Atelier In8

  • Le coffret compte 4 nouvelles, qui sont également disponibles indépendamment : Croiser les méduses (Eric Pessan), Le jour où je suis mort (Claude Chambard), Nage entre deux eaux (Jérôme Lafargue), Où vont les vaisseaux maudits (Marie Cosnay).

    Comme tout grand artiste qui disparaît, Alain Bashung nous a laissé un monde qui ne ressemble à nul autre. Sur cette planète, les gouffres bleu pétrole sont peuplés de murènes, les trains traversent la plaine, les figurines paradent à l'arrière des berlines. Une lumière sombre et mélancolique plane sur cet univers que traversent de temps à autre les bruissements d'un terrible Eden ou la stridence d'une guitare rock. On sait combien l'artiste aimait la langue, les images, la poésie, la métaphore. Ses albums, les uns après les autres, ont tissé un langage et un paysage qui n'appartiennent qu'à lui. Quatre écrivains nous offrent d'explorer avec eux le monde Bashung. Après la « fantaisie militaire », voici les fantaisies littéraires.

  • A In8, on remet ça, et sans complexe ! Le 3ème coffret de nouvelles érotiques attend ses lecteurs. Le fidèle Jacques Abeille récidive pour la troisième fois : son trio libertin s'adonne à de drôles de jeux ; Eric Pessan nous entraîne dans une initiation sexuelle minérale ; chez Emmanuel Pierrat la sensualité se mêle à la magie vaudou. Seule auteure du coffret, Frédérique Martin, dans un langage plein de verdeur nous guide dans la visite d'un marché aux esclaves sexuelles. Quatre petites érotiques à lire sans rougir.

  • Rosalie, Rosalie, oh ! ...
    Rosalie, Rosalie, ah Ah, la Rosalie... Il y a la guerre, le joug allemand, une femme enceinte et ses trois filles, l'exode ou fuite, un voyage vers les Pyrénées... Mais il est aussi question de Rosalie... Ah, la Rosalie ! Trois vitesses, dont synchronisées, carrosserie monopièce, juste la place encore pour caser un bout de liberté, à travers le pare-brise, la route et au loin... Et la suspension, me direz-vous ? Et ouais, un peu dure...
    Bientôt, deux nouveaux-nés vagissent dans leur berceau de métal gris, et s'endorment au doux ronronnement du moteur, pensez, un moteur "flottant"... Dans le soir qui s'en vient bleuir le hublot-vitre arrière, les sommets pyrénéens s'effacent... Une petite lumière s'allume sur la route qui s'incline vers les volcans d'Auvergne. C'est un clignotant ! Ah, la Rosalie !...

  • Nul ne voulait savoir ce qu'il était venu faire au village.
    On observait cette silhouette sur la plage, elle jouait parfois avec les enfants. elle était ainsi qu'un bois échoué entre dunes et pins, une épave apportée par l'océan ou le vent, qu'ils ne manqueraient pas de reprendre à la prochaine tempête ou au changement de saison. l'espagne n'était pas loin. la guerre, quoi, la guerre ? . le moment venu, c'est sûr, cet homme prendrait la parole pour dire que ce village avait été son port d'attente, qu'il y avait, ailleurs, des assassins, et que s'il lui fallait mourir comme une bête ou un martyr, ce serait là-bas.
    Voilà. l'étranger s'en irait, la vie pourrait reprendre, l'océan s'allongerait dans son écume, les pins composeraient au vent la chanson du réfugié, dont le refrain, plus tard, se ferait berceuse. pour un enfant qui serait enfin venu. son enfant confié aux pins, dunes, vagues et gens. d'ici.

  • Lavocam

    Jan Thirion

    À Lavocam, du matin au soir, il lave les camions, lance à bout de bras.
    Un véritable champion du nettoyage haute pression.
    Sous les projecteurs. Avec la foule qui gronde et la fille de son coeur dont il porte les couleurs. Le combat peut commencer.
    Autant de véhicules, autant d'adversaires à défaire.
    Chaque jour, il remet son titre en jeu.
    C'est du sport. C'est la guerre des nerfs, l'attaque musculaire, le champ de bataille articulaire.
    On gagne ou on tombe. Kärcher au poing.

