Belles Lettres

  • C'est l'un des derniers compagnons de la Libération qui témoigne dans cet ouvrage. « Je vais avoir besoin de vous », dit simplement le général de Gaulle au jeune Hubert Germain lorsque celui-ci arrive en Angleterre en juin 1940, parmi les premiers Français libres. Hubert Germain a 19 ans, sera chevalier de la Légion d'Honneur à 21, Compagnon de la Libération deux ans plus tard : « Quand vous êtes reçu comme Compagnon, c'est comme si la foudre vous tombait dessus » résume-t-il. Légionnaire de la mythique 13e DBLE, Hubert Germain combat à Bir Hakeim, El Alamein, en Italie où il est blessé, puis durant toute la campagne de libération de la France. Il sera aussi maire, député puis ministre de Georges Pompidou. « Vous m'emmerdez avec Germain ! », rétorque le général de Gaulle alors qu'on le presse, vingt ans plus tard, d'écouter celui qu'on a envoyé rencontrer les émissaires des généraux putschistes d'Alger. Hubert Germain pardonne tout à celui qu'il considère comme son deuxième père. À cent ans, Hubert Germain n'a jamais cessé de résister. « Quand le dernier d'entre nous sera mort, la flamme s'éteindra. Mais il restera toujours des braises. Et il faut aujourd'hui en France des braises ardentes ! » C'est le message que veut laisser Hubert Germain dans ce témoignage inédit, recueilli par Marc Leroy. Le siècle y défile, de l'inacceptable défaite de 1940 pour ce fils d'officier supérieur, à la mort du général de Gaulle - « l'enterrement d'un grand prince médiéval d'occident » - jusqu'aux épreuves vécues par la France aujourd'hui.

  • Jamais dans l'histoire de l'humanité, les questions de santé, de sécurité, de sûreté des personnes et des biens, n'ont autant occupé les esprits et par voie de conséquences, préoccupé les responsables politiques. Il s'agit d'un de ces paradoxes qui surprennent les intelligences classiques. Car, les progrès dans ces domaines ont été considérables au cours du dernier siècle. Mais il est bien connu que plus on se sent en sécurité, plus on demande des mesures et plus encore des preuves. La France qui depuis des temps immémoriaux a été vue comme un modèle de référence, pour les autres pays des cinq continents, en raison de sa maîtrise des Arts, des Armes et des Lois, n'a plus la même confiance en elle. Elle est hésitante, partagée, en d'autres termes, incapable de dégager des consensus décisionnels minimum sur bien des sujets. Les actions manquent. On sait que lorsqu'un professeur n'a pas l'autorité suffisante, ses élèves chahutent, se dispersent et ne font rien de très bon. Ce modèle vaut pour la France d'aujourd'hui. Mais comme elle est juridicisée et administrée plus qu'aucun autre pays, sauf peut-être la Chine, les choses ne se perçoivent pas nettement. Si l'on voit des dangers partout et si on a peur de l'avenir, ce n'est généralement pas dit. La prudence de ses juristes et la richesse de sa langue ont en effet permis que la discussion soit enrobée de soie ou de chocolat. Un critère de raisonnement universel légitime l'expression de toutes les craintes. C'est le principe de précaution. Mais il n'est pas sans dangers. L'auteur propose des axes d'analyse et de réflexion, en jouant avec les mots d'aujourd'hui et d'hier. Il ne prétend pas exercer un magistère moral sur les lecteurs de ce livre. Il souhaite simplement les inviter à le suivre dans les coins et les recoins de ses nombreuses expériences, afin de mieux ordonner leur pensée. En parallèle à sa profession d'universitaire qui lui a permis de développer le modèle du droit du danger, Hubert Seillan a fondé les éditions Préventique. Ces deux carrières l'ont conduit à effectuer de nombreuses missions d'assistance et de conseil auprès des institutions internationales, des administrations, des collectivités et des entreprises.

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