Julliard

  • Bonjour tristesse

    Françoise Sagan

    • Julliard
    • 18 Septembre 2014

    " Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. " Ainsi commence Bonjour tristesse, le premier roman d'une jeune femme qui, en 1954, n'a pas encore atteint l'âge de la majorité et vient pourtant d'écrire un livre qui bouleversera des générations entières. " La gloire, je l'ai rencontrée à 18 ans en 188 pages, c'était comme un coup de grisou ", dira-t-elle plus tard, à ce sujet.
    Cécile, adolescente insouciante, a passé son enfance en pension. Elle vit depuis deux ans avec son père, Raymond, veuf séduisant et homme à femmes. Cécile mène une existence aisée et oisive, tout en bénéficiant d'une grande liberté. Son père a de nombreuses maîtresses qui n'interfèrent pas dans son quotidien. L'été de ses 17 ans, Cécile, son père, et Elsa, sa compagne du moment, partent en villégiature sur la Côte d'Azur. Raymond a également invité Anne, une femme brillante et belle, amie de son épouse défunte. Très vite, Anne prend en main la vie de Cécile et décide notamment de lui faire travailler son baccalauréat. Anne voit aussi d'un mauvais oeil l'aventure que Cécile vit avec Cyril, un étudiant de passage. Peu à peu, Raymond, désireux de se réformer, délaisse Elsa et devient l'amant d'Anne. Décidé à changer de vie pour elle, il envisage même de l'épouser. Cécile craint alors de perdre sa précieuse liberté. La présence de cette femme intelligente et calme trouble sa délicieuse existence, agitée et futile. Jalouse, elle réussit à convaincre Cyril de simuler une aventure amoureuse avec Elsa. Raymond ne parvient pas à résister à cette provocation. Irrité de voir son ancienne maîtresse se tourner vers un adolescent à peine plus âgé que sa fille, il se retrouve bientôt dans ses bras. Anne les surprend par hasard. Désespérée, elle s'enfuit et se tue dans un accident de voiture. Cécile et son père reprennent alors leur mode de vie frivole, mais la jeune fille souffre à présent d'un sentiment nouveau : la tristesse.
    Symbole d'une génération désinvolte et bourgeoise, Bonjour tristesse a non seulement fait scandale dès sa sortie, mais est surtout devenu instantanément un best-seller mondial. Interrogée quelques années plus tard sur ce sujet, Françoise Sagan déclarera : " En fait, j'ai été très surprise de la réaction que ce livre a suscitée. Pour les trois quarts des gens, le scandale de ce roman, c'était qu'une jeune femme puisse coucher avec un homme sans se retrouver enceinte, sans devoir se marier. Pour moi, le scandale dans cette histoire, c'était qu'un personnage puisse amener par inconscience, par égoïsme, quelqu'un à se tuer. "

  • Le dernier enfant

    Philippe Besson

    « Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. » Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

  • Depuis trente ans, Paul a fait de son histoire familiale, et du désastre que fut son enfance, la matière même de ses romans. Une démarche que ses frères et soeurs n'ont pas comprise, au point de ne plus lui adresser la parole pendant de longues années. Et puis arrive le temps de la réconciliation. Paul décide de réunir à déjeuner, dans la maison qui est devenue son refuge, tous les protagonistes de sa tumultueuse existence : ses neuf frères et soeurs, leurs enfants et les siens, et même ses deux ex-femmes.
    Viendra qui voudra. Et advienne que pourra.
    Le temps d'un singulier repas de famille, Lionel Duroy parvient à reconstituer tous les chapitres essentiels de la vie d'un homme. Avec sa profondeur psychologique habituelle et l'élégance de son style, il livre ici un récit vibrant de vérité sur les liens indestructibles de l'enfance, la résilience et la paix enfin retrouvée.

  • La planète des singes

    Pierre Boulle

    Y a-t-il des êtres humains ailleurs que dans notre galaxie ? C'est la question que se posent le professeur Antelle, Arthur Levain, son second, et le journaliste Ulysse Mérou, lorsque, de leur vaisseau spatial, ils observent le paysage d'une planète proche de Bételgeuse : on y aperçoit des villes, des routes curieusement semblables à celle de notre terre.

    Après s'y être posés, les trois hommes découvrent que la planète est habitée par des singes. Ceux-ci s'emparent d'Ulysse Mérou et se livrent sur lui à des expériences. Il faudra que le journaliste fasse, devant les singes, la preuve de son humanité...

