Institut National D'etudes Demographiques

  • Quinze ans après l'Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (l'Enveff), l'enquête Violences et rapports de genre (dite enquête Virage), réalisée par l'Institut national d'études démographiques (Ined), renouvelle les connaissances sur les violences à l'encontre des femmes. Elle apporte des connaissances détaillées sur les violences de genre.L'analyse des résultats permet une meilleure perception des processus de production de ces violences, des liens entre auteur·e·s et victimes, des rapports de domination et des facteurs déterminants dans l'exposition aux violences. Afin de resituer ces expériences dans les parcours de vie des personnes, différentes sphères de vie ont été scrutées: la famille, le couple, les études, la sphère professionnelle et les espaces publics.En ayant interrogé, pour la première fois, les femmes et les hommes, l'enquête Virage a permis d'analyser l'impact des normes de genre sur l'expérience de la violence. Quels sont les types de faits, à quelle fréquence et dans quels espaces les violences sont-elles vécues par les femmes et les hommes? Quelles réalités traduisent les faits de violence déclarés selon le sexe? Les conséquences matérielles et psychologiques sont-elles semblables pour les deux sexes? L'examen des déclarations des enquêté·e·s mène au constat, en ce qui concerne les femmes, d'un continuum de violences multiformes, tout au long de la vie, et pour les hommes, d'une expérience plus discontinue et différenciée de la violence.L'élaboration des questionnaires, les relations des enquêteurs avec les personnes interrogées, les thématiques intimes et traumatiques, les contraintes particulières d'une production scientifique rigoureuse et de sa restitution constituent les différentes facettes d'un dispositif complexe. La description de leur mise en oeuvre et des difficultés rencontrées offrent ici le panorama complet d'une enquête hors normes.Dans un contexte très médiatisé de libération de la parole et de recherche de solutions viables, les violences fondées sur les rapports de genre sont aujourd'hui au centre d'enjeux sociétaux majeurs. Cet ouvrage, état des lieux des expériences individuelles des violences, met à la disposition du plus grand nombre l'éclairage nécessaire et une meilleure connaissance de ces phénomènes qui touchent tous les niveaux de la société. Il constitue un tournant dans l'appréhension des violences de genre.

  • Les évolutions récentes de la famille et du monde du travail ont contribué ces dernières années à faire évoluer la manière dont le logement participé à la recomposition des identités sexuées et des rapports de pouvoir entre les sexes.La généralisation du travail salarié des femmes a-t-elle modifié le rapport à l'habitat et les stratégies d'achat, de location ou sous-location du logement? Le lien entre les femmes et l'habitat évolue-t-il avec le développement des formes contemporaines de domesticité et d'emplois à domicile? La maison est-elle encore principalement un lieu de domination masculine?Dépassant une vision réifiée des rapports de pouvoir dans la sphère privée, cet ouvrage montre que le logement peut, dans certaines conditions, constituer un lieu d'affirmation de soi pour les femmes, par exemple au sein de populations défavorisées, mais confirme aussi combien cet équilibre demeure fragile.À travers les différentes contributions qui analysent la sphère du logement comme lieu de vie, et plus largement l'habitat comme environnement social, les auteurs insistent sur l'intérêt de le désenclaver en le reliant avec la sphère professionnelle. Considérant le logement dans ses dimensions matérielle, symbolique, économique et juridique, cet état des lieux propose de nouvelles perspectives de recherche.

  • Avant d'être légalisée par la loi Veil de 1975, la pratique de l'avortement clandestin fut longtemps considérée comme un « fléau social » à combattre.
    Retraçant l'histoire des dispositifs de lutte mis en place notamment par les gouvernements et, pour certains, de leur acharnement à vouloir « éradiquer les déviances morales » , cet ouvrage ouvre la réflexion sur la question, plus générale, d'un contrôle des moeurs, des problèmes de population et des comportements démographiques.
    Fabrice Cahen restitue l'histoire de cette lutte à la croisée des savoirs médicaux et démographiques, de l'action publique, et des acteurs, militants et professionnels, organisés autour d'une cause.
    Il nous éclaire sur ce qui a changé ou a, au contraire, subsisté dans notre rapport collectif à l'avortement.

