Bicentenaire Gustave Flaubert : 12 décembre 2021

  • Le dernier bain de Gustave Flaubert

    Régis Jauffret

    • Seuil
    • 4 Mars 2021

    « Conçu à la mi-mars 1821 d'un coup de reins que j'ai toujours eu quelque peine à imaginer je suis né le mercredi 12 décembre à quatre heures du matin. Il neigeait sur Rouen, une légende familiale prétend que ma mère se montra si stoïque pendant le travail qu'on pouvait entendre tomber les flocons sur les toits de la ville. Quant à moi, je serais bien resté quelques années de plus dans le ventre à l'abri de l'imbécillité du monde.
    Désespéré de naître j'ai poussé un atroce hurlement. Épuisé par mon premier cri je semblais si peu gaillard qu'on attendit le lendemain pour me déclarer à l'état civil car si j'étais mort entre-temps on en aurait profité pour signaler mon décès par la même occasion ».

    Le 8 mai 1880 au matin Gustave Flaubert prit un bain. Il décéda peu après dans son cabinet de travail d'une attaque cérébrale sans doute précédée d'une de ces crises d'épilepsie dont il était coutumier. Allongé dans l'eau il revoit son enfance, sa jeunesse, ses rêves de jeune homme, ses livres dont héroïnes et héros viennent le visiter. Il se souvient d'Élisa Schlésinger, la belle baigneuse de Trouville qui l'éblouit l'année de ses quinze ans, de Louise Colet dont les lettres qu'il lui adressa constituent à elles seules un chef-d'oeuvre mais aussi de l'écrivain Alfred Le Poittevin qui fut l'amour de sa vie.

  • Voici un Flaubert par lui-même et ses proches grâce à Michel Winock. Il nous montre d'où vient son exécration de son siècle qui ressemble souvent à une aversion pour l'existence elle-même et sa quête passionnée d'une transcendance qui se révèle très tôt celle de l'Art.
    On sait énormément de choses sur Flaubert, grâce à ses écrits de jeunesse, sa Correspondance, et aussi sur son travail, dont il a conservé les traces, des scénarios aux brouillons. Il faut un connaisseur comme Michel Winock qui lui a déjà consacré une biographie magistrale pour ordonner un ouvrage à base de citations. Il met au jour les thèmes récurrents dans son oeuvre, trie, classe, élague et ouvre des pistes auxquelles on n'aurait pas pensé. Il parle des lieux (Rouen) où, fils d'un médecin en vue, Flaubert a vu le jour en 1821 ; Croisset, sa thébaïde des bords de Seine où, épuisé de travail, il est mort foudroyé par une hémorragie cérébrale cinquante-neuf ans plus tard), et tout autant de ses amis (Sand, Tourgueniev...), de ses amours (aucunes ne lui réussirent vraiment), de ses tourments financiers et des anathèmes dont il accablait les "bourgeois" et ses éditeurs.

  • Mémoires d'un fou

    Gustave Flaubert

    • Mille et une nuits
    • 13 Octobre 2021

    Oeuvre de jeunesse et autobiographique de Gustave Flaubert, Mémoires d'un fou raconte les années d'apprentissage de l'écrivain : ses premières amours, ses désillusions, ses solitudes. « Un texte aussi sincère, aussi intime que peut l'être une lettre d'amour » comme le remarque Régis Jauffret dans une préface inédite.
    « Vous tournerez les pages en tremblant d'être surpris par le fantôme du maître. Du fond de la tombe voisine il vous maudira de violer le secret de sa jeunesse qui aurait dû demeurer hors de portée des regards humains jusqu'à la consommation des siècles. ».

    Que Gustave Flaubert nous maudisse, notre plaisir à lire ses Mémoires d'un fou ne sera que plus vif. On s'amusera donc à braver l'avertissement que Régis Jauffret nous adresse dans sa préface pour découvrir les confessions audacieuses d'un fou d'amour.

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  • Flaubert

    Marie-Hélène Lafon

    • Buchet chastel
    • 4 Octobre 2018

    Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection « Les auteurs de ma vie » invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.

