Angoulême 2021 : La sélection officielle

  • Peau d'homme

    ,

    • Glenat
    • 3 Juin 2020

    Sans contrefaçon, je suis un garçon !

    Dans l'Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c'était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d'homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d'un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

    La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l'objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l'instrument d'une domination à la fois sévère et inconsciente ?

    À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité... mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l'humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d'homme nous invite tant à la libération des moeurs qu'à la quête folle et ardente de l'amour.

  • Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l'angoisse de sa vie d'épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s'est inventé, depuis l'enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d'explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C'est alors qu'elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s'avère la 1re étape vers de grands bouleversements.

  • Le monde actuel, sa complexité, son absurdité, ses horreurs... Flipette, c'est Clara. Mesurée et réfléchie, elle est tétanisée, incapable de trouver du sens à sa pratique de photographe. Vénère, c'est Axelle. Plus prosaïque, elle préfère se retrousser les manches et aller au front. Les disputes entre les deux soeurs reflètent la souffrance d'une génération qui oscille entre résignation et espoir obstiné.

  • 50 ans après les événements tragiques de la manifestation de Kent State, Backderf livre un récit historique magistral et poignant.

    Après l'autobiographie (Mon Ami Dahmer) et l'autofiction (Trashed), l'auteur américain Derf Backderf réalise un magistral documentaire historique sur les années 1970 et la contestation contre la guerre du Vietnam. Kent State relate les événements qui ont mené à la manifestation du 4 mai 1970 et à sa violente répression sur le campus de cette université de l'Ohio. Quatre manifestants, âgés de 19 à 20 ans, furent tués par la Garde nationale au cours de cette journée. Cet événement marqua considérablement les esprits et provoqua des manifestations gigantesques dans tout le pays avec plus de quatre millions de personnes dans les rues, marquant un retournement de l'opinion publique sur l'engagement américain au Vietnam.

    Derf Backderf, avait 10 ans à l'époque des faits. Il a vu des troupes traverser sa ville en 1970, et il a été profondément marqué par la répression sanglante de la manifestation du 4 mai. Dans Kent State, il brosse le portrait des étudiants qui seront tués au cours de la manifestation ainsi que celui d'un membre de la Garde nationale. Sa description détaillée de la journée du 4 mai 1970, montre comment l'incompétence des responsables locaux a débouché sur une véritable boucherie.

    Derf Backderf a consacré trois ans à la réalisation de Kent State, il a réalisé un véritable travail journalistique et interviewé une dizaine de personnes ayant participé à la manifestation. Kent State est un récit extrêmement prenant, poignant, une leçon d'histoire et une démonstration implacable de l'absurdité de l'utilisation de la force armée pour contrôler des manifestations.

  • Un grand récit d'initiation picaresque, savoureux et poignant.
    Avant de « descendre combattre à la Fosse » le père d'Aldobrando sachant son heure venue, le confia à un mage. Celui-ci devrait le protéger et l'éduquer jusqu'à ce qu'il soit en âge de découvrir le vaste monde. Quelques années plus tard, voilà que la préparation d'une potion tourne au drame. Grièvement blessé à l'oeil par un chat qui ne voulait pas bouillir, le mage demande à son jeune protégé d'aller en urgence lui quérir l'Herbe du loup. Mais comment peut-on se débrouiller en botanique alors que l'on n'a jamais mis un pied dehors et que l'on tombe nez à nez avec l'assassin du fils du Roi de Deux Fontaines ?

  • A Louxor près de la vallée des Rois, Giambattista Belzoni retrouve son ancien commanditaire Henri Salt et son éternel rival Bernardino Drovetti, qui se sont répartis les moindres terrains de fouille. Il parvient pourtant à mettre à jour une magnifique statue d'Aménophis III dans une zone pourtant déjà explorée par ses rivaux. Pendant ce temps à Jérusalem, son épouse Sarah Belzoni, déguisée en homme, entre au péril de sa vie dans le temple de Salomon, interdit aux femmes et aux chrétiens. Plutôt que de la rejoindre en Terre Sainte, Giambattista traverse le désert oriental, en direction de la Mer Rouge, à la recherche de l'antique cité de Bérénice, port enfoui qu'aurait découvert le français Frédéric Cailliaud mais dont tout à porte à croire qu'il s'agit d'un immense bluff...

