Ecole Francaise De Rome

  • Étape la plus emblématique du Grand Tour que les élites européennes accomplissaient au XVIIIe siècle, le voyage en Italie ne se réduit pas à une expérience de jeunes nobles complétant leur éducation. En temps de paix comme à la faveur des guerres, des Français de tous âges ont traversé les Alpes ou pris la mer avec les buts les plus variés.
    Riches ou pauvres, guidés par des modèles qui canalisaient leurs attentes, ils ont contribué à transformer le visage d'une terre engagée dans le processus unitaire en inventant des capitales, comme Milan, et en parcourant les Alpes ou le Sud marqué par les restes antiques. Terre des arts, de la culture classique et du catholicisme, l'Italie des Lumières est alors devenue le « laboratoire » d'une connaissance plus systématique de la nature, des hommes et de l'organisation des sociétés. Mais tandis que l'encyclopédisme fit place au seuil du XIXe siècle à des savoirs plus spécialisés, nobles et marchands, artistes et gens de lettres renouèrent avec un regard simplificateur et stéréotypé et le voyageur du XVIIIe siècle se mua en un touriste pressé et conquérant.
    C'est pour mieux comprendre le passage de ces formes complexes du voyage vers le tourisme que la présente enquête s'est attachée à dépouiller les guides, récits et journaux de voyage laissés par les Français sur l'Italie entre 1750 et 1815.

  • Religion romaine et esclavage au Haut-Empire ; Rome, Latium et Campagnie Nouv.

    La réalité juridique de l'esclave à Rome et l'approche économique de l'esclavage ont longtemps figé nos représentations de la place de l'esclave dans la société romaine. C'est l'objet de cet ouvrage, à partir de la confrontation des sources littéraires et de la riche documentation épigraphique, iconographique et archéologique de Rome, du Latium et de la Campanie, du Ier siècle avant notre ère au IIIe siècle ap. J.-C., que de proposer une réévaluation de la situation de l'esclave sous l'angle de sa participation à la vie religieuse, en réfutant l'idée d'une exclusion induite par le modèle de la religion civique. En interrogeant les modalités d'accès des esclaves aux pratiques religieuses, leur participation aux sacrifices publics, aux cultes des uici , des collegia , de la familia , l'ouvrage pose la question de la nature de leur engagement, de leur initiative, voire de leur autorité dans le cadre d'une religion ritualiste, où les obligations sont conditionnées par le statut, mais où, pour les esclaves, la sociabilité joue un rôle fondamental. S'il n'y a pas de religion propre aux esclaves, c'est bien parce que chacun est à même de participer à la vie religieuse des structures romaines en vertu de l'enchevêtrement des réseaux auxquels il appartient.

  • Publié en 1977, réédité en 1998, le livre de Jean Richard est une vaste synthèse sur les missions d'Orient. Promenant le lecteur, à la suite des franciscains et des dominicains, de la Crimée au Cathay et de l'Égypte à la Perse, l'ouvrage montre les efforts considérables effectués par les ordres mendiants, soutenus par la papauté, pour diffuser l'Évangile aussi bien auprès des peuples païens que des chrétientés orientales séparées, dans l'espoir de ramener celles-ci à l'obédience de Rome. Jean Richard insiste sur la direction pontificale de la mission. À partir du pontificat de Grégoire IX, une doctrine missionnaire se précise, et les papes successifs la font appliquer par ces serviteurs zélés de l'Église. Mais il s'interroge également sur la fin des missions médiévales, leurs succès, en particulier l'élargissement de la connaissance du monde, mais aussi leurs échecs, dus à la résistance du bouddhisme et de l'islam, à la fragilité des institutions provinciales et au petit nombre des moissonneurs, surtout après la Grande Peste de 1348.

  • L'ouvrage, paru en 1989, s'inscrit dans un renouvellement profond, durant les dernières décennies du XXe siècle, de l'historiographie des institutions romaines. Il ne s'agissait plus tant d'analyser leur fonctionnement interne, mais plutôt de s'intéresser aux pratiques de la vie politique, aux règles présidant à l'élaboration des sénatus-consultes, afin de tenter de comprendre le système politique dans son ensemble, autrement que dans une perspective juridique et strictement institutionnelle, « chercher à découvrir, sous l'habillage juridique, la réalité objective des phénomènes de pouvoir et de ses mécanismes ».
    L'ouvrage n'hésitait pas à mobiliser l'histoire des représentations, ce que l'on commençait à nommer la « culture politique », et, surtout, une approche des pratiques envisagées dans un espace relationnel, entre curie et Champ de Mars.

  • Raisons administratives et logiques d'empire (XVIe-XIXe siècle) Nouv.