    « Flaubert à cheval.
    Flaubert fut beau.
    Flaubert fut jeune.
    Jeune. Glorieux. Blond, bouclé. Grand et bien fait.
    Flaubert eut mal aux dents.

    Il fut foudroyé à dix-sept ans sur le chemin de Pont-l'Évêque ; on ne sait pas bien par quoi il fut foudroyé ; il le fut et il échappa au Droit et il put commencer à devenir.

    Flaubert est inépuisable.
    Flaubert for ever. » Marie-Hélène Lafon

  • George Sand à Nohant ; une maison d'artiste

    Michelle Perrot

    • Points
    • 11 Juin 2020

    « Il est difficile de parler de Nohant sans dire quelque chose qui ait rapport à ma vie présente ou passée », écrivait George Sand. C'est par Nohant, par sa maison, que je l'ai rencontrée. Nohant, elle en rêvait comme d'un phalanstère d'artistes, une communauté égalitaire, un endroit de création et d'échanges par la musique (Liszt, Chopin, Pauline Viardot), la peinture (Delacroix, Rousseau), l'écriture (Flaubert, Dumas, Fromentin, Renan, Tourgueniev...), le théâtre, la conversation. Ce lieu, Sand l'a investi. Nohant est le creuset d'une utopie, pénétrée par le désir de changer le monde.

    Pas plus que personne, Sand n'a réalisé son rêve. Aujourd'hui, il nous reste ce lieu, de pierre et de papier, témoin d'une histoire d'amour aux accents infinis.

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  • Lire, le magazine littéraire Hors-Série ; Gustave Flaubert

    Le Magazine Litteraire Lire

    • Lire magazine
    • 19 Janvier 2021

    Gustave Flaubert, hors-série anniversaire ! Sa vie, ses grands romans, son influence... Lire Magazine Littéraire met Flaubert à l'honneur dans un numéro passionnant de 100 pages pour tout savoir de cet écrivain par excellence.

  • Flaubert, itinéraire d'un écrivain normand

    Stéphane Dord-Crouslé

    • Gallimard
    • 11 Mars 2021

    Né à Rouen en 1821, Gustave Flaubert puise son inspiration dans sa ville natale, de même que dans la Normandie tout entière qu'il parcourt depuis son enfance : Trouville, Pont-l'Évêque, Honfleur...autant de lieux et de souvenirs qui nourrissent son oeuvre.
    Pendant plus de trente ans, Flaubert rédige l'essentiel de ses romans dans sa demeure de Croisset, loin du monde, tel un reclus sacrifiant sa vie aux exigences de son art. Ses voyages à Paris lui offrent cependant divertissements mondains et plaisirs littéraires où il côtoie Zola, Maupassant, les Goncourt ou George Sand. C'est aussi à Paris qu'il fait la connaissance de Maxime Du Camp. Il l'accompagnera dans son voyage en Orient, en Grèce et en Italie.
    Mêlant documents d'archives et photographies contemporaines, cet ouvrage nous conduit sur les pas de Flaubert, révélant les liens entre les lieux et l'oeuvre, d'hier à aujourd'hui. Une façon de rendre hommage, deux cents ans après sa naissance, à « l'enfant terrible de Rouen » et à l'un des plus grands écrivains du XIXe siècle.

  • Il existe une relation quasi filiale entre Flaubert et Maupassant. Le premier a 52 ans quand débute cette correspondance, le second 23 ans. Ils ne se quitteront plus jusqu'à la mort de Flaubert, en 1880. Ainsi, cette correspondance permet de suivre Flaubert dans les sept dernières années de sa vie et Maupassant dans ses sept premières années en littérature.
    Flaubert s'intéresse d'abord à lui parce qu'il est le neveu d'Alfred Le Poittevin, son ami d'enfance. De cette relation va naître une véritable amitié que traduit fidèlement ces lettres.
    Comme l'écrit la préfacière, « tous deux éprouvent du mépris pour la masse, l'esprit bourgeois, l'égalitarisme, le suffrage universel, la soutane ; et tous deux se délectent à la lecture des grands auteurs. La détestation de la médiocrité et l'amour de la littérature les réunissent ».
    Par certains côtés, Flaubert tient avec Maupassant le rôle que tenait George Sand avec lui, celui d'un « conseiller de vie » plus qu'un esthète. Cette correspondance est un morceau de vie partagé entre deux génies.