  • Rusty Brown

    Chris Ware

    Dans son Nebraska natal, Rusty, victime des petites frappes de son école, s'évade en collectionnant les figurines de super héros. Lorsque Chalky White arrive dans son école, les deux enfants très proches se lient d'amitié. La première partie d'un récit choral vertigineux qui retrace la vie de multiples personnages émouvants et pathétiques...

  • Depuis sa plus tendre enfance, Florence ignore tout ce qui se passe... en-dessous de la ceinture. Elle imagine que le papa met la petite graine dans le nombril de la maman, et puis de toute façon, il est tacitement interdit, dans la famille, de parler de « la chose qui ne doit pas être dite ».
    Alors... Florence imagine des scénarii terribles, parfois idiots ; Florence s'angoisse devant le poids de la tradition qui place inéluctablement la femme dans une position inférieure ; Florence, à sa façon, résiste pour ne pas sombrer.

  • Animal insignifiant parmi les animaux et humain parmi d'autres humains, Sapiens a acquis il y a 70 000 ans des capacités extraordinaires qui l'ont transformé en maître du monde.

    Harari, Vandermeulen et Casanave racontent avec humour la naissance de l'humanité de l'apparition de Homo sapiens à la Révolution agricole.
    Une bande dessinée pour repenser tout ce que nous croyions savoir sur l'histoire de l'humanité.

  • Juin 2005. Un diagnostic est enfin posé : sa mère souffre de démence fronto-temporale précoce, affection cousine de la maladie d'Alzheimer. Septembre 2005. Son fils Emile naît prématurément. Il est atteint de trisomie. A quelques mois d'intervalle, Morvandiau doit faire le deuil de la mère qu'il a connue et de l'enfant qu'il avait attendu. C'est l'occasion pour lui de revenir, avec pudeur et poésie, sur l'histoire de sa famille et plus particulièrement celle de sa mère, femme très pieuse au fort caractère, alliant conformisme et fantaisie.
    C'est aussi le récit du difficile apprentissage de la vie auprès d'un enfant handicapé, du regard porté par les autres, de la jungle administrative qu'il doit affronter. A travers le regard tantôt amusé, tantôt agacé qu'il porte sur les incongruités de la différence et ce qui l'entoure, Morvandiau évoque avec tendresse l'intensité des émotions d'un père et d'un fils face à la maladie, et finalement, le bonheur d'être en vie.

  • Tanz !

    Maurane Mazars

    • Lombard
    • 28 Août 2020

    Allemagne, 1957. Uli est un jeune homme de 19 ans, élève d'une prestigieuse école de danse moderne. Sa fougue contraste avec la mélancolie de l'Europe d'après-guerre. Il est passionné de comédies musicales mais cette passion est moquée par ses camarades qui jugent cette discipline trop commerciale. Lors d'un voyage à Berlin, il rencontre Anthony, un jeune danseur afro-américain. Ce dernier suggère à Uli de venir tenter sa chance à Broadway...

  • Space brothers T.31

    Chûya Koyama

    Alors que le moment de vérité approche pour Hibito qui suit sa formation de cosmonaute en Russie, sur la Lune, le programme de la mission de Mutta et la mise en place du télescope Sharon sont compromis par une violente éruption solaire. Cette tempête qui illumine le ciel sur Terre et enveloppe la Lune dans les ténèbres va bouleverser le destin des deux frères.

  • Sur le front chinois, Kawashima, qui n'avait pas l'expérience du front, a tué pour la première fois lors d'un exercice destiné à endurcir les jeunes recrues. Après la guerre, de retour dans un Japon qu'il s'imaginait ne jamais revoir, Kawashima vit avec les fantômes de ses camarades morts au combat et de cet homme qu'il a lui-même décapité, jusqu'au jour où il s'écroule...

