Arts et spectacles

  • Ballades en argot homosexuel Nouv.

    « Faites déchargez, maladroits ! Détendez les arbalètes, car devant la "rondelle", vous êtes démâtés. Du faux inverti et de l'épongeur abritez-vous, apprentis fouteurs. »
    Écrites entre 1456 et 1461, les onze « ballades en jargon » de François Villon sont ébouriffantes, virtuoses, audacieuses. La grossièreté se marie avec le courtois, la gouaille avec la délicatesse, la farce avec le tragique.

  • « Il n'y a pas d'enfants stupides, il n'y a que des éducations imbéciles. »
    Ennui des élèves, découragement des enseignants... l'avertissement de Raoul Vaneigem détonne, questionnant les valeurs et le rôle majeur de l'école dans la société. Il appelle à réenchanter la salle de classe, refuser la soumission, et remettre l'humanité au coeur de l'éducation. À retrouver un lieu d'autonomie, de savoir heureux et de création épanouissante, c'est-à-dire «  ouvrir l'école sur une société ouverte ».

  • S'iinstaller sur les positions d'autrui, épouser le mouvement du raisonnement de la partie adverse pour en exploiter les faiblesses : l'art de la discussion, c'est l'art de la guerre. Schopenhauer sait que les mots et les arguments sont des poignards dont la pointe peut tuer ; il sait aussi que la seule réalité qui vaille est notre propre victoire, même si le vrai maître du jeu reste finalement le langage et ses ressources infinies.

  • Balzac, jeune romancier tirant le diable par la queue, ne peut mener la vie selon le train qu'il souhaiterait. Sous peudonyme, il publie roman sur roman, écrit traités et feuilletons dans la presse. Ainsi, en 1830, donne-t-il au journal La Mode son Traité de la vie élégante. À l'heure de l'avènement de la bourgeoisie d'affaires, dans les premiers temps du règne de Louis-Philippe, il n'échappe pas à Balzac qu'une nouvelle société est en train de se former, qui cherche à se donner des codes de reconnaissance.En fin philosophe, il étudie les règles qui régissent la vie de la nouvelle classe dominante et définit l'esprit qui bientôt fera toute la réputation de l'élégance parisienne...

  • Maître de la pensée invectivante, Nietzsche ne cherche pas à démontrer, il assène, tranche, cogne. L'enjeu est de taille : il s'agit de réveiller un Occident englué dans plus de deux millénaires d'épais fourvoiement moral et philosophique. "Ecce Homo", "Voici l'homme", titre le plus insolent de l'histoire de la philosophie. "Voici le plus homme des hommes, Nietzsche en personne, ou Dionysos, son double, son modèle, son frère, et cet homme s'est construit la plus redoutable des santés."

  • Conseiller de Néron après avoir été son précepteur, Sénèque est l'un des détenteurs du pouvoir impérial. Lorsqu'il rédige ce court traité, vers 58 après J.-C., il adresse une réponse à tous ses détracteurs, envieux de sa fortune, qui voient en lui un stoïcien de luxe.Comment douter que son aspiration au souverain bien et à la vertu soit sincère ? Comment ne pas entendre l'avertissement adressé à tous ceux qui se laissent gouverner par la débauche et la recherche du plaisir ?

  • Établissement de l'édition et traductionde l'anglais (États-unis) par Thierry GillyboeufAnthologie originale Henry David Thoreau (1812-1862) voulait « vivre profondément et sucer toute la moelle de la vie ». Sa vie et son oeuvre sont une école de philosophie et de spiritualité. L'auteur de Walden a pratiqué la « désobéissance civile », la « pauvreté volontaire » puis, en se retirant du monde, l'immersion dans la nature pour trouver la voie de la liberté. Ses livres les plus fameux comme ses journaux recèlent de merveilleuses formules et réflexions, élaborées la plupart du temps dans le silence plein de ses longues marches en forêt, qui portent en elles la quintessence de sa pensée et de sa sensibilité.
    Un choix original, comportant de très nombreux extraits inédits

  • Dans les premières années du siècle, Khalil Gibran, installé à Boston, collabore au journal Al-Moujaher, destiné à l'émigration arabophone américaine. En 1908, il en tire un recueil de textes, Esprits rebelles. Composé de quatre histoires d'amour tragiques, le livre pose le problème de la condition de la femme arabe et de sa position dans la société libanaise. La sanction de cette audace ne tarde pas à tomber : le livre est très sévèrement critiqué par l'Église maronite qui voit en lui une attaque du clergé et une incitation à la libération des femmes. L'ouvrage est jugé hérétique, et le pouvoir ottoman au Liban le menace d'autodafé en place publique.