  • Un automne de Flaubert

    Alexandre Postel

    • Folio
    • 26 Août 2021

    « Comme on se souvient d'un chien perdu, c'est ainsi qu'il pense à la littérature. Il cherche à se convaincre qu'il en est débarrassé, que la vie sans elle serait plus douce et plus facile ; qu'il pourrait tout bonnement la remplacer, cette habitude tyrannique, par une autre moins exigeante, un passe-temps, comme il convient à ceux qui n'attendent plus rien du temps sinon qu'il passe. » En 1875, miné par des problèmes de santé et d'argent, Flaubert se considère fini. Espérant reprendre goût à la vie, il se rend à Concarneau pour passer l'automne auprès de l'un de ses amis savants. Les bains de mer et les nouvelles, les promenades sur la côte et les rencontres se succèdent, en vain. Un jour pourtant, dans sa petite chambre d'hôtel, l'envie de l'écriture le saisit. En est-il encore capable ?

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  • Le 28 juillet 1846, Gustave Flaubert, une force de la nature, rencontre Louise Colet dans l'atelier du sculpteur Pradier. De dix ans son aînée, elle est plus connue pour ses frasques et son caractère enflammé que pour ses vers et ses romans. Lui-même sacrifie au « fanatisme de l'art », unique consolation au « ridicule intrinsèque à la vie humaine ». Mais il n'a encore rien publié.

    Le coup de foudre est immédiat, violent, dévastateur. Louise va-t-elle s'offrir corps et âme à ce jeune homme de vingt-quatre ans ? Pourquoi Gustave s'enfuit-il au bout de trois jours en Normandie, la laissant à sa déconvenue ? S'il l'a déjà oubliée, pourquoi lui écrit-il : « Tu as un pouvoir d'attraction à faire dresser les pierres à ta voix » ? Combien d'années pourra durer ce manège d'eau et de feu ? Et qui est donc cette Emma, à laquelle il consacre bientôt ses jours et ses nuits ?

    Lettre après lettre, Joseph Vebret retrace l'histoire d'une passion aussi tumultueuse que féconde par la correspondance amoureuse qu'elle a fait naître, l'une des plus belles des lettres françaises.

  • La Normandie de Flaubert

    Yvan Leclerc

    • Des falaises
    • 7 Mai 2021

    Gustave Flaubert est né à Rouen le 12 décembre 1821 à l'Hôtel-Dieu mais c'est à Trouville qu'il passait ses vacances en famille. On retrouve ses séjours dans sa propriété à Croisset en bord de Seine, à Pont-l?Évêque, ou «S ur les traces de Mme Bovary » autour de Ry et Lyons-la-Forêt (grande promenade balisée). L?environnement médical du jeune Flaubert, avec panorama sur l'exercice de la médecine en Normandie à la ville comme à la campagne dans la première moitié du XIXe siècle.
    Le livre se divise en 3 parties :
    Normandie, histoire collective, histoire individuelle.
    Normandie géographique, Normandie littéraire (Madame Bovary, 3 contes, Bouvard et Pécouchet).
    Patrimoine normand.

  • Fantaisie vagabonde : en Bretagne avec Flaubert

    Thierry Dussard

    • Paulsen
    • 12 Mai 2021

    Avec ses 25 ans pour tout bagage, et son ami Maxime Du Camp comme compagnon de voyage, le jeune Normand Gustave Flaubert fait, en 1847, le tour de la Bretagne à pied. Les deux compères parcourent une région fière et sauvage, encore ignorée par le chemin de fer et l'école. Ils s'aventurent à travers champs, s'embarquent pour Belle-Île, découvrent le bagne à Brest, la manufacture de tabacs à Morlaix, et la tombe de Chateaubriand à Saint-Malo. De ce périple, ils tireront un livre méconnu, Par les champs et par les grèves, où l'on sent déjà toute l'ironie et les fulgurances du futur écrivain. Du brut de Flaubert, qui pétille tel un cidre breton - ou normand, on ne sait de quel tonneau.
    Parti sur les pas de Flaubert, Thierry Dussard confronte la Bretagne d'hier à celle d'aujourd'hui, évoque ses lectures et ses voyages, en prenant « Gust » par le col au passage, pour faire sortir de sa tanière l'ours qui avait voué sa vie entière à l'écriture. Son récit est un élixir de littérature buissonnière.

