Fallois


  • dans une petite ville d'alabama, au moment de la grande dépression, atticus finch élève seul ses deux enfants, jem et scout.
    homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un noir accusé d'avoir violé une blanche. celui-ci risque la peine de mort. ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès et reçut le prix pulitzer en 1961. il ne suffit pas en revanche à comprendre pourquoi ce roman est devenu un livre-culte aux etats-unis et dans bien d'autres pays, pourquoi, lors d'une enquête réalisée aux etats-unis en 1991, sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, il arrivait en seconde position, juste après la bible.
    la vérité est que, tout en situant son histoire en alabama à une époque bien précise, harper lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. racontée par scout avec beaucoup de drôlerie, cet ouvrage tient du conte, de la court story et du roman initiatique. " il a la légèreté et le poids que recherche le véritable amateur de roman et cette vertu si rare de pouvoir être lu à tout âge, quelle que soit l'éducation qu'on ait reçue, de quelque pays que l'on vienne, à quelque sexe que l'on appartienne.
    on y trouvera nécessairement un univers communiquant avec le sien par le miracle de l'écriture et de l'enfance ", écrit isabelle hausser dans la postface qu'elle a rédigée pour ce livre.

  • Jusqu'au jour du Drame, il y avait deux familles Goldman. Les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Les Goldman-de-Montclair, dont est issu Marcus Goldman, l'auteur de La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, sont une famille de la classe moyenne, habitant une petite maison à Montclair, dans le New Jersey. Les Goldman-de-Baltimore sont une famille prospère à qui tout sourit, vivant dans une luxueuse maison d'une banlieue riche de Baltimore, à qui Marcus vouait une admiration sans borne.
    Huit ans après le Drame, c'est l'histoire de sa famille que Marcus Goldman décide cette fois de raconter, lorsqu'en février 2012, il quitte l'hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, où il vient s'atteler à son prochain roman. Au gré des souvenirs de sa jeunesse, Marcus revient sur la vie et le destin des Goldman-de-Baltimore et la fascination qu'il éprouva jadis pour cette famille de l'Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées.
    Mais les années passent et le vernis des Baltimore s'effrite à mesure que le Drame se profile. Jusqu'au jour où tout bascule. Et cette question qui hante Marcus depuis : qu'est-il vraiment arrivé aux Goldman-de-Baltimore ?

  • Londres, 1940.
    Soucieux de pallier l'anéantissement de l'armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a une idée qui va changer le cours de la guerre : créer une branche noire des services secrets, le Special Operation Executive (SOE), chargée de mener des actions de sabotage et de renseignement à l'intérieur des lignes ennemies et dont les membres seraient issus des populations locales pour être insoupçonnables.
    Du jamais vu jusqu'alors. Quelques mois plus tard, le jeune Paul-Émile quitte Paris pour Londres dans l'espoir de rejoindre la Résistance. Rapidement recruté par le SOE, il est intégré à un groupe de Français qui deviendront ses compagnons de coeur et d'armes. Entraînés et formés de façon intense aux quatre coins de l'Angleterre, ceux qui passeront la sélection se verront bientôt renvoyés en France occupée pour contribuer à la formation des réseaux de résistance.
    Mais sur le continent, le contre-espionnage allemand est en état d'alerte... L'existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-cinq ans après les faits, Les Derniers jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l'Angleterre de Churchill.

  • " vous pouvez vivre trois jours sans pain - sans poésie, jamais ! et ceux qui disent le contraire se trompent : ils ne se connaissent pas.
    " c'est à tous ceux " qui se connaissent ", à celles et ceux qui partagent le point de vue de baudelaire, que ce livre est destiné. s'ils se retrouvent un jour perdus, comme robinson, sur une île déserte, il leur donnera de quoi vivre longtemps.
    C'est une visite guidée, à travers l'un des plus beaux jardins qui soient au monde : celui des poètes français. le choix de l'auteur n'obéit à aucun a priori théorique - illustrer telle ou telle conception de la poésie - pas plus qu'il n'est limité par un parti pris idéologique - écarter telle ou telle oeuvre à cause des sentiments qui l'ont inspirée.
    Les romantiques ont donc leur place ici autant que les classiques, les amours de ronsard autant que les colères de hugo, et les vers de péguy autant que ceux d'aragon. dix siècles. plus de cinq cents poèmes. pour chaque auteur, un texte introductif, facilitant l'accès à son univers singulier, ou en prolongeant l'écho. et au début de chaque siècle, une présentation qui en dégage les traits les plus frappants.
    Tout cela fait de ce livre, en plus d'une anthologie d'une étonnante richesse, une véritable histoire de la poésie française.

