Grasset

  • Norma, une actrice que tout paris admire, joue ce soir, seule sur la scène d'un théâtre de montparnasse. jérôme, lui, est assis au quatrième rang et l'épie. ils se sont rencontrés le jour de la première. leur liaison se termine-t-elle avec cette dernière représentation ? et dès lors le souvenir de joan, l'américaine, serait-il responsable de la rupture ? par petits chapitres, le romancier pénètre au plus secret de cette brève rencontre, court de paris à boston, de lyon à athènes, campe ses personnages avec des mots gourmands, et par cent notations révèle une autre passion, celle du théâtre.

  • A Francfort, la traductrice Claudia Wolf surprend l'écrivain Claude Galien en train de s'enivrer, et l'idée lui vient d'apporter un peu d'ordre dans cette vie dissolue. A Lille, Stéphane, jeune artisan, rentrant chez lui, se heurte au cadavre de sa mère, et le cri qu'il pousse alerte une prostituée qui se rue sur les lieux du suicide. A Paris, Antoine Fabri, qui se rend à la gare du Nord pour accueillir sa maîtresse, rencontre dans le métro un prince africain en exil et une réfugiée chilienne. Ainsi, pendant vingt-quatre heures, des personnages qui n'avaient en apparence rien de commun voient (ou ne voient pas) les fils de leurs destins s'entre-nouer. Et au cours des quatre journées qui composent le roman d'Hubert Nyssen, ces rois borgnes - mais des reines aussi - comme on en trouve dans les salons, les rédactions, les trains, en marge ou dans l'ombre, règnent sur les aveugles de leurs petits territoires.

    Le plus singulier d'entre eux, véritable faire-valoir de tous les autres, c'est Dieudonné, un échappé du cirque de la fiction, haut comme trois pommes, tour à tour persécuté et persécuteur, tendre et méchant, roitelet indiscret et fantasque qui mène le bal et nous conduit à découvrir, peu à peu, la trame de vassalité dans ce royaume où les borgnes sont rois : le nôtre.

  • En 1973, hubert beuve-méry accorda quatre jours d'entretiens à jean-claude barreau. puis au cours des années 1988 et 1989, pierre-andré boutang put le filmer pour "océaniques". reprises par pierre-henry beuve-méry, un de ses fils, voici ces "paroles", sous la forme d'une conversation qui restitue la voix et l'ardeur d'un être d'exception. on y retrouve les combats, les espérances, les valeurs du fondateur du {monde} aux prises avec son siècle et sa conscience : la guerre, de gaulle, la décolonisation, la quatrième république. mais dans ces pages, sirius évoque aussi - et c'est la chose exceptionnelle - son enfance, ses années d'apprentissage, sa foi, la mort. témoignage, chronique d'une époque où les convictions n'étaient pas de vains mots, ce livre constitue le testament d'un homme irremplaçable.

  • A Francfort, une nuit d'octobre, la traductrice Claudia Wolf surprend l'écrivain Claude Galien en train de s'enivrer, et l'idée lui vient d'apporter un peu d'ordre dans cette vie dissolue. Pendant ce temps, à Lille, Stéphane, jeune artisan, rentrant chez lui, se heurte au cadavre de sa mère, et le cri qu'il pousse alerte une prostituée qui se rue sur les lieux du crime. A Paris, Antoine Fabri, qui se rend à la gare du Nord pour accueillir sa maîtresse, rencontre dans le métro un prince africain en exil et une réfugiée chilienne. Ainsi, pendant vingt-quatre heures, des personnages qui n'avaient en apparence rien de commun voient (ou ne voient pas) les fils de leurs destins s'entre-nouer. Et au cours des quatre journées qui composent le roman d'Hubert Nyssen, ces rois borgnes - mais des reines aussi - comme on en trouve dans les salons, les rédactions, dans les trains, sur les places, en marge ou dans l'ombre, règnent sur les aveugles de leurs petits territoires. Le plus singulier d'entre eux, véritable faire-valoir de tous les autres, c'est Dieudonné, un échappé du cirque de la fiction, haut comme trois pommes, tour à tour persécuté et persécuteur, tendre et méchant, sensuel et religieux, roitelet indiscret et fantasque qui mène le bal. Ce roman, construit avec une passion d'horloger, composé dans la profusion, mené tambour battant, nous conduit, épisode par épisode, à découvrir la trame de vassalité dans ce royaume où les borgnes sont rois : le nôtre.