  • Une nuit d'automne 1987, leur histoire s'arrêta brutalement. Histoire à peine entamée. Elle, morte de peur, lui plongé dans le silence. Incapables de comprendre ce qui leur arrivait. Séparés soudain par une frontière invisible. Le lendemain, il disparut sans laisser un mot. Et elle n'eut plus de nouvelles.
    Jusqu'à ce jour de printemps vingt-deux ans plus tard : reliés par un écran de contrôle. Elle, assise derrière son bureau, lui, faisant des courses dans un supermarché. Si loin, si près. Traversera-t-elle l'écran ? Elle seule peut décider de franchir le pas.
    Replonger dans cette nuit muette ?

  • Que raconte son corps qu'il sent si las et rendu aux portes de la vieillesse ? Il se souvient de feux sur la rive de Garonne et du vent d'Autan.
    Il se souvient de corps que l'on a ployés, de chairs moites que l'on a pénétrées, de turgescences au sang brûlant que l'on a données à lécher. Il se souvient maintenant de cette jeune fille, qu'il a fini par fuir sans un mot, comme on se débarrasse d'une "sacrée salope". Les images, incendiaires ainsi qu'au premier jour, ressurgissent. Il les écrit, il lui écrit Pourquoi ? Pour se soumettre enfin, avant qu'il ne soit trop tard...
    La mémoire, contenue en sa queue dressée, le porte à écrire à la seule femme qu'il eût jamais aimée.

  • Dans l'avion qui l'emmène aux Etats-Unis, Anissa pose la tête sur l'épaule de celui qu'elle vient d'épouser selon la plus stricte des traditions.
    Mais que cache son sourire discret ? Et si la jeune femme élégante et docile était aussi une malicieuse croqueuse d'hommes ? Et si le tremblement qui la gagne avait un rapport avec quelque espièglerie dont elle se serait rendue coupable ?

  • Boulette

    Max Obione

    Elle en a marre de vivre dans ce bled pourri avec son con de père impotent, alcoolo et raciste. Elle n'a plus qu'une idée en tête : suivre ce clandestin en partance pour l'Angleterre qui a su l'aimer telle qu'elle était. Mais c'est sans compter sur cette foutue famille.
    Avec sa galerie de personnages politiquement incorrects, Max Obione nous entraîne dans un univers glauque à souhait. Tout y est : la jeune fille obèse moquée en permanence, l'environnement familial exécrable, la chasse aux clandestins que l'on déleste de leurs économies en leur promettant une traversée vers l'Angleterre et que l'on dénonce sans état d'âme.

  • Pour son anniversaire, un homme invite parents, frère, belle-soeur et nièce. Il met les petits plats dans les grands, décidé à faire grande impression, comme chaque fois qu'il les reçoit. Il aimerait tellement faire la fierté de tous. Mais comme d'habitude, en guise de cadeau d'anniversaire son père lui présente la facture, le prix de son appartenance d'un jour à la cellule familiale.
    Présenter une caricature. A la fin de ce dîner, on reste sur notre faim : c'est quoi cette famille ?
    Un malaise profond perdure.
    La nouvelle s'apparente au film Un air de famille de Cédric Klapisch, avec ces membres d'une famille qui se réunissent pour un repas rituel, et où un malaise latent est palpable.
    L'auteur joue sur l'ambiguïté tout au long de son texte. Et laisse une grande part d'interprétation au lecteur.

  • Une escapade : les Landes de Gascogne ne sont jamais trop loin..
    Un arrêt, une rencontre, rapidement la descente en forêt trouble nous transporte au coeur d'un drame dont nul ne devine l'ampleur. Ici, rien ne semble avoir changé, bougé. Immobiles, les pins par milliers, le sable, le ruisseau caché abritent une énigme qu'il vous faudra trouver et comprendre. Comprendre surtout.