  • Édition établie par Jean-Paul Morel Recueil inédit.
    Nicolas Poussin (1594-1665) est le premier peintre dont ait été conservée une correspondance aussi abondante : plus de deux cents lettres nous sont parvenues, échangées avec ses mécènes et amis, tant français qu´italiens.On y découvre un artiste, normand d´origine, ayant choisi de vivre en Italie, à Rome, soucieux de son indépendance, et de se préserver des intrigues de palais. Mais le peintre dut céder à l´invitation pressante du roi de France, Louis XIII, qui le rappelle à Paris, en 1640.C´est autour de son séjour parisien, de 1640 à 1642, que Jean-Paul Morel a construit ce choix de lettres. Ces écrits donnent à voir non seulement les activités du Premier Peintre du Roi, notamment sa décoration de la Grande Galerie du Louvre, mais aussi sa conception du travail, ses préoccupations esthétiques propres et ses désaccords avec les autres peintres et architectes de la Cour. On découvre un Poussin bien éloigné de l´image de l´artiste académique que l´on en voudrait faire, et qui nous attache par sa profondeur et sa liberté.

  • Le livre : C´est l´histoire inédite de Caroline, le dernier modèle d´Alberto Giacometti. Caroline fut une de ces filles de bar, prostituée au grand coeur, et figure du Montparnasse des années cinquante-soixante. C´est l´histoire d´un grand amour, un amour fou, un amour noir, qui dura six ans, jusqu´à la disparition du peintre en 1966.
    À travers un récit intense, et poétique, Franck Maubert, spécialiste d´art et romancier, restitue, de façon très réaliste, la relation entre l´artiste et son modèle, entre les amants, sur fond d´un monde trouble où se croisent le milieu et le milieu de l´art... L´auteur relate avec justesse et émotion sa rencontre avec Caroline dans son studio-vue sur mer, à Nice. Au fil du récit, le mécanisme du souvenir affleure par vagues et ainsi se découvre, avec une grande force émotive, le portrait d´une femme fragile et blessée, ainsi apparaît la face cachée de Giacometti, l´artiste le plus cher de tous les temps.

  • PORNITHORYNQUE : Mammifère salopare d'Australie, dont les moeurs sexuelles sont assez surprenantes.SALOPARE : Animal qui se reproduit malproprement. Directeur marketing passionné de littérature et de jeux d'écriture, Alain Créhange forge des mots-valises hilarants, dignes de Jarry ou de Queneau. Il a rassemblé dans un dictionnaire délirant quelque 670 mots mariés entre eux, pour donner naissance à des définitions surprenantes, coquines ou poétiques..."Et n'allez pas croire ceux qui vous diront que le pornithorynque est un salopare : quand les mots se reproduisent, c'est uniquement pour le plaisir."

  • Un fabricant de pots de chambre rêve de décrocher le marché du siècle : fournir les armées ! Les stratagèmes pour conclure l'affaire lui réservent bien des surprises. Tout cela parce que bébé refuse d'aller sur le pot.On purge bébé ! (1910) est caractéristique de la dernière manière de Georges Feydeau, de ces pièces en un acte où le comique ne repose plus seulement sur les recettes classiques du vaudeville, mais aussi sur la peinture - au vitriol - des caractères : la médiocrité, la mesquinerie et l'hypocrisie petites-bourgeoises sont impitoyablement épinglées.Cette pièce, régulièrement montée au théâtre, est l'une des plus échevelées et des plus brillantes des « farces conjugales » de Feydeau.

  • Où donc situer le beau dans le passage du moderne au postmoderne ? La question ne s´arrête pas à l´abstraction. Une mutation s´est opérée. Selon Antonio Negri, créer n´a plus aucun lien avec quelque Nature que ce soit, ce n´est pas non plus une sublimation, mais une démesure (« excédence ») qui découvre des formes instituées comme surplus de la production. Dans un monde global à tendance impériale, créer et générer deviennent des gestes de résistance, réinventant constamment des singularités (objets, signes) prises dans le commun : c´est la multitude.


    Antonio Negri, philosophe, essayiste et dramaturge, a participé aux luttes politiques et sociales des années 1960-70 en Europe. Longtemps professeur de sciences politiques à Paris, il est l´auteur de nombreux ouvrages de philosophie parmi lesquels Marx au-delà de Marx (Bourgois, 1979), L´Anomalie sauvage, Puissance et pouvoir chez Spinoza (PUF, 1982) et, en collaboration avec Michael Hardt, Empire (Exils, 2000). Trilogie de la différence (Stock, 2009) rassemble ses pièces Essaim (2004), L´Homme plié (2006) et Cithéron (2007).