  • Raymond Aron est inclassable.
    Intellectuel anticonformiste, il est allé à contre-courant des idées dominantes de l'intelligentsia de gauche. Il a eu raison avant les autres sur la nature du régime soviétique, du stalinisme. Et dans les années 50, il a eu le courage de tenir sa position, tout en accomplissant une oeuvre scientifique indiscutée. À la fois journaliste, sociologue, historien, philosophe, Raymond Aron retrace dans ces entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton son itinéraire politique et intellectuel.
    Dans ce dialogue vif, stimulant, il analyse les grands événements qu'il a vécus depuis un demi-siècle. La montée de Hitler au pouvoir, le Front populaire, Munich, la débâcle, Vichy et la Résistance, le génocide, la guerre froide, ses polémiques avec Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty, la construction européenne, la stratégie nucléaire, l'Algérie et la décolonisation, le gaullisme, Mai 68, l'Union de la gauche...
    On découvre dans cette réédition du Spectateur engagé une conception de l'Histoire qui laisse sa part à la liberté des hommes, un plaidoyer pour la démocratie occidentale, mais aussi une personnalité complexe, lucide et passionnée.

  • " À deux jours de son dixième anniversaire, ma grand-mère était déjà mariée.
    " Ma mère, elle, avait trouvé un mari à vingt ans.
    " J'en avais conclu que si l'on gagnait ainsi dix ans à chaque génération pour arriver à l'âge idéal du mariage, à trente ans au plus tard j'aurais dû trouver un conjoint.
    " Mais, à trente ans, j'étais à mille lieues de convoler, d'où la consternation de chacun au mariage de ma cousine Nina.
    " Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l'américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes et de ne pas décevoir sa nombreuse famille. Le mariage est en effet ce qu'il y a de plus important dans la vie d'une femme indienne, et les mariages arrangés sont encore courants : " Je ne travaille pas à faire ton bonheur, mais à te marier ", dit la mère d'Anju.
    Mariage à l'indienne est le récit plein d'humour des pérégrinations amoureuses d'Anju, de sa sélection rigoureuse des candidats, de ses rencontres avec les familles, et des choix qu'elle doit accomplir pour rester fidèle à elle-même et satisfaire sa famille et les traditions. Si la recherche de l'amour peut emprunter des voies différentes, le chagrin et le rire sont universels.

  • La vie mouvementée de Louis de Bourbon, prince de Condé (1621-1686), se déroule au coeur du XVIIe siècle, dans une période elle-même très agitée : durant la minorité de Louis XIV, Anne d'Autriche et son ministre Mazarin, qui ont choisi de continuer la guerre entreprise contre les Habsbourg de Madrid et de Vienne, doivent faire face également à une rébellion intérieure, la Fronde.

    Proche du roi par cousinage, mais issu d'une lignée de rebelles, le jeune homme s'impose à vingt-deux ans sur le champ de bataille de Rocroi comme un capitaine de guerre exceptionnellement doué. Six ans durant, de 1643 à 1648, il accumule ensuite les victoires, qui deviendront des cas d'école pour les militaires à venir. Il y fait preuve en outre d'une extrême bravoure, chargeant à la tête de ses troupes en prenant des risques inouïs. Considéré comme l'égal d'Alexandre, il entre dans la légende de son vivant.

