Caroline Sägesser

  • En Belgique, les cultes dits reconnus ont accès à un financement public important. Ils sont aujourd'hui au nombre de six : catholicisme, protestantisme, anglicanisme, judaïsme, orthodoxie et islam. Depuis 1993, ce financement est également accessible aux organisations philosophiques non confessionnelles, aujourd'hui la laïcité organisée, et demain, le bouddhisme. Si le système s'est élargi à de nouveaux bénéficiaires, en revanche les modalités du financement public ont peu évolué depuis presque deux siècles. En particulier, la répartition du financement est faite en l'absence de critères rigoureux. À défaut de mettre fin au financement public, il est aujourd'hui urgent de moderniser notre législation et d'assurer l'égalité entre les différentes communautés convictionnelles. L'objectif de ce livre est de proposer un regard laïque sur le système actuel, sa raison d'être, et les conditions de sa compatibilité avec les principes d'égalité et de non-discrimination.

  • En Belgique, l'enseignement de la religion et de la morale est toujours organisé sur base du pacte scolaire de 1958. Or, le paysage convictionnel s'est profondément modifié, sous le double impact de la sécularisation et de l'immigration. L'idée d'une réforme s'impose de plus en plus comme une évidence, mais elle se heurte à des obstacles juridiques et politiques. Ce livre constitue un plaidoyer en faveur de l'organisation d'un cours commun d'éthique, de citoyenneté et de culture religieuse et philosophique (ECCR). Il met en évidence l'impérieuse nécessité d'introduire ce cours indispensable à l'apprentissage du vivre ensemble.

  • La Constitution belge établit le principe du financement public des cultes et des organisations philosophiques non confessionnelles.
    Ainsi, l'Etat paie les salaires des prêtres, pasteurs et rabbins, et depuis peu des délégués laïques et des imams. Les communes et les provinces sont, quant à elles, tenues de financer l'entretien et le fonctionnement des lieux de culte et des services d'assistance morale laïque. Ce système, en vigueur depuis 1831, connaît actuellement d'importantes évolutions. D'une part, la transformation de la Belgique en un Etat fédéral a amené un nouveau partage des compétences.
    D'autre part, la reconnaissance du culte musulman, qui n'avait jamais sorti son plein effet, vient de franchir une étape importante: les premières mosquées ont enfin été reconnues. Cet ouvrage collectif expose l'origine du financement public des cultes et de la laïcité organisée, ses mécanismes, et les montants affectés; considérant notamment la pratique religieuse actuelle, il s'interroge sur son avenir.

  • Il y a un peu plus de cinquante ans, le 8 décembre 1965, le pape Paul VI promulguait la constitution pastorale Gaudium et Spes. Ce document majeur du concile Vatican II, qui évoque largement la dignité du mariage et de la famille et insiste sur la place primordiale de l'amour conjugal, mettait fin à la doctrine nataliste absolue d'autrefois. Toutefois, moins de trois ans plus tard, l'encyclique Humanae Vitae vint réaffirmer la doctrine traditionnelle de l'Eglise en ce qui concerne la prohibition de la contraception artificielle.
    Ces documents sont le fruit de débat houleux au sein de l'Eglise, autour de thèmes qui remontent aux origines du christianisme, telles la primauté du célibat ou du mariage, la fonction déterminante de la famille ou la liberté de l'individu, ou encore la relation comme concupiscence ou acte de filiation. Les contributions réunies dans ce volume placent ces tensions dans leur perspective historique et reconstituent l'évolution des positions de l'Eglise à propos du couple et de la famille depuis les origines jusqu'à nos jours, à travers l'étude de moments charnières et de documents-clés, et par l'observation des acteurs tant des processus d'élaboration des normes que, parfois, des mouvements de contestation de celles-ci.

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