  • A l'occasion des 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, cet ouvrage reprend des articles et extraits d'ouvrages déjà parus, et pour certains, publiés à la sortie de la guerre, donnant ainsi une photographie historique des analyses de l'époque. Les différentes problématiques démographiques liées aux conséquences de 6 années de guerre y sont traitées, notamment pour l'Europe. La guerre de 1939-1945, dont le terrible bilan de plusieurs dizaines de millions de morts a laissé de profondes traces, en particulier par l'ampleur des victimes civiles et l'horreur des massacres, a engendré d'autres impacts, tant sur les générations futures que sur les comportements démographiques des populations qui ont subi les combats et les destructions.

  • Au-delà des différences biologiques qui caractérisent chaque sexe, les inégalités de statut entre hommes et femmes et les rapports qui en découlent ont un caractère socialement construit, c'est ce qu'exprime le concept de " genre ". Chaque société structure un système de genre, c'est-à-dire un ensemble de normes, de croyances, de connaissances sélectives qui vont guider les comportements sexués, imposer des rôles, valoriser certaines attitudes et en condamner d'autres. La problématique du développement des pays du Sud est progressivement passée d'une vue misérabiliste de la " condition des femmes" à une approche qui place la dynamique des rapports sexués au coeur de la réflexion. Connaître ces dynamiques, leurs interférences avec les évolutions en cours et notamment les moyens de renforcer le pouvoir de décision des femmes (empowerment) est une priorité stratégique pour le développement. En Afrique, les recherches de projets intégrant le genre, encore très rares, restent un énorme chantier. Cet ouvrage fait un bilan des connaissances sur les rapports de genre tels qu'ils s'expriment dans l'histoire des sociétés, les institutions, la production économique et dans les comportements vis-à-vis de la santé, du mariage et de la constitution de la famille. Pour la première fois, des synthèses sur les inégalités de santé dans l'enfance et sur la nuptialité pour l'ensemble de l'Afrique, y sont présentées. Démographie et statistique ont une place centrale, mais les approches qualitatives et les contributions d'historiens, d'économistes et de sociologues apportent l'enrichissement d'une vision multidisciplinaire sur les questions de genre dans les sociétés africaines.

  • En quelques décennies, être interrogé dans le cadre d'un sondage est devenu un événement courant. Dans l'univers des enquêtes quantitatives, la notion de représentativité ouvre en effet la voie d'une légitimité du chiffre dans le débat public.
    En statistique, le terme de représentativité est lié à la possibilité de passer d'une partie (échantillon) au tout (population de référence). Mais qu'est-ce qui représente une population ? L'échantillon représentatif est-il un concept fiable et accepté par tous ? Aujourd'hui encore, certains statisticiens hésitent à l'employer.
    L'ouvrage propose un riche éventail de réflexions autour de cette notion plurielle, voire controversée. En commençant par un bilan historique, on constate que cette notion a soulevé d'importants débats dans les milieux statisticiens dès le milieu du XIXe siècle et qu'elle a véritablement connu son essor durant les années 1930, lors des élections américaines.
    En s'interrogeant sur ce concept, fondamental dans une institution comme l'Insee ou pour les instituts de sondage, plusieurs auteurs proposent un tour d'horizon des différentes méthodes utilisées tant dans la constitution des échantillons et des panels, que dans les différents modes de recueil et d'interviews.
    Un chapitre est plus spécifiquement consacré à la représentativité des populations difficiles à atteindre, en particulier les sans-domiciles, et un autre se penche sur la question délicate des enquêtes en épidémiologie mises en oeuvre pour étudier des problèmes de santé d'une population et en identifier les facteurs.
    Enfin les interrogations soulevées par la question de la représentativité trouvent toute leur place dans des comparaisons internationales, et notamment les grandes enquêtes de population impliquant plusieurs pays, qui se sont développées ces dernières années.
    L'ouvrage est dirigé par Marion Selz, statisticienne et ingénieur de recherche au CNRS, membre du centre Maurice-Halbwachs. Elle a exploité de nombreuses données d'enquêtes pour élucider des problématiques sociologiques et animé un séminaire de méthodes statistiques en sciences sociales. Elle a publié Le raisonnement statistique en sociologie (Puf, coll. " Licence ", 2009).
    L'équipe des auteurs est composée de statisticiens, chercheurs, démographes, administrateurs de l'Insee, sociologues quantitatifs et épidémiologistes ainsi qu'un spécialiste des études de marché.

