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  • Dans nos sociétés, la technologie représente l'ultime espoir de remédier aux maux qu'elle a elle-même engendrée. Comme si la cause de nos malheurs pouvait être également la seule réponse à ceux-ci.

    Elle est invoquée pour répondre au changement climatique qu'elle a largement contribué à accomplir. Elle est invoquée pour remédier à tous nos problèmes : lutter contre l'analphabétisme ou la pauvreté. Sera-t-elle capable de répondre aux défis du XXIe siècle ? Peut-on encore croire au progrès technologique et scientifique comme nous le laisse à penser plusieurs siècles de connaissances fondés tout entier sur eux ? A une époque où elle omniprésente, il est plus qu'urgent de se demander "Que veut la technologie ?" Peut-on croire qu'elle va sauver le monde ?

    En collaboration avec Internet'Actu, sous la direction de Hubert Guillaud.

  • Nous sommes entrés dans un monde de données. Un monde où ces données sont en passe de devenir l'essence même de la connaissance et de l'information. La donnée (data) est la plus petite part d'information accessible, à la manière des zéros et des uns qui constituent les bits d'information à l'heure du numérique. Elle est déterminée par des valeurs, par des champs qui s'appliquent à elle et la qualifient.

    Avec l'informatisation de notre quotidien, tout devient données. Elles sont le moteur du Web sémantique de Tim Berners-Lee (ce Web de données ou Web 3.0) comme du Web² de John Battelle et Tim O'Reilly. C'est le moteur du Web implicite, celui qui comprend le moindre de nos clics. C'est bien sûr le moteur principal du Web 2.0 et des interfaces de programmation qui le structurent. C'est aussi celui du Web relationnel, qui fait communiquer les données entre elles. C'est le moteur de la compréhension de nos existences et de nouvelles perspectives scientifiques, journalistiques, marketing ou démocratiques.

    Ces données deviennent intelligentes par leur recoupement et leur capacité à adapter notre environnement au contexte que les machines perçoivent de nous via leurs capteurs. Ce sont elles qui nous font entrer dans le Siècle des réseaux, qui s'apprêtent à transformer la connaissance, jusqu'au fondement de la méthode scientifique.

    Ces données sont multiples, hétéroclites, hétérogènes, mais elles se relient les unes aux autres. Elles répondent à des principes, des taxonomies, et produisent chaque jour des effets toujours plus puissants sur le corps économico-social de notre société.

    L'un de leurs plus formidables espoirs repose sur leur capacité à modifier le réel et plus encore sur leur capacité prédictive. « Au risque de tuer notre libre arbitre, individuel comme collectif », comme l'explique Antoinette Rouvroy, chercheuse au Fonds de la Recherche Scientifique (FNRS) dans l'émission que consacrait à ce sujet le dernier numéro de Place de la Toile.

    Les menaces de cette société de la donnée sont à la hauteur de leur puissance, de cette nouvelle compréhension de l'individu et de la société que les données impliquent. Nous sommes entrés dans un monde où notre vie privée est désormais en réseau, où toutes les données sont potentiellement personnelles. Un monde où l'alternative n'est déjà plus de les contenir mais de trouver les moyens de les altérer pour préserver sa vie privée, quand bien même leurs promesses ne seraient pas toutes tenues...

    HG

  •  Les réseaux sociaux ont pris le pas sur l´internet. Ils sont désormais le vecteur de nos usages quotidiens du web. Qu´ils s´appellent Facebook, Twitter, LinkedIn, Google+... ils sont devenus notre porte d´entrée sur la Toile. Ils sont le passage obligé dans lequel s´insèrent nos usages du web et nos relations sociales médiées par les technologies.

    Ce court essai n´a pas pour but d´être un guide pédagogique pour les utiliser mais il se veut plutôt un trépan pour mieux les comprendre, pour interpréter leurs actions, leurs effets et surtout la manière dont ils redessinent l´internet en créant non seulement un nouveau rapport au réseau mais également une nouvelle façon de relier les gens.


