Alexandra Badéa

  • Tout commence dans une ville dévastée par le temps et l'histoire. Bucarest dans les années 80. La narratrice grandit dans un monde délabré où les humains ont le regard rivé sur leur écran de télévision. L'illusion a tué l'espèce humaine. La narratrice fait partie de ce corps malade. Elle est étudiante en marketing et vient d'échouer au concours d'entrée au Conservatoire, son rêve de théâtre s'évanouit.
    Quel sens donner à sa vie désormais ? Une errance et une quête d'identité et de sens, au gré des amours et des territoires explorés, de la Roumanie à la France, du Mexique au Japon et au Congo

  • Deuxième parti e de la trilogie sur les récits manquants de l'Histoire française récente, Points de non-retour [Quais de Seine] est une plongée dans l'intériorité de Nora. Déjà présente dans le premier volet, la jeune femme, réalisatrice de documentaires pour la radio, nous conduit de l'autre côté de la Méditerranée sur les traces de ses ancêtres. Elle découvre, à travers des rêves, des souvenirs enfouis et des fragments de récits documentaires, des morceaux de l'histoire de son père. Présent et passé se confondent.
    Quelle est la responsabilité de l'Histoire dans les déchirements d'une famille mixte, comme il en existe tant ?
    L'histoire de Nora vient entrer en résonance avec celle d'Irène, fi lle de « pieds-noirs » et de Younes, un Algérien, qui vivent un amour impossible au coeur du massacre des Algériens, le 17 octobre 1961, sur les quais de la Seine.

  • Plusieurs époques et histoires d'amour se croisent : Nina et Amar Fall dans les années 70 ; Nora et Régis en 2000. Ainsi que Biram, le fils de Nina et Amar, lui aussi contemporain. Tirailleur sénégalais, le père d'Amar est mort à Thiaroye, fusillé par sa propre armée.
    Nora veut comprendre ce qu'il s'est passé dans cet angle mort de l'histoire et se met en tête de réaliser une émission. Plusieurs années après les faits, Régis lit les lettres de son grand-père mourant et découvre l'horreur : il a obéi aux ordres et tiré. « Mais comment réparer ce qui n'est pas nommé quand les historiens eux-mêmes ne s'entendent pas sur les termes à adopter : répression, mutinerie, crime de guerre, massacre »... Peu à peu surgissent des décombres de l'histoire les fantômes et charniers encore fumants de ses massacres et crimes récents. Premier volet d'une trilogie.

  • Clara, 25 ans, vient de perdre son père. En fouillant dans son grenier, elle découvre les affaires d'une femme dont elle ignore tout : Anna Girardin. Qui est-elle ? Clara se met en tête de retrouver cette inconnue et se lance dans une quête à travers plusieurs continents. Bâtie comme une enquête, la pièce convoque trois générations de femmes, interroge leur rapport intime à la filiation et à la transmission.

    Déa, jeune fille interrogée par le Commissaire, raconte l'histoire qu'elle vient de traverser : lors d'une fête entre adolescents, elle rencontre Enis, un jeune migrant qui rêve de partir en Angleterre. À travers la découverte progressive de la réalité et des espoirs de ce garçon, elle parvient à percevoir les extrêmes limites d'une société « adulte » aux normes arbitraires, qui enserre ses individus dans des catégories abstraites avant d'exercer sur eux sa violence aveugle. Un regard libre sur un système qui n'accepte que ce qui peut le complaire dans son fonctionnement.

  • Pulvérisés

    Alexandra Badéa

    • L'arche
    • 26 Septembre 2012

    Quatre métiers, quatre villes : Shanghai, Dakar, Lyon, Bucarest. La vie en entreprise aux quatre coins du monde. Un travailleur à la chaîne chinois raconte ce qu'il subit au quotidien dans son usine : l'humiliation quotidienne. Au même moment, un superviseur de plateau sénégalais dénonce la cruauté dont peut faire preuve son chef d'entreprise pour " faire du chiffre ". Ailleurs, un responsable assurance-qualité voit se détériorer sa relation familiale sous la pression du travail. Et à Bucarest, un ingénieur d'études et développement témoigne de sa difficulté à s'intégrer, à réussir, à gravir les échelons. Le quotidien de ces hommes et de ces femmes est rude, tranchant, parfois cruel et honteux : " Tu prends un bonbon antistress et tu mâches, tu mâches ta douleur, tu mâches ta colère, tu mâches ta faiblesse et tes doutes, et après un temps tu redémarres. "