  • « Sarah aurait tant aimé que son mari se réveille et qu'il la surprenne penchée sur lui, pareille à une étoile veillant sur son berger. Mais Driss ne se réveillerait pas. Restitué à lui-même, il s'était verrouillé dans un sommeil où les hantises et les soupçons se neutralisaient, et Sarah lui en voulait de se mettre ainsi à l'abri des tourments qui la persécutaient. Aucun ange ne t'arrive à la cheville, lorsque tu dors, mon amour, pensa-t-elle. Pourquoi faut-il qu'à ton réveil tu convoques tes vieux démons, alors qu'il te suffit d'un sourire pour les tenir à distance ? ».
    Couple comblé, Sarah et Driss Ikker mènent la belle vie à Tanger jusqu'au jour où l'outrage s'invite à leur table. Dès lors, Driss n'a plus qu'une seule obsession : identifier l'intrus qui a profané son bonheur conjugal.

  • Dans un Kaboul caniculaire, parmi les ruines du désastre et celles des esprits, deux hommes et deux femmes cherchent un sens à leur vie : un bourgeois déchu, une avocate interdite d'exercer, un geôlier s'amenuisant à l'ombre des exécutions publiques et une épouse aux prises avec une maladie incurable. À travers leur quête de dignité, le martyre d'une nation traumatisée par les guerres et la folie, livrée aux sortilèges des gourous et à la tyrannie des taliban. Et pourtant, là où la raison semble perdue, l'amour refuse de céder et se réclame du miracle. Mais qu'est-ce qu'un miracle dans un pays où « les liesses sont aussi atroces que les lynchages » ?
    Dans ce roman magnifique qui est aussi un hymne à la femme, Yasmina Khadra a su mettre au jour avec lucidité la complexité des comportements dans des sociétés musulmanes déchirées entre féodalisme et modernité.

  • L'attentat

    Yasmina Khadra

    Amine, chirurgien israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d'origine et son peuple d'adoption, et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu'il adore. Jusqu'au jour où, au coeur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l'attentat, avec pour tout réconfort l'espoir de trouver le soir l'apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n'est pas là. C'est à l'hôpital, où le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu'il apprend la nouvelle terrifiante : non seulement, il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l'accuse elle, Sihem, d'être la kamikaze. Amine ne peut tout d'abord admettre que sa femme, qui n'a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l'impossible quand il reçoit le mot qu'elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s'efforce de rencontrer tous ceux qui l'ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu'il ne peut entendre. En retraçant le cheminement cauchemardesque de cet homme confronté à l'intolérable qui le frappe au plus intime de son être, Yasmina Khadra aborde avec beaucoup de brio un des sujets le plus douloureux de notre époque et nous livre un roman d'une incroyable audace.

  • Khalil

    Yasmina Khadra

    Vendredi 13 novembre 2015. L'air est encore doux pour un soir d'hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d'explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l'acte. Il fait partie du commando qui s'apprête à ensanglanter la capitale.
    Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
    Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d'un réalisme et d'une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un kamikaze qu'il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l'insoutenable brutalité de la folie.


  • yasmina khadra nous offre ici un grand roman de l'algérie coloniale (entre 1936 et 1962) - une algérie torrentielle, passionnée et douloureuse - et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.


  • Entrez dans la danse

    Jean Teulé

    • Julliard
    • 1 Février 2018

    Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement / Et s'est répandue dans Strasbourg / De telle sorte que, dans leur folie, / Beaucoup se mirent à danser / Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois / Sans interruption, / Jusqu'à tomber inconscients. / Beaucoup sont morts.
    Chronique alsacienne, 1519

  • Gare à Lou !

    Jean Teulé

    Comme le disaient Mozart et Shakespeare : « Il est très agréable de jouir d'un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c'est une source inépuisable d'embêtements. » À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu'elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l'enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu'elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d'ourdir de méchantes et sournoises manoeuvres afin de causer des torts effroyables à d'autres nations. De telles occupations n'offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D'autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d'imaginer les horreurs qu'un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains.

