Marval

  • Si la villa noailles telle que l'a photographiée jacqueline salmon, si ces images fixes n'en ont pas moins leur "photogénie", au sens oú l'entendaient germaine dullac ou jean epstein autant que malletstevens, il ne s'agit pas tant, de la qualité de la prise de vue ou de celle du tirage que de ce qu'y ajoute, en termes temporels autant que narratifs, la dynamique, immédiatement perceptible mais mesurable en années, liée à la ruine -désormais stoppée- des lieux et à la poussée corrélative de la végétation, autant que celle qui procède, par inférence, de la succession même de ces images et de leur enchaînement calculé : du lever du jour à la tombée de la nuit, que signale l'obscurcissement progressif du site et l'allumage en fin de course des luminaires, la promenade (je n'ai pas dit le parcours, dont la notion impliquerait un cheminement réglé) est comme rythmée par la fuite des heures.
    Mais ceci ne serait rien encore si cette promenade qui aura eu pour fruit une telle séquence d'images, ne renouait, dans son cours apparemment imprévisible, avec ce qui pourrait bien avoir été (j'en forme l'hypothèse au vu de ces photographies) la dynamique propre de l'ouvrage, à le viser dans son développement architectural autant que programmatique. la réussite -si c'est là le mot qui convient : disons l'efficace- de la prise de vues se mesurant à celle (la prise conceptuelle) qu'elle assure sur l'objet, dans son opération même.
    Ce qui doit s'entendre dans le double sens qu'autorise la syntaxe : soit qu'on ait égard à l'opération qui est le fait de la photographie, ou que l'on prête attention à ce que celle-ci donne à voir du fonctionnement d'un objet dont la ruine agit en fait comme un révélateur. (h. d. ).

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