  • Comment se marier en évitant à coup sûr l'humiliation du cocuage? Don Pèdre, riche gentilhomme de Grenade, fort bien fait et plein d'esprit, est le célibataire à marier du moment. Lors d'un périple de dix-sept ans à travers les plus grandes villes d'Espagne et d'Italie, don Pèdre sera confronté aux trahisons et infidélités des élues successives de son coeur. Le sexe faible ne lui épargnera aucune déconvenue.Scarron, l'époux bien laid de Mme de Montespan, aimait à animer de son esprit vif et impertinent les salons parisiens. Première des Nouvelles tragi-comiques, recueil publié en 1655-1657, La Précaution inutile inspira, entre autres, L'École des femmes à Molière (1662) et Le Barbier de Séville à Beaumarchais (1775).

  • « Dans la nuit noire. En attendant de voir clair, je veux me traquer, me débattre [...]. Je ne voudrais coudre, piquer, tuer qu´avec l´extrême pointe. Le reste du corps, la suite, quelle perte de temps ! Ne voyager qu´à la proue de moi-même. » Élaboré en une dizaine d´années, Aveux non avenus est le livre majeur de Claude Cahun, poète, photographe et plasticienne surréaliste. Il s'agit de sa grande entreprise autobiographique qui met en jeu l´aventure inquiétante de vivre et la quête d´images diffractées de l´insaisissable identité. Organisé en courtes séquences cinématographiques, photographiques, le texte est un savant enregistrement et montage de fragments de moments vécus, de récits de rêves, de lettres, de fragments de journal intime, de morceaux de prose polémique, de considérations introspectives, spéculatives, de contes et de poèmes. Cahun est l'artiste fascinante qui explora toutes les limites des genres - sexuel, grammatical, littéraire, idéologique - avec une audace exemplaire et largement anticipatrice. Elle est l'alter ego féminin de Duchamp. Publié en 1930 aux Éditions du Carrefour, avec une préface de Pierre Mac Orlan, Aveux non avenus est un livre-objet. La maquette et les illustrations - dix magnifiques héliogravures, qui sont des chefs-d´oeuvre du photomontage surréaliste - ont été réalisées par Claude Cahun en collaboration avec sa compagne, Suzanne Malherbe. Nouvelle édition établie par François Leperlier.

  • De 1872 à sa mort, Vincent Van Gogh (1853-1890) ne cessera jamais de correspondre avec Théo, son frère cadet. Misère matérielle, déceptions affectives, vocation contrariée de prédicateur évangéliste, passion naissante pour le dessin, admiration pour Millet et Rubens, lecture enthousiaste de Dickens et Zola, enchantement des couleurs : rien, de la vie douloureuse et exaltée du peintre, n'est caché dans cette correspondance, en grande partie rédigée en français. Ses dernières lettres, écrites à Auvers-sur-Oise juste avant son suicide, constituent une sorte de journal de ses derniers mois de création, un véritable testament artistique. Et le plus émouvant des autoportraits.

  • « Or çà, mes hôpitaux de ces dernières années, adieu ! Sinon au revoir ; alors, salut ! En tout cas ; j'ai vécu calme et laborieux chez vous. »Ruiné depuis la mort de sa mère, souffrant de nombreux maux (ulcères, syphilis...), Paul Verlaine (1844-1896) vit ses dix dernières années entre l'hôtel et l'hôpital. Il y multiplie les séjours, commence par Tenon, finit par Bichat, fréquente entre-temps Cochin, l'asile de Vincennes, Saint-Antoine, Saint-Louis, préfère Broussais. Dans ses chroniques de la vie hospitalière, le poète se mue en prosateur d'un quotidien rugueux.

  • Vers 1655, tandis que le parti dévot mène une véritable campagne de persécution morale, Paul Scarron, cet esprit frondeur qui se moque des intimidations, rédige une nouvelle totalement immorale : « Les Hypocrites ».Tirée des Nouvelles tragi-comiques, cette satire picaresque ne craint pas de montrer que le crime peut rester impuni. En compagnie de ses deux fidèles complices, la vieille Mendez et son amant Montufar, la belle Hélène parcourt l'Espagne pour extorquer de l'argent aux naïfs en se faisant passer pour un modèle de vertu.Lorsqu'il créera son personnage de Tartuffe (1666), Molière n'aura pas oublié la nouvelle de Scarron.