    Certes, Facebook est indubitablement devenu l´emblème de cette évolution. Pourtant, il faut bien entendre qu´il ne nous sert que d´exemple. Il s´agit ici de comprendre l´action des réseaux sociaux sur nos relations à la technologie et aux autres, d´appréhender la manière dont ils tissent un écosystème et une nasse, qui capturent nos usages, qui les bornent et qui les développent au-delà de ce qu´ils paraissent.


    HG

  •  Qu´est-ce que l´innovation sociale ? Pour InternetActu.net, Hubert Guillaud a plusieurs fois exploré les enjeux de l´innovation sociale, les risques de cette « Big Society » que promeut David Cameron, le premier ministre britannique, qui pour beaucoup n´est rien d´autre qu´une cure d´austérité des services publics britanniques, certainement d´ailleurs la plus sévère qu´ils aient connus. L´innovation sociale n´est-elle qu´un outil pour faire digérer les techniques du management par les services publics ou est-elle une promesse de renouveau des services publics pour qu´ils s´intéressent aux maux qu´ils sont censés traiter ?

    C´est tout l´enjeu de ce rassemblement d´articles que d´évoquer, avec force exemples, les enjeux de l´innovation sociale. Comment peut-elle et doit-elle s´inscrire dans les politiques publiques pour les renouveler, non seulement dans la forme, mais plus encore dans le fonds ? Comment l´inscrire au mieux dans la vie des gens, de manière concrète ? Est-elle une solution à tous les maux de la société ? Ou n´est-elle qu´un cautère sur une jambe de bois  ?


    Ce livre regroupe des articles édités et rassemblés par Hubert Guillaud et publiés sur InternetActu.net, le média de la Fondation internet nouvelle génération (la Fing).

  • Nos téléphones intelligents sont-ils les compagnons robotiques que nous imaginions ? Les robots aspirateurs et les objets connectés sont-ils les descendants (ou plutôt les premiers ancêtres) de C6P0 et R2D2 ?

    Les robots qui nous accompagnerons demain (et qui nous accompagnent déjà aujourd´hui) ne seront pas nécessairement tels qu´on les imagine, tant s´en faut. Le robot industriel qui depuis 1961 a colonisé les chaînes de montage (et continue de les transformer) ne fait certes pas rêver comme le robot anthropomorphe, il demeure pourtant la forme robotique la plus accomplie et la plus courante. Et les robots qui risquent d´envahir nos maisons demain risquent bien plus de leur ressembler que de ressembler à ceux du cinéma. Malgré ses cinquante ans, la recherche robotique ne cesse d´innover les formes des robots à venir : robots auto-reproducteurs, robots capables de s´auto-assembler, robots souples, objets du quotidien robotisés... La forme des robots à venir est encore loin d´être décidée.
    Ensuite, plus qu´une technologie dédiée à la productivité (le fameux « travailleur dévoué » qui va accomplir pour nous les tâches dont nous ne voulons pas), de plus en plus, le robot apparaît comme un artefact social qui s´immisce au coeur de nos relations avec les machines et qui a plus pour objet de nous aider à faire du lien social avec d´autres humains via nos machines que de nous aider à optimiser notre propre existence.
    Il est un objet technologique comme d´autres dont la vertu n´est pas tant d´optimiser le monde que de nous permettre de nous y relier.
    Hubert Guillaud

  • Les menaces de cette société de la donnée sont à la hauteur de leur puissance, de cette nouvelle compréhension de l'individu et de la société que les données impliquent. Nous sommes entrés dans un monde où notre vie privée est désormais en réseau, où toutes les données sont potentiellement personnelles. Un monde où l'alternative n'est déjà plus de les contenir mais de trouver les moyens de les altérer pour préserver sa vie privée, quand bien même leurs promesses ne seraient pas toutes tenues...

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