Gilbert-Keith Chesterton

  • Dans l'Angleterre du futur, la démocratie a laissé la place à un vague despotisme, à la tête duquel un Roi nommé à vie est tiré au sort. Tout se passe le mieux du monde, jusqu'au jour où le hasard désigne Auberon Quin, fonctionnaire dans un ministère quelconque et redoutable amateur d'humour au second degré.

    Sa première et principale réforme vise à redonner aux différents quartiers de Londres le goût de traditions historiques parfaitement fantaisistes : bannières flamboyantes, hérauts et hallebardiers se multiplient dans le Londres moderne, où ils s'avèrent fort encombrants. Mais cette plaisanterie so british va faire renaître de vieilles passions, qu'on croyait rendues caduques par le capitalisme moderne...

    Présenté ici dans une traduction révisée, Le Napoléon de Notting Hill, roman féroce et jubilatoire, est l'un des plus textes les plus célèbres de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936).

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • Il n'est pas bon de partir en voyage dans les bourgades de l'Angleterre. L'auberge Le Soleil Levant est le théâtre d'étranges suicides, le grand poète Phineas Salt disparait après avoir vidé son compte en banque, le fortuné Sir Owen Cram est retrouvé poignardé sur un banc de sable... Autant de crimes que Gabriel Gale, peintre du dimanche et poète à ses heures, tente d'élucider. Pour l'aider, il a pour bras droit le docteur Garth, qui essaie tant bien que mal, par son calme et son esprit scientifique, de tempérer les extravagances de son ami. Une série d'enquêtes publiée en 1929, où Chesterton joue avec l'absurde, met à mal la raison et fait l'éloge de la folie, le tout avec un humour salvateur.

  • Troisième roman de Chesterton, La Sphere al la Croix est une fable métaphysique d'une Fart' inventivité, qui ninstitue u ne Lies plus belles inventions de l'auteur, un des plus fascinanis modèles de délire logique dc la littérature mondiale.

  • Le père Brown est un des personnages les plus célèbres - et le plus déroutant - de la fiction policière. Ce prêtre catholique d'une petite paroisse du Sussex, petit et rondouillard, avenant, n'a rien d'extraordinaire ; il semble même tout à fait insignifiant, voire ahuri, avec son regard de myope et son grand parapluie qui l'embarasse.
    Le fait est que cette apparence médiocre dissimule un cerveau exceptionnel aux méthodes géniales. Les faits et les indices l'intéressent peu : il se laisse guider par l'atmosphère et ses intuitions. Il se glisse dans l'esprit du malfaiteur et résoud de l'intérieur des énigmes a priori insolubles. En prenant le contrepied des méthodes d'investigation classiques, il agit à rebours du sens commun. Les observateurs (dont le lecteur) ne comprennent rien à son comportement, ni à son discours, à mille lieues semble-t-il de l'enquête en cours : ses agissements sont à première vue incohérents, ses propos décousus, ses digressions insensées . Et pourtant... La logique déconcertante de ce détective particulier éclate une fois l'intrigue dénouée. Il considère le crime comme une oeuvre d'art et le criminel comme une âme égarée qu'il faut comprendre et sauver. C'est donc un philosophe que dépeint Chesterton, mais un philosophe décalé, maniant l'humour et le paradoxe. En un mot : un poète.
    Présentée par Francis Lacassin, cette édition regroupe l'ensemble des 44 nouvelles parues entre 1911 et 1935. Sont également présentes trois nouvelles inédites en volume, traduites pour l'occasion.

  • Petites Choses formidables est sans doute l'un des recueils d'essais les plus célèbres de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). L'auteur se promène avec légèreté parmi les villes de France et d'Allemagne ou les collines d'Angleterre, et s'ingénue à tirer de petites anecdotes du quotidien des leçons pleines d'humour, de profondeur ou d'horreur. Le contenu de ses poches, les délices d'une grasse-matinée ou une terrifiante conversation avec un nihiliste sont autant d'occasions de dévoiler la beauté insoupçonnée du Paradis caché où vivent les hommes. « Le monde ne manquera jamais de merveilles ni d'aventures, c'est seulement d'émerveillement qu'il pourrait manquer. » Au fil de trente-neuf historiettes, Chesterton révèle l'extraordinaire dissimulé sous les aspects de l'ordinaire, et la grande morale que peuvent représenter des tickets de tram, un canif, des touristes à la plage ou une gare ferroviaire. D'un rien, il lui est possible de discourir, avec la fraîcheur dont il a le secret, sur la famille, la guerre, la démocratie et le christianisme. Ces essais, inédits en français pendant plus d'un siècle, sont un concentré de la pensée loufoque et lucide du Prince du Paradoxe, et peuvent être considérés comme son testament philosophique.