  • La mucoviscidose, due à une mutation du gène CFTR, affecte 1 naissance sur 4?500 en France et 1 naissance sur 3?000 en Bretagne. Le Finistère est l'une des régions où la fréquence de la maladie est la plus importante au monde. Malgré d'importants progrès médicaux, la mucoviscidose reste une souffrance pour les familles et une affaire de santé publique.
    En partant du principe que nos gènes parlent de nous, de nos parents et de nos ancêtres, l'auteur remonte la trace des porteurs par le biais des généalogies ascendantes, pour en isoler « l'effet fondateur ». En fouillant dans le passé, en remontant les lignées, elle aborde de manière novatrice la lecture d'une transmission génétique. Cette mise en perspective historique permet une approche collective et non plus individuelle. La maladie n'est plus l'affaire du seul malade, mais l'histoire de toute une famille, voire d'une région entière.
    Grâce à un méticuleux travail d'analyse démographique, et à partir d'une base de données généalogiques qui fonde son analyse, Nadine Pellen retrace les comportements démographiques : mariages, naissances, décès des populations atteintes, étudie l'incidence du cousinage, de l'homogamie, de l'endogamie et surtout, des mouvements de populations, pour établir une histoire spatiale et humaine qui se décline en une riche cartographie particulièrement révélatrice.
    Nadine Pellen est sociodémographe, spécialiste en sociologie de la santé et de la famille et en anthropologie génétique. Pour cette étude, elle a travaillé en étroite collaboration avec le Centre de Perharidy à Roscoff, spécialisé dans le traitement de la mucoviscidose.

  • Les collectivités territoriales qui se mettent en place depuis quelques années s'appuient sur des recompositions de territoire intervenues depuis deux siècles.
    Alors que l'institution communale est restée relativement stable en dépit des évolutions politiques et socio-économiques de notre pays, le paysage communal a connu, lui, des modifications nombreuses et complexes. Tout travail sur le découpage administratif français, et ses évolutions futures, requiert une connaissance préalable précise du passé. Or jusqu'à présent, aucun ouvrage exhaustif ne permettait de rendre compte, à l'échelle du territoire métropolitain, des modifications ayant affecté nos communes depuis deux siècles.
    Ce Dictionnaire vient combler cette lacune et offre à tout un chacun un instrument de recherche aisément consultable. Composé d'autant d'entrées qu'il a existé et existe de communes depuis 1801, ce dictionnaire est l'outil de travail indispensable pour suivre l'évolution des découpages administratifs, depuis la cellule de base qu'est encore aujourd'hui la commune, jusqu'à l'échelon départemental, voire régional.
    Partant des premières listes de communes officiellement établies par département, entre 1801 et 1802, cet ouvrage s'attache à en suivre l'évolution durant deux siècles. Dénominations successives, scissions, fusions, changements de ressort administratif, transferts de chef-lieu ou de territoires, le parcours administratif de chacune de nos 36 565 communes actuelles est très précisément restitué.

