Le Livre de Poche

  • Edition enrichie (Introduction, notes, commentaires, chronologie et bibliographie)Avec Les Fleurs du Mal commence la poésie moderne : le lyrisme subjectif s'efface devant cette « impersonnalité volontaire » que Baudelaire a lui-même postulée ; la nature et ses retours cycliques cèdent la place au décor urbain et à ses changements marqués par l'Histoire, et il arrive que le poète accède au beau par l'expérience de la laideur. Quant au mal affiché dès le titre du recueil, s'il nous apporte la preuve que l'art ici se dénoue de la morale, il n'en préserve pas moins la profonde spiritualité des poèmes.
    D'où la stupeur que Baudelaire put ressentir quand le Tribunal de la Seine condamna la première édition de 1857 pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » et l'obligea à retrancher six pièces du volume - donc à remettre en cause la structure du recueil qu'il avait si précisément concertée. En 1861, la seconde édition fut augmentée de trente-cinq pièces, puis Baudelaire continua d'écrire pour son livre d'autres poèmes encore. Mais après la censure, c'est la mort qui vint l'empêcher de donner aux Fleurs du Mal la forme définitive qu'il souhaitait - et que nous ne connaîtrons jamais.

  • Un monstre marin, « une chose énorme », ayant été signalé par plusieurs navires à travers le monde, une expédition est organisée sur l'Abraham Lincoln, frégate américaine, pour purger les mers de ce monstre inquiétant. A bord se trouvent le Français Pierre Aronnax, professeur au Muséum de Paris, et Conseil, son fidèle domestique.
    Une fois parvenus en vue du monstre, deux immenses trombes d'eau s'abattent sur le pont de la frégate, précipitant Aronnax, Conseil et le harponneur canadien Ned Land sur le dos du monstre... qui se révèle être un fabuleux sous-marin, le Nautilus, conçu et commandé par un étrange personnage, le capitaine Nemo, qui paraît farouchement hostile à toute l'humanité !
    Condamnés à ne plus jamais revoir leur patrie, leurs parents, leurs amis, la plus extraordinaire aventure commence pourtant pour les trois hommes...
    La mer était une passion pour Jules Verne ; c'est elle l'héroïne de Vingt mille lieues sous les mers, l'un de ses meilleurs et plus célèbres romans.

    Illustrations de l'édition originale Hetzel.
    Préface de Christian Chelebourg 

  • Phileas Fogg, gentleman anglais, parie avec les membres de son club qu'il fera le tour de la terre en 80 jours. Et, aussitôt, le voilà parti, accompagné de son domestique Jean, un Parisien, dit Passepartout. Il devra être revenu à Londres, pour gagner, le samedi 21 décembre 1872 à 20 heures 45 minutes !
    Soupçonné d'être l'audacieux voleur de la Banque d'Angleterre, Phileas Fogg va être filé tout au long de ses pérégrinations par le détective Fix qui ne peut cependant pas l'arrêter, le mandat d'amener arrivant toujours trop tard...
    Les pays traversés, les multiples aventures, les stratagèmes employés pour contourner les nombreux obstacles, l'activité débordante de Phileas Fogg pour lutter contre le temps en ne se départant jamais de son flegme tout britannique, les personnalités de Passepartout et de l'obstiné Fix, font du Tour du monde en 80 jours un merveilleux roman, l'un des meilleurs de Jules Verne, dont le succès considérable ne s'est jamais démenti depuis sa parution, en 1873.