    La médaille a un revers. Puisque aucun exploit ne lui est impossible, il se croit tout permis. Dans la vie civile, accompagné de sa troupe d'amis, les « petits-maîtres », il multiplie les provocations, tant sur le plan des moeurs que sur celui de la religion. Il commence d'indisposer les autorités. En 1648, lorsque les magistrats déclenchent la révolte contre la pression fiscale, la régente ne peut que s'appuyer sur lui. Il la soutient lors du siège de Paris. Mais en récompense de ses services, il croit pouvoir tout exiger.
    Exaspérée elle le fait mettre en prison, avant d'être contrainte de le libérer au bout d'un an. À sa sortie il opte pour la guerre civile, mais ne parvient pas à se constituer une base solide en province et, vaincu, se réfugie aux Pays-Bas, chez les Espagnols. Il combat à leurs côtés de 1653 à 1658, sans pouvoir empêcher leur défaite finale.
    Quand il rentre en France après la Paix des Pyrénées, il lui reste un bon quart de siècle à vivre, dans un pays qui a profondément changé. Il récupère, au prix de sa soumission, ses biens et son statut de prince du sang, mais Louis XIV le tient durablement à l'écart, avant de lui offrir sur le tard l'occasion de deux campagnes militaires. Mais c'est comme homme privé qu'il opère sur lui-même une extraordinaire mutation, devenant aussi patient, attentif aux autres et généreux qu'il avait été coléreux et arrogant naguère. Dans son domaine de Chantilly, il offre aux esprits indépendants à qui pèse le dirigisme culturel régnant un chaleureux espace de liberté.

    Ce livre est une biographie historique : le récit, non romancé, de la vie d'un homme.
    Il apporte un éclairage précieux sur les mentalités d'une époque très différente de la nôtre. Un exemple. La France était alors en pleine mutation, la monarchie s'efforçait d'imposer son autorité à de grands seigneurs nostalgiques de l'indépendance dont ils jouissaient au temps de la féodalité. Le sentiment national, déjà vif dans la bourgeoisie, était quasi inexistant chez eux avant la Fronde. Le passage de Condé à l'ennemi est perçu par eux, sur le moment, comme légitime défense contre un abus de pouvoir royal. Mais à son retour, quand la victoire définitive de la France a modifié les façons de penser, il apparaît rétrospectivement comme une trahison. En pareil cas, est-il possible de juger, quand les critères ne sont plus les mêmes ?
    Du point de vue psychologique le personnage, complexe, énigmatique, est à la fois inquiétant et fascinant. Quel est le moteur de sa conduite ? Il n'a pas fait de confidences.

    Mais d'après ses actions, on aperçoit chez lui une constante : la haute conscience de sa valeur, le niveau élevé de ses exigences, le refus des limites, le défi à l'autorité, aux contraintes, à la mort. Et pour couronner une carrière contrastée, la victoire sur soi et une conversion religieuse in extremis. Comment se concilient en lui un rationalisme très poussé avec un déni de réel radical dès que sa personne est en cause ? L'historien apporte des pièces au dossier, mais s'interdit de trancher.
    Plus largement, son cas invite à une double réflexion sur l'héroïsme et sur la gloire qui en découle. La quête de l'exploit, de l'absolu, est-elle vivable pour l'intéressé, et sous quelles formes ? Quelle place la société peut-elle réserver au héros ? a-t-il tous les droits ? peut-il se permettre n'importe quoi ? La question est valable pour n'importe quel champ d'action : d'où son intérêt actuel.

    Autour de Condé, bien sûr, on rencontre dans ce livre tous les grands acteurs de l'époque, Richelieu, Anne d'Autriche, Mazarin, le jeune Louis XIV, et aussi Gaston d'Orléans, qui lui dispute la scène politique, et Turenne, qui lui dispute la gloire. Simone Bertière les fait tous revivre d'une plume alerte, comme de coutume, dans un récit nourri d'anecdotes et teinté d'humour.

  • Qu'est-ce que le monde moderne ? Existe-t-il vraiment ? Ou n'est-il que l'apparence d'une autre réalité ? C'est pas la fin du monde est le premier recueil de nouvelles de Kate Atkinson.
    Ironiques et profondes à la fois, ces nouvelles explorent le monde que nous croyons connaître pour nous en révéler un autre qui est pour le moins dérangeant. Un monde où les mythes que nous avons bannis de nos existences sont étonnamment présents et où l'imagination a le pouvoir de transformer la réalité.
    De Charlene et Trudi qui s'acharnent à faire des listes de courses sous les bombes au petit Eddie fasciné par la nomenclature des poissons, et à Marianne qui nous fait soudain entrevoir que l'enfer, version moderne, c'est la télévision des ménagères, chacune de ces histoires nous plonge dans un réalisme magique rafraîchi par la pluie écossaise.
    Résolument moderne et invraisemblablement vraisemblable, C'est pas la fin du monde est une méditation d'une savoureuse originalité sur les mythes, qui révèle en Kate Atkinson un des écrivains les plus inventifs et les plus drôles de la littérature contemporaine.