  • Le père Brown est un des personnages les plus célèbres - et le plus déroutant - de la fiction policière. Ce prêtre catholique d'une petite paroisse de l'Essex, petit et rondouillard, avenant, n'a rien d'extraordinaire ; il semble même tout à fait insignifiant, voire ahuri, avec son regard de myope et son grand parapluie qui l'embarrasse.
    Le fait est que cette apparence médiocre dissimule un cerveau exceptionnel aux méthodes géniales. Les faits et les indices l'intéressent peu : il se laisse guider par l'atmosphère et ses intuitions. Il se glisse dans l'esprit du malfaiteur et résoud de l'intérieur des énigmes a priori insolubles. En prenant le contrepied des méthodes d'investigation classiques, il agit à rebours du sens commun. Les observateurs (dont le lecteur) ne comprennent rien à son comportement, ni à son discours, à mille lieues semble-t-il de l'enquête en cours : ses agissements sont à première vue incohérents, ses propos décousus, ses digressions insensées . Et pourtant... La logique déconcertante de ce détective particulier éclate une fois l'intrigue dénouée.
    Il considère le crime comme une oeuvre d'art et le criminel comme une âme égarée qu'il faut comprendre et sauver. C'est donc un philosophe que dépeint Chesterton, mais un philosophe décalé, maniant l'humour et le paradoxe. En un mot : un poète.

  • Les étoiles filantes : trois diamants de la plus belle eau, ont une fâcheuse tendance à attiser la convoitise des voleurs de tout acabit, ce qui leur vaut ce nom si poétique. Justement, Flambeau, le génial malfaiteur, a jeté son dévolu sur ces fabuleux joyaux, que sir Leopold Fischer, le célèbre financier, s'apprête à offrir à sa petite-fille, en ce lendemain de Noël. Pour l'occasion toute la famille est réunie et improvise une fête... à laquelle le voleur est bien décidé à s'inviter. Mais, l'audacieux Flambeau ne se doute pas que la Providence va de nouveau mettre sur sa route le plus improbable des détectives, l'astucieux Père Brown... Ce lendemain de Noël s'annonce décidément plein de surprises pour chacun des protagonistes de cette étrange affaire !

  • Dans la première partie de L'homme éternel, Chesterton s'applique à étudier l'homme comme s'il n'était qu'un animal et montre qu'il serait moins invraisemblable de le tenir pour un pur esprit.
    Le type même de raisonnement l'amène ensuite à regarder le Christ comme s'il n'était qu'un homme, afin de mettre en évidence qu'il est plus rationnel de croire ce qu'enseigne l'Eglise. On peut dire autrement que la première partie est un résumé de l'aventure de l'humanité païenne et la seconde un aperçu du bouleversement que fut son passage au christianisme. S'il est très difficile de donner en quelques mots une vue précise du contenu de L'homme éternel, qui passe Outre-Manche pour le chef-d'oeuvre de son auteur, il est impossible de donner à ceux qui ne connaissent pas Chesterton une idée de la puissance de ses raisonnements, de la vivacité de son imagination et de l'éclat de ses paradoxes.
    L'homme éternel est sans doute l'un des plus profonds et des plus poétiques parmi les livres qui peuvent amener des incroyants à considérer avec attention et sympathie ce que l'Eglise enseigne sur l'homme et sur Dieu.

  • Noyé dans la foule d'un Congrès à Londres, un commissaire parisien traque son ennemi juré, criminel brillant et - presque - insaisissable. À force de chercher la moindre trace de sa proie, il finit par suivre une série d'indices qui ne semblent avoir en commun qu'un sens presque élégant du paradoxe ainsi qu'un étrange tandem de prêtres. Deux professionnels du crime, chacun d'un côté de la loi : le premier préparant peut-être l'un de ses plus audacieux vol et le second menant l'enquête la plus déconcertante de sa carrière, et, au milieu, un prêtre gaffeur et maladroit.
    Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est une figure majeure de la littérature anglaise, auteur d'une oeuvre prolifique d'essayiste, de polémiste, de biographe, et de romancier. Nul mieux que lui sut marier le paradoxe et l'art du contrepied. Il fut, dès 1901, l'un des premiers théoriciens du roman policier avec un article demeuré célèbre, A Defense of Detective Sories. Il fut en 1928 le premier président du Detective Club, association regroupant des écrivains de romans policiers (dont A. Christie, la baronne Orczy, D. Sayers, J.D. Carr...). Chesterton parlait souvent de lui-même comme d'un chrétien « orthodoxe » ; il se convertit au catholicisme. George Bernard Shaw, son « adversaire et ami », dit de lui dans Time : « C'était un homme d'un génie colossal.