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  • Un homme au corps difforme épie sa voisine et vit son amour à travers des pièces détachées de mannequin ; un chirurgien, mari de la femme épiée, insuffle la vie à l'inanimé et créé de toutes pièces un homme nouveau ; un être sans âge change de peau, littéralement ; une femme refaçonne son physique pour ressembler à un autoportrait qu'elle avait dessiné, enfant ; voilà quelques-uns des personnages que l'on peut croiser dans Les Poupées sanglantes, un récit choral étourdissant à la narration polyphonique.
    Lancés dans un chassé-croisé un peu fou, les différents protagonistes, attachés à chaque fois les uns aux autres par un lien fort et tendu, évoluent dans une ambiance ouvertement fantastique et au parfum un peu rétro, qui semble évoquer aussi bien le Grand guignol, Frankenstein que les surréalistes. Récit mené tambour battant et réflexion sur la création et la puissance de l'art, Les Poupées sanglantes joue avec le lecteur et explore brillamment cette mince frange qui sépare le fantasme de la réalité, et le monde de sa retranscription.

  • Pico, Charlie, Ana Ana, Norma, et tous les autres. La bande de copains, dont certains sont frère et soeur, continue d'explorer l'immensité des possibles de la vie, du langage et du fait d'être ensemble. Le jardin dont Pico doit s'occuper occasionne découvertes et interrogations : faut-il le laisser sauvage ou pas ? Surtout, Charlie se dit un beau jour qu'il aimerait - qu'il devrait ! - avoir le sens de la répartie de son meilleur ami à tignasse. Mais comme le jardin, il faut cultiver son langage et la mise en pratique n'ira pas sans mal, ni fou rire...

  • L'histoire : Odd, un père de famille sans histoires, a mystérieusement disparu. Dans cette banlieue paisible de Stockholm, tout le monde s'interroge. Comment a-t-il pu abandonner femme et enfants et partir sans laisser aucune trace ? Cette étrange disparition va révéler les failles et les tourments de tous les habitants, une microsociété en apparence tranquille, mais sur le point de se fissurer...
    Dans un style toujours subtil et épuré, Pelle Forshed signe ici un deuxième album au scénario soigné dans lequel se mêlent mélancolie existentielle et humour noir.

  • Paul à la maison

    Michel Rabagliati

    Paul à la maison est le 9e tome de la série. Cette fois-ci, l'action de déroule en 2012, Paul est auteur de bande dessinée à temps plein et lance un nouvel ouvrage au Salon du livre de Montréal. Entretemps, sa fille part travailler en Angleterre, Lucie n'habite plus avec lui et sa mère ne va pas bien... Paul à la maison traite du deuil, sous de multiples formes. Un album émouvant.

  • Entre 1977 et 2003, Carlos Giménez, précusseur de la bande dessinée autobiographique, a réalisé les 6 premiers tomes de Paracuellos, son chef d'oeuvre doublement récompensé à Angoulême.  Dans cette série, il dépeint avec justesse le quotidien des orphelins de l'Assistance publique dans l'Espagne Franquiste.

    Après une pause de près de quinze ans, Giménez reprend les crayons et réalise 2 nouveaux tomes publiés en Espagne en 2016 et 2017, regroupés dans cet album de près de 160 pages. Il continue de brosser un tableau du dénuement moral de l'Espagne de l'après-guerre civile. Si les enfants de l'Assistance publique restent au centre de ces deux albums, l'auteur se focalise ici sur leurs sentiments et les relations qui les unissent.

  • Bragante, dite Première-née, âgée et affaiblie, décide de révéler à sa petite-fille la vérité sur son histoire. Elle voua une passion aux livres, et ressentit très tôt l'angoisse de donner la vie. Son statut d'aînée la chargera de l'éducation des derniers-nés, mais ne la protégera pas du plus vaillant à qui son père, le roi, l'a promise. D'aînée, elle deviendra reine, sombrant dans l'aveuglement.