  • Voici un hommage à la mer Noire et à ses peuples riverains ainsi qu'une méditation sur l'histoire de l'Eurasie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Neal Ascherson fait revivre le monde d'Hérodote et d'Eschyle, le lieu où Ovide fut exilé sur l'actuelle côte de Roumanie ; le déclin et la chute de Byzance ; les mystérieux Goths qui furent chrétiens ; les Tatars Khanates ; l'expansion du pouvoir russe dans les steppes herbeuses et les siècles de guerre entre Ottomans et Russes autour de la mer Noire.
    Il étudie la terreur du stalinisme et celle de son ennemi fasciste, tous deux visant à dominer les rives complexes et colorées de cette mer Noire, et approfondit la turbulente chronique de l'Ukraine moderne. C'est l'histoire des Grecs, Scythes, Sarmates, Huns, Goths, Turcs, Russes, Ukrainiens et Polonais. Sur les rives de la mer Noire s'arrête l'Europe. Sur ses rivages est née la "barbarie".

  • Rome, à la fin des années soixante-dix.
    Le chef du gouvernement démocrate-chrétien, Corrado Dusa, est enlevé par un groupe terroriste d'extrême gauche, alors qu'il s'apprêtait à réaliser un compromis historique visant à faire entrer le parti communiste dans le jeu politique classique. Les terroristes ne tardent pas à se manifester, menaçant de mettre à mort leur otage si leurs exigences ne sont pas acceptées. La famille Dusa, incarnation typique de la haute bourgeoisie italienne traditionnelle, se mobilise pour tenter de sauver Corrado, mais se heurte au refus obstiné des collègues de celui-ci, qui proscrivent toute négociation avec des terroristes.
    Ainsi s'engage une guerre des nerfs qui va durer un mois, mettre toute l'Italie en émoi et faire tomber nombre de masques. Avec le souffle et l'art de l'évocation qui le caractérisent, Allan Massie a réussi, ici, l'exploit de combiner, bien au-delà de ce qui aurait pu n'être qu'un simple thriller politique, un grand roman de moeurs, une cruelle satire contemporaine et une attachante chronique romaine.

  • L'Invention du monothéisme propose une explication tout à fait nouvelle, d'ordre historique et anthropologique, sans a priori religieux, des origines de la croyance monothéiste, fondement de trois religions qui comptent aujourd'hui encore trois milliards de fidèles.
    Le livre comprend deux parties. Dans la première, " Du dieu d'un peuple au dieu de tous ", l'auteur montre comment et pourquoi les Hébreux sont passés d'une forme de polythéisme courante dans le Proche-Orient ancien, la monolâtrie - le culte rendu à un dieu particulier, ici Iahvé, de préférence aux autres -, à la conviction, formulée seulement un millénaire après Moïse, qu'il ne peut exister qu'un Dieu.
    Dans une seconde partie, " Les anomalies du monothéisme ", l'auteur souligne, à côté d'avantages incontestables, les difficultés théoriques et pratiques entraînées par l'adoption de cette croyance. Il examine en particulier les contradictions que recèle la croyance en un Dieu qui serait le Dieu de tous, mais aussi et en même temps celui d'une ethnie ou d'un groupe de peuples dont il constituerait la principale marque identitaire.

  • Au lendemain de Waterloo, un étrange pays vit le jour au confluent des frontières actuelles de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique, Moresnet, qui recélait les plus importantes réserves de zinc d'Europe. Faute de parvenir à un accord sur le sort de ces quatre kilomètres carrés d'une si grande importance stratégique, les vainqueurs de Napoléon en firent en 1816 un territoire neutre, qui abrita bientôt la plus grande entreprise minière du continent.
    C'est dans cet espace parfaitement conforme à la vérité historique que cavalcadent les personnages d'un roman qui s'étend sur tout un siècle pour s'achever avec l'entrée des troupes allemandes dans le territoire le 8 août 1914. Les deux jeunes aides de camp, l'un néerlandais, l'autre prussien, à qui leurs souverains avaient confié mission de "régler au plus vite le problème de Moresnet", ne se doutaient évidemment pas qu'en créant au coeur de l'Europe un pays sans armée ni police ni justice, ils ouvraient la porte à de bien singulières aventures.
    Récit historique, roman picaresque, conte philosophique ? On retrouvera ici les personnages paradoxaux, l'humour sarcastique, l'écriture corrosive de l'auteur de La Dernière Conférence, Grand Prix du roman de l'Académie française 2008.