  • Lorsque le jeune J. T. Angus demande la main de la charmante Laure Hope, il apprend qu'il a un rival peu banal : un certain Welkin la poursuit de ses menaces, ne supportant pas qu'elle puisse épouser quiconque si ce n'est lui. Smythe semble épier en permanence la jeune femme, il l'appelle, il dépose même des menaces écrites près d'elle, sans qu'elle puisse le voir? Il est invisible ! Et quand il annonce qu'il s'en prendra à un autre rival, l'inventeur Isidore Smythe, Angus fait appel à un détective de sa connaissance : Flambeau. Welkin parvient malgré toutes les précautions prises, à faire disparaître Smythe. Heureusement, le père Brown accompagne Flambeau et saura tirer cette mystérieuse affaire d'homme invisible au clair !

  • Inédite en français, Magique est la première pièce de théâtre de G. K. Chesterton, l'un des plus importants écrivains anglais du début du XXe siècle. Il est alors déjà très célèbre pour ses essais, ses contes, ses nouvelles ou ses romans. La première de Magique eut lieu le 7 novembre 1913 et cette « comédie fantastique » connut très rapidement un réel succès auprès des publics anglais et américains - et même suédois puisque Ingmar Bergman, dont c'était la pièce préférée, la monta à Göteborg en 1947 et s'en inspira librement pour son film Le Visage en 1958.
    Magique concentre en effet tous les aspects de la littérature chestertonienne, son talent très particulier à nouer entre le réel et l'onirisme des liens privilégiés. L'argument de la pièce est d'une simplicité extrême : un magicien, invité pour divertir, jette le trouble dans la maison d'un duc. Une assemblée de personnages s'y trouvent, un vieux médecin sûr de sa science, un prêtre mal à l'aise tout prêt à accorder le bénéfice du doute à qui veut bien, un duc de tempérament libéral qui n'admet pas la supériorité d'un point de vue sur un autre, son jeune neveu venu d'Amérique, converti au modernisme, athée et progressiste et sa jeune nièce assez impressionnable pour croire aux fées et assez sage pour croire à l'amour. Tous veulent comprendre comment le magicien réalisent ses tours de magie, mais peut-être que la seule explication est la magie. et tous se retrouvent à douter de leur manière de penser.
    Cette remarquable pièce de théâtre, aux dialogues vifs, où paradoxes et plaisanteries se mêlent avec brio, peut se lire comme une parabole sur l'art et sur le cheminement spirituel de son auteur (qui en bon ironiste a écrit lui même la critique de sa pièce), où l'on peut saisir dans le portrait du magicien celui de son secret alter ego.

  • Orthodoxie

    Gilbert Keith Chesterton

    • Climats
    • 19 Mars 2010

    Orthodoxie présente l'intérêt d'une apologie de la religion chrétienne par un converti. Païen à 12 ans, agnostique à 16 ans, quel chemin Chesterton a parcouru pour venir à la foi. Quelques aspects du christianisme authentique y sont mis dans une lumière vigoureuse : en particulier ce que Chesterton appelle son "romantisme", c'est-à-dire en somme son caractère poétique, extrême, enthousiaste, infiniment éloigné des platitudes d'une religion naturelle ou rationnelle. Apologiste à coup sûr, mais d'une espèce à part : jamais abstrait, ni grave, ni docte, jamais superficiel non plus, cet esprit pénétrant et singulier a réalisé ce paradoxe de mettre l'humour au service de la foi.