  • L'OEUVRE INTÉGRALE ANNOTÉE :À la prison de Bicêtre, un homme est condamné à la peine de mort.
    Durant ses dernières heures, il note dans un cahier ce qu'il ressent : l'enfermement, ses angoisses et l'adieu tragique à sa fille. Il témoigne aussi de ce qu'il aperçoit au-dehors - le départ des forçats pour le bagne, le comportement complice du peuple, l'arrivée de son bourreau. Qui est ce narrateur, et son crime justifie-t-il la guillotine ?
    DOSSIER THÉMATIQUE :
    L'HOMME FACE À LA SOCIÉTÉ  PA R AURÉLIA DAL ZOTTO
    - Biographie de l'auteur, histoire de l'oeuvre
    -  La critique d'une société cruelle
    -  Résister pour rester homme
    -  Persuader, convaincre, faire évoluer les mentalités
    PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES :
    -  Histoire des arts
    /> -  Éducation aux médias et à l'information
    - Cinéma
    Vocabulaire, exercices écrits et oraux, groupements de textes et lecture d'images autour de l'oeuvre
    LE + POUR L'ORAL :
    Des extraits de l'oeuvre lus par des comédiens et accessibles grâce à des flashcodes.

  • Élisabeth Bennet a quatre soeurs et une mère qui ne songe qu´à les marier. Quand parvient la nouvelle de l´installation à Netherfield, le domaine voisin, de Mr Bingley, célibataire et beau parti, toutes les dames des alentours sont en émoi, d´autant plus qu´il est accompagné de son ami Mr Darcy, un jeune et riche aristocrate. Les préparatifs du prochain bal occupent tous les esprits... Jane Austen peint avec ce qu´il faut d´ironie les turbulences du coeur des jeunes filles et, aujourd´hui comme hier, on s´indigne avec l´orgueilleuse Élisabeth, puis on ouvre les yeux sur les voies détournées qu´emprunte l´amour...Traduction, introduction, notes et dossier de Sophie Chiari.

  • À la fin du xixe siècle, par un froid dimanche de novembre, un garçon de quinze ans, François Seurel, qui habite auprès de ses parents instituteurs une longue maison rouge -l´école du village-, attend la venue d´Augustin que sa mère a décidé de mettre ici en pension pour qu´il suive le cours supérieur: l´arrivée du grand Meaulnes à Sainte-Agathe va bouleverser l´enfance finissante de François...
    Lorsqu´en 1913 paraît le roman d´AlainFournier, bien des thèmes qu´il met en scène -saltimbanques, fêtes enfantines, domaines mystérieux- appartiennent à la littérature passée, et le lecteur songe à Nerval et à Sylvie. Mais en dépassant le réalisme du xixe siècle pour s´établir, entre aventure et nostalgie, aux frontières du merveilleux, il ouvre à un monde d´une sensibilité toujours frémissante, et qui n´a pas vieilli.

  • Edition enrichie (Préface, notes, notes complémentaires, chronologie et bibliographie)Les Fables occupent une place singulière dans notre mémoire : par le souvenir que nous gardons de ces poèmes devant lesquels nous sommes restés enfants, mais aussi par la grâce de tant de vers devenus proverbiaux  et que notre parole quotidienne fait renaître. Et tout  se passe comme si une correspondance secrète se maintenait de siècle en siècle entre ces Fables et l'identité de notre pays comme de notre langue.
    Le premier recueil paraît en 1668, et le second dix ans plus tard. Le succès est immense et les poèmes, alors, appartiennent pleinement à leur temps : la France du règne de Louis XIV. Mais le mystère de leur pouvoir est de s'émanciper très vite de cet environnement immédiat, d'éclairer nos réalités successives, d'allier de manière toujours éclatante le particulier et l'universel. Dans cette «comédie à cent actes divers, / Et dont la scène est  l'Univers», le texte se dérobe à toute signification définitive. Mais La Fontaine, à chaque page, nous convainc que la poésie, à ses yeux, demeure instrument de connaissance : il existe une beauté du savoir - et nous ne cessons pas de la retrouver en lui.


    Edition de Jean-Charles Darmon et Sabine Gruffat. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre et bibliographie)«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.» Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer.» Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut, en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutôt, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique. 

  • Tant qu´il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d´une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l´homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l´atrophie de l´enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l´asphyxie sociale sera possible ; en d´autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu´il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles.
    Hauteville-House, 1er janvier 1862.
    Victor Hugo.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy. 