  • La Réunion et Maurice, petites îles du sud-ouest de l'océan indien, connaissent un développement économique et démographique marqué par les contraintes de l'insularité et par une situation géographique australe.
    Dans un contexte de mondialisation, les héritages historiques de chaque île ainsi que des choix politiques, économiques et démographiques différents produisent aujourd'hui encore des effets contrastés, notamment dans le domaine de l'emploi. A La Réunion, département d'outre-mer français, on constate une tertiarisation sans industrialisation accompagnée de chômage. A l'île Maurice, souveraine depuis 1968, l'industrialisation a entraîné un plein emploi.
    Quels sont les mécanismes à l'oeuvre dans cette évolution divergente ? Comment les différences de peuplement, de colonisation, les formes et l'importance de l'Etat, les décisions politiques, économiques et démographiques, les migrations d'hommes et de capitaux ont-elles façonné le développement spécifique de ces îles ?

  • L'histoire que raconte ce livre qui se déroule sur environ cent ans et débute par l'arrivée d'immigrés allemands et la création d'une paroisse luthérienne à la fin de l'année 1866, à Curitiba, dans la province du Paraná au Brésil.
    A travers l'angle particulier de la démographie historique, le livre décrit comment des immigrants allemands et leurs descendants organisés autour d'une paroisse évangélique, sont progressivement devenus " Brésiliens ". Ce processus immigratoire se divise en deux grandes périodes marquées par une conjoncture agitée. La première, de 1866 à 1945, consacre l'existence d'un groupe " germano-brésilien ", distinct tout à la fois des immigrants germaniques et des " Brésiliens ".
    La plus récente, de 1945 à nos jours, se définit en fonction des événements liés à la Seconde Guerre mondiale. La rupture de la guerre montre bien la complexité du contexte culturel et institutionnel qui sous-tend les contacts entre le groupe émigrant et la société réceptrice, et permet de comprendre l'histoire démographique de la communauté. L'ouvrage démontre qu'il est possible d'identifier un régime démographique spécifique, celui d'une communauté luthérienne caractérisée par des individus dont les comportements se différencient de ceux de l'ensemble de la population brésilienne, par exemple, en portant pour une grande part des patronymes germaniques, et en parlant encore l'allemand.
    L'ouvrage est ponctué de larges extraits de mémoires qui offrent un tableau fidèle de l'arrivée des premiers immigrants et de leurs efforts pour s'adapter à un environnement et un climat peu accueillants, dans une société en tous points différente de leur milieu d'origine. Mais il correspond aussi à une période cruciale de l'histoire des migrations et de son pendant incontournable, l'urbanisation, dont ces " Allemands ", ruraux venus conquérir de nouvelles terres, vont finalement être partie prenante.
    L'analyse de leurs comportements démographiques reflète cette évolution, tant du point de vue des mariages que de l'évolution de leur fécondité.

  • Située au coeur du Moyen-Orient, l'Egypte joue un rôle-clé au sein de cette région stratégique. Le désert occupe près de 95% du territoire, mais les 84 millions d'habitants se concentrent dans une superficie à peine plus grande que les Pays-Bas. La densité est donc l'une des plus élevée au monde (80 hab/km2). La surpopulation préoccupe les gouvernements depuis plusieurs décennies, mais les politiques de contrôle des naissances n'ont pas ou peu de prise sur le taux de fécondité, qui se maintient à un niveau élevé. Seul pays arabe à ne pas avoir réellement effectué sa transition démographique, l'Egypte demeure une exception.
    Le livre s'articule autour de 9 chapitres dont voici les principales thématiques :
    - L'évolution démographique de l'Egypte. Malgré une baisse précoce qui commence dans les années 1960, résultat de la mise en place des plannings familiaux sous Nasser, le taux de fécondité est caractérisé par une évolution erratique et atteint encore aujourd'hui le taux élevé de 3,5 enfants par femme. Les progrès sanitaires et alimentaires ont permis, depuis le début du XXe s., de faire chuter la mortalité. Ces deux phénomènes se traduisent donc par une augmentation rapide de la population, qui préoccupe les différents gouvernements. Les politiques mises en place sont influencées par les grands débats internationaux autour des questions de population et de l'équilibre des ressources.
    - Une approche institutionnelle du phénomène démographique. Outre une étude des comportements individuels, traditionnellement utilisés pour analyser les évolutions de la fécondité, l'auteur s'aventure vers ce qu'elle considère comme le facteur central expliquant cette évolution anachronique, à savoir, les structures sociétales et institutionnelles égyptiennes. Son analyse penche vers une très forte prégnance des institutions traditionnelles comme le mariage et la famille. Par exemple, contrairement aux autres pays arabes, on se marie toujours très jeune en Egypte (vers 22 ans, contre 26-27 ans). La famille est perçue et conçue comme la base fondamentale de la société égyptienne et prévaut sur l'individu.
    Elena Ambrosetti, démographe, est maître de conférences de démographie à la Faculté d'économie de l'Université La Sapienza de Rome. Ses recherches portent sur la démographie des pays de la Méditerranée, notamment sur les migrations internationales, le vieillissement de la population dans les pays de la rive Nord et la transition démographique des pays de la rive Sud.