  • Dans ce nouveau recueil, Alexandra Badea aborde de différents points de vue la mondialisation et ses effets sur le corps et l'esprit humain. A l'heure de la « globalisation » des échanges et des liens sociaux, reste-t-il une part d'inaliénable en chacun de nous ? Rêve, désir et souvenirs semblent plutôt soumis à une seule loi : celle du marché.

  • Alexandra Badea vient de Roumanie. À l instar des représentants d un théâtre apatride, elle travaille ici, en France, comme là-bas en Roumanie en tant que metteur en scène. Mais sa vie d itinérante cherche à s exprimer autrement : par l écriture. Si elle a choisi d écrire directement en français, c est parce que la France fait partie de ses lieux de combat. Alexandra Badea n est pas une émigrée. Elle n a pas été forcée de quitter son pays. Elle fait partie, parmi la jeune génération, de tous ceux et celles qui cherchent l endroit qui leur est le plus adapté. Une génération nouvelle née d une Europe qui grandit et prend forme. Avec les douleurs que l on sait. Le regard qu elle porte sur notre société a la particularité d en faire ressortir des incohérences et des inepties avec un humour mordant. Dans Contrôle d identité, ce sont les désillusions, questionnements et déboires d un réfugié politique qui, acculé au rôle de l étranger et de l irrégulier, se heurte à une administration kafkaïenne. Dans Mode d emploi, le personnage principal est plongé dans un labyrinthe de règles imposées par la doxa et par elle-même : extraits de lois, règles imposées par la société, la famille, l éducation... Se débattant avec l absurdité de toutes ces contraintes, elle les dénonce avec ironie. Pour écrire Burnout, l auteur est partie d un discours de Nicolas Sarkozy. Elle s attache à mettre en avant dans ce texte les aberrations d une société où le travail devient le seul étalon des qualités sociales et individuelles. Jouant sur l effet de liste, l auteur met en scène un personnage qui se fait rattraper par sa monomanie.

  • Zone d'amour prioritaire entrecroise deux portraits de femmes avec l'histoire de Varosha, cette ville chypriote éteinte dans les années 70 après l'invasion de l'armée turque. Deux femmes qui tour à tour parlent de l'absence, de l'amour perdu : un homme est effacé par la guerre et leurs vies entières prennent la forme de cette absence. Porté par une écriture forte et exigeante, ce roman sur les conséquences de la guerre descend au plus intime de l'être.

  • Trois sociologues partent en mission de recherche en Afrique de l'Ouest pour y étudier l'impact des programmes humanitaires sur les populations.
    Très vite surgissent entre eux d'inattendus rapports de force, qui viennent miner le travail d'équipe. Paul D revendique son statut de chef de projet et tente de diviser les deux femmes, Laura L, brillante universitaire, et Doris M, son étudiante en thèse, pour mieux régner. Quand Laura remet en question le rapport de force unilatéral instauré par l'ONG sur place et expose la nécessité de repenser leur angle d'étude, Paul D se sent menacé et rejette sa proposition. Laisser Laura L prendre les rênes de l'enquête serait un simple aveu de faiblesse. Le désaveu de toute une carrière. Il chavire. Une honte profonde l'assaille.
    Juin 2020 - 05/06/2020 - 96 pages - 11,6 cm x 18,7 cm - 13 € ISBN : 978-2-85181-987-1 Chacun à sa manière se retrouve confronté à son histoire, son enfance et la fragilité de sa construction sociale. Cette partition à plusieurs voix explore les ressorts du psychisme, de la confiance en soi au sentiment d'imposture, et la manière dont le désir de pouvoir nous fait mentir à nous-mêmes.
    Entre questionnements politiques et plongée dans les géographie

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