  • Ce livre est un livre de charité, c´est-à-dire un livre fait pour exciter, pour provoquer l´esprit de charité, c´est un livre d´une nature terrible et navrante, disant à la conscience du lecteur : « Eh bien ? Qu´en pensez-vous ? Que concluez-vous ? » Les Misérables sont un étourdissant rappel à l´ordre d´une société trop amoureuse d´elle-même et trop peu soucieuse de l´immortelle loi de fraternité, un plaidoyer pour les Misérables (ceux qui souffrent de la misère et que la misère déshonore), proféré par la bouche la plus éloquente de ce temps.
    Le nouveau livre de Victor Hugo doit être le Bienvenu (comme l´évêque dont il raconte la victorieuse charité), le livre à applaudir, le livre à remercier. N´est-il pas utile que de temps à autre le poète, le philosophe prennent un peu le Bonheur égoïste aux cheveux, et lui disent, en lui secouant le muße dans le sang et l´ordure : « Vois ton oeuvre et bois ton oeuvre » ?
    Charles Baudelaire.

    Présentation et notes de Guy Rosa.
    Commentaires de Nicole Savy.

  • Edition enrichie (Préface, notes, dossiers sur l'oeuvre, variantes, chapitres supplémentaires, annexes, croquis, chronologie et bibliographie)Cadet de grande famille fasciné par Napoléon qu'il rêve d'aller rejoindre, Fabrice del Dongo arrive à Waterloo quand commence la bataille. Mais il ne suivra pas la carrière des armes à quoi il aspirait, et consentira à devenir prélat. Avec assez de détachement, cependant, pour que l'essentiel reste bien pour lui la chasse au bonheur - c'est-à-dire l'amour.
    Quand Stendhal publie La Chartreuse de Parme en 1839, le propre du roman demeure toujours à ses yeux le romanesque où rien ne compte que le récit qui se moque du sérieux, l'allègement de la vie et l'héroïsme des grandes actions comme des grandes passions. Et le paradoxe de ce livre moderne, qui est aussi une satire du pouvoir et de la cour de Parme, de ce livre où les Italiens retrouvent leur culture, c'est qu'il demeure apparenté au vieux fonds sans âge des romans où l'aventure s'accompagne d'un climat de bonheur et de gaieté.Edition de Michel Crouzet.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, documents, chronologie et bibliographie)suivi de L'Histoire des voyages de Scarmentado et de Poème sur le désastre de Lisbonne Candide nous conte les mésaventures d'un voyageur philosophe qui affronte les horreurs de la guerre et les sanglants caprices de la Nature ; qui connaît les désillusions de l'amour et découvre les turpitudes de ses semblables, faisant à l'occasion l'expérience de leurs dangereuses fantaisies. Pourtant si l'homme est un bien méchant animal et si l'existence n'est qu'une cascade de catastrophes, est-ce une raison pour que le héros perde sa sérénité et le récit son allégresse ? Sous la forme d'une ironique fiction, Candide propose une réflexion souriante sur l'omniprésence de la déraison qui puise sa force aux sources vives d'une expérience humaine, celle de l'auteur. Candide, on l'a dit, ce sont les « Confessions » de Voltaire, et c'est en cela qu'il nous émeut.
    Mais ce « roman d'apprentissage » est aussi - et peut-être surtout - un festival merveilleusement ordonné de drôlerie et de fantaisie sarcastique, ruisselant d'un immense savoir maîtrisé qui ne dédaigne jamais de porter le rire jusqu'au sublime. C'est en cela qu'il nous éblouit et qu'il nous charme.

    Edition de Sylviane Léoni. 