  • Dans un pays indéterminé, à notre époque, existe une demeure grandiose et abandonnée au milieu d'une zone pavillonnaire. Cette maison à l'architecture post-moderne et baroque fut construite il y a longtemps déjà par l'étrange Monsieur D. Trois voisines (trois crapules) voyeuses et peu scrupuleuses sont obsédées par cette maison dans laquelle personne ne rentre plus, et d'où personne ne sort depuis des années.
    Elles décident un soir de s'y introduire ensemble et de découvrir par elles-mêmes ce que la demeure dissimule comme secrets et richesses ? ; à leurs risques et périls. Dans "Le Mystère de la Maison Brume", Lisa Mouchet met en pages un livre d'enquête les trois petits cochons ferait irruption cette fois chez le grand méchant loup ? ! Cette bande dessinée entièrement en vue subjective ? , plonge le lecteur dans une expérience narrative et graphique sidérante qui fait se rencontrer David Hockney, David Lynch et Agatha Christie.

  • La mécanique du sage

    Gabrielle Piquet

    • Atrabile
    • 17 Janvier 2020

    Edimbourg, début du XXe siècle. Charles Hamilton a tout pour être heureux: un confort financier qui le met à l'abri du besoin, des nuits bien remplies et des journées oisives juste ce qu'il faut. Et pourtant, après la fête, c'est la descente. Victime de troubles de l'humeur, de hauts et de bas, Charles Hamilton se sent en alternance. Déçu par l'amour, Charles est néanmoins père d'une petite Sophia, mais ne voit pas là de quoi combler ce vide existentiel qui l'habite. Ce qu'il lui faudrait c'est un exemple - un maître, un sage, là, au fond de son jardin.
    En s'inspirant de l'histoire (réelle) de Charles Hamilton et de son « ermite ornemental », Gabrielle Piquet traque des maux bien modernes - recherche d'un bien-être perpétuel, positivisme à tout crin - et nous interroge sur cette dictature du bonheur qui voudrait éradiquer de nos vies toute forme d'aspérité, comme si la vie ne pouvait, ne devait être que réjouissance et béatitude.
    On retrouve dans La Mécanique du Sage toutes les qualités qui faisaient déjà le charme de La Nuit du Misothrope: un dessin aux influences retro tout en élégance, une écriture mélodieuse d'une grande finesse, avec en prime une touche d'ironie et un humour pince-sans-rire du plus bel effet.

  • Au cours d'une descente de police dans une maison close maquillée en salon de massage, le lieutenant Yamada rencontre Shiori, une lycéenne fugueuse qui lui rappelle sa propre fille décédée. À peine raccompagnée chez elle par la police, Shiori disparait de nouveau, fuyant les coups de sa mère abusive. Yamada part à sa recherche, tandis que la jeune fille, désemparée, trouve refuge chez un inconnu à la bienveillance plus qu'équivoque. À travers ce drame abordant de nombreuses questions contemporaines, Keigo Shinzo esquisse le portrait d'une ville où la solitude semble être le seul dénominateur commun entre les individus.

  • Les jardins de Babylone

    Nicolas Presl

    • Atrabile
    • 6 Novembre 2020

    La Terre paraît bien loin, vue de la Lune, et bien paisible. On n'y distingue pas les longs pipelines qui strient des sols arides et transportent son bien le plus précieux ; on ne devine pas la sécheresse qui sévit ni les malheurs qu'elle engendre ; on n'y entend pas les plaintes des moins fortunés, ni l'oppression que ces derniers subissent, même si la colère gronde, et enfle, inexorablement. Sur la Lune, on ne souffre pas de tout ça, même si on reste tributaire de la Terre et de son eau, que l'on fait importer dans d'énormes containers volants.
    Il faut aussi, bien sûr, être plus riches et plus puissants que le reste de l'humanité pour mériter cette place de choix sur ce triste satellite, devenu refuge de l'élite mondiale. Politique et poétique, Les Jardins de Babylone use d'une narration à plusieurs voix, où de plus courts chapitres viennent s'enchâsser dans un récit plus grand et plus tortueux. Nicolas Presl dresse alors le portrait d'une humanité minée par ses inégalités et par l'arrogance d'une minorité qui s'arroge tous les droits, même si avidité et égoïsme semblent se retrouver dans toutes les couches de cette société en péril.
    Entre fable prémonitoire et pur récit de science-fiction, Les Jardins de Babylone refuse tout manichéisme et empoigne à bras-le-corps la complexité du monde et des sentiments humains - et si le constat peut paraître parfois un peu sombre il n'est, heureusement, pas complètement dénué d'espoir, ni d'humour.

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