Le Livre de Poche

  • Lors d´une brillante soirée parisienne, tandis que les invités dansent et conversent dans des salons splendides, une jeune femme s´épouvante à la vue d´un étrange petit vieillard décharné et pareil à un spectre. La jeune femme supplie alors le narrateur de lever pour elle le mystère de cet inconnu. Le lendemain du bal, il lui raconte longuement l´histoire du sculpteur Sarrasine et de la dangereuse passion que, dans sa jeunesse, il éprouva pour la mystérieuse Zambinella aussitôt qu´il l´eut entendue chanter à Rome.
    Dès la première page, c´est sous le double signe de la danse des morts et de la danse des vivants, de la sensualité et de la déchéance, que le jeune Balzac place ce récit publié par la Revue de Paris en 1830. Et Sarrasine est doublement énigmatique aussi : parce que la narration tient le lecteur captif jusqu´au mot de la fin - et parce qu´elle met en scène les ambiguïtés d´un désir dont  l´écrivain ne cherche pas à dissiper les ombres.

    Présentation et notes d´Eric Bordas. 

  • Ancien communard exilé, Jacques Damour rentre en France alors qu'on le croyait disparu. Mais il n'y a plus de place dans la société nouvelle pour un revenant tel que lui, et l'histoire de ce mort-vivant, sous la plume de Zola, prend une dimension politique, avant de s'achever dans l'absurde. Un absurde qu'on retrouve dans l'existence de Burle, brillant espoir de l'armée distingué à Solférino, puis médiocre capitaine-trésorier prisonnier de ses registres, mais aussi de ses insatiables besoins sexuels : et son histoire est celle d'une chute.

    Lorsque Zola fait paraître les deux nouvelles en août et en décembre 1880 dans une grande revue libérale de Saint-Pétersbourg, Le Messager de l'Europe, il est devenu, grâce au succès de L'Assommoir et à celui, tout récent, de Nana, un romancier en vue et en pleine possession désormais de ses moyens. Ainsi découvre-t-on dans ces deux textes brefs des échos de la création romanesque qu'il poursuit en même temps : tout un naturalisme noir s'expose ici, mais l'écrivain ne sait pas encore qu'il va chercher à en sortir bientôt, à partir d'Au Bonheur des dames et de La Joie de vivre.



    Présentation et notes de Jacques Noiray.



    Texte intégral.

  • Dans ces deux brefs récits, parus en 1927 et 1930, le créateur d'Arsène Lupin donne toute la mesure de son inépuisable inventivité et de son exceptionnel talent de conteur.
    L'Homme à la peau de bique est un hommage à Edgar Poe. Reprenant le thème d'une des plus célèbres nouvelles de l'écrivain américain, Double assassinat dans la rue Morgue, il parvient à le renouveler de façon imprévue, non sans conjuguer à chaque ligne l'horreur et l'humour.
    Dans Le Cabochon d'émeraude, les ressorts de l'intrigue sont uniquement psychologiques. Et c'est un véritable lapsus freudien que met en scène le romancier, avec une finesse de touche et une ironie discrète qui évoquent certaines des plus belles pages de Mérimée.

    Présentation et notes par Raymond Prunier.

    Texte intégral.

  • La fille ardente et énigmatique de deux sages bourgeois de Normandie ; une enfant chaste et laide qui prend au piège de ses fantasmes le plus grand séducteur de Paris : ces personnages sont diaboliques, comme le sont ces histoires elles-mêmes, dont le dénouement nous laisse sur un étrange malaise. Les Diaboliques : c'est bien le titre que donna leur non moins diabolique auteur, Jules Barbey d'Aurevilly, au recueil dont sont tirés Le Plus Bel Amour de Don Juan et Le Rideau cramoisi. Du silence confiné d'une petite ville aristocratique aux boudoirs parfumés d'un faubourg Saint-Germain sur le déclin, ces deux nouvelles nous mènent au coeur d'un univers intense et légèrement inquiétant, où Proust décelait « la qualité inconnue d'un monde unique ».
    Texte présenté et annoté par Judith Lyon-Caen.
    Texte intégral.

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