Arts et spectacles

  • Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, Antonin Artaud fait de la violence de Van Gogh la réponse à l'obscénité haineuse du monde et des psychiatres ; de sa folie, une réponse de l'âme à l'imbecillité universelle qui lui souffle « Vous délirez ». Alors Van Gogh s'est tué parce qu'il ne pouvait pas tuer le psychiatre, le docteur Gachet. Il s'est tué parce qu'il ne pouvait plus supporter ce « délire » qu'on attachait à ses pas.
    « Je vois à l'heure où j'écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés, dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli.
    Tout cela, au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain, preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait, par le fait même, un formidable musicien. »

  • Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire : ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d'une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par « le prêtre, le juge, le gouvernant ».Avec La Morale anarchiste (1889), livre virulent et raisonné, il montre que seul l'instinct d'entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Émile Zola et d'un entretien avec Madeleine Rebérioux sur l'Affaire Dreyfus. Émile Zola séjourne à Rome quand l'Affaire Dreyfus éclate. Il est indigné par la dégradation militaire humiliante du capitaine le 5 janvier 1895. Quelques mois plus tard, il dénonce, dans des articles publiés dans "Le Figaro", les dangers que font courir à la France les campagnes de presse odieuses menées contre la République et contre les Juifs. Lorsque le commandant Esterhazy, protégé par l'armée, est acquitté à l'unanimité le 11 janvier 1898, Zola décide alors de s'engager totalement pour la défense d'Alfred Dreyfus. Il publie dans "L'Aurore" du 13 janvier 1898 une lettre ouverte adressée au président de la République Félix Faure. C'est son fameux "J'Accuse...!", puissant texte de combat dans laquelle il attaque nommément les membres de l'état-major, cherchant à se faire inculper pour que la vérité éclate dans un procès. Il est bien inculpé, au terme de deux procès, condamné à un an d'emprisonnement et à 3000 francs d'amende (la plus lourde peine). Il quitte la France le 18 juillet 1898 pour l'Angleterre, d'où il ne revient que le 5 juin 1899, abreuvé d'injures, calomnié, radié de l'ordre de la Légion d'honneur. Lui qui ne vit que de sa plume a perdu le calme propice au travail et une grande partie de ses lecteurs. Il meurt à Paris en 1902, à l'âge de 62 ans, sans avoir vu triompher la vérité pour la défense de laquelle il s'est engagé, notamment la loi d'amnistie du 14 décembre 1900 visant tous les faits relatifs à l'Affaire Dreyfus. Mais ce très grand écrivain, dont l'Académie française avait rejeté toutes les candidatures, a su avec son "J'Accuse...!" accomplir un acte dont la valeur morale et sociale a été déterminante, et devenir un modèle pour tous les intellectuels épris de justice et de vérité.

  • Maître de la pensée invectivante, Nietzsche ne cherche pas à démontrer, il assène, tranche, cogne. L'enjeu est de taille : il s'agit de réveiller un Occident englué dans plus de deux millénaires d'épais fourvoiement moral et philosophique. "Ecce Homo", "Voici l'homme", titre le plus insolent de l'histoire de la philosophie. "Voici le plus homme des hommes, Nietzsche en personne, ou Dionysos, son double, son modèle, son frère, et cet homme s'est construit la plus redoutable des santés."