    Entre le XVIe et le XIXe siècles émerge et s'affirme un pouvoir formidable, que nous connaissons sous le nom d'administration. Il se développe notamment dans le contexte des empires européens des époques moderne et contemporaine : le sens du mot administrer évolue alors que s'impose la nécessité de gouverner des espaces multiples et hétérogènes, proches et lointains. Ce livre propose de remonter aux sources puis de suivre la trace de cette raison administrative et de son affirmation au cours d'une chronologie habituellement associée à l'histoire de l'État, ici au second plan. Historiens et historiens du droit s'emparent du sujet à partir de l'étude de cas concrets, inscrits dans des contextes chronologiques et spatiaux différents, ainsi que dans des cultures politiques et juridiques fortement diversifiées. Ils tentent de saisir des logiques administratives à bonne distance des téléologies traditionnelles, depuis l'analyse des institutions étatiques et des dynamiques centres-périphéries, vers les redéfinitions de la potestas et l'exercice du commandement à l'échelle locale.
    L'ouvrage est en coédition avec la Casa de Velazquez.

  • Ce coffret se compose de 3 livres publiés par Dominique Briquel à des moments différents de son parcours scientifique. Le premier, daté de 1984, est issu de sa thèse de doctorat sur la légende de l'origine « orientale » des Étrusques, le second de 1991 qui explorait le même thème mais considérait la thèse d'une autre provenance, toujours orientale, et le dernier qui se consacrait à la thèse de l'autochtonie défendue en particulier par Denys d'Halicarnasse. L'auteur se refusait de faire de l'origine du peuple d'Étrurie une question historique. Ce qui l'intéressait, et le passionne toujours, c'est ce trait culturel des Anciens qui consiste à assigner une origine bien définie aux différents peuples, la plus ancienne possible, permettant ainsi d'établir une hiérarchie de dignité entre eux. Les Étrusques n'ont pas échappé à la règle et se sont vus attribuer des origines, soit extérieures, soit interne à la péninsule italienne, à travers des généalogies devenues des récits légendaires extrêmement diffus dans le monde méditerranéen.

  • L'Aventin, la plus méridionale des collines de la Rome antique, a joué un rôle singulier dans l'histoire de la cité et dans la formation de son espace urbain. Les connaissances sur l'histoire de cet espace urbain ont considérablement avancé, aussi bien du point de vue théorique, avec les renouvellements de l'histoire urbaine de Rome, que du point de vue des méthodes d'analyse des sources disponibles et des recherches archéologiques. L'ensemble de ces éléments justifiait une nouvelle étude de cet espace de la Ville de Rome.
    Concentrant l'enquête sur la période qui s'étend du IIe s. av. au Ier s. apr. J.-C., l'auteur propose d'interroger les singularités de l'Aventin telles que nous continuons à les appréhender depuis le début du XXe siècle - en particulier son image de « colline par excellence de la plèbe » -, mais aussi d'en dégager de nouvelles : identifier les éléments qui définissent les confins territoriaux de l'Aventin, étudier ses caractéristiques socio-urbaines et les confronter à l'image plébéienne de la colline qui s'élabore au cours de cette période, et enfin, étudier la cartographie religieuse et certaines fonctions spécifiques qui s'organisent autour de ses sanctuaires.

  • À mesure que le déclassement a été perçu comme un problème contemporain, il est devenu un objet de premier plan pour la sociologie des inégalités et, dans une moindre mesure, pour les études historiques qui ont privilégié les formes de mobilité ascendante, celles qui sont aussi les plus productrices de sources.
    En prenant en compte l'Ancien Régime tout en englobant le moment révolutionnaire, cet ouvrage collectif veut montrer la difficulté d'appréhender des situations de déclassement où se mêlaient, selon des degrés variables, appauvrissement, déshonneur, déchéance morale ;
    Restituer la parole - rare - des acteurs historiques sur leur expérience du déclassement ; montrer la difficulté de mesurer le déclassement à partir de marqueurs objectifs tant il s'agissait d'un phénomène relatif, parfois paradoxal, conditionné par un environnement social lui-même mouvant ; envisager le déclassement comme un processus en s'attachant à l'interprétation de trajectoires personnelles et collectives ; interroger, enfin, le rôle joué par l'État dans l'ordonnancement des frontières sociales.

  • La singularité du système romain de l'annone, une ville, mais pas n'importe laquelle, approvisionne gratuitement en blé une partie de sa population (le fameux « peuple romain ») sans qu'elle engage pour autant des dépenses sans mesure, le froment venant de ses possessions d'outre-mer, a toujours attisé la curiosité des historiens. C'est à ce « service » qu'Henriette consacrait sa thèse à la fin des années 1970 pour en tirer un livre qui reste encore aujourd'hui une référence. Auguste, au début de notre ère, transforme l'annone en service administratif impérial. L'auteur va analyser sa structure et son fonctionnement, son personnel, notamment, bien sûr, les préfets, personnages très importants dans le dispositif du pouvoir impérial puisque son action couvrait l'ensemble des régions productrices de blé.