  • Ce nouveau roman de Jean-Baptiste Baronian met en scène Arthur Rimbaud. Il se déroule en deux temps :
    - en juillet 1873 à Bruxelles, durant les quelques jours qui ont suivi les deux coups de revolver tirés par Verlaine sur Rimbaud et au cours desquels ce dernier a été obligé de se tenir, comme on dit, " à la disposition de la justice " ;
    - un jour d'octobre 1973 durant lequel un professeur de lettres fait la tournée des bouquinistes dans un quartier de Bruxelles et tombe, à sa grande stupéfaction, sur un lot de livres précieux parmi lesquels des exemplaires rarissimes d'une Saison en enfer (dont l'édition originale a paru à Bruxelles en 1873).
    Dans ce roman, on voit Rimbaud aller lui-même sur les traces de Baudelaire (qui a vécu près de deux ans et demi à Bruxelles, à la fin de sa vie) et faire plusieurs rencontres importantes, en particulier celle de l'imprimeur bruxellois qui a édité à compte d'auteur Une saison en enfer. Celle, également, du jeune peintre qui a peint le célèbre portrait du poète couché sur un lit (portrait qui se trouve aujourd'hui au musée Rimbaud de Charleville-Mézières).
    Les faits sur lesquels repose l'intrigue de L'Enfer d'une saison sont authentiques. De même, les gens que rencontre Rimbaud à Bruxelles ont bel et bien existé. En écrivant ce livre (fort différent de tous ses autres romans), Jean-Baptiste Baronian a cherché à combler les trous de la vie aventureuse du poète et à le rendre pour ainsi dire plus vrai, plus vivant.

  • Nous avons tous entendu parler de Platon et d'Aristote, les philosophes de la Grèce antique, et de Descartes ou de Kant, les philosophes des temps modernes.
    Mais entre les deux ? Entre l'Antiquité et la Renaissance ? Vous connaissez sans doute les noms de saint Augustin, de saint Jérôme, de saint François d'Assise, d'Abélard (à cause des ennuis qu'il eut avec la justice religieuse et des conséquences qui en résultèrent pour son anatomie) et de saint Thomas. Mais pourriez-vous expliquer ce que c'est que le thomisme ? Et connaissez-vous Averroès, Maïmonide, Robert Grossetête, Roger Bacon, Raymond Lulle, Marsile de Padoue, Boèce, Avicenne, etc., qui cependant mériteraient tous d'être connus, car ce sont de grands penseurs ? Tout cela, vous l'apprendrez avec facilité, clarté, et humour, en lisant le dernier livre de Luciano De Crescenzo, qui n'a rien d'un manuel d'histoire, ni d'un traité de philosophie au sens classique du mot.
    Le livre traverse au galop dix siècles d'histoire (de la conversion de Constantin, en 312, à la naissance de l'humanisme), en cent quatre-vingts pages, et vingt-cinq portraits de philosophes ou de théologiens, plus sept tableaux en toile de fond, qui rendent la couleur et le clair-obscur du millénaire, avec ses bûchers de sorcières, ses invasions barbares, les massacres des Croisés, les cauchemars de l'an Mil, mais aussi l'émouvante tendresse d'une Héloïse, la flamboyante sensualité de saint Augustin et l'invention de la Crèche par saint François.