  • Edition enrichie (Introduction, notes, dossier sur l'oeuvre, annexe, chronologie, bibliographie et filmographie)« Boule de Suif, le conte de mon disciple dont j'ai lu ce matin les épreuves, est un chef-d'oeuvre, je maintiens le mot, un chef-d'oeuvre de composition, de comique d'observation. » Paul Morand n'est pas moins enthousiaste que Flaubert : « une grande nouveauté, une parfaite réussite », souligne-t-il, tout en comparant la nouvelle à l'Olympia de Manet. Issue, seule de son espèce, d'une sorte de concours littéraire lancé lors d'une des soirées de Médan, Boule de Suif fait figure non de manifeste, mais d'accomplissement. Le bonheur d'un titre, la virtuosité d'un conteur qui joue sur tous les registres - y compris le comique -, servis par une plume souple et ferme à la fois, employée à peindre la cupidité aussi bien que l'amour, les préjugés ou le bonheur, n'y sont pas étrangers. Mais quelle recette mystérieuse et efficace est ici à l'oeuvre ? Maupassant à son meilleur saisit « dans leurs côtés cruels les réalités de la vie », non sans dégager de cet amalgame soigneux de bourgeois avides et d'humiliés perdus une poésie âcre et forte. 

  • Nana

    Emile Zola

    Dans les dernières années du Second Empire, quand Nana joue le rôle de Vénus au Théâtre des Variétés, son succès tient moins à son bien médiocre talent d´actrice qu´à la séduction de son corps nu, voilé d´une simple gaze. Elle aimante sur scène tous les regards comme elle attire chez elle tous les hommes : tentatrice solaire qui use de ses charmes pour mener une vie de luxure et de luxe, de paresse et de dépense.
    Quand le livre paraît au début de 1880, Flaubert confie son admiration à Zola qui a su faire que « Nana tourne au mythe sans cesser d´être réelle ».
    Grâce à elle, c´est tout un monde que le romancier parvient à évoquer, toute une époque et tout un style de vie. Par la peinture de cet univers de plaisirs, il fustige les vices d´une société corrompue, et ce neuvième volume des Rougon-Macquart est une satire cinglante des hautes sphères perverties par une fête qui ruine le peuple et détruit les valeurs. Et l´Empire bientôt va sombrer.

    Edition d´Auguste Dezalay. 

  • Chaque automne, un vieux chasseur régalait ses amis de bécasses. Les têtes de ces délicieux oiseaux étaient donnés à un seul convive désigné par le sort. Et ce dernier, pour dédommager les autres, devait raconter une histoire. Les seize nouvelles de ce recueil se situent presque toutes en Normandie où Maupassant vécut une jeunesse heureuse. Ses paysans chasseurs, ses aristocrates, sa rempailleuse, ses pêcheurs sont saisis sur le vif dans leur vie quotidienne. La folie de la femme qui a perdu toute sa famille, l'avarice sordide de la maîtresse du petit chien, la triste vieillesse des danseurs de menuets, la revanche de l'épouse bafouée, Maupassant voit tout dans les détails les plus poignants. Le célèbre auteur de Bel Ami nous donne dans ce recueil ses meilleurs contes.
    Préface de Jacques Chessex Commentaires et notes de Louis Forestiers.

  • Un soir d´octobre 1892, au château du Glandier, peu après minuit, tandis que le professeur Stangerson travaille dans son laboratoire en compagnie de son serviteur, il entend, dans la chambre attenante, les appels au secours de sa fille. Tous les deux se précipitent, mais la porte est fermée de l´intérieur, comme les volets de l´unique fenêtre. Lorsqu´ils découvrent finalement la jeune fille qui râle sur le plancher, il ne reste de l´assassin que la marque, sur les murs, d´une main ensanglantée - et le revolver du serviteur : meurtre incompréhensible, dont le reporter Joseph Rouletabille va pourtant percer le mystère.
    De ce roman paru en feuilleton en 1907, Hercule Poirot, en connaisseur, dira que c´est « un véritable chef-d´oeuvre », et peut-être d´abord parce que la fascination pour l´horreur rejoint ici un sens aigu du drame aussi bien que du fantastique. Mais ce qui pour nous, aujourd´hui, fait également la singularité du livre, c´est sa manière de mêler au roman policier les ressources du feuille-ton et le charme du roman d´aventures. Dans cette enquête sur « un crime surnaturel », c´est bien en tout cas le mystère qui domine.

