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  • Dans ce nouveau roman, Hubert Mingarelli met en scène des soldats d'une compagnie isolée en Pologne, dont la mission est impossible. Soit ils participent chaque jour aux exécutions sommaires, soit ils sont envoyés dans la campagne alentour pour en ramener « un », c'est-à-dire un Juif, qu'ils devront ensuite livrer à leur supérieur et donc à la mort.
    Trois hommes, las des fusillades, prennent la route un matin, et avancent péniblement dans la neige, le ventre vide et les pensées tournées vers leur vie civile, sans autre choix que de prendre part à une chasse à l'homme à laquelle ils ne croient pas.
    Ce jour-là, ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt et, soucieux de se nourrir et de retarder leur retour au camp, ils vont procéder dans une maison abandonnée à la laborieuse préparation d'un repas avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brûler le banc sur lequel ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé le Juif. Le tour de force d'Hubert Mingarelli constitue à mettre autour d'une table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais de passage dont l'antisémitisme affiché va, contre toute attente, réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur proie.
    Se posent alors des questions monstrueuses : Faut-il proposer au Juif de manger ? Et, une fois le repas partagé, faut-il le ramener ou le libérer ?
    C'est ici qu'Hubert Mingarelli, dans son style sobre et précis, met le lecteur face à sa conscience et la logique meurtrière à laquelle sont soumis ces hommes. En convoquant la peur, la raison, l'espoir, la folie et l'humanité contenus en chacun d'entre nous.

  • Près du lac de Tibériade, en Israël, vit le vieux Stepan avec sa chienne dans une maison isolée près des bois. Il écrit presque chaque jour à son fils Yankel, qui se cache à l'autre bout du monde pour avoir tué un Arabe des années plus tôt sur la route de Beit Zera. Il raconte ainsi sa vie de solitude et dit son espoir de lui rendre visite quand il aura gagné assez d'argent.
    Depuis quelque temps, un adolescent mystérieux sort du bois certains soirs, le rejoint sur la véranda et se prend d'affection pour la chienne.
    En délicats et poignants flash-back, Hubert Mingarelli plonge dans le passé du fils de Stepan, dont on comprend qu'il a tué sans autre motif que la peur. Il nous dit comment son père l'a caché, soutenu, avant d'organiser sa fuite par la mer.
    Il nous livre également certains épisodes de la jeunesse de Stepan, quand il contrôlait les Palestiniens aux postes frontières, éprouvait de la honte, de la haine ou de l'angoisse. Avec des histoires ou des incidents qui viennent encore le hanter.
    Mais aujourd'hui Stepan doit prendre une décision grave, il veut tuer sa chienne devenue trop vieille. En regardant en face son chagrin, il comprend l'énigme de la présence de l'adolescent qui vient le soir.

  • Nous sommes au Japon en 1946, pendant l'occupation américaine.
    Hisao, tout juste démobilisé, revient de la montagne avec un mal obsédant, une soif persistante qu'il doit étancher à tout instant.
    À bord d'un train qui doit le conduire vers la femme aimée qu'il ne connaît pas encore, mais avec qui il a correspondu, il commet l'erreur qui nous occupera tout au long du roman. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise, emportant le cadeau qu'il a prévu d'offrir à Shigeko, sa bien aimée, un oeuf de jade, objet unique et sacré qui deviendra l'objet de sa quête.
    Alors qu'Hubert Mingarelli installe un suspens subtil mais intense, invitant le lecteur à suivre les péripéties qui accompagnent Hisao essayant de rattraper le train, il nous révèle comment Hisao a combattu dans les montagnes de Peleliu nuit et jour, creusant des galeries pour se protéger de l'aviation américaine. Pour supporter le travail physique, la peur, l'obscurité, la soif et la folie qui guette, il s'est rapproché du jeune Takeshi, celui qui chante dans le noir, celui qui fait qu'il n'est plus seul. Ils ont vécu endormis l'un contre l'autre pendant de longues nuits, ils ont creusé, ils ont espéré, ils se sont réconfortés, et puis Takeshi a été tué lors d'un éboulement. Depuis, Hisao inconsolable demande " où vont les âmes ".
    Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli parle de l'amitié entre hommes, de la fragilité, la vulnérabilité et la recherche de la consolation, qui les poussent à la lisière des gestes et du sentiment amoureux.
    L'occasion lui est donnée d'évoquer avec pudeur les plaies du Japon d'après-guerre, les civils marqués à jamais par " la bombe ", les paysages aussi doux que meurtris.
    Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu'à Shigeko, seule figure féminine de ce roman singulier et poignant ?