  • Vous avez une minute pour me lire oe
    Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients imaginables pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.
    Vous avez cinq minutes pour me lire oe
    Entreprise familiale, le Magasin des suicides met à contribution tous les membres de la famille Tuvache. Nous avons là :
    le père : Mishima, spécialisé dans les morts violentes (matériel pour hara-kiri, napalm pour immolation, revolver jetable à un coup, etc.) dirige la maison d'une main de fer ;
    la mère : Lucrèce, adepte de l'empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures originales. Par exemple, elle ajoute des feuilles de menthe dans le cyanure pour rafraîchir la bouche. Chaque matin, elle propose sur une ardoise le cocktail du jour (toujours fatal) ;
    le fils, Vincent, adolescent exalté, invente sans cesse dans sa chambre de nouveaux moyens de se foutre en l'air. Il a en projet la création d'un parc d'attractions sur le thème du suicide ;
    la fille, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l'existence mais ses parents lui interdisent de passer à l'acte : " On ne peut pas se tuer, nous les Tuvache, parce que sinon qui tiendrait le magasin ? "
    Dans cette famille malheureuse et contente de l'être, le destin a frappé le jour où Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination. C'est ainsi qu'est né le petit dernier.
    Ah, celui-là... Il s'appelle Alan et la nature l'a doté d'un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil chez les Tuvache, c'est un coup du sort. Les parents iront jusqu'à l'envoyer en stage de commando suicide pour essayer de lui mettre un peu de plomb dans la tête, que la vocation rentre enfin. Mais, là-bas, il désespérera l'instructeur en faisant semblant de ne jamais rien comprendre. Celui-ci, à bout de nerfs, un jour s'entourera la taille de bâtons de dynamite et, le détonateur à la main devant Alan, il lui dira : " Regarde bien car je ne ferai la démonstration qu'une seule fois. " Et il s'explosera. Alan sera renvoyé du stage. De retour au magasin de ses parents, il console les clients, sème à nouveau une joyeuse pagaille avec ses chansons rigolotes et ses fous rires. Mishima en fait une dépression et doit s'aliter quelques jours, le temps nécessaire pour Alan de métamorphoser la boutique avec l'aide de sa mère, sa soeur et son frère, maintenant contaminés par son optimisme car l'enfant se révèle contagieux. Le MDS (Magasin des suicides) devient une sorte de MJC locale où les clients aiment dorénavant se retrouver pour faire la fête, danser, bouffer des crêpes en forme de tête de mort et chercher des solutions à l'avenir du monde.
    Et tout cela se terminera dans une sorte d'apothéose, car, finalement, le pire n'est jamais sûr !

  • Cette année-là, j'avais vingt-deux ans et j'allais, au même moment, rencontrer l'insaisissable Paul Darrigrand et flirter dangereusement avec la mort, sans que ces deux événements aient de rapport entre eux.
    D'un côté, le plaisir et l'insouciance ; de l'autre, la souffrance et l'inquiétude. Le corps qui exulte et le corps meurtri.
    Aujourd'hui, je me demande si, au fond, tout n'était pas lié.

  • Lorsqu'une femme claque la porte et s'en va, elle emporte le monde avec elle. Adem Naït-Gacem l'apprend à ses dépens. Ne supportant pas le vide laissé par le départ de son épouse, l'instituteur abandonne ses élèves et, tel un don Quichotte des temps modernes, livré aux vents contraires de l'errance, quitte tout pour partir sur les chemins. Des rencontres providentielles jalonnent sa route : nain en quête d'affection, musicien aveugle au chant prophétique, vieux briscards, galériens convalescents et simples d'esprit le renvoient constamment aux rédemptions en lesquelles il refuse de croire. Jusqu'au jour où il est rattrapé par ses vieux démons.
    À travers les pérégrinations d'un antihéros mélancolique, flanqué d'une galerie de personnages hors du commun, Yasmina Khadra nous offre une méditation sur la possession et la rupture, le déni et la méprise, et sur la place qu'occupent les femmes dans les mentalités obtuses.

  • La petite femelle

    Philippe Jaenada

    Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands, a été tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n'est-elle, au contraire, qu'une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ? Personne n'a jamais voulu écouter ce qu'elle avait à dire, elle que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyée sans pitié.
    Telle une enquête policière, La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d'un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l'équilibre digne des meilleurs funambules, il parvient à greffer son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.

  • Dans le Paris de 1917, tandis que la Grande Guerre s'éternise, démons et sorciers se livrent une lutte sans merci pour s'emparer d'un tableau aux pouvoirs terrifiants. Embarqué malgré lui dans cette bataille, le jeune Aimé Grandin n'a que son ingéniosité et sa bravoure pour contrer un déchaînement de forces maléfiques.
    Fantasmagorie historique au suspense envoûtant, Quand on parle du diable est un roman d'aventures traversé par des personnages réels (Mata Hari, Méliès, Modigliani ou Crowley, célèbre occultiste britannique), qui tourne en dérision l'effroyable attirance de l'humanité pour la barbarie. Une relecture saisissante de ce tournant du XXe siècle, marqué par la découverte de la plus dévastatrice des armes : le pouvoir de l'image.