  • Lorsque les invités de la garden-party du commissaire Valentin découvrent une tête dans une haie puis un corps décapité, l'affaire semble évidente, mis à part l'éternelle question : qui est le coupable ? Un des invités, le père Brown, va pourtant proposer une autre explication qui sera le premier rouage vers la découverte implacable d'un autre visage criminel.
    Après une visite de Londres brouillant la frontière entre proie et chasseur, un autre archétype du roman policier (le meurtre impossible en huis clos) devient l'occasion d'une plongée dans un autre espace semblant inaccessible : le cerveau d'un tueur trop familier.
    Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est une figure majeure de la littérature anglaise, auteur d'une oeuvre prolifique d'essayiste, de polémiste, de biographe, et de romancier. Nul mieux que lui sut marier le paradoxe et l'art du contrepied. Il fut, dès 1901, l'un des premiers théoriciens du roman policier avec un article demeuré célèbre, A Defense of Detective Sories. Il fut en 1928 le premier président du Detective Club, association regroupant des écrivains de romans policiers (dont A. Christie, la baronne Orczy, D. Sayers, J.D. Carr...). Chesterton parlait souvent de lui-même comme d'un chrétien « orthodoxe » ; il se convertit au catholicisme. George Bernard Shaw, son « adversaire et ami », dit de lui dans Time : « C'était un homme d'un génie colossal.

  • Un club select dans un hôtel select pour leur banquet annuel tout aussi select. Ce qui était prévu pour être un sommet de sécurité va devenir un échiquier où vont s'affronter un cambrioleur brillant et un prêtre futé. L'un comme l'autre vont accomplir un tour de force sans que les victimes de l'un ne soient au courant de la (semie) bonne volonté de l'autre.
    Deux ambitions contradictoires propres au genre policier trouvent une double concrétisation bienvenue. Ce n'est que le premier des nombreux paradoxes d'une aventure où les détails cruciaux sont nombreux et l'impertinence constante. Cette fois-ci, qui se cache réellement dans les détails ?
    Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) est une figure majeure de la littérature anglaise, auteur d'une oeuvre prolifique d'essayiste, de polémiste, de biographe, et de romancier. Nul mieux que lui sut marier le paradoxe et l'art du contrepied. Il fut, dès 1901, l'un des premiers théoriciens du roman policier avec un article demeuré célèbre, A Defense of Detective Sories. Il fut en 1928 le premier président du Detective Club, association regroupant des écrivains de romans policiers (dont A. Christie, la baronne Orczy, D. Sayers, J.D. Carr...). Chesterton parlait souvent de lui-même comme d'un chrétien « orthodoxe » ; il se convertit au catholicisme. George Bernard Shaw, son « adversaire et ami », dit de lui dans Time : « C'était un homme d'un génie colossal.

  • Recueil d'articles parus en 1929 dans lesquels l'écrivain, converti au catholicisme en 1922, dépeint la singularité de l'Eglise catholique en étudiant ce que lui ont reproché ses détracteurs au cours de son histoire

  • Épuisé après une première édition en 2009 qui avait rencontré un grand succès auprès de la presse nationale, cet essai politique et économique de G.K. Chesterton est aujourdhui réédité. Dans ce recueil de textes de 1926, le grand écrivain britannique semploie à dessiner les principes qui pourraient guider une société vraiment humaine entre les écueils du totalitarisme collectiviste et du chaos du libéralisme libertaire qui ne profite quà des privilégiés. Ce nest pas une mince surprise de constater quen usant des mots qui sont les siens, Chesterton avait déjà pensé la crise de lenvironnement, la faillite des banques, la perversité du système de la grande distribution, la destruction de lagriculture ! Avec la philosophie de la gratitude qui le caractérise tant, émaillant ses propos dun feu dartifice de paradoxes révélant la complexité des choses, Chesterton propose la large distribution de la propriété comme facteur de justice sociale et de développement économique maîtrisé.

  • Au terme d'une carrière dans l'administration indienne qui n'a laissé que le souvenir d'éclats maladroits, le squire Vane vit retiré dans son domaine de Cornouailles.
    A la population locale, imprégnée de merveilleux, il oppose son rugueux bon sens et s'enfonce un soir dans un bois aux prétendus pouvoirs maléfiques... pour ne plus reparaître. L'enquête, qui devra éviter le double piège d'un rationalisme grossier et de la crédulité superstitieuse, est menée par les invités du squire, le poète John Treherne et le critique américain Cyprian Painter.

  • Paru en 1910, le William Blake de Chesterton fait partie de la série de biographies littéraires qu'il consacra à des figures aussi diverses que Charles Dickens, Robert Browning ou Robert Louis Stevenson. Elle est l'une des premières au XXe siècle, après celle que lui dédia Gilchrist en 1863, à proposer une réévaluation de l'auteur des Chants d'innocence et d'expérience.
    Au centre du livre se pose la question du génie - ou de la folie - de Blake, et le fait de savoir si sa supposée « maladie mentale » limite son oeuvre aux marges du bizarre ou si son excentricité n'est, au contraire, que l'à-côté d'une oeuvre singulière et unique (« Les critiques prétendent que ses visions étaient fausses parce qu'il était fou. Je dis, moi, qu'il était fou parce que ses visions étaient réelles. »).
    Prenant appui sur l'intérêt de Blake pour Swedenborg et l'occultisme, Chesterton trace aussi le tableau d'un XVIIIe siècle secret et situe l'oeuvre picturale et mystique de Blake dans un contexte littéraire et artistique encore largement méconnu.

