Gallimard

  • étude pour une déclaration des obligations envers l'être humain et autres textes Nouv.

    ' Est criminel tout ce qui a pour effet de déraciner un être humain ou d'empêcher qu'il ne prenne racine. '

    1942. Résistante, Simone Weil est à Londres, rédactrice au service de la ' France Libre '. C'est alors qu'elle écrit, pour l'après-guerre, plusieurs textes ayant vocation à préparer la refondation du pays.
    Parmi eux, Étude pour une déclaration des obligations envers l'être humain et Luttons-nous pour la justice ? Suivra, au début de l'année suivante, La personne et le sacré. Trois textes que guident, phares en ces temps sombres, les idées de consentement, de beauté et de communauté humaine. '

    Un triptyque tout entier imbriqué à la grande oeuvre tardive et inachevée de Simone Weil : L'enracinement.

  • La source et autres histoires d'un ruisseau Nouv.

    « L'histoire d'un ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l'histoire de l'infini. »

    « La source », « Le torrent de la montagne », « Les rives et les îlots », « Le cycle des eaux »... De chapitre en chapitre, suivant « les sinuosités et les remous » d'un ruisseau, depuis le ru jusqu'à la mer, Reclus ouvre le précis de géographie et le métamorphose, au fil de l'eau, en un singulier écrit d'écologie poétique.

    Dans cette édition abrégée, se trouvent dix fragments d'une seule histoire : celle de l'Histoire d'un ruisseau d'Élisée Reclus (1830-1905), géographe arpenteur, communard exilé et figure pionnière d'une pensée écologique où se confondent connaissance de la nature et quête ardente de la liberté.

  • Édition enrichie de Jacques Van den Heuvel. Postface de Philippe Sollers. Convaincu de l'innocence de Calas exécuté en 1762, Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Le négociant huguenot était accusé du meurtre de son fils qui voulait se convertir au catholicisme. Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance. Une réflexion très actuelle sur le système judiciaire, la responsabilité des juges et les effets pervers des lois.

  • "Que peut-on conclure de tout cela pour les liens entre les sexes ?"
    Il serait aisé de présenter Lou Andreas-Salomé comme une grande figure du féminisme, se laissant guider par sa vie : celle d'une femme libre, intellectuelle, sans enfants. Tout aussi aisé, en lisant quelques-unes de ses assertions sur "le type féminin" ou la structure masculine de la libido, de la présenter, au contraire, comme une voix exemplaire d'essentialisation de la femme, réduite à un "Éternel féminin", maternel avant tout.
    Ce n'est pourtant ni d'un côté ni de l'autre, insaisissable, qu'elle se trouve sans doute : en un interstice singulier qu'il reste à questionner et dont les articles ici réunis portent remarquablement l'équation.

    Narcissisme, féminité, complexe d'OEdipe... Trois textes psychanalytiques, denses et sinueux, par celle que Freud nommait "la compreneuse".

  • "Relever le lustre et le privilège des dames, opprimés par la tyrannie des hommes, de les combattre plutôt par eux-mêmes, c'est-à-dire par les sentences des plus illustres esprits de leur sexe profanes et saints, et par l'autorité même de Dieu", voilà résumée en partie l'ambition de Marie de Gournay (1565-1645). Car, si elle défend la position des femmes, qu'elle veut à l'égal des hommes, et si elle réclame pour elles un accès au savoir et aux débats intellectuels, elle dénonce aussi la superficialité de la haute société qui l'entoure. "Fille d'alliance" de Montaigne et éditrice de ses Essais, Marie de Gournay puise, chez les Anciens comme chez ses contemporains, son inspiration pour de nouveaux modèles de moralité.

    Un plaidoyer humaniste en faveur de l'éducation des femmes placé au coeur d'une profonde réflexion et d'une indéniable vocation pédagogique consacrées à la moralisation de la société.

  • « Un buddha ancien dit : "Avec le temps, je m'élève plus haut que les cimes des monts ; avec le temps, je descends plus profond que les fonds des mers. Avec le temps, je prends l'aspect de l'esprit guerrier ; avec le temps, je revêts le corps doré de seize pieds. Avec le temps, je me fais bâton ou balayette ; avec le temps, je deviens pilier ou lanterne. Avec le temps, je me confonds avec toute personne ordinaire ; avec le temps, je me fais un avec l'étendue terrestre et la voûte du ciel." Ce que j'appelle "le temps d'une présence" veut dire que la présence participe du temps et que le temps participe de la présence. »

  • 'Quelle est donc la mesure d'un homme? Quels buts peut-il se proposer, et quels espoirs lui sont permis?'

