Honore Champion

  • Rédigé par une équipe internationale de spécialistes, cet ouvrage consacré à Jean Genet permet de mieux mesurer l'importance de son oeuvre et de sa pensée dans son temps et dans le nôtre. Intégrant les travaux critiques les plus récents, il en appréhende toutes les dimensions, poétique, romanesque, théâtrale, cinématographique, politique, s'intéressant tant à l'écrivain, lu et joué dans le monde entier, qu'à l'homme engagé qui n'a cessé de susciter des polémiques.

  • Bayle calviniste libertin Nouv.

    Pierre Bayle, « calviniste libertin » ? Une façon paradoxale d'inscrire la pensée, mais aussi la personnalité du philosophe de Rotterdam dans la tension dynamique qui parcourt son oeuvre.

    Le pôle calviniste, c'est l'affirmation de son maintien dans la foi réformée, vers laquelle il a choisi de revenir, et son fidéisme, quel qu'en soit le degré de sincérité. C'est aussi son indéfectible soutien militant des huguenots persécutés, si l'on considère que la critique sévère des dérives des protestants du Refuge s'enracine dans la fidélité aux principes qui ont toujours prévalu dans leur famille confessionnelle.

    Le pôle libertin, c'est la critique de la religion dont on ne sait pas toujours jusqu'où elle mène, le scepticisme, l'athéisme au moins méthodologique. C'est aussi sa liberté de ton et son humour, qui peut aller jusqu'à une obscénité d'autant plus déconcertante qu'elle s'exprime sous la plume d'un homme de lettres « vertueux ».

    Entre ces deux pôles se déploie une pensée dont on trouvera ici la présentation, sur quatre registres qui se télescopent et se recoupent : l'ensemble qui concerne les motifs de la foi et de la croyance, où l'on s'interroge sur les frontières entre religion, superstition, idolâtrie et crédulité ; le déploiement de la pensée critique sans limite, qui va de pair avec la liberté de conscience et la revendication d'une complète liberté de ton et d'expression ; le plan de la logique intellectuelle et du savoir érudit, terreau des échanges savants ; et la réflexion politique, sur laquelle se greffe un patriotisme français et une méditation désabusée sur la tyrannie.

  • Rédigé par une équipe internationale de spécialistes, cet ouvrage consacré à Beckett permet de mieux mesurer l'importance de cette oeuvre phare de la deuxième moitié du XXe siècle qui se déploie sur deux langues, le français et l'anglais, phénomène sans précédent dans l'histoire de la littérature. Intégrant les travaux critiques les plus récents, il en appréhende tous les aspects. Si Beckett est un des grands représentants du Nouveau Roman et du Nouveau Théâtre, il est aussi poète, essayiste, critique d'art, metteur en scène.
    Marie-Claude Hubert est professeur de littérature française à l'Université de Provence. Ses recherches portent sur le théâtre du XXe siècle : Beckett, Ionesco, Adamov, Genet, Vitrac, Montherlant.

  • L'intérêt pour le consistoire de l'Église wallonne de Rotterdam trouve son origine dans l'étude de la vie de Pierre Bayle et de la réception de son oeuvre au Refuge. La brouille entre Jurieu et Bayle, dans les années 1690, naît de divergences philosophiques, éthiques et politiques autour du Commentaire philosophique, puis s'envenime lorsque le pasteur se convainc que Bayle est l'auteur de l'Avis aux réfugiés. Les actes du consistoire de l'Église wallonne de Rotterdam présentent un intérêt qui va au delà de l'étude de cette querelle. L'essor de l'Église wallonne, dû à la persécution religieuse en France et à la révocation de l'édit de Nantes, et les transformations institutionnelles et idéologiques qui l'accompagnent méritent l'attention des historiens.

  • Les années 1950-1968 sont tout aussi brillantes pour le théâtre français que la période classique. Suite à la politique de décentralisation, le public s'est considérablement élargi. Jamais la dramaturgie ne s'est autant transformée que durant ces deux décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Grâce à des écrivains comme Beckett, Ionesco, Adamov, Genet, et comme toute la myriade d'auteurs dramatiques qui gravite autour d'eux, le théâtre est entré dans une ère nouvelle.