  • "L'homme n'appartient ni à sa langue, ni à sa race : il n'appartient qu'à lui-même, car c'est un être libre, c'est un être moral (...). La vérité est qu'il n'y a pas de race pure, et que faire reposer la politique sur l'analyse ethnographique est une chimère. Les plus nobles pays, l'Angleterre, la France, l'Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé!" Souvent cité mais quasiment jamais lu, ce texte publié initialement en 1869, véritable profession de foi d'Ernest Renan, reste d'une étonnante actualité.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire. Publié en 1918, l'année de sa mort, "Le Flâneur des deux rives", promenades dans un Paris insolite et familier, réunit le meilleur des chroniques de Guillaume Apollinaire.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire et de neuf reproductions hors-texte. Sous-titré "Méditations esthétiques", cet essai publié en 1913, tout empreint du lyrisme propre au poète, se compose deux parties: la première, "Sur la peinture", constitue une introduction d'ordre général à la seconde, "Peintres nouveaux", dans laquelle l'auteur d'"Alcools" analyse les oeuvres de neuf peintres représentatifs du cubisme alors naissant: Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Juan Gris, Marie Laurencin, Fernand Léger, Francis Picabia, Marcel Duchamp, et un sculpteur: Duchamp-Villon. C'est la première tentative pour définir les caractères propres au jeune mouvement cubiste: son esprit, son ambition, sa nécessité historique. Pour Apollinaire, le cubisme n'impose pas de sujet, il n'imite pas la nature, il ne cherche pas à plaire. Réfutant l'accusation de nourrir des préoccupations géométriques, il en appelle à la sensibilité des Grecs devant la beauté d'un simple trait sans signification usuelle, et estime que les figures géométriques sont aux arts plastiques ce que la grammaire est à l'art d'écrire, les peintres du XXe siècle étant naturellement amenés à se préoccuper des mesures de l'étendue et de rejoindre ainsi les perspectives ouvertes par la géométrie non-euclidienne. Pour lui, les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l'apparence que revêt la nature aux yeux des hommes et de déterminer ainsi la figure de leur époque, celle-ci étant en l'occurence plus cérébrale que sensuelle. Récusant aussi l'accusation de "mystification" lancée contre les nouveaux peintres, il trace un historique du cubisme, de ses origines jusqu'aux expositions de 1912, faisant preuve pour l'époque d'une surprenante pénétration dans l'analyse des oeuvres et exaltant notamment celle de Pablo Picasso, qu'il évoque à la fois comme homme et comme peintre. "Les Peintres cubistes" d'Apollinaire contribua grandement à l'essor du mouvement cubiste dans l'histoire de l'art moderne.











  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. À la fois poème lyrique en prose, récit épique et méditation sur l'expérience de la vie et de la mort, le Chant de l'amour et de la mort s'inspire du tragique souvenir de l'un des ancêtres du poète, le cornette (porte-étendard) Christophe Rilke qui, après avoir découvert l'amour dans les bras d'une jeune femme, est tué lors d'une chevauchée héroïque pendant une bataille entre les armées de l'Empire austro-hongrois et de l'Empire ottoman. Pour l'auteur même des Lettres à jeune poète, cette oeuvre de jeunesse écrite en une seule nuit a "le rythme du sang qui le traverse, qui le porte, qui l'entraîne d'un bout à l'autre, sans qu'il y ait un moment d'hésitation ou d'incertitude."

  • Texte intégral révisé du manuscrit original suivi d'une biographie de Paul Gauguin. Préface et postface de Victor Segalen. Récit autobiographique du premier séjour effectué par Gauguin à Tahiti entre 1891 et 1893, "Noa Noa" ("parfumé" en tahitien) relate sa découverte de la Polynésie et de la civilisation maorie en même temps que son aventure intérieure, celle de la renaissance esthétique et spirituelle d'un homme et d'un artiste qui, au contact des "sauvages", a fait mourir en lui "le vieux civilisé". Laissant parler sa jeune maîtresse Tehura, ce sont l'histoire, la cosmogonie, la vie quotidienne, les rites, la langue, les dieux, la sensualité et, somme toute, "l'âme" du peuple maori passant par le mystère de la femme qui traverse ce journal intime d'un peintre en quête d'un paradis terrestre, d'une sorte d'Eden mythique où retrouver l'innocence perdue. Les deux textes de Victor Segalen, qui a découvert la version enluminée du manuscrit de "Noa Noa" après la mort du peintre, éclairent et enrichissent cette épopée polynésienne. "Noa Noa" constitue une oeuvre à part entière, incontournable pour qui veut comprendre l'immensité de la création de Gauguin et son apport non seulement pictural (par la marque décisive qu'il a laissé dans l'histoire de l'art moderne: primitivisme, fauvisme, nabisme, expressionnisme, cubisme,...), mais aussi littéraire.