  • Rêve d'enfer

    ,

    • Curiosite
    • 15 Janvier 2021

    « Rêve d'enfer fait partie des oeuvres de jeunesse de Gustave Flaubert (1821-1880). L'écrivain n'a pas seize ans lorsqu'il écrit ce conte fantastique. Enfant, il adorait qu'on lui raconte des histoires. Et des histoires, c'est lui qui va très vite en écrire pour compenser certaines déceptions et désillusions de sa vie quotidienne. » (F. Cespedes).

    À l'occasion du bicentenaire de la naissance de Gustave Flaubert, nous vous proposons de découvrir ce court récit de jeunesse inédit qui s'inscrit autant dans la littérature classique que dans les littératures de l'imaginaire. Postface de Françoise Cespedes.

  • Madame Bovary : dessins de Yves Saint Laurent

    Gustave Flaubert

    • Gallimard
    • 8 Avril 2021

    C'est au cours de son adolescence à Oran que nait chez Yves Saint Laurent la passion de la litterature. À l'âge de 13 ans, il assiste à une représentation de L'École des femmes avec Louis Jouvet : subjugué par la beauté des décors et des costumes créés par Christian Bérard, il commence à en dessiner lui-même. Il écrit également ses premiers poèmes, découvre l'oeuvre de Marcel Proust et commence à retranscrire et illustrer certaines oeuvres littéraires parmi lesquelles Madame Bovary, dont le personnage d'Emma semble le fasciner.
    En 1951, à l'âge de 15 ans, il créé à partir de l'oeuvre de Flaubert, 14 illustrations à l'encre noire, avec de légers rehauts de gouache. Il dessine alors la silhouette d'une héroine passionnee évoluant dans une Normandie rêvée. Bien des années plus tard, au sujet de ses collections, Yves Saint Laurent évoque ces personnages de femmes qu'il « costume comme un auteur lui écrirait une pièce », pour reprendre le mot de Françoise Giroud. « Souvent je pense aussi à Madame Bovary, confie-t-il. Ce personnage est extrêmement contemporain. Madame Bovary exprime le désarroi de femmes qui est le même aujourd'hui qu'il y a un siècle. » Publiées pour la première fois dans leur intégralité, ces émouvantes illustrations, issues de la collection de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, sont accompagnées du texte intégral de Madame Bovary.

  • Le gueuloir : perles de correspondances

    Gustave Flaubert

    • Points
    • 11 Mai 2017

    Le Gueuloir réunit les principales fulgurances trouvées dans la correspondance de Gustave Flaubert. Les femmes, les bourgeois, les gens de lettres, l'art, la morale, la politique, la religion : en grand pourfendeur de la bêtise, l'Excessif (tel qu'il aimait à se surnommer lui-même) n'épargne personne. L'opportunité de redécouvrir sous un angle inédit l'auteur de Madame Bovary.

