Tristram

  • Le grand graphe

    Hubert Lucot

    Le Grand Graphe se présente sous la forme d'un roman mural, tapisserie d'intérieur composée de 8 rouleaux, manuscrit d'une seule page de 12m2, au graphisme complexe et limpide, dont les micro-récits prolifèrent, se répondent, s'interpénètrent selon la logique digressive d'une narration qui mêle souvenirs d'enfance et commentaires sur l'actualité, actes amoureux et disparition des êtres chers, chronique de quartiers de Paris et faits historiques.
    Ce vaste plan du mental d'un écrivain, fonctionne somme toute comme n'importe quel roman, où le lecteur, ici immergé spatialement dans l'ouvre, se promène, bifurque, revient en arrière, contemple.

    Hubert Lucot : « D'abord il n'y avait rien. Nul projet réel, nulle "idée". Rien qu'un profond désir. Il y avait des morceaux de papier, non écrits, ci et là, l'un sur le coin de la table. Je l'attrapai, un vaste placard, bien lisse, le verso vierge, et j'attaquai : je me citai, je répétai de tête. Très vite je variai, je hurlai, je précipitai, j'énumérai, je fléchai, à droite, à gauche, en bas dans cette portion d'espace. C'était le 14 mai 1970. Désormais j'écrirai librement : là où il y a de la place, là où l'espace m'appelle. » Extraordinaire expérience d'action writing, l'écriture du Grand Graphe va proliférer jusqu'en juin 1971 sur tout un mur de l'appartement qu'Hubert Lucot occupe à Paris. Cette démarche radicale, « pour être plus près de la langue, de l'objet, du mental humain », se poursuivra à travers ses autres livres, mais le geste initial, l'invention eurent lieu là, dans cette ouvre d'un genre nouveau, et qui demeure, plus de trente ans après sa création, unique en son genre.

    Motif de 2,33 m de haut (jusqu'à 3 m avec les marges) sur 4,18 m de large, à coller sur un ou plusieurs murs, Le Grand Graphe a été imprimé en sérigraphie à trame ultrafine sur papier de fabrication spéciale, 8 rouleaux conditionnés dans un étui, accompagnés de la version livre du récit : Le Graphe par lui-même.

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