  • La serpe

    Philippe Jaenada

    Le 24 octobre 1941 au soir, quatre personnes sont présentes au château d'Escoire, tout près de Périgueux. Au réveil, Henri Girard, jeune homme de vingt-sept ans, découvre les corps de son père, de sa tante et de la bonne, sauvagement assassinés à coups de serpe. Pour la police, puisque personne n'a pu entrer ni sortir de la demeure, le meurtrier est forcément le survivant, Henri. Connu pour son caractère fantasque, ses moeurs dissolues, ses démêlés avec une famille fortunée dont il est l'héritier direct, son arrogance insupportable et son caractère dispendieux, tout l'accable : non seulement les circonstances, mais aussi le mobile tout trouvé et jusqu'à l'arme du crime - qu'il a empruntée aux voisins. Malgré ses protestations d'innocence, on le jette en prison. Pendant ses dix-neuf mois d'incarcération, le jeune homme fait preuve d'une désinvolture inqualifiable, attitude qui lui vaut la réprobation générale et la promesse de la guillotine. Au terme d'un procès retentissant, maître Maurice Garçon, as du barreau de l'époque, obtient pourtant son acquittement, jugement qui suscite l'indignation de tous. Dès lors, Henri passe quelques années à dilapider la fortune familiale puis s'exile en Amérique latine. En 1950, il rentre en France avec le manuscrit du Salaire de la peur qu'il publie sous le pseudonyme de Georges Arnaud. Le roman connaît un succès considérable grâce à l'adaptation cinématographique qu'en tire Henri-Georges Clouzot, avec dans les rôles principaux Yves Montand et Charles Vanel.
    Un fait divers aussi mystérieux et un personnage aussi fascinant que Georges Arnaud ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Comme il l'a déjà fait avec Bruno Sulak et Pauline Dubuisson, il s'est plongé dans les archives, a avalé quatre mille pages de documents, traqué le moindre détail, déniché les indices les plus ténus, mis ses pas dans ceux de ses protagonistes, pour nous livrer ce récit fascinant qui pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans. Et comme à son habitude, Philippe Jaenada ne s'est pas privé de sortir du cadre, de se lancer dans de brillantes et surprenantes improvisations et, surtout, de tracer de ce personnage singulier et extravagant qu'était Georges Arnaud un portrait éblouissant.

  • Ils se sont aimés, à l'âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication. Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Qui sont-ils devenus ? Qu'ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd'hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?
    Le temps d'un dîner de retrouvailles - à quatre - chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l'espérance et les fantômes du désir.
    À leurs risques et périls.

  • Les choses

    Georges Perec

    • Julliard
    • 3 Septembre 2015

    Il y a cinquante ans paraissait le premier roman de Georges Perec, Les Choses. Un chef-d'oeuvre qui n'a rien perdu de sa modernité et dont les Éditions Julliard réimpriment l'intégralité sous la charte graphique de sa collection littéraire originale.

    En 1965 paraît le premier roman d'un inconnu, Georges Perec, dont le titre et le sous-titre sont déjà tout un programme : Les Choses, une histoire des années 60. Maurice Nadeau, directeur des « Lettres nouvelles » chez Julliard, savait-il qu'il venait de découvrir là l'un des auteurs français les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle ? La même année, le livre reçoit le prix Renaudot et il n'a cessé, depuis cinquante ans, d'être lu et relu, s'imposant comme un classique.
    Deux jeunes gens, Sylvie et Jérôme, à peine sortis de leurs études de sociologie, vivent sur leurs maigres revenus d'enquêteurs pour des agences publicitaires. Mais leurs aspirations au luxe, aux belles choses, aux vêtements de bonne finition, aux meubles racés, à une vie d'oisiveté dans un décor ou chaque détail serait pensé, s'opposent à la trivialité de leur vie réelle : un minuscule deux-pièces ou s'entassent pêle-mêle livres, disques et vêtements achetés aux puces, un métier peu reluisant, une incapacité à donner de l'envergure à leur existence. Pourquoi le bonheur leur semble-t-il aussi inaccessible ? Est-ce parce qu'il ne peut échapper, selon eux, à la condition de posséder des « choses » ?