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  • Oeuvres complètes IV, V

    Gustave Flaubert

    • Gallimard
    • 13 Mai 2021

    Le tome IV réunit des oeuvres de la fin du Second Empire et du début de la Troisième République. Elles révèlent un écrivain tourné vers son siècle et prenant position sur des sujets alors brûlants. Longtemps proche des cercles impériaux, Flaubert ne perd jamais son sens critique. Si ses amitiés républicaines l'emportent finalement, sa verve ironique éclate dans une pièce comme Le Candidat (1874), qui met en scène les jeux électoraux. Ce Candidat fait partie, en outre, d'un ensemble d'expérimentations dans différents genres dramatiques (féerie, comédie, farce) qui dévoilent une face peu connue de l'écrivain. Quant à sa préface (1872) aux Dernières chansons de son ami Bouilhet, incursion dans un domaine jusqu'alors tenu à distance, la critique littéraire, elle constitue en quelque sorte son art poétique.
    Le grand livre de la période est L'Éducation sentimentale (1869), roman de la monarchie de Juillet et de la révolution de 1848, des ambitions et des (dés)illusions, du « continuel avortement humain » (Zola). Flaubert écrit là ses Illusions perdues. Son « Histoire d'un jeune homme » (c'est son sous-titre) peut se lire à la lumière de l'« Histoire d'un grand homme à Paris » (c'est celui de Balzac). Entre sentimentalisme et politique, ce grand roman esquive toute grandeur. Il retrace des vies privées marquées par le renoncement et redonne à l'événement historique, vingt ans après, l'opacité qu'il revêtait aux yeux de ceux qui le vivaient.
    Au tome V sont rassemblés les trois derniers chefs-d'oeuvre de Flaubert. La Tentation de saint Antoine (1874), c'est « l'oeuvre de toute [s]a vie » : il y songeait depuis 1845. Les tumultes des premiers temps de la Chrétienté et la prolifération des mythologies et des figures fantastiques forment une « archéologie des savoirs » qui entre en résonance, Foucault l'a bien vu, avec l'autre vieux projet auquel travaille Flaubert, Bouvard et Pécuchet, mise en fiction des déboires passionnés de « deux bonshommes » aux prises avec l'encyclopédie contemporaine. Les deux titres exposent en effet la violence des croyances, l'étrangeté des représentations, la menace des certitudes.
    Les tourments que cause à Flaubert la composition de Bouvard trouvent un remède provisoire dans l'écriture et la publication (1877) des Trois contes : « Une petite bêtise moyenâgeuse » (La Légende de saint Julien l'Hospitalier), « mon Perroquet » (Un coeur simple) et « mon Saint Jean-Baptiste » (Hérodias). « Il me semble que la Prose française peut arriver à une beauté dont on n'a pas l'idée ? » écrit-il à Tourguéniev - et c'est bien le cas. Puis il retourne à Bouvard et Pécuchet, qui demeurera inachevé. Dix chapitres sont rédigés et mis au point. Restent la documentation qui devait être utilisée dans le « Second volume » du roman - la « Copie » des deux bonshommes - et le célébrissime petit livre qui est à l'origine du projet : Le Dictionnaire des idées reçues, arrangé « de telle manière que le lecteur ne sache pas si on se fout de lui, oui ou non ».
    Le « Second volume » de Bouvard et Pécuchet, sottisier tourné contre les idées reçues et la violente bêtise du siècle, est ici présenté intégralement, selon un dispositif inédit. Les oeuvres recueillies dans les deux derniers tomes des oeuvres complètes sont accompagnées d'appendices qui en éclairent la genèse aussi bien que la réception. Les cinq volumes de la Correspondance complètent l'édifice.

  • Madame Bovary

    Gustave Flaubert

    • Folio
    • 16 Mai 2001

    C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

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  • Le phoque de Flaubert

    Georges Guitton

    • Pu de rennes
    • 11 Novembre 2021

    L'ouvrage est une enquête sur un phoque qui séduisit l'auteur de Madame Bovary dans le baquet d'une baraque foraine, à Rennes le 17 juillet 1847. Ce phoque triste et grotesque occupe la scène finale de Par les champs et par les grèves, récit du voyage en Bretagne effectué sac au dos avec l'ami Maxime Du Camp. L'amphibie ne cesse de hanter Flaubert : il clame son envie de « devenir phoque » et d'écrire une fantaisie intitulée le « phoque par amour ». L'animal de foire renvoie à sa passion pour les bêtes, pour les monstres, pour l'histoire naturelle. À son riche bestiaire, à sa défense de la condition animale dans une optique « antispéciste ». Une relecture « animalière » de Par les champs et par les grèves s'impose qui serait aussi une réhabilitation d'un récit de jeunesse trop souvent relégué dans l'ombre alors que l'écrivain y apparaît pour la première fois en chercheur absolu de style, dans une rivalité féconde avec Chateaubriand dont il vient de croiser le fantôme dans son château ruiné de Combourg. Il y eut au milieu du XIXe siècle un « moment phoque » où l'on applaudissait l'étonnante supercherie du phoque parlant qui disait « papa-maman ». Où les savants cherchaient à transformer le phoque en animal domestique et utilitaire. Nous suivons le chemin de ces pinnipèdes sur les routes de France, dans les traités science, autant que dans la littérature avec Eugène Sue, Nerval, Michelet ou Vallès, tous fascinés par l'amphibie, qu'il soit naturel, forain ou faux phoque, à l'époque où des hommes revêtaient sa peau à des fins de spectacle. Au fil de l'enquête se dessine un portrait de Flaubert en zoophile sentimental, en saltimbanque nostalgique, en bête de foire insoumise.