  • Le manuscrit laissé par l'auteur à sa mort a été publié par deux de ses amis les plus proches, dont notamment Paul Veyne qui signe une courte préface pour sa réédition. L'ouvrage de 1981 reste la grande étude générale sur le phénomène de la gladiature dans la Rome ancienne. Les origines, sans doute en Italie du Sud, autour du IVe siècle avant notre ère, à l'apparition à Rome des premiers spectacles liés également aux combats de l'homme contre la bête, l'auteur examine ensuite la condition des gladiateurs, l'économie des spectacles, leur déroulement.
    Dans une réflexion finale qui a fait date, Georges Ville s'interrogeait sur ce qui avait rendu possible la gladiature et sur ce qui la fait disparaître.

  • L'on sait que les monastères médiévaux sont, par le jeu entre autres des donations, des lieux importants d'accumulation de capital. Mais rien n'est joué et l'on peut le vérifier de manière exemplaire à Venise si, comme le fait l'auteur dans ce livre, l'on examine le destin comparé de deux institutions : l'une, rurale, la Trinité de Brandolo, à la frontière lagunaire, l'autre, urbaine, placée au coeur politique de la ville, le fameux monastère San Giorgio Maggiore. La première qui avait su pourtant tirer profit de la gestion de la lagune, ne résistera pas aux crises, la seconde saura évoluer et utiliser les instruments du développement économique au point de devenir une véritable puissance à l'intérieur de la Sérénissime.

  • Grâce aux recherches archéologiques, tant les sources écrites manquent et celles qui existent sont pour la plupart d'origine romaine, concernant l'Afrique du Nord préromaine, il est possible aujourd'hui de profondément renouveler notre connaissance de ces royaumes numides et maures tombés sous la coupe de Rome à la fin de l'ère préchrétienne. C'est ce que fait Virginie Bridoux dans ce livre en analysant l'essor de ces dynasties, la constitution interne de mosaïques de plus en plus centralisées selon un modèle royal qui se répand en Méditerranée et, enfin, le processus qui a mené ces monarchies sur le chemin de l'annexion par la puissance romaine.

  • Vingt ans après la première parution de cet ouvrage, la question des rapports entre Etat moderne et les Réformes religieuses reste une de plus débattues dans l'historiographie du XVIe siècle européen et même de celui de la première mondialisation. La cas français dans sa singularité mérite toujours l'attention car il se révèle bien plus complexe que le simple conflit juridictionnel qui a servi trop longtemps de clé exclusive d'interprétation.
    Grâce aux débats conciliaires, nous percevons la pluralité des acteurs et leur relative autonomie, qui suit des chronologies très différentes. La clarification tridentine a dans le cas français laissé suffisamment de place aux compromis doctrinaux et aux intérêts ecclésiastiques de chacun pour, malgré les éclats de voix diplomatiques, avoir une influence durable dans le royaume, où elle fédère les multiples initiatives venues de cercles les plus divers tout en disqualifiant une réforme imposée d'en haut, par le pouvoir royal allié ou non au pouvoir pontifical.
    Le fronce et le concile de Trente montre comment le catholicisme moderne a su rester pluriel.

  • Cet ouvrage collectif est le résultat d'un programme de recherche de quatre années consacré au siège épiscopal de Mariana (Lucciana, Haute-Corse). Après une présentation de la colonie romaine fondée au début du Ier siècle avant notre ère, sont exposés les résultats de l'étude archéologique de cinq édifices de culte chrétien (la basilique paléochrétienne intramuros et son baptistère, la basilique suburbaine, la cathédrale romane ainsi que l'église San Parteo), des résidences épiscopales successives ainsi que du territoire de cet ancien évêché.
    Bien que l'agglomération abandonnée de Mariana ait fait l'objet de deux programmes de recherche par le passé (1958-1967 et 1998-2007), de nombreuses questions restaient posées. La relecture systématique des vestiges dégagés anciennement permettent aujourd'hui de répondre à une partie de ces interrogations. Sont ainsi proposées de nouvelles interprétations et une chronologie plus précise de ce centre du pouvoir d'un intérêt majeur pour l'histoire de la Corse et, au-delà, porter un autre regard sur l'ancienne colonie de Mariana et sur sa place dans le contexte de la Méditerranée occidentale entre le Ve et le XVe siècle.