  • Un recueil de quatre nouvelles mettant en scène des personnages masculins sur le modèle du antihéros : hâbleur, couard, velléitaire, teigneux, etc.

  • L'enfer, c'est les autres. Surtout si on est d'un naturel angoissé, irascible, rancunier, couard. Pour survivre parmi ses congénères, une seule issue possible : la méchanceté, la mauvaise foi et pourquoi pas la violence ? Il importe surtout de rester droit dans ses bottes. Être un homme en somme. Où l'on retrouve l'humour féroce et l'irrésistible auto-dérision de Marc Villard.

  • Parce que je ne suis qu'un enfant que l'on regarde drôlement, que je sais que ma mère a bien trop à faire avec ma petite soeur, parce que l'on dit que je suis trop maigre ou très étrange, un peu comme une girafe qui aurait sa tête dans le ciel, parce que j'aime le silence des nuits et le souffle du soleil en plein les yeux, parce que tout cela, un jour je ne pourrai que m'envoler, loin, très loin, à travers l'espace...
    Vous verrez.

  • Découvrez Monde profond, le livre de Eric Pessan. La grotte : douceur secrète et humidité. L'homme parviendra-t-il à retrouver cet orgasme qui, enfant l'avait frappé si violemment ? S'enfoncer dans les entrailles de la Terre, humer les phéromones minérales, peau contre peau, caresser la paroi gelée, déceler l'orifice qui libèrera son sexe de la tension insoutenable. Un cri rauque, un vertige, et il précipitera enfin son extrême jouissance dans la matrice originelle.

  • Une maison, un salon, un bureau, un grenier, un escalier.
    Et des livres, des livres partout du sol au plafond. un homme en bas, une femme en haut, que sépare chaque jour davantage l'escalier, cet escalier oú montent et descendent leurs voluptueuses attentes, gonflées des mots que l'un habille ou travestit, emplies des mots que l'autre dénude et caresse de sa bouche rouge. une maison oú se croisent leurs désirs sans ne rencontrer jamais que leurs amants de papier, oú les cris du plaisir de l'un sont la souffrance de l'autre, oú le jouisseur est toujours le soliste d'une ultime et meurtrière musique.

  • Malade ? Oui, il est malade.
    Il lui faut consentir - mais cela n'est pas aisé - à mêler sa douloureuse et monotone blancheur de quelques taches exotiques. Beauté ambrée de Séraphine, qu'il a, maître des esclaves, sauvée du fouet. Se laisser ainsi recouvrir des paroles, odeurs et gestes venus du plus profond des âmes, pour que s'instaure très vite sur le monde où il peine à vivre, une étrange paix. Pour lui alors, il n'est plus question que de l'accord de deux notes, du désir et de l'attente, de deux sueurs fondues sur les ventres qui dansent, l'un blanc et l'autre noir, dans des cris saccadés tôt semblables au feulement des fauves.
    Il le vit, la première fois, comme un péché, les fois suivantes comme de lubriques absolutions, et se retrouve, certes esclave à son tour de la belle kimboiseuse, mais. guéri.

  • Dédé aime bien les odeurs naturelles chez les gens. Pour vous dire. Un jour que je faisais pas attention, il m'a balancé dans le lavabo mon eau de Cologne que je me mets dans le cou le dimanche ! J'ai pas eu le temps de dire ouf, d'abord il en a goûté une gorgée direct, comme il fait toujours avec les bouteilles, et hop ! Adieu Berthe, dans les égouts. Ah ça, j'ai bien gueulé ce jour là, mais comme d'habitude, c'est comme si je disais la messe ! Il m'a tourné le dos, le cul à l'air, en se bouchant les oreilles, et il a foutu le camp devant la télé.» Dédé ou l'amour fou. Dédé ou la singularité d'une passion dévorante qui l'unit à une femme d'exception. Est-ce bien raisonnable ?

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