande-dessinée, l'admiration, l'amour. Et le passé ressurgit soudain dans le présent.
    Rapidement, la mère de Manon refuse ce prétendu amour, cherche à protéger sa fille par tous les moyens, s'expose à la colère adolescente de celle-ci. Deux visions du monde s'affrontent. Deux visions de l'amour. Deux visions de ce que signifie être adulte. Et entre elles, d'autres voix, qui chacune renferme un morceau de la vérité.
    Et au centre, Manon.

    Comme Laura Kasischke, Manon Fargetton croise des points de vue contradictoires, voire divergents, pour mieux saisir la réalité. Un roman choral saisissant et novateur. D'une éblouissante sensibilité qui épouse au plus juste la psychologie des protagonistes, Tout ce que dit Manon est vrai réinvente l'autofiction.

  • Au-delà de la mer

    Paul Lynch

    « Muets de saisissement, Hector et lui regardent le monde se recomposer dans une magnificence de couleurs. Comme s'ils étaient les premiers à contempler des ciels pareils. Chacun commence à entrevoir la vérité de l'autre, à deviner qu'ils sont tous les deux pareillement démunis au coeur de la vérité des choses. Et qu'au sein d'une telle immensité, ce qu'un homme porte en son coeur n'a plus guère de poids. ».
    Malgré l'annonce d'une tempête, Bolivar, un pêcheur sud-américain, convainc le jeune Hector de prendre la mer avec lui. Tous deux se retrouvent vite à la merci des éléments, prisonniers de l'immensité de l'océan Pacifique. Unis par cette terrifiante intimité forcée et sans issue, ils se heurtent aux limites de la foi et de l'espoir, à l'essence de la vie et de la mort, à leur propre conscience.
    Dans ce face-à-face d'une intensité spectaculaire, Paul Lynch explore la condition humaine avec une force digne d'Hemingway ou de Camus, et s'impose définitivement comme un virtuose des lettres irlandaises.

  • Dans la forêt, un homme marche en direction du camp de chasse où sa famille s'est réfugiée pour fuir les bouleversements causés par une panne électrique généralisée. Il s'enfonce dans les montagnes en suivant les sentiers et les ruisseaux.
    Affrontant l'hostilité de ces contrées sauvages, il doit aussi se méfier des autres qui, comme lui, ont choisi de disparaître dans les bois. Sur son chemin, un petit garçon l'interpelle. Il a une dizaine d'années, une chevelure en broussailles et des yeux noirs comme du charbon. Bien que la présence de cet enfant en ces lieux demeure un mystère, l'homme laisse tomber sa solitude et poursuit sa route avec lui. Lorsqu'ils arrivent au camp, ils découvrent une communauté organisée autour du troc de viande, de tâches diverses et d'une vieille génératrice.
    Christian Guay-Poliquin offre avec Les ombres filantes une fable politique étonnante sur la nécessité, pour toute société, de prendre en compte l'avenir de sa jeunesse.

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