  • Dans les Éclaircissements publiés en appendice à la deuxième édition de son Dictionnaire historique et critique en 1702, Bayle se défend contre les accusations lancées par le consistoire de l'Église wallonne de Rotterdam, rappelle l'esprit dans lequel il a conçu son Dictionnaire et propose quatre développements : Éclaircissement sur les athées, Éclaircisseme nt sur les manichéens, Éclaircissement sur les pyrrhoniens, Éclaircissement sur les obscénités. Cet ensemble de remarques justificatives - près de quarante pages in folio, dont on trouvera ici la première édition moderne complète - constitue un corpusdont l'interprétation est déterminante pour la compréhension de la pensée de Bayle.

  • La Judée antique n'est pas un pays entièrement et exclusivement tournée vers des considérations d'ordre religieux. Les judéens y vivent pleinement à tous les niveaux : matériel, professionnel, affectif, psychologique, social. Ces différentes activités ont réclamé une préparation, donc une formation préalable, en un mot, une éducation. Quelles formes a revêtues cette éducation ? Quels en ont été les contenus ?
    Et ceci, à supposer que l'éducation judéenne ait présenté toujours le même visage. Or on peut, à présent, affirmer que l'éducation collective publique n'est née que sous le règne de Salomé (74 à 63 av. JC environ) avec des contenus précis, des méthodes, une organisation, des équipes de maîtres. Avant cette date, c'est au hasard des relations plus ou moins fortuites entre les travailleurs qu'elle est assurée. De plus, on ne peut placer dans la même rubrique l'éducation réservée au peuple et celle assurée aux élites.
    Et, surtout, quelle idée de l'homme les législateurs de ces temps ont ils tenté de transmettre par l'éducation ? Se soumettre à la moralité ambiante ? Répondre aux sollicitations sociales et matérielles de leur temps ? Est-ce que le Pentateuque, comme tel, est intervenu dans l'élaboration des contenus comme des méthodes ?

  • Cette édition des poésies publiées par Scarron de 1649 à 1652 constitue un ouvrage posthume du grand spécialiste des mazarinades que fut le professeur Hubert Carrier (1936-2008). Après avoir consacré une thèse monumentale à La Presse de la Fronde (Droz, 1989 et 1991), puis une étude approfondie aux Muses guerrières : les mazarinades et la vie littéraire au XVIIe siècle (Klincksieck, 1996), suivie quelques années plus tard d'un Essai sur le débat politique au temps de la Fronde (Champion, 2004), il souhaita en effet compléter cette trilogie déjà considérable par une nouvelle publication dont le protagoniste n'était autre que l'auteur du Roman comique et du Dom Japhet d'Arménie, " le malade de la reine ", comme Scarron aimait à se qualifier lui-même. Dans son introduction, Hubert Carrier ne dissimule pas son intention de prolonger le travail effectué par Maurice Cauchie qui édita, il y a une cinquantaine d'années, en deux volumes, les Poésies diverses de Paul Scarron. Il examine donc ici à la loupe quelques-uns de ces milliers de pamphlets dirigés contre le cardinal Mazarin qui ont proliféré pendant la minorité du jeune Louis XIV et apportent à l'historien un précieux témoignage de par leur richesse et leur diversité, formant un " vaste panorama des idées en même temps qu'une fresque immense des milieux sociaux et des moeurs ". Hubert Carrier a focalisé son attention sur une quinzaine de pièces satiriques et burlesques dont la plupart peuvent être attribuées de façon certaine, probable ou plausible à Paul Scarron, cinq d'entre elles étant définitivement retirées de son oeuvre poétique. La célèbre " Mazarinade ", qui a donné son nom à toutes les autres, les " Cent quatre vers ", les " Réflexions politiques et morales " ainsi que les " Triolets de la cour " peuvent être assurément attribués à l'infirme de la rue Neuve Saint-Pierre (aujourd'hui Villehardouin), qui ne pardonna jamais à Mazarin d'avoir boudé la dédicace de son Typhon, en 1644. La critique externe et interne des documents sélectionnés permet à l'auteur (au-delà des variantes qui en disent long sur l'impression de ces pamphlets souvent contrefaits ou corrigés sur la forme du typographe) de discerner le jeu ambigu de Scarron à l'égard du pouvoir et de lire entre les lignes une page particulièrement intéressante de notre histoire.

empty