  • Souvenirs sur Gustave Flaubert

    Caroline Commanville

    • La cooperative
    • 14 Mai 2021

    Tous les lecteurs de la Correspondance de Flaubert connaissent Caroline Commanville, la nièce de l'écrivain, sa « chère Caro ». Fille de la soeur de Flaubert morte quelques jours après l'avoir mise au monde, et délaissée presque aussitôt par son père, elle fut élevée par sa grand-mère et par son oncle. Mariée à dix-huit ans à un riche négociant de Dieppe, Ernest Commanville, elle resta toujours pour Gustave Flaubert la fille qu'il n'avait jamais eue.
    Après la mort subite de Flaubert en 1880, Caroline devint la dépositaire de tous ses manuscrits. Ce fut elle qui entreprit la première édition de sa Correspondance en 1887. Elle rédigea pour le premier volume de cet ensemble des Souvenirs intimes qui demeurent un témoignage unique sur son oncle.
    De ce texte aujourd'hui peu connu, Caroline Commanville, qui était peintre, publia en 1895 à tirage très restreint une édition pour bibliophiles illustrée par ses soins. C'est ce joyau typographique que nous réimprimons en fac-similé à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Flaubert.
    Ces dessins d'une artiste douée ont le grand mérite de nous conserver le souvenir de Croisset, la propriété de Flaubert rasée en 1882 et dont ne subsiste aujourd'hui qu'un simple pavillon. On y voit le célèbre cabinet de travail de l'écrivain et différents aspects de la maison, ainsi que l'Hôtel-Dieu de Rouen, où il naquit. Surtout, on découvre une évocation inoubliable de l'écrivain par la personne qui fut peut-être la plus proche de lui.



    Des notes discrètes mais précises et une présentation des éditeurs accompagnent cette réédition.

  • On n'imagine pas caractères plus dissemblables, conceptions de la vie plus différentes et rapports à la littérature plus divergents que ceux de George Sand et Gustave Flaubert.
    Pourtant, leur correspondance est l'une des plus belles qui soient et apporte un éclairage indispensable sur leurs oeuvres et leurs démarches artistiques. Son intérêt est multiple : tant pour l'histoire littéraire que pour la connaissance des idées philosophiques, esthétiques et politiques de l'époque. Cependant, elle est souvent réservée aux seuls spécialistes.
    Cette réédition de la correspondance croisée Sand/Flaubert essaye de la rendre plus abordable dans sa présentation, de telle sorte que le lecteur puisse naviguer dans les échanges épistolaires entre le « vieux troubadour » et le « chère maître » avec fluidité.
    Dans ces lettres se déploie une profonde amitié entre ces deux écrivains qui échangent sur leur art, les affres de l'écriture, leurs contemporains, les événements politiques de leur temps, leurs amis et familles comme sur les choses plus triviales de l'existence. Enthousiasme et dégoût, joie ou tristesse, colère ou allégresse, cette correspondance est vibrante de vitalité et d'esprit. Sa lecture s'avère à la fois passionnante et émouvante.