  • "Cet écrit demeuré inédit (l'ouvrage présenté ici en est la première
    transcription et édition), fut rédigé en 1813 par Duvillard. Intitulé Principes
    et Formules du calcul des Probabilités pour assigner les limites des variations
    des événements naturels, il traite de la mortalité dans la lignée des travaux
    du mathématicien Jean-Henri Lambert publiés en 1772. Duvillard entreprend ici
    de trouver une équation qui décrirait au mieux l'extinction progressive d'une
    génération humaine. Ces travaux représentent donc un tournant dans l'étude des
    phénomènes démographiques. En effet, c'est une première tentative d'application
    des principes du calcul des probabilités à l'évolution démographique, notamment
    par l'évaluation précise des limites entre lesquelles varient l'estimation du
    nombre d'une population et celle des taux de mortalité. L'introduction de
    Gorgio Israel et Luca Dell'Aglio présente les travaux de Duvillard dans leur
    contexte historique, mathématique et scientifique et met notamment en exergue
    l'incompréhension de la plupart de ses contemporains vis-à-vis d'un
    mathématicien en avance sur son temps. Le corpus, transcription intégrale du
    mansucrit, s'articule autour de quatre parties : - Première partie : La
    confection des tables de mortalité et l'expression mathématique de la loi de
    mortalité: l'auteur s'interroge sur les conditions d'une croissance stable de
    la population à travers une équation de la mortalité appliquée aux données de
    l'actuaire hollandais Willem Kersseboom et à celles de la France. - Deuxième
    partie : Les applications du calcul des probabilités aux différents mouvements
    de la population en France : après avoir rappelé les grands principes et les
    formules utiles du calcul des probabilités, Duvillard assigne les limites de
    variation d'une population : naissances, mariages et décès. Il étudie enfin la
    validité d'un multiplicateur des naissances pour évaluer la population. -
    Troisième partie : La description mathématique des forces vitales et
    destructives des individus et des générations : l'auteur mesure des « forces
    vitales et des forces destructives » d'une population. - Quatrième partie :
    L'influence de la mortalité sur la nuptialité : l'auteur étudie l'effet de la
    loi de mortalité sur les mariages, et applique les résultats obtenus à des
    tables anglaises et aux données utilisées par le français Antoine Deparcieux
    sur la mortalité des religieux de Saint-Sulpice. Il y ajoute un extrait du
    mémoire de Jean Tramblay sur l'inoculation de la variole." "Emmanuel-Étienne
    Duvillard de Durand (1755-1832) est né à Genève. Mathématicien, il se
    spécialise dans l'actuariat, puis dans l'étude des populations humaines. Il est
    notamment l'auteur d'une étude sur les avantages de l'inoculation de la variole
    traités de façon mathématique. Giorgio Israel est spécialiste de l'histoire des
    sciences, membre de l'Académie internationale d'histoire des sciences, du
    comité exécutif de la Commission internationale d'Histoire des Mathématiques et
    directeur du centre de Recherche en méthodologie des Sciences à l'université de
    Rome La Sapienza. Luca Dell'Aglio est historien des sciences et enseigne
    notamment au département de Mathématiques de l'université de Calabre."