    'L'infini', 'Dieu', 'L'humanité', 'Les autres', 'L'action'... Avec Pyrrhus et Cinéas, paru en 1944, Simone de Beauvoir signe son premier essai. Ouvrant sa réflexion sous l'égide des deux figures antiques que sont Pyrrhus - roi assoiff é de conquêtes - et Cinéas - son 'sage' conseiller -, elle y déploie une philosophie de l'existence où prime la dimension irréductible de la liberté. Prolongeant ainsi exemplairement L'être et le néant de Jean-Paul Sartre, paru l'année précédente, elle y fraye aussi une voie singulière. Une voie que guide une préoccupation constante : quelle éthique pour une telle liberté?

  • 'Quoi? un essaim de femmes au coeur frêle,
    parler au peuple? et comment feront-elles?'

    Sur une place de l'Athènes antique, au petit matin, plusieurs femmes vêtues en hommes se réunissent. Secrètement, à l'abri des regards masculins, elles forment un plan : ce sont elles, désormais, qui seront à la tête de l'illustre cité et qui recomposeront à leur gré un modèle de société où elles jouissent de droits neufs...

    Satire politique habillée de grivoiseries, cette pièce est l'une des plus réjouissantes de la comédie grecque antique.

  • 'Ô France, France ! relève ton front altier, et n'inspire point à tes voisins le sentiment de la pitié. Que le peuple, les parlements et le roi ne forment qu'une même famille, et la Nation reprendra bientôt sa première splendeur.'

    Olympe de Gouges (1748-1793) dénonce les inégalités et les barrières, tant économiques que sociales et politiques, à la veille de la Révolution française. Consciente du pouvoir des mots, elle livre - à travers brochures et affiches placardées - son combat : promouvoir les différentes formes de liberté, l'égalité entre les hommes et la mise en place d'une politique solidaire efficace.

    Inscrits dans le siècle des Lumières, ces plaidoyers annoncent les trois vertus cardinales qui font la République d'aujourd'hui : liberté, égalité et fraternité.

  • 'Ô Diogène! si tu voyais ton disciple sous le fastueux manteau d'Aristippe, comme tu rirais! Ô Aristippe, ce manteau fastueux fut payé par bien des bassesses. Quelle comparaison de ta vie molle, rampante, efféminée, et de la vie libre et ferme du cynique déguenillé! J'ai quitté le tonneau où je régnais, pour servir sous un tyran.'

    Amateurs de luxe, critiques sans goût, femme cruelle, mari inconstant... Dans ces textes brefs, Diderot dépeint moeurs et travers de ses contemporains d'une plume qui, si elle est infiniment acérée, ne cède pourtant jamais au jugement.

    Une exemplaire mise en éveil de l'esprit critique.

  • "La couleur de vermeil chinois que revêtaient les monts à l'automne était associée dans mon esprit à ce nom même de Chine. Pour qui connaît la séparation, il n'y a rien de plus poignant que l'automne où le coeur s'incendie comme feuillages empourprés ; ainsi en divaguant,
    je ne ressens plus qu'une grande lassitude."
    Japon, fin du XIe siècle. Le moine bouddhiste Jôjin quitte son monastère pour effectuer, comme il en est la tradition, un long pèlerinage en Chine. Ce texte est le journal intime - à la fois lyrique et pudique - de sa mère, femme à la fin de sa vie et contrainte aux adieux.
    Une délicate méditation poétique sur l'absence et le manque.

  • Tournant le dos à la civilisation (argent, travail, réussite sociale), Thoreau s'installe seul près de l'étang de Walden. Il livre alors une réflexion à rebours de l'opinion commune : se contenter du strict nécessaire et prendre le temps de profiter de la vie et de la beauté de la nature. "Je gagnai les bois parce que je voulais vivre suivant mûre réflexion, n'affronter que les actes essentiels de la vie, et voir si je ne pourrais apprendre ce qu'elle avait à enseigner, non pas, quand je viendrais à mourir, découvrir que je n'avais pas vécu." Une réflexion sur la société moderne, un éloge de la vie simple par l'une des figures de proue de la littérature américaine.
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  • 'Quand la mort m'eut enlevé celle qui fit le premier et le plus grand plaisir de ma vie, je fus livré à une tristesse qu'aucun secours humain ne pouvait dissiper. Le sentiment de ma douleur était trop vif pour ne pas m'engager à chercher ce qui pourrait au moins la modérer. Il est vrai que le temps en adoucit peu à peu la violence, mais la raison trouvait ce remède insuffisant ; elle voulait que je calmasse entièrement l'agitation qui dérangeait encore les facultés de mon âme.'

