Rouergue

  • Le corset ne se résume pas à l'image que nous en avons aujourd'hui et qui provient directement de son usage au cours du xixe siècle : celle d'un dessous affinant la taille des femmes essentiellement. En fait le corset, présent dès l'Antiquité (période minéenne, vers 1700 av J.-C.), est un vêtement tantôt masculin tantôt féminin. Masculin, il est protecteur, à l'instar de l'armure d'où il pourrait tirer son origine, pour ensuite devenir pourpoint, puis gilet. Féminin, il est le plus souvent décoratif et joue un rôle d'accessoire vestimentaire ; on peut alors le rapprocher de tous les jeux de laçages, tressages, sangles, ceintures et noeuds qui ont émaillés l'histoire du costume. Réapparu à la Renaissance, la première grande période du corset parcoure le xvie et le xviie siècle européens.
    À l'instar d'un crayon et d'une gomme vestimentaire, il souligne ou reproportionne, affine ou gonfle, magnifie ou sublime ainsi les formes et les courbes vestimentaires comme corporelles selon les époques, mais surtout affirme un maintien, une droiture et une rigidité de la silhouette des femmes mais aussi des hommes (redingote, gilet du costume 3 pièces, veste des officiers militaires.). Il est ainsi inséparable d'une histoire de la beauté et du goût mais aussi des conventions sociales. Il faut attendre le xixe siècle pour qu'apparaisse tout à la fois un usage médical et une connotation plus sensuel/ sexuelle correspondant dans les deux cas à un passage du dessus au dessous du vêtement, et donc à un caractère intime, privé, caché, secret. Il devient alors objet de conquête et de convoitise, de séduction et de fantasme. Il disparaît après la Première Guerre mondiale pour réapparaître dans les années 1950 selon de nouvelles matières et de nouvelles formes (tissu élastique, guêpière, etc.), et atteindre une nouvelle apogée comme objet de mode dans le prêt-à-porter et la haute couture britannique et française des années 1980 à aujourd'hui.

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