  • Le Montespan

    Jean Teulé

    En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque à qui nulle femme ne saurait résister. D'époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu'à la fin de ses jours, il n'aura de cesse de braver l'autorité de Louis XIV et d'exiger de lui qu'il lui rende sa femme.
    Lorsqu'il apprend son infortune conjugale, le marquis fait repeindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d'énormes ramures de cerf. La provocation fait scandale mais ne s'arrête pas là. Le roi lui a pris sa femme, qu'à cela ne tienne : il séduira la sienne. Une fois introduit dans la chambre de la reine, seule la laideur repoussante de celle-ci le fera renoncer à ses plans. A force d'impertinences répétées, l'atypique, facétieux et très amoureux marquis échappera de justesse à une tentative d'assassinat, puis sera exilé sur ses terres jusqu'à sa mort. En ayant porté haut son indignation, y compris auprès du pape, le marquis de Montespan fut l'une des premières figures historiques à oser contester la légitimité de la monarchie absolue de droit divin. Il incarne à lui seul l'esprit révolutionnaire qui renversera un siècle plus tard l'Ancien Régime.

    Après avoir si brillamment dépeint le Moyen Âge dans Je, François Villon, Teulé, qui a le don de brosser l'atmosphère d'une époque, restitue le temps des précieuses ridicules et des salons mondains, comme celui des chansons paillardes et des crasseuses garnisons du roi. Son style emprunte aussi bien à la verve des fabulistes dont Mme de Montespan fut la protectrice, qu'à la grivoiserie populaire. Et nous fait reprendre goût, par son humour irrésistible, à la saveur d'une langue piquante et imagée...

  • Louise, 40 ans, part s'installer dans une villa en Toscane pour écrire son roman. Elle abandonne à Paris son mari, François, meurtri mais résigné. À Livourne, ville portuaire où règne une chaleur écrasante, tout l'enchante : la qualité du silence, la mer partout présente, l'incessant ballet des ferries vers les îles. Et cette parfaite solitude que seule vient déranger la présence discrète et dévouée de Graziella, la gouvernante qui s'occupe de la maison. Louise n'a jamais connu un tel sentiment de plénitude. Elle écrit l'histoire d'une femme qui doit réapprendre à vivre après la disparition de son mari. Les mots viennent à elle tout naturellement.
    Un jour, un jeune homme sonne à sa porte. C'est Luca, le fils de Graziella. Élève à l'Académie navale, il porte ses vingt et un ans avec une grâce insolente. Jamais Louise n'aurait pu envisager d'être troublée par un garçon de cet âge. Tenter de résister au charme de Luca serait pourtant aussi vain que de vouloir échapper à la moiteur de l'été. Au moment où elle cède à la sensualité de ce corps qui l'attire, elle apprend qu'un accident de voiture a grièvement blessé son mari. Fiction, fantasme et réalité se télescopent, mais dans quel but ? Louise doit se rendre au chevet de François, plus vulnérable que jamais. Forte de cette ferveur inattendue qui lui a ouvert les yeux, elle sait que l'instant est venu d'affronter tous les mensonges accumulés avec les années, quelles qu'en soient les conséquences...
    Il y a des paysages dont la simplicité peut éclipser tout ce qu'on avait contemplé jusque-là, des retranchements volontaires qui vous révèlent à vous-mêmes, des rencontres qui ne peuvent se produire que lorsqu'on a fait le vide autour de soi. Roman sur la solitude nécessaire de l'écrivain, une solitude ni oppressante ni douloureuse, mais émancipatrice, De là, on voit la mer est une ode à la liberté, celle qui implique de faire des choix, de sacrifier ce qui n'a plus de raison d'être, liberté sans concession, qui peut sembler brutale, égoïste et déterminée, mais qui permet seule de créer, d'aimer à sa guise, de tenir la barre de son existence sans se soucier des préjugés ni des vents contraires...

  • Dans un lointain futur, la ville de Nimrod ne survit que grâce à l'énergie vitale du feu. En apparence, c'est un modèle de démocratie où les citoyens élaborent et votent les lois en toute transparence. Mais le feu, qui alimente la cité et la protège de créatures menaçantes, reste un secret jalousement gardé. L'étrange disparition d'un jeune homme, la multiplication des vols de torches et l'apparition d'un énigmatique graffiti contestataire vont changer la donne. Cham, enquêteur, doit faire toute la lumière sur ces événements aussi mystérieux qu'inhabituels.
    Entre science-fiction, thriller et anticipation écologico-politique, ce roman à l'imaginaire débordant nous plonge dans un univers atemporel qui interroge en creux les failles et les faux-semblants des sociétés démocratiques.

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