  • Edition enrichie (Introduction, notes, notices, chronologie et bibliographie)Si l'on devait citer le poète qui a exercé l'influence la plus profonde sur la poésie du début du xxe siècle, il faudrait nommer Rimbaud. Avec plus de hardiesse encore que Baudelaire, il a étendu le champ d'exploration de la poésie. Avant lui, l'expérience poétique était principalement l'expérience de la création littéraire. Après lui, la poésie devient un moyen de connaissance. [...] C'est qu'il n'a pas hésité à se mettre en communication avec la part inconnaissable de lui-même. Il y a découvert un grand jeu d'images, fleurs éclatées, filles à lèvres d'orange, déluges et miracles, un jeu dont chaque figure ressemble à un message marqué d'un sceau incompréhensible et sacré. Dès lors, Rimbaud va libérer tous les phénomènes de l'inconscient, préparer les voies du surréalisme et créer, si l'on veut, un nouveau mystère dont les symboles resteront étrangers au merveilleux et au fantastique.
    Kléber Haedens

  • Poil de Carotte a beau se taillader les joues pour qu'elles rosissent, personne ne l'embrasse.
    Mme Lepic n'aime pas son petit dernier aux cheveux  roux. « Tout le monde ne peut pas être orphelin », se répète Poil de Carotte, et il nous livre ses idées personnelles, « ainsi nommées parce qu'il faut les garder pour soi ». Ni la générosité ni la sincérité ne paient dans le monde des adultes. Il faut ruser.
    L'existence de Poil de Carotte est un enfer dont il ne s'échappe que par une cruelle lucidité.
    Jules Renard a écrit là un chef-d'oeuvre d'ironie, d'intelligence et de tendresse. « Qui a lu une telle oeuvre ne peut l'oublier », affirme Robert Sabatier.

    Commentaires et notes de Michel Autrand. 

  • L'OEUVRE INTÉGRALE ANNOTÉE :
    Pour punir son vaurien de mari, Martine le fait passer pour un grand médecin. Jusqu'ici, la vengeance est douce. Mais elle ajoute une précision : il n'exerce que s'il est menacé de coups de bâton. Sganarelle devient donc médecin malgré lui, forcé de guérir Lucinde, que son père destine à un homme riche. Celle-ci souffre d'un mal étrange : elle a perdu l'usage de la parole.
    DOSSIER THÉMATIQUE :
    L'AUTORITÉ PAR GAËLLE MAZE
    o Biographie de l'auteur, histoire de l'oeuvre
    o Imposer son autorité
    o Résister à l'autoritarisme
    o L'autorité du médecin, une illusion ?
    PROLONGEMENTS INTERDISCIPLINAIRES :
    o Histoire des arts
    o Enseignement moral et civique
    o Histoire de la langue (latin)
    Vocabulaire, exercices écrits et oraux, groupements de textes et lecture d'images autour de l'oeuvre
    LE + POUR L'ORAL :
    Des extraits de l'oeuvre lus par des comédiens et accessibles grâce à des flashcodes.

  • Edition enrichie (Présentation, notes, annexes, chronologie et bibliographie)Après une étape sur Saturne où il se fait un compagnon de voyage, philosophe comme lui, Micromégas, habitant de Sirius, vient visiter la terre des hommes, « notre petite fourmilière » : occasion de péripéties nombreuses et de dialogues variés. Puis, à la fin du livre, les deux personnages reprennent leur voyage, on ne sait vers quelle destination. Le lecteur ne les accompagne plus.
    Il demeure aux côtés des Terriens, ses semblables.
    Si l'étrangeté dont joue Voltaire dans ce conte qu'il publie en 1752 est d'abord celle des deux voyageurs, des autres mondes habités et du voyage interstellaire, c'est bien ensuite celle des Terriens qu'il met en scène : étrangeté physique, puis intellectuelle et philosophique. Le livre ainsi nous invite à changer de rôle, à philosopher nous aussi, non sur des créatures imaginaires, mais au contraire sur l'Homme. A l'évidence, Voltaire s'amuse. Son rire pourtant n'est pas gratuit : Micromégas est une histoire philosophique, une magniÞque leçon de « gai savoir ».