  • Comme tel illustre artiste de l'Orient était « fou de dessin », Nyssen, lui, est fou de langage. La sève, la saveur des mots souvent prennent l'initiative dans sa poésie, qui semble résulter de leur puissance, de leur qualité. Dans notre langage coutumier, les mots couvrent les choses, les revêtent d'écailles opaques, les alourdissent de pesanteur morte. Ici le mot est parfois animé : il a puissance éclairante et entraînante. A tel point Hubert Nyssen réclame-t-il toute-puissance du langage qu'il ne craint pas de recourir à l'invention, ou de puiser dans le trésor des mots rares. Ce sont là des épreuves qui mènent à l'aube simple des grands vers.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • A Francfort, une nuit d'octobre, la traductrice Claudia Wolf surprend l'écrivain Claude Galien en train de s'enivrer, et l'idée lui vient d'apporter un peu d'ordre dans cette vie dissolue. Pendant ce temps, à Lille, Stéphane, jeune artisan, rentrant chez lui, se heurte au cadavre de sa mère, et le cri qu'il pousse alerte une prostituée qui se rue sur les lieux du crime. A Paris, Antoine Fabri, qui se rend à la gare du Nord pour accueillir sa maîtresse, rencontre dans le métro un prince africain en exil et une réfugiée chilienne. Ainsi, pendant vingt-quatre heures, des personnages qui n'avaient en apparence rien de commun voient (ou ne voient pas) les fils de leurs destins s'entre-nouer. Et au cours des quatre journées qui composent le roman d'Hubert Nyssen, ces rois borgnes - mais des reines aussi - comme on en trouve dans les salons, les rédactions, dans les trains, sur les places, en marge ou dans l'ombre, règnent sur les aveugles de leurs petits territoires. Le plus singulier d'entre eux, véritable faire-valoir de tous les autres, c'est Dieudonné, un échappé du cirque de la fiction, haut comme trois pommes, tour à tour persécuté et persécuteur, tendre et méchant, sensuel et religieux, roitelet indiscret et fantasque qui mène le bal. Ce roman, construit avec une passion d'horloger, composé dans la profusion, mené tambour battant, nous conduit, épisode par épisode, à découvrir la trame de vassalité dans ce royaume où les borgnes sont rois : le nôtre.

  • Comme tel illustre artiste de l'Orient était « fou de dessin », Nyssen, lui, est fou de langage. La sève, la saveur des mots souvent prennent l'initiative dans sa poésie, qui semble résulter de leur puissance, de leur qualité. Dans notre langage coutumier, les mots couvrent les choses, les revêtent d'écailles opaques, les alourdissent de pesanteur morte. Ici le mot est parfois animé : il a puissance éclairante et entraînante. A tel point Hubert Nyssen réclame-t-il toute-puissance du langage qu'il ne craint pas de recourir à l'invention, ou de puiser dans le trésor des mots rares. Ce sont là des épreuves qui mènent à l'aube simple des grands vers.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les grands truands ont presque tous écrit leurs Mémoires. Pour la première fois, c'est un « maton » qui parle. Corse, pied-noir, Hubert Bonaldi, directeur de la Santé et secrétaire général du Syndicat F.O. des gardiens de prison, est devenu maton par hasard et faute de mieux. Mais, très vite, le métier le passionne. Travaillant en prison, habitant en prison, passant ses vacances au Centre pénitencier de Casabianda en Corse, il est l'un des hommes qui connaissent le mieux le problème posé en France par les prisons. Il raconte la vie quotidienne, les gangs reconstitués, la troublante connivence des détenus et de leurs gardiens, véritables prisonniers à vie. La politique, bien entendu, n'est pas absente de cet univers, reflet déformé de notre société. Hubert Bonaldi rappelle qu'en 1974, quand les prisons se révoltent, gardiens et détenus sont au coude à coude, pour faire entendre leur voix et dénoncer les responsables de leur isolement : les pouvoirs publics. Reste à trouver, entre le goulag et la prison-hôtel, une juste mesure, pour que les droits des détenus et des gardiens, comme ceux de la société, soient respectés.

  • De tout temps, les gens du Nord sont descendus vers le sud, conquérants ou pacifiques, convaincus que la terre promise est le Midi méditerranéen. Yves Nordman, le héros de ce roman, n'échappe pas à ce rêve. Des Flandres à la Provence, sa route passe par l'Amérique, la Scandinavie et la Chine - ou plutôt par Gayle, Mathilde et Wanda, parce que chaque contrée s'identifie à une femme qui, pour Yves, l'incarne. Alors, la découverte des corps se mêle à celle, non moins sensuelle, des paysages. L'une après l'autre, les escales de ce voyage initiatique sont, à leur manière, une "liaison" et marquent une étape vers la plénitude : page après page, pays après pays, le présent l'emporte sur la mémoire, la sensualité sur la raison. L'écriture épouse la sinuosité du temps, reproduit ses longueurs et ses accélérations, entraînant le lecteur de femme en femme, jusqu'à Laure, l'épouse du Sud.