  • Ce livre rassemble les travaux de deux colloques qui se sont tenus en 1980 à paris et 1982 à besançon, à l'initiative du syndicat national des instituteurs et p.e.g.c., de la fédération des conseils de parents d'elèves, de la ligue française d'hygiène mentale et du laboratoire de psychophysiologie de l'université de franche-comté. il constitue un document de référence pour ceux qui, chercheurs, parents, enseignants, éducateurs, médecins, etc. se penchent sur les différents aspects des rythmes de l'enfant et de l'adolescent. il traite des rythmes de développement qui rendent compte de la précocité, du retard, de la vitesse d'évolution, etc. de tel ou tel aspect du développement de l'enfant (marche, langage, écriture, etc.), et des rythmes au sens de la chronobiologie, c'est-à-dire des événements biologiques et psychiques qui, périodiquement, se reproduisent identiques à eux-mêmes. trois grandes conclusions doivent être soulignées :
    1. les rythmes sont très variables d'un enfant à l'autre ;
    2. les modes et rythmes de vie de la famille, l'ambiance familiale et les comportements de la famille constituent des déterminants puissants des rythmes de l'enfant, mais le comportement des éducateurs et les facteurs scolaires jouent un rôle non moins important :
    3. la chronobiologie commence à dégager des temps faibles et des temps forts pour un nombre croissant de variables biologiques et psychiques chez l'enfant et l'adolescent, tant au cours de la journée que dans la semaine et l'année. on peut désormais en tenir compte dans l'organisation de la journée scolaire, du temps des loisirs et des vacances.
    Au total, l'étude des rythmes de l'enfant et de l'adolescent permet de poser clairement les problèmes de rythmes et modes de vie des jeunes par rapport à ceux de leur famille, aux réalités scolaires et éducatives et aux réalités biologiques des êtres concernés. ainsi se trouvent posés des problèmes essentiels des sociétés contemporaines : l'articulation, la synchronisation et la désynchronisation, la compatibilité et l'incompatibilité, la communicabilité et l'incommunicabilité entre les différentes classes d'âge et structures sociales.

  • Dachau, fondé dès 1933, est le camp des opposants au régime nazi, des politiques, des résistants. En s'engageant dans la Résistance, ces hommes à qui nous devons la liberté, savaient où leur combat pouvait les conduire. À Dachau, ils ont essayé de tenir, ensemble, soutenus par cette force que possèdent tous ceux qui survivront, cette rage de s'être fait prendre, la force de la colère. Les détails de la vie et de la mort sont là. Les bourreaux aussi, et l'épuisement, la maladie et la solidarité, la faim, le désespoir, la chance radieuse qui passe et, parfois, un éclat de rire. Aucun lecteur n'oubliera ces mots vrais qui viennent du coeur, ces histoires simples et tragiques - les lunettes de Jean, le récit de l'infirmier qui rendait à ses camarades morts leur nom - ni ce que notait Gilbert dans son carnet miraculeusement sauvé. Hubert Comte, douze ans à la Libération, avait été fortement impressionné par la découverte des camps de déportation. De là, sans doute, sa volonté de recueillir, quarante ans après, des témoignages de survivants. Les voici, inattendus, vivaces, parfois imprévus. Avant le silence.