  • Si la très jeune danseuse contorsionniste hante l'art et la peinture, depuis les descriptions priapiques de saint Augustin, c'est au coeur du XIXe siècle que Salomé entre de plein pied et en grande pompe dans la littérature, avec l'Hérodias de Flaubert, suivi par Huysmans, avant qu'à son tour Jules Laforgue s'en mêle et qu'Apollinaire, enfin, ferme le bal au début du nouveau siècle. Sont rassemblées ici quatre Salomé, auxquelles s'ajoutent deux textes de Gustave Moreau sur ces propres tableaux, qui laisse voir le mythe entier d'une fillette aux prises avec le pouvoir et la cruauté. Le volume est enrichi d'un cahier d'images en couleurs, présentant quelques Salomé parmi les milliers existantes, depuis la mosaïque de Saint Marc, jusqu'aux mangas japonais. Préface de Patricia Farazzi

  • Et si Flaubert, dont on fête en 2021 le bicentenaire, n'était né, en réalité, qu'il y a une cinquantaine d'années?? Entre?1960 et?1980, la France traverse une période d'intense effervescence intellectuelle?: ce que l'on appellera le moment théorique. Les sciences de l'homme sont mises à contribution pour repenser la littérature selon les normes d'une axiologie formelle - le structuralisme - où prévalent les exigences de systématicité et de radicalité.

    C'est dans ce contexte que Flaubert acquiert une notoriété de premier plan. En moins d'une décennie, il s'impose comme une référence dominante pour la nouvelle critique, l'Université et les jeunes romanciers qui découvrent sa flamboyante Correspondance à travers une anthologie, centrée sur sa poétique?: Préface à la vie de l'écrivain de Geneviève Bollème, où il apparaît comme un véritable précurseur du roman contemporain et de l'esthétique conceptuelle.

    De Roland Barthes à Michel Foucault, de Jean-Paul Sartre à Pierre Bourdieu ou à Jacques Rancière, de Michel Butor, Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet à Pierre Bergounioux ou Pierre Michon, de Jean-Pierre Richard à Gérard Genette, c'est toute une génération qui reconnaît en Flaubert la figure souveraine de l'écrivain, au sens absolu du terme, à la fois prophète du minimalisme, théoricien du style et du travail sur la prose, penseur du processus créatif et inventeur du roman moderne. Sans chercher à être exhaustif, cet ouvrage suit l'ordre alphabétique pour explorer, à travers quelques grands acteurs du moment théorique, ce fascinant processus de réception créatrice dont nous continuons tous aujourd'hui à être les héritiers.

  • « Qui révélera mieux que la lettre autographe la tête et le coeur de l'individu ? [...] Seule la lettre autographe sera le confessionnal où vous entendrez le rêve de l'imagination de la créature, ses tristesses et ses gaîtés, ses fatigues et ses retours, ses défaillances et ses orgueils, sa lamentation et son inguérissable espoir. » Par ces quelques lignes de la préface de leurs Portraits intimes du XVIIIe siècle les frères Goncourt, grands amateurs et collectionneurs d'autographes s'il en est, révèlent tout le prix qu'ils attachent aux correspondances.
    Et de fait, celle qu'ils échangèrent avec leur ami, maître et rival Flaubert au long d'une relation de vingt ans (1860-1880), se révèle, en écho et en opposition parfois à leur célèbre Journal, extrêmement précieuse pour comprendre, certes, les « créatures » contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois, artistes qui considéraient la littérature comme un véritable sacerdoce et se percevaient comme les derniers représentants d'un art « pur », sacré, à l'abri du mercantilisme et de la « blague » moderne : « La pure littérature, le livre qu'un artiste fait pour se satisfaire, me semble un genre bien près de mourir. Je ne vois plus de véritables hommes de lettres, de sincères et honnêtes écrivains que Flaubert et nous » (Journal, 9 août 1868).
    Cette correspondance est aussi éminemment instructive (et complète en cela de façon irremplaçable le Journal) pour la connaissance du champ littéraire sous le Second Empire et la compréhension des sociabilités d'écrivains, penseurs et artistes.

  • À l'occasion de l'anniversaire des 200 ans de la naissance de ces deux géants de la littérature française, sinon universelle. Ils demeurent plus actuels que jamais...Baudelaire et Flaubert : sous forme de « double portrait » autour de leur oeuvre comme de leur vie, ce livre nous offre une lecture croisée (sur les plans littéraire, poétique, philosophique, psychologique, artistique, sociologique, politique...), une étude comparée de leurs nombreux points communs, sinon de ce qui les lie intellectuellement...

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