    Pour surmonter le deuil de son grand amour Béatrice, Dante (1265-1321) va se tourner vers la Philosophie, puis vers la Religion. Un exemple brillant de 'poésie appliquée à la critique'.

  • Ouvrage fondateur de la gastronomie, source d'inspiration pour Balzac et Barthes, Physiologie du goût est une ode, tout à la fois malicieuse et auguste, aux arts de la table. Délice de lecture serti d'anecdotes savoureuses, l'oeuvre parue en 1825 porte aussi une réflexion à part entière : que disent de nous, en effet, ces moments policés durant lesquels convives et hôtes dégustent mets et vins en conversant ? Et où, d'êtres se rassasiant, nous devenons des gourmets, dépassant l'ordre du besoin ? "L'homme d'esprit seul sait manger"...

    De l'oeuvre intégrale, foisonnante, cette édition propose - en forme d'amuse-bouche - les six premières méditations.

  • "Le bonheur, c'est être dehors, marcher, regarder, s'amalgamer aux choses. Assis, on tombe en proie au pire de soi-même. L'homme n'a pas été créé pour être rivé à une chaise. Mais peut-être ne méritait-il pas mieux."
    "Frivole et décousu, amateur en tout, je n'aurai connu à fond que l'inconvénient d'être né."
    "Ces moments où l'on souhaite être absolument seul parce que l'on est sûr que, face à face avec soi, on sera à même de trouver des vérités rares, uniques, inouïes, - puis la déception, et bientôt l'aigreur, lorsqu'on découvre que de cette solitude enfin atteinte, rien ne sort, rien ne pouvait sortir."
    "Nous sommes tous au fond d'un enfer dont chaque instant est un miracle."
    /> Une pensée d'une exigence radicale, entre désespoir absolu et humour ravageur.

  • "Ne peut-on pas bien conclure qu'il n'y a personne qui soit absolument libre?"
    Au coeur du Grand Siècle, La Mothe Le Vayer (1588-1672), disciple de Montaigne, adresse au cardinal Mazarin un "petit traité". Il y fait le constat des aliénations inhérentes à toute vie mondaine, en particulier à la Cour, et lui oppose la "vie philosophique", retirée, contemplative, mais moins contrainte. Devrait-on donc s'éloigner du fracas du monde ?
    Une pensée émancipatrice portée par l'une des plumes phares du "libertinage érudit".

  • "Si la doctrine de la sagesse cherchait des armes contre les maux véritables, elle promettrait trop. Si elle peut éloigner de nous quelques-uns des maux imaginaires, c'est déjà beaucoup." Une introduction élémentaire à la philosophie pour mieux comprendre les passions et vertus auxquelles chaque être humain est confronté.

  • "C'est bien peu de chose que l'homme, et tout ce qui a fin est bien peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand ne sera plus, où il sera comme l'enfant qui est encore à naître, où il ne sera rien. Si longtemps qu'on soit au monde, y serait-on mille ans, il en faut venir là."

    Une réflexion unique sur la mort et la Providence, et plus largement une méditation sur la place de l'homme et sur son empreinte dans le temps, dans l'Histoire, livrée par l'un des plus grands orateurs français.

  • Après L'art d'aimer, le poète romain Ovide délivre une approche très pragmatique des moyens à mettre en oeuvre pour "éteindre une flamme cruelle et affranchir les coeurs d'un honteux esclavage".
    "Venez à mes leçons, jeunes gens trompés, qui, dans votre amour, n'avez trouvé que déceptions. Celui qui vous a appris à aimer vous apprendra à vous guérir. La même main vous apportera la blessure et le remède."

    Un manuel pratique à l'usage des coeurs brisés par l'un des plus grands chantres de l'amour de l'Antiquité.

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