  • Le roman met en scène le tête-à-tête, qui tourne au corps à corps, entre un psy et sa patiente, Ming, 25 ans, née à Shangai et soeur d'Adam dans L'Amour nègre. Enfant, elle a été adoptée par un couple d'acteurs américains. Elle a connu la vie facile aux États- Unis, mais aussi l'exil en Suisse. Elle vient le consulter pour aller mieux, avouer ce qu'elle a sur la conscience. Mais raconte-t-elle la vérité ? Toute la vérité ? L'effort du psy sera d'accoucher sa patiente pour mettre des mots sur ses maux. En se demandant si celle-ci ne le mène pas en bateau.
    Ming incarne, à sa manière, le combat d'une femme qui cherche à se libérer des liens qui l'emprisonnent : son origine, son éducation, la tyrannie de l'image, la violence masculine, l'obsession du corps parfait, etc. Elle doit trouver sa voie dans le spectacle - la société qui fait d'elle une image.
    Dans la seconde moitié du livre, Ming vit en Italie. Elle évolue dans le milieu de la mode, puis de la télévision, puis de la politique (les trois sont étroitement liés). Elle devient l'égérie d'un couturier (Jim Terby), puis d'un chef de gouvernement (Papi). C'est l'occasion de faire le portrait d'un monde en déliquescence, fondé précisément sur l'image et la politiquespectacle.
    Un monde à bout de souffle.

  • Et s'il n'y avait qu'un pas de la comédie à la tragédie ? Cette question est l'une de celles que se pose la narratrice de ce roman : chronique des contrariétés de la vie familiale, suscitées par neuf mois de cohabitation avec son père et sa tante.
    Des personnages farfelus, mais aux motivations plus compliquées que ne le donnerait à penser une observation superficielle, traversent ce roman en cinq actes, sans cesse oscillant entre réalisme et absurde, entre burlesque et nostalgie, entre vie quotidienne et fantaisie. Est-ce parce qu'il se déroule en pays belge, patrie de peintres convaincus de l'insignifiance des frontières qui séparent le réel de l'imaginaire ? Ou parce que, malgré sa plume trempée d'alacrité, au détour de son récit, la narratrice oublie parfois qu'elle n'est plus la petite fille dont la présence hante ce roman ?

  • Il y a violence et violence. Jean Soler s'attache à étudier ici la violence qui est pratiquée pour des raisons religieuses. Dans le prolongement de sa trilogie Aux origines du Dieu unique, il soutient que l'extrémisme qui se traduit sous nos yeux par des massacres collectifs n'est pas la dérive accidentelle que peut subir, passagèrement, n'importe quelle religion, c'est une tendance inhérente aux trois religions monothéistes, qui trouve sa source dans l'idéologie biblique. Pour nous en convaincre, l'auteur confronte le monde de la Bible à deux civilisations polythéistes qui se sont formées à la même époque, la civilisation grecque et la civilisation chinoise. Ni l'une ni l'autre n'a justifié l'usage de la violence au nom d'un dieu et elles n'ont pas connu de guerres de religion. Jean Soler s'est attardé sur la civilisation grecque parce que notre propre civilisation est née au confluent de la Grèce et d'Israël. C'est ainsi que ce livre comporte dans sa partie centrale un Parallèle entre Athènes et Jérusalem. L'auteur examine ensuite l'influence qu'a eue le modèle biblique, avec sa propension à l'extrémisme, sur l'Occident devenu chrétien, et sur les terres musulmanes. Il décèle cette influence jusque dans des doctrines qui n'ont rien, en apparence, de religieux, comme le marxisme et l'hitlérisme. Il nous fait faire par ce biais un parcours de la pensée humaine de l'Antiquité à nos jours.

  • Ce recueil réunit trente nouvelles dont la première, Heureuse, raconte l'expérience d'une fillette de six ans et la dernière, Et le temps s'arrêta, celle d'une femme âgée et malade.
    C'est un long périple à l'intérieur de la mémoire. On y rencontre une kyrielle de génies, bons ou mauvais, on y croise ces éternels vagabonds, ces répétiteurs d'autrefois, ou encore ceux qui cherchent une contrée au nom étrange qui n'existe pas sur terre : le Pays de Nulle Part. Nadejda Alexandrovna Lokhvitskaïa (1872 Saint-Pétersbourg - 1952 Paris), plus connue sous le pseudonyme de Teffi, fut incontestablement l'auteur le plus lu dans la diaspora russe entre 1920 et 1940, aussi bien à Berlin, Varsovie et Shanghai qu'à Paris où elle fut l'une des figures centrales de la colonie russe.
    A cause de la barrière de la langue, cette célébrité ne franchira pas les frontières de l'émigration et il faudra attendre les années 90 pour qu'elle soit de nouveau publiée en Russie. De toute cette génération d'écrivains, seuls Nabokov et Nina Berberova ont joui d'une audience considérable. "L'âme russe aime le merveilleux et tout ce qui s'y rapporte : les pressentiments, les signes, les songes", affirme Nadejda Teffi.
    Bon nombre de ses récits se situent à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Elle sait aussi comme personne recréer ce monde de l'enfance, continent lointain, jailli du plus profond de ses souvenirs et qui prend forme à travers le prisme d'un regard limpide. C'est cette facette de son art que ce livre a choisi d'illustrer.