  • Soixante-cinq ans après le naufrage du {Titanic}, Adrienne, la mère du narrateur, n'a oublié aucun détail d'une catastrophe qui mettait les hommes en garde contre la triple conjonction de la hâte, de la démesure et de l'avidité. De son côté, le père s'enferme dans une autre hantise : l'édification de la ville nouvelle qui, sur les espaces arasés de l'ancienne, se lève avec une frénésie rappelant la construction précipitée du {Titanic}. Et parmi d'autres personnages de cette même ville, Mélanie se heurte par sa révolte à l'ordre dont elle parle avec une véhémence troublante... Quant à lui, le narrateur, sociologue travaillant chez les nomades sahariens, il est harcelé par les fantasmes de ces trois-là au travers d'une correspondance touffue, onirique, angoissée. Il finit d'ailleurs par céder aux sollicitations et rentre en Europe où il se trouve confronté aux réalités que couvraient les chimères et rejeté par un monde que domine, ambiguë, la parole. D'un bout à l'autre emblématique, ce roman brasse des thèmes d'actualité et des questions qui nous taraudent tous. Mais au réalisme minutieux, le romancier a préféré ici le baroquisme du rêve et des silences peuplés d'images.

  • « A l'heure où l'on s'interroge tant sur la nature du lien entre enseignant et enseigné, où, pour tout dire, l'enseignement n'apparaît jamais plus autrement qu'en question, Hubert Grenier fait figure de réponse. Alors que nous ne savons plus ce qu'est un enseignant, Hubert Grenier nous apprend ce qu'est un maître. Tous ceux qui l'ont approché témoignent de sa grandeur ; personnage ombrageux, exigeant, et généreux, il poussait le scrupule et le respect de ses élèves jusqu'à rédiger à l'avance l'intégralité de ses cours, dont on ne pouvait distinguer ensuite s'il le lisait ou le réinventait, quelle était la part de la répétition et celle de l'improvisation. A la fois dramaturge et acteur de cette pensée qu'il avait la modestie de ne pas présenter comme la sienne, il avait le souci, dans le cadre à la fois indéfini et strict de la khâgne et de la préparation au concours de la rue d'Ulm, de toujours se renouveler et de prendre au sérieux les travaux les plus scolaires, qu'il élevait par son art de la formule et la pénétration de l'analyse, au rang de pensées réelles.
    Ce souci de penser bien et de penser toujours à hauteur d'homme - délaissant les facilités du jargon pour la difficile clarté d'une expression classique -, il le devait probablement à son maître Michel Alexandre, lui-même élève d'Alain, dont on sait le mépris que lui valut dans l'Université son éthique du beau style - du beau comme signe du vrai - et qui fit toujours profession de faire confiance aux mots du commun langage pour exprimer ce que la pensée avait de plus profond. Grenier s'inscrit dans cette tradition des grands professeurs de khâgne - Lagneau, Alain, Alexandre -, dont la vie de philosophe se résume et se fond dans la carrière d'enseignant. » Ollivier Pourriol

  • « L'un d'entre vous me trahira ». Cette phrase lancée par Jésus lors de la Cène a voué à jamais la figure de Judas à l'exécration. Mais qui était vraiment celui qui trahit ? Les textes sacrés ne nous en apprennent finalement que très peu, et sur lui et sur les raisons de son acte. On le dit intendant des apôtres, donc bénéficiant de la pleine confiance de Jésus. On le sait l'un des Douze, donc intime du Maître. La raison avancée pour son geste (la cupidité) ne supporte pas l'analyse : la somme de trente deniers, prix de l'infamie, était faible, surtout pour lui qui en manipulait beaucoup plus tous les jours...
    Alors, pourquoi ne pas lire une autre histoire ? Il n'est, sur la mort de Jésus, qu'une certitude : il a péri sur la croix, châtiment réservé aux rebelles à l'ordre romain. Et il paraît aujourd'hui évident à beaucoup qu'il a eu un rôle beaucoup plus actif dans la résistance juive à l'occupation romaine que les premiers évangiles, écrits à destination des chrétiens de Rome, ne le laissent paraître.
    En s'imprégnant des études les plus récentes sur le sujet, en envisageant la vie entière de Judas - une vie dont la rencontre avec Jésus ne serait que le dernier épisode - Hubert Prolongeau a développé l'option la plus vraisemblable : compagnon de lutte, véritable ami de Jésus, Judas aurait trahi ce dernier quand leurs conceptions sur le combat mené ensemble ont divergé.
    A travers leur conflit, c'est toute la question de la révolution qui est posée : doit-elle se faire par les armes, par la résistance quotidienne contre l'occupant - comme Judas le veut ? Ou par l'attente, la prière et l'espérance en l'au-delà qui réparera les injustices subies sur cette terre - comme Jésus le préconise ?
    A travers une passionnante reconstitution de la Palestine de l'époque, c'est aussi un subtil changement de perspective qui se dessine. Et peut-être une nouvelle histoire qui s'écrit sous nos yeux...

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