Le Festin

  • À la faveur d'un essor économique sans précédent, Bordeaux connaît au 18e siècle une véritable transformation urbaine. La prospérité de la ville, qui attire une population active venue de toute la région, ainsi que des négociants et des armateurs issus de différents horizons européens, est avant tout le résultat du dynamisme de son négoce maritime qui la place au coeur des échanges internationaux.

  • Suite au grand succès de son livre Les Tabous de Bordeaux (éd. le festin, 2010), Hubert Bonin s'interroge à nouveau sur les points obscurs de l'histoire de la ville. Il s'attaque aujourd'hui à l'extrême droite et son évolution politique sur deux siècles. De l'image de Bordeaux, « ville modérée sans sentiments extrêmes, donc sans extrêmistes », Hubert Bonin montre, références à l'appui, que des initiatives, des hommes, des groupements ont bel et bien porté des valeurs et des prises de position électorales qui les ont rattachés ou les lient encore à des droites extrêmes.

  • Il est des faits dont on ne discute pas, des choses que l'on n'ose dire, que cela soit par crainte, par respect ou par pudeur. Il y a des tabous en somme : ce sont ces points obscurs dans l'histoire de la ville que l'on ne perçoit pas toujours comme tels, enfouis sous un discours consensuel, politiquement correct, faits pour rassurer et assurer à la cité une façade honnête et respectable. Même si certains de ces tabous se brisent aujourd'hui, comment expliquer qu'ils aient perduré si longtemps ? Quant aux autres, pourquoi un tel silence autour d'eux ? La Traite des Noirs, l'Occupation et ses personnalités politiques controversées, le « système Chaban », l'illusion du « Grand port », le modèle économique du vin, l'effondrement de la grande bourgeoisie économique et les mutations de l'esprit d'entreprise bordelais, l'histoire du grand quotidien local Sud Ouest, la pertinence et l'impact de la politique culturelle de la Ville. sont autant de thèmes qu Hubert Bonin (ré)interroge enfin. Huit thèmes, huit tabous qui ouvrent la voie à des débats sur la mémoire, la perception, les lieux communs, les polémiques et l'image de marque de la capitale girondine. En mobilisant l'Histoire au service de la compréhension du temps présent, cet ouvrage tente de secouer les pesanteurs qui oblitèrent une part de notre passé commun. Loin de donner des leçons, de faire la morale ou d'engager de vaines polémiques, il cherche avant tout, en abordant ces « recherches qui fâchent », à titiller les esprits et à engager la discussion.

  • À la faveur d'un essor économique sans précédent, Bordeaux connaît au XVIIIe siècle une véritable transformation urbaine. La prospérité de la ville, qui attire une population active venue de toute la région, ainsi que des négociants et des armateurs issus de différents horizons européens, est avant tout le résultat du dynamisme de son négoce maritime qui la place au coeur des échanges internationaux.
    Ce commerce est cependant entaché des tragédies humaines générées par la Traite et l'esclavage, alors en usage en un siècle qui voit en parallèle se développer les idées des Lumières.
    À cette même époque, un important mouvement migratoire des Aquitains se produit en direction des colonies antillaises, Saint-Domingue en tête. Ils y prospéreront jusqu'aux premières révoltes des esclaves qui aboutiront, en 1848, à l'abolition définitive de l'esclavage en France.

    Après l'ouverture des salles du Musée d'Aquitaine consacrées à « Bordeaux au XVIIIe siècle, le commerce atlantique et l'esclavage » en mai 2009, cet ouvrage, richement illustré de documents inédits, contribue à diffuser l'état des connaissances sur cette question en présentant avant tout des faits et leur enchaînement. Cet objectif contraint à décentrer son regard : si Bordeaux et l'Aquitaine sont bien au centre de cette histoire, il faut aussi aller voir en Afrique ou aux Antilles comment celle-ci a été vécue.

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