  • Ce livre, étayé par de nombreux documents et témoignages inédits, raconte la tragédie d'Allemands, d'origine juive, à des degrés divers, incorporés dans la Wehrmacht hitlérienne pour des durées et dans des conditions variables.
    Ces hommes acceptèrent de servir leurs pires ennemis pour des raisons diverses, parfois dans l'espoir de protéger leur famille, souvent par patriotisme inébranlable. On estime leur nombre entre 120 000 et 160 000. Certains d'entre eux atteignirent des grades élevés : feld-maréchal, amiral, général, et se virent décerner des décorations prestigieuses. Mais il leur fallut toujours obtenir l'autorisation personnelle du Führer de verser leur sang " indigne " pour la défense du Reich.
    On découvrira des aspects insolites du régime nazi, on sera surpris de l'attitude humaine de beaucoup d'Allemands " aryens " envers leurs infortunés compatriotes, on s'étonnera que jusqu'à la fin de la guerre, aux heures les plus graves, Hitler perdît un temps précieux à l'étude des dossiers de candidats à l'aryanisation, une preuve supplémentaire de ses obsessions antisémites, s'il en fallait.


  • comment survivre quand on est une toute petite fille abandonnée sur un trottoir de rio ? il faut beaucoup de courage et de présence d'esprit pour transformer chaque obstacle en une chance à saisir.
    c'est ce que fait notre héroïne dont nous suivons le récit naïf et spontané jusqu'à l'âge adulte.

  • Trente ans se sont écoulés depuis la grande crise économique du début du XXIe siècle : la communauté européenne a éclaté, la monnaie unique n'est plus, l'appauvrissement des populations est consommé, la xénophobie ronge l'Europe.
    Jan Petrec, 28 ans, habite un petit pays d'Europe centrale. Salarié d'une puissante compagnie d'assurance chinoise, passionné de jeu d'échecs, Jan mène une existence discrète, partageant sa vie entre Anna, jeune femme libre de 27 ans, et une bande de copains fêtards, dominée par la figure de Bogdan. Comme ses amis, Jan est convaincu de vivre dans un pays libre et démocratique. Pourtant, à son insu, les nouvelles technologies façonnent jour après jour un monde invisible, où la plupart des faits et gestes des citoyens sont numérisés et stockés dans les plus grandes archives virtuelles de tous les temps.
    A qui, et à quoi, servent ces innombrables données ? Un matin, Jan reçoit une convocation du ministère des Evaluations. Pour quelles raisons monsieur Kovac, Délégué aux Questions identitaires, s'intéresse-t-il à Jan Petrec, jeune homme honnête et sans histoire ? Un roman passionnant, qui est aussi une réflexion sur un avenir proche.

  • Le 18 novembre 2009 marque un tournant dans l'histoire des relations que les sociétés entretiennent avec le premier des sports-spectacles.
    La main volontaire de Thierry Henry, qualifiant la France pour la prochaine Coupe du monde au détriment de l'Eire, a provoqué une onde de choc planétaire. Le plus symptomatique a été la révolte soulevée, spontanément, chez les neuf dixièmes des Français. C'est que le football, à l'instar des grands événements sportifs, est un drame et une cérémonie rituelle de l'identité collective, où il entre du sacré ; il appartient à tout le monde, puisque ses acteurs sont les représentants d'une société qui se rend tout à coup visible, et non plus une élite représentant le seul football ; à ce titre, les faits et gestes des joueurs et des responsables institutionnels engagent non seulement l'image du pays aux yeux des autres nations, mais l'estime que la communauté se porte à elle-même.
    Jurant avec ces enjeux, " la fabrique du score " transforme insidieusement le football en spectacle de l'injustice. Les spectateurs ont cessé d'être un magma soumis à l'obligation de voler au secours de la victoire. Un certain âge d'or du foot est fini. Le 18 novembre 2009 ont pris fin les temps naïfs.

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