Calmann-Lévy (réédition numérique FeniXX)

  • Pourquoi Roger Gendre revient-il dans son village natal ? Est-ce, comme il le prétend, pour emprunter de l'argent au notaire de sa famille ? N'a-t-il pas quelque motif secret, et plus obscur, qui le force à rejoindre cette forêt de son enfance ? Les fantômes du passé ne lui ont-ils pas fixé le plus étrange des rendez-vous ? Comme l'exige la coutume, Roger Gendre porte le nom et le prénom de son grand-père paternel, personnage scandaleux et insolite qui, comme pour se moquer, construisit une énorme cimenterie vouée à la ruine. On a peine à croire que c'est le destin qui pousse Roger Gendre aux épaules (ne voit-il point tout s'éclairer sous son regard ?)... En ce village des noires Ardennes, dans l'aube indécise, un crime est commis. Il ne fallait rien de moins que cette grave circonstance pour montrer que le retour est impossible, qu'on ne revient jamais en arrière ! Le roman d'Hubert Juin exerce sur le lecteur un curieux envoûtement, qui est dû à la fois à un style d'une sûreté peu commune, et à la présence sourde d'un mystère sans cesse croissant. C'est une oeuvre sobre et riche.

  • « Quand Chirac a été élu, on a reçu à Matignon les diplomates américains qui nous ont demandé ce qui allait changer : "France is back !" leur a-t-on répondu... » Tel est l'état d'esprit des jeunes technocrates du Quai d'Orsay qui arrivent aux affaires en 1985. Ils sont convaincus qu'un Mitterrand épuisé a enfermé notre vieux pays dans l'immobilisme : seul le volontarisme de Jacques Chirac peur lui faire retrouver sa voix dans le concert des nations. Et si l'activisme chiraquien marquait a contrario le crépuscule de l'ère gaullienne, achevant le déclin d'une présidence grignotée à la fois par la mondialisation et par la cohabitation ? Ce récit vivant, ponctué de portraits et de dialogues, nourri d'informations puisées aux meilleures sources (Élysée, Matignon, Quai d'Orsay, Défense, DGSE, DST), lève le voile sur les coulisses de la diplomatie française. De la Bosnie au Proche-Orient, de l'Asie à l'Amérique latine, de l'Afrique à l'Europe, on y découvre le pouvoir des « hommes du président », la complexité des réseaux parallèles, la subtilité des jeux d'intérêts contradictoires, l'influence disproportionnée des querelles de politique intérieure, l'ampleur des informations cachées à l'opinion au nom de la « raison d'État ». La partie qui se joue sur l'échiquier des relations internationales remet en perspective les « affaires » qui émaillent l'actualité quotidienne (Thomson, Elf...) et les tragédies qui ensanglantent notre horizon immédiat (prises d'otages, attentats, massacres...). Une enquête sans concessions qui permet de comprendre la politique menée dans le monde en notre nom.

  • Yves est un Don Juan au petit pied, qui a recours au courrier du coeur pour faire provision de proies faciles. Une jeune fille de province, Jacqueline, se laisse prendre à ses lettres, à ses flatteries bien dosées, et à toute une stratégie minutieuse où les mensonges le disputent aux élans sincères. Yves fait durer le plaisir, et invente de toutes pièces un voyage aux États-Unis : il savoure plus ses pouvoirs épistolaires que ses pouvoirs réels. Enflammée, éloignée, enflammée de nouveau, bafouée, rappelée, Jacqueline sera mûre pour se jeter dans ses bras. Cette première partie du roman consiste en un échange de lettres, exclusivement. Une deuxième partie se compose des réflexions d'Yves et de Jacqueline au cours de leur rencontre. Et, en troisième partie, Hubert Gonnet nous offre le choix entre six dénouements différents : au lecteur d'intervenir. Ce « tour de force », on ne peut plus aguichant, est une sorte de bréviaire de l'amour cynique. Et il devient, grâce à l'entrain et à la finesse d'Hubert Gonnet, un bréviaire de l'amour tout court.

  • « Quand Chirac a été élu, on a reçu à Matignon les diplomates américains qui nous ont demandé ce qui allait changer : "France is back !" leur a-t-on répondu... » Tel est l'état d'esprit des jeunes technocrates du Quai d'Orsay qui arrivent aux affaires en 1985. Ils sont convaincus qu'un Mitterrand épuisé a enfermé notre vieux pays dans l'immobilisme : seul le volontarisme de Jacques Chirac peur lui faire retrouver sa voix dans le concert des nations. Et si l'activisme chiraquien marquait a contrario le crépuscule de l'ère gaullienne, achevant le déclin d'une présidence grignotée à la fois par la mondialisation et par la cohabitation ? Ce récit vivant, ponctué de portraits et de dialogues, nourri d'informations puisées aux meilleures sources (Élysée, Matignon, Quai d'Orsay, Défense, DGSE, DST), lève le voile sur les coulisses de la diplomatie française. De la Bosnie au Proche-Orient, de l'Asie à l'Amérique latine, de l'Afrique à l'Europe, on y découvre le pouvoir des « hommes du président », la complexité des réseaux parallèles, la subtilité des jeux d'intérêts contradictoires, l'influence disproportionnée des querelles de politique intérieure, l'ampleur des informations cachées à l'opinion au nom de la « raison d'État ». La partie qui se joue sur l'échiquier des relations internationales remet en perspective les « affaires » qui émaillent l'actualité quotidienne (Thomson, Elf...) et les tragédies qui ensanglantent notre horizon immédiat (prises d'otages, attentats, massacres...). Une enquête sans concessions qui permet de comprendre la politique menée dans le monde en notre nom.

  • Yves est un Don Juan au petit pied, qui a recours au courrier du coeur pour faire provision de proies faciles. Une jeune fille de province, Jacqueline, se laisse prendre à ses lettres, à ses flatteries bien dosées, et à toute une stratégie minutieuse où les mensonges le disputent aux élans sincères. Yves fait durer le plaisir, et invente de toutes pièces un voyage aux États-Unis : il savoure plus ses pouvoirs épistolaires que ses pouvoirs réels. Enflammée, éloignée, enflammée de nouveau, bafouée, rappelée, Jacqueline sera mûre pour se jeter dans ses bras. Cette première partie du roman consiste en un échange de lettres, exclusivement. Une deuxième partie se compose des réflexions d'Yves et de Jacqueline au cours de leur rencontre. Et, en troisième partie, Hubert Gonnet nous offre le choix entre six dénouements différents : au lecteur d'intervenir. Ce « tour de force », on ne peut plus aguichant, est une sorte de bréviaire de l'amour cynique. Et il devient, grâce à l'entrain et à la finesse d'Hubert Gonnet, un bréviaire de l'amour tout court.

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