  • Francis Bacon : « On ne sait pourquoi certaines choses vous touchent. C´est vrai, j´adore les rouges, les bleus, les jaunes, les gras. Nous sommes de la viande, n´est-ce pas ? Quand je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place des morceaux de viande. Et puis il y a un vers d´Eschyle qui hante mon esprit : "L´odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux." » « Francis Bacon, plus que tout autre artiste, incarnait la peinture. Mon travail de journaliste d´art, à L´Express, dans les années 1980, me permit d´envisager une rencontre avec lui. Je patientai longtemps avant notre premier rendez-vous. Trois ans. D´autres suivront. Je le rencontrai à Londres dans son atelier, 7 Reece Mews, South Kensington. Mon premier entretien, en 1982, donna lieu, peu à peu, au fil des ans, à des conversations et dialogues qui se sont poursuivis à Londres et à Paris. Ceux-ci se déroulaient en français, langue qu´il maîtrisait avec la rouerie d´un vieux dialecticien. Elles rassemblent la plupart des grands thèmes que Francis Bacon, opiniâtre, n´a cessé de ressasser sa vie durant : son travail, Picasso, Velasquez, Giacometti, ses amitiés, ses voyages, ses lectures, l´alcool... Parler l´amusait. Parler l´excitait. Parler était aussi un art pour lui. » F. M.

  • Inédit " Entrez donc, je vous attendais. " À la porte de l'esprit facétieux de François Caradec se pressent Sade, Voltaire, Artaud, Michaux, Jarry, Allais, Kafka, Roussel, Hugo,Eiffel, Queneau, Einstein, Max Jacob, Zola et quelques illustres inconnus qui ne déméritent pas de cette joyeuse compagnie. À chacun de tirer la chevillette et de faire choir la bobinette : c'est Caradec qui les reçoit d'un conte, d'une historiette ou d'un pastiche humoristique et allégrement impertinent.
    Dans son dernier recueil, composé peu avant sa mort, le pataphysicien et oulipien rend un hommage à tous les écrivains sérieux ou fantaisistes qu'il a aimés et admirés. Une grande parade littéraire.

  • Jean-Jacques Rousseau rédige ces Lettres morales, entre novembre 1757 et probablement février 1758. À cette époque, il éprouve une vive passion pour la comtesse Sophie d'Houdetot, femme mariée de vingt-sept ans. Contraint à un amour platonique, et à la correspondance, Rousseau sublime sa frustration en s'improvisant pour elle précepteur de vertu. En bon pédagogue, il entreprend de conduire le sujet de sa passion sur le chemin de la vérité et du bonheur.Cet ensemble de lettres constitue un condensé de la philosophie rousseauiste. Laissé à l'état de brouillon, il ne fut rendu public dans son intégralité qu'en 1888.

  • Lady Margaret est une jeune fille orpheline de mère. À la mort de son père fortuné, elle est placée chez son oncle et tuteur, le sinistre sir Arthur Tyrrell, qui a une réputation de meurtrier. À son arrivée dans sa nouvelle demeure, retirée, elle se lie immédiatement d'amitié avec sa cousine Emily. En revanche, elle ne cessera de nourrir méfiance et répulsion à l'égard de son cousin Edward, individu détestable qui cherche à la contraindre au mariage.
    Elle soupçonne qu'on en veut à son héritage. On veut la tuer...

    Comment ma cousine a été assassinée (1838) est la première nouvelle de Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873), écrivain irlandais des plus populaires à l'époque victorienne - avec Oncle Silas, Carmilla... Dans la tradition du roman gothique, l'auteur personnifie le diable sous les traits de l'oncle, persécuteur qui se cache sous le masque de la vertu. Il met en place un suspense, en passe de devenir un classique.

  • Très prisé au XVIIIe siècle, le genre de l'« Idée sur... », destiné à exposer une pensée sur un sujet ou la conception d'un système, a été adopté par deux fois par le marquis de Sade (1740-1814) : en 1800, Idée sur les romans et en 1792, Idée sur le mode de la sanction des lois. Ce qui rassemble ces deux textes, c'est leur caractère d'intervention dans le débat public, à propos de questions disputées dans les domaines de l'art et de la politique.Sade n'y apparaît pas dans son rôle d'auteur libertin et de génie de la transgression, mais comme un homme des Lumières et un acteur de la Révolution en lutte contre le modérantisme politique et les conventions littéraires.
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  • Dans le sillage de la Révolution, l'ordre et la morale restaurés au XIXe siècle pourchassent les oeuvres trop libres du siècle précédent, mais entretiennent du même coup la nostalgie d'un Ancien Régime libertin. C'est ainsi qu'une brochure au langage fleuri voit le jour en 1833 : l'Art de foutre en quarante manières ou La Science pratique des filles du monde, prétendument imprimée à Amsterdam en 1789. Chaque position amoureuse est décrite et figurée comme dans un article et une planche de L'Encyclopédie, et peut être chantée sur un air bien connu de l'époque.Ce petit manuel farfelu qui met en scène les nouveaux acteurs populaires comme la couturière ou le pharmacien, mais aussi les bande-à-l'aise et les puceaux, vise sans doute plus l'amusement qu'un quelconque apprentissage.

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