  • En 1905, à trente et un ans, Gilbert Keith Chesterton réunit en un volume les articles qu'il a donnés au Daily News pendant trois ans.
    Ce livre, Hérétiques, allait faire l'effet d'un " coup de vent dans une pièce mal aérée ". Chesterton y attaque les maux de la modernité : la croyance au progrès, le scepticisme, le déterminisme et les paroles creuses en tous genres. Ses contemporains - Rudyard Kipling, George Bernard Shaw, H.G. Wells - sont copieusement malmenés, mais avec tout l'esprit d'un homme lucide et plein d'humour, à qui il est par conséquent égal de parler sérieusement de religion...
    Valery Larbaud, qui lui rendit visite en Angleterre, devait laisser un portrait inoubliable de celui qu'on surnommait " le prince du paradoxe ": un géant, oscillant entre l'enfance et la sagesse, à qui il tombait des allumettes des cheveux lorsqu'il secouait la tête. C'est la voix de ce géant, tonitruante et espiègle, que ce livre donne à entendre.

  • Gilbert Keith Chesterton, le créateur du Père Brown, sans doute le détective anglo-saxon le plus célèbre après Sherlock Holmes, livre à travers divers petits textes un véritable bréviaire à destination de ceux qui voudraient s'aventurer dans ce genre littéraire. Mais comme toujours avec lui, ses conseils sont détournés, retors, à contre-courant, pour que puissent s'y exprimer pleinement son esprit mordant et son sens de l'absurde. Car c'est par l'absurde ou le grotesque qu'il démontre que l'intérêt d'une histoire policière ne tient pas tant aux forfaits qui sont commis ou à la traque du malfaiteur, qu'au cheminement intellectuel parfois incongru qui permet de le démasquer. Par la drôlerie de la démonstration sous un faux ton docte, ce vade-mecum vaut bien des intrigues policières.

  • "Je le considère comme étant, sans comparaison possible, le meilleur livre jamais écrit sur saint Thomas.
    Rien de moins que le génie peut rendre compte d'un tel accomplissement... Chesterton fut un des penseurs les plus profonds qui aient jamais existé ; il était profond parce qu'il avait raison ; et il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir raison ; mais il ne pouvait non plus s'empêcher d'être modeste et charitable. Aussi laissait-il ceux qui pouvaient le comprendre reconnaître qu'il avait raison et qu'il était profond.
    Auprès des autres, il s'excusait d'avoir raison et compensait le fait d'être profond en étant spirituel. C'est tout ce qu'ils voient en lui" - Étienne Gilson.

  • Écrivain, journaliste, apologète, polémiste prolifique, Gilbert Keith Chesterton (1874-1936) ne peut s'empêcher de croiser la plume avec ses adversaires : littérature, religion, philosophie, politique, ses articles font feu de tout bois, pour le plus grand plaisir du lecteur amusé, mais aussi stimulé, voire étourdi par ce prestidigitateur féru de paradoxes. Voilà, en substance, Le Puits et les Bas-fonds, compilant d'excellents essais chestertoniens des années 1930.
    Chesterton y fournit également une nouvelle justification de son catholicisme - il s'est converti en 1922 : « Je ne pourrais abandonner la foi sans tomber dans quelque chose de plus creux que la foi. Je ne pourrais cesser d'être catholique, sauf à devenir quelque chose de plus étroit qu'un catholique... Nous avons quitté les bas-fonds et les lieux desséchés pour l'unique puits profond. La vérité est au fond. » Défense du christianisme, de la famille, de la propriété privée et du bon sens élémentaire, certes. Mais les essais rassemblés ici nous font découvrir en outre un Chesterton préoccupé de la situation politique européenne, au point de donner l'alarme devant le péril nazi qui allait bientôt incendier tout le continent : une vue prophétique dont seul les vrais sages sont capables.
    Cette traduction inédite comble un oubli de plus de quatre-vingts ans depuis la parution originale en 1935 de The Well and the Shallows.
    Traduction, présentation et notes par Patrick Gofman et Wojciech Golonka.

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