    Edition présentée et annotée par Jean Goulemot.

  • Edition enrichie (Préface, notes, bibliographie et chronologie)Lorsqu´en 1850 il publie David Copperfield, Charles Dickens offre à ses lecteurs le premier roman qu´il ait écrit à la première personne, et, derrière l´histoire de son jeune héros, c´est aussi parfois la sienne qu´on peut lire. Mais ce que dessinent surtout les douloureuses premières années, le dur apprentissage de la vie dans une fabrique, puis la fuite et l´errance picaresque du jeune Copperfield, c´est un roman de formation où le personnage se fait son propre biographe. Il arrive alors qu´on ne sache pas si le réel évoqué est celui que l´enfant vécut au présent ou celui que l´adulte revisite au passé. Car, d´épreuve en épreuve, c´est une nouvelle image de soi que le narrateur peu à peu reconstruit, avant de devenir lui-même, à la fin du livre, un écrivain semblable à celui qui, dès le début, a pris la plume pour raconter sa vie - et nous offrir ce qui est encore aujourd´hui le plus grand roman anglais du xixe siècle.
    Edition de Laurent Bury et Jean-Pierre Naugrette.  

  • Edition enrichie (préface, notes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)La grande réussite de Dumas est d´avoir suscité à partir d´une femme mystérieuse, qui est peut-être l´ornement imaginé d´un récit de voyage, un roman poétique, de l´avoir prolongé par des épisodes de roman noir, d´avoir complété ceux-ci par une petite chronique des sociabilités mondaines à la fin de la Restauration et dans les commencements de la monarchie de Juillet, bref d´avoir varié les tonalités, tout en intriquant les unes dans les autres les traversées de divers sous-genres et de divers codes romanesques. J.-L. C.

  • Dans la Vendée de 1793, trois personnages s'affrontent : l'aristocrate Lantenac, fidèle à son passé, son petit-neveu Gauvain, tourné vers l'avenir généreux de la République, et le conventionnel Cimourdain, plus durement soucieux des exigences présentes de la Révolution et de la Terreur. Dans cette épopée où le romancier mêle la fiction de l'intrigue et la réalité de l'Histoire - Danton, Robespierre et Marat sont au centre du livre -, chacun des trois héros se trouve ainsi guidé par une certaine idée du devoir et de l'honneur. Et chacun sera conduit à une forme d'héroïsme qui n'écarte pas la mort.
    L'écrivain se refuse donc à trancher, et Quatrevingt-Treize n'est pas un roman à thèse : «Je ne veux ni du crime rouge ni du crime blanc.» Mais la violence où s'achevait l'Ancien Régime était certainement un mal nécessaire, et ce qui s'affirme dans ce livre qui paraît en 1874 et sera le dernier roman de Hugo, c'est une vision de l'Histoire qui garde trace, sans doute, de la Commune récente où une même violence fit retour, mais ne s'interdit pas l'espérance.

    Edition de Bernard Leuilliot. 

  • Echoués à la suite d´un naufrage sur une île gouvernée par des esclaves fugitifs, une coquette et un petit-maître perdent la liberté tandis que leurs esclaves désormais affranchis deviennent maîtres - et leur font subir diverses épreuves : « Nous vous jetons dans l´esclavage pour vous rendre sensibles aux maux qu´on y éprouve ; nous vous humilions, afin que, nous trouvant superbes, vous vous reprochiez de l´avoir été. » En 1725, c´est un monde social renversé que Marivaux donne à voir sur la scène du Théâtre-Italien : la fragilité du pouvoir peut ainsi se dévoiler, les rancoeurs enfouies se libérer, et le malheur d´une condition servile s´éprouver. Mais si l´inversion est bien politique, elle est également ludique, et cette pièce sérieuse aux faux airs d´utopie est bien une comédie : le spectateur s´y amuse aux dépens des maîtres que leurs valets caricaturent, et il rit autant des maladresses que commettent ces valets lorsqu´ils tiennent le rôle des maîtres.


    Edition de Jean Goulemot 

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