  • Biographie et filmographie de James Dean (1931-1955), principal acteur de La Fureur de vivre de Nicholas Ray, de A l'Est d'Eden d'Elia Kazan, et de Géant de George Stevens. James Dean est devenu le nom le plus mythique du cinéma mondial. Le culte considérable dont il fut l'objet reste sans précédent dans l'histoire du 7e Art. Héros d'un temps qui refléta toutes les aspirations de la jeunesse, il révéla un nouveau public avant de devenir culte. Mais, plus que ces considérations extra-artistiques, James Dean reste avant tout le créateur unique d'un frémissant art poétique, somme de toutes les interférences du monde adolescent. Il ne fut pas une idole de son vivant, ce qui le mit à l'abri du maniérisme, du salut de ralliement pour teen-agers. Ses attitudes font partie intégrante de son registre de comédien et l'on peut y déceler directement les disciplines sportives auxquelles il s'était soumis: yoga, danse, tauromachie, qui sont à l'origine de cette expressivité corporelle.

  • Paul Cézanne et Émile Zola à Aix-en-Provence, à l'époque où la ville ne comptait encore que 25.000 habitants. Où l'on parle peinture - Degas, Monet, Renoir - et littérature - Les Rougon-Macquart - mais aussi du Collège Bourbon, de l'Affaire Dreyfus, du Canal de Provence, du Jas de Bouffan, du Musée Granet, de la Montagne Sainte-Victoire et des baignades dans la rivière L'Arc. Où l'on voit aussi comment, entre les murs tortueux et encaissés des ruelles d'une des villes phares de la culture hexagonale et estivale, Aix-en-Provence, joyau de la "terre des festivals", le génie des deux hommes fut alors accueilli et abondamment méprisé.

  • Cinéma. Entre intransigeance néo-réaliste et trouble baroque, entre idéologie et imaginaire, à l'heure précise où tout bascule, c'est-à-dire où une époque change de poétique... nous sommes en 1965. Un couple exceptionnel part en voiture à la recherche de "la Bombe", la mythique pétroleuse romaine. Ce sont Pier Paolo Pasolini et Federico Fellini. Ils ne la trouvent pas; mais après cet étrange voyage, Pasolini écrit un extraordinaire portrait du réalisateur de Rimini. Ensuite, Fellini, par-delà la mort et les malentendus professionnels et idéologiques, répond à son ami disparu.

  • Texte révisé suivi d'une biographie de Giorgio Vasari. Publiée d'abord en 1550, puis réédité en 1568 dans une version étendue aux artistes de son époque (la première édition n'ayant recensé que des artistes décédés, à l'exception de Michel-Ange), les "Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens" de Vasari sont considérés comme le texte fondateur de l'Histoire de l'art. L'auteur utilise sa profonde culture artistique et le riche matériel rassemblé aux cours de ses rencontres, voyages et travaux pour livrer une importante documentation sur quelque 200 artistes du XIIIe au XVIe siècle: biographies fouillées, catalogue des oeuvres, choix stylistiques, anecdotes et légendes, agrémentés souvent d'un commentaire personnel. Il présente et classe chaque artiste dans une perspective historique mais aussi mythographique et poétique. Il est le premier à utiliser le terme de "Renaissance" pour qualifier son époque, Renaissance qui se réalise selon lui à travers trois périodes correspondant aux trois parties du livre. La première comprend les maîtres du XIIIe et XIVe siècle: Cimabue, Arnolfo, Giotto, Lippo,... La deuxième les artistes du XVe siècle: Brunelleschi, Donatello, Masaccio, Mantegna, della Quercia, Le Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio, della Francesca, Fra Angelico, Uccello,... Enfin la troisième époque, l'âge d'or: Léonard de Vinci, Le Corrège, Veronese, Le Primatice, Raphaël ou encore Michel Ange. Grâce à un langage brillant, clair et mesuré, Vasari décrit avec bonheur peintures, sculptures, gravures et architectures. Devenu rapidement célèbre dans toute l'Europe, le livre a exercé une large influence sur la critique d'art au cours des siècles. Cette édition réunit un choix raisonné des meilleures "Vies" de Vasari.

empty