  • Les acteurs de cet ouvrage sont les habitants de Marrakech, leur mode et lieux de vie, leurs conditions de travail. Orienté sur une approche démographique et géographique de la ville, il a pour objet d'étudier leurs comportements sociaux au sein d'un contexte urbain en très forte évolution, marqué architecturalement par son histoire. Le contraste entre une ville européenne, issue du protectorat et une ville musulmane ancestrale resurgit aujourd'hui avec l'essor récent des riads transformés en maisons d'hôtes et en résidences secondaires.
    Cet ouvrage s'articule autour de trois parties :
    - la première, Maghreb, Maroc, Marrakech, évolutions historiques et démographiques, offre un aperçu de l'évolution historique de la population du Maghreb depuis le XIe siècle avant de se pencher plus précisément sur la transition démographique du Maroc assez récente, et sur l'étude de la population de Marrakech, dont l'augmentation semble moins forte que ce que l'on perçoit d'une ville grouillante qui semble surpeuplée.
    - la deuxième partie, Emploi, métiers et lieux d'activité dans Marrakech, quelle insertion économique ?, s'intéresse à l'évolution de la population active de Marrakech, en forte augmentation, et à une caractéristique propre à la cité qui est l'emploi informel. La présence d'un marché parallèle de l'emploi, tradition séculaire due à la production artisanale du souk et au commerce ambulant, particulièrement visible place Jemâa El-Fna, s'est accrue avec l'essor du tourisme et le réaménagement des riads de la médina.
    - la troisième partie, Structuration, déstructuration et nouvelles configurations de l'habitat à Marrakech apporte un angle original en présentant la configuration urbaine de la ville, liée aux modes de vie traditionnels - espaces clos des dars (maisons), murs hauts et aveugles des derbs (ruelles) de la médina - et à son passé colonial. Elle analyse enfin un phénomène récent et très médiatisé qui est le rachat des riads par des célébrités et des investisseurs privés et la délicate cohabitation entre des populations qui ont des perceptions de la ville très différentes.
    Patrick Festy et Youssef Courbage sont chercheurs-démographes à l'Ined, le premier travaille sur la pauvreté et le second est spécialiste du monde arabe. Mohamed Sebti est géographe à l'université de Marrakech et étudie l'habitat populaire de Marrakech. Anne-Claire Kurzac-Souali enseigne la géographie au lycée français de Rabat et analyse les tissus urbains anciens, type médinas. Tous quatre, marrakchis d'origine ou de coeur, font partager leur passion pour la ville Rouge.

  • Comment se définit-on aujourd'hui ? Les bouleversements sociaux du XXe siècle ont modifié en profondeur des références identitaires qui semblaient immuables.
    Le métier, la famille, le territoire constituaient le fondement des identifications sociales. Au cours des dernières décennies, l'affaiblissement des institutions traditionnelles s'est accompagné d'une diversification des formes d'appartenances et des parcours de vie. Réalisée en 2003 par l'Insee et ses partenaires, l'enquête Histoire de vie a pour objet central la quête des appartenances dans laquelle sont engagés les acteurs sociaux.
    L'ouvrage explore les parcours individuels à travers différents registres identitaires : le territoire, la famille, l'appartenance sociale, la conjugalité, l'activité professionnelle, l'engagement politique et religieux, les langues parlées, mais aussi le handicap ou la maladie. Sociologues, démographes, économistes, géographes, statisticiens offrent ici leurs points de vue en se démarquant des classifications traditionnelles, et intègrent une dimension très novatrice de l'enquête confrontant les conditions objectives, d'existence des personnes au regard subjectif que celles-ci portent sur elles-mêmes.
    Cette enquête est la première en France qui permet de cerner, par des données chiffrées, les multiples composantes de l'identité individuelle.

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