  • Hubert Montagner est aujourd'hui directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale. Il est professeur à l'université d'Aix-Marseille II. Et, avec le professeur Marcel Rufo, il est co-responsable du département de pédopsychiatrie de l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille.
    Les gestes d'un enfant, ses mimiques, ses attitudes, ses vocalisations sont plus parlants que les paroles elles-mêmes. C'est à travers eux que l'enfant règle ses échanges affectifs avec l'entourage : il sollicite en baissant la tête sur l'épaule ; il apaise en sautillant, en balançant le haut du corps, en dodelinant de la tête, il menace en tendant le bras en avant, en émettant une vocalisation aiguë, etc. L'enfant et la communication est le premier ouvrage qui montre comment les mimiques, postures, gestes et vocalisations du jeune enfant s'enchaînent pour devenir des messages. Il est le résultat du travail que Hubert Montagner et son équipe de vingt chercheurs ont effectué pendant sept ans. Mais ces messages, encore faut-il les comprendre sinon s'instaure avec l'enfant un dialogue de sourds qui conduit à l'agression, à la crainte, à l'isolement. L'étude des enchaînements de gestes, vocalisations, attitudes, permet d'établir plusieurs profils de comportement chez l'enfant, de distinguer les leaders des dominants-agressifs, des dominés-craintifs, des enfants au comportement fluctuant. Ces comportements ne sont pas héréditaires : ils dépendent de la façon d'être des familles à l'égard de l'enfant. Hubert Montagner décrit les familles de leaders, les familles d'agressifs, les familles de craintifs, etc.
    Il montre aussi les conséquences des changements familiaux sur le profil de comportement de l'enfant. Mais si les tendances à l'isolement, à l'agression, à la crainte se développent à la maison, l'école les renforce ou les atténue selon l'attitude de l'éducateur et les circonstances de la vie scolaire. Si l'on veut réduire la montée de l'agression et de la violence, si l'on veut empêcher l'angoisse et la solitude, il faut repenser notre façon de vivre, repenser l'école. Et pour cela, l'auteur propose des solutions constructives.
    Depuis sa parution, L'enfant et la communication est devenu un classique. Il est régulièrement réédité, cette édition est la onzième. Le livre a été traduit notamment en italien, en allemand et en espagnol.

  • Les recherches du professeur Montagner sont connues. Elles bouleversent beaucoup d'idées reçues sur la petite enfance. Surtout lorsqu'il nous invite comme ici à partager en direct les observations d'une équipe de chercheurs. Là, sous nos yeux, des capacités insoupçonnées sont révélées. Interactions, imitations, coopérations, anticipations...notre regard change lorsqu'il constate, étape après étape, la richesse des constructions de l'enfance.

    Ce livre ouvre la voie à des processus de soins nouveaux et apporte la preuve que les enfants en difficulté, ou handicapés, ont des potentialités sociales, affectives et interactives insoupçonnées, dès lors que les espaces dans lesquels ils vivent sont aménagés de façon appropriée.

    Hubert Montagner est directeur de l'Unité de l'INSERM, à Montpellier.

  • La mort de l'amie

    Hubert Prolongeau

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    • 9 Février 2005

    Ils s'étaient côtoyés en classe, mais ne s'aimaient pas. Se méprisaient même. Ils se retrouvent vingt ans plus tard lors d'un dîner officiel. Qu'échanger sinon des banalités ? Pourtant, l'un, A., ressent le besoin de se confier à l'autre qui fut le témoin de sa jeunesse. Au coeur de leurs souvenirs communs, il y a « Elle », l'amie dont il vient d'apprendre la disparition.

    Certes, Elle et A. s'étaient perdus de vue depuis huit ans, mais leur « histoire » fut de celle qui ne s'oublie pas, qui appartient aux heures indélébiles de la jeunesse : des heures à chahuter en bandes, à douter de ses sentiments, à bavarder jusqu'au bout de la nuit. autant de moments intimes sur le fil tendu de l'amour et de l'amitié. A présent qu'elle n'est plus, A. comprend qu'« Elle » fut assurément la femme de sa vie.

    Je connais bien l'amour ; c'est un sentiment pour lequel je n'ai pas d'estime. Mais il y l'affection. Et il y a l'affection mêlée de désir, grande chose. (Les Jeunes Filles, Henry de Montherlant)

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