  • En réunissant la vingtaine de participants autour d'un thème aussi classique que celui des relations entre l'institution ecclésiale et le courant humaniste, les organisateurs prenaient le risque de parcourir des chemins cent fois empruntés, depuis Jacob Burckhardt ou Ludwig Pastor au moins.
    L'angle proposé se voulait original avec un double regard sur l'Italie, épicentre de l'humanisme naissant, et la France méridionale, réceptacle tardif et singulier de ce mouvement. Mais plus encore, la palette très large de méthodes et d'horizons intellectuels regroupant médiévistes et modernistes, historiens de l'Eglise, du droit, des idées, philologues et littéraires a autorisé cette " fécondation croisée ", garante d'une exploitation maximale des recherches novatrices.
    A des études de cas ou de personnages particulièrement fouillées, l'un des mérites de cette rencontre a été d'ajouter les dimensions institutionnelles des contacts entre studia humanitatis et Eglise : la curie, l'université, les bibliothèques, les formes de contrôle de la production savante (la censure et l'autocensure) ont ainsi reçu un éclairage nouveau. Preuve, si besoin était, que l'humanisme ne saurait se réduire à un simple mouvement de l'histoire des idées, voire à une variante de l'histoire de l'éloquence.
    Agissant comme un révélateur des mutations politiques autant qu'intellectuelles au sein des sociétés tardo-médiévales, les " études d'humanité " mettaient en question, voire en crise, l'institution médiévale qui avait revendiqué le monopole de l'élaboration et de la transmission de la connaissance : l'Eglise. Quelles formes de compromis, de " stratégies d'évitement " ou de contournement, mais aussi d'oppositions frontales ont pris ces contacts, tel est le sens des communications ici réunies.

  • Aux XVIe et XVIIe siècles, l´île de Malte, propriété de l´Espagne et confiée en 1530 à l´ordre militaro-religieux des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devient un lieu privilégié d´affrontements entre les rives chrétienne et musulmane de la Méditerranée. Après des épisodes militaires marquants (la razzia de 1551 et surtout le « Grand Siège » de 1565) ainsi que des fortifications intensives (notamment la construction de La Valette, cité utopique réputée imprenable), l´île incarne à la fin du XVIe siècle la frontière par excellence de la chrétienté face à l´Islam. Au siècle suivant, son épanouissement en tant qu´île-frontière est symbolisé par l´essor de la guerre de course, qui maintient l´affrontement avec les « Infidèles » tout en favorisant l´émergence, puis le développement de contacts commerciaux avec la rive ennemie pour l´écoulement des butins et des esclaves. Le développement multiforme des contacts humains et marchands est alors en permanence contrôlé et régulé par les autorités politiques et religieuses (l´Ordre, le Saint-Office, le clergé insulaire), soucieuses de maintenir intact le sentiment d´un contraste entre les civilisations que semblent effacer les associations commerciales qui transcendent les appartenances nationales ou confessionnelles. Ce singulier équilibre entre ouverture économique et clôture religieuse et mentale contribue alors à façonner une société originale, qui apparaît porteuse de la dualité inhérente aux frontières, c´est-à-dire à la fois ouverte, cosmopolite, et profondément hostile à toute différence religieuse.

  • Le manuscrit laissé par l'auteur à sa mort a été publié par deux de ses amis les plus proches, dont notamment Paul Veyne qui signe une courte préface pour sa réédition. L'ouvrage de 1981 reste la grande étude générale sur le phénomène de la gladiature dans la Rome ancienne. Les origines, sans doute en Italie du Sud, autour du IVe siècle avant notre ère, à l'apparition à Rome des premiers spectacles liés également aux combats de l'homme contre la bête, l'auteur examine ensuite la condition des gladiateurs, l'économie des spectacles, leur déroulement.
    Dans une réflexion finale qui a fait date, Georges Ville s'interrogeait sur ce qui avait rendu possible la gladiature et sur ce qui la fait disparaître.

  • Plèbe et patriciat sont deux catégories fondamentales de la Rome antique, que les sources littéraires (Cicéron ou Tite-Live par exemple) ainsi qu'une grande partie de l'historiographie ont longtemps présentées comme consubstantielles à l'histoire de cette cité. Publié pour la première fois en 1978, ce livre entreprend précisément de rendre ces catégories à leur histoire, d'en montrer la lente construction et l'élaboration définitive au début de la République romaine. Centré sur la Rome royale et le début de la République, l'ouvrage étudie la formation et le développement de la population romaine, démontrant l'inanité des théories ethniques ou religieuses à ce sujet. Ce faisant, il invite à considérer plèbe et patriciat pour ce qu'ils sont : des catégories socio-politiques. J.-Cl. Richard a ainsi ouvert des perspectives nouvelles sur les conflits politiques de la Rome royale et du début de la République. Cette nouvelle édition est enrichie d'un avant-propos inédit de l'auteur, d'une postface et d'un addendum bibliographique.

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