De L'onde

  • Par cet ensemble de textes aux formes variées et inattendues, Jean Hubert, l'auteur, donne une place centrale à la nature. Pas une nature apprise et observée intellectuellement, mais la nature réelle au coeur de laquelle il vit en Normandie. Ainsi le coq, le taureau, le pommier, proposent des défis à l'homme pour qu'il trouve sa place et son équilibre en vivant en symbiose dans celle-ci.
    Cet ensemble de textes, proche de l'écriture d'un journal, tire son originalité de l'hétérogénéité des formes qu'il prend. En passant de la fable avec une chute saisissante, à l'énigme qui fait appel au bon sens et à l'anecdote personnelle qui illustre une observation médicale, Jean Hubert brasse un vaste ensemble thématique dont le centre est le souci et le respect de la nature.
    Cette attention à la nature ouvre des perspectives sur la place de l'homme dans le cosmos, mais aussi... à l'amour des autres.

  • « Cédric » décrit la souffrance d'une enfance déplorable durant laquelle il est maltraité, oublié, abusé, violenté. Il explique le lien qu'il a tissé au fil des années dans sa psyché et sa relation aux autres. Cette ambivalence a créé un mal-être, avec lequel il essaie de vivre et qu'il conte dans cette histoire imprégnée de réalités et d'incertitudes. Il juge les gens car il est en colère contre cette humanité dont il a oublié qu'elle est son berceau.
    Il veut tout simplement vivre sans toutes ces douleurs qui le pourchasse et dont il n'est pas maître. Cédric tente de les oublier dans ses rêves...

  • Dix ans après la guerre, Joffre, cheval du héros, accompagne Henri sur un chemin de désillusions. Ils ont vécu les mêmes épreuves pendant ces années de la Grande Guerre, et désormais leur place semble contestée dans un monde en métamorphose.
    Dans un pays où les traces de l'Histoire et ses conflits perdurent avec obsession dans les mémoires et peinent à s'effacer, Henri et son cheval deviennent petit à petit indésirables au sein de leur village de Ponthieu. Jusqu'au mépris de ceux à qui profite le progrès, et des autorités qui ne reconnaissent pas leurs mérites.
    Les animaux aussi s'imposent au fil du roman. L'auteur revendique leur amitié et leurs souffrances, au même titre que celles des êtres qu'il côtoie.
    Ce récit est un long soliloque. Le narrateur se replie sur les évènements du passé, ses relations tourmentées avec les femmes et encore le souvenir des morts. Ceux-là qui finalement lui permettront d'entrevoir sa destinée, dans la préservation du souvenir, au milieu des cimetières.

  • Ce premier volume des Idio-Graphoses s'adresse aux amateurs d'une écriture de jouissance esthétique ambivalente et/ou trouble, sur un mode à peu près oublié de nos jours. L'auteur renoue avec la pratique romantico-symboliste d'avant le déferlement des écoles modernistes et des « ismes », dans une sorte de « réaction » stylistique » affirmée. Il utilise son art pour plonger son lecteur dans les élaborations de ses Mythologies, Archéologies, Poièse.. selon une prosodie obsessionnelle bien identifiable, ou nostalgique, ou très corrosive. L'auteur, Daniel-Hubert Dutheil, artiste peintre rapidement questionné par les idées diffuses de la « mort de l'art », s'oriente en réaction vers une écriture subjectiviste, enfouie. Un parcours à ruptures successives, avant de reconnaître que seule la création singulière est capable d'interroger le questionnement métaphysique et/ou d´apaiser l'insatisfaction morale existentielle.

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