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  • Accès Interdit

    Thierry Saintot

    Linel nous entraine dans un voyage intérieur aux chemins escarpés et aux haltes destructrices avec le fardeau inaltérable de son enfance volée Linel n'a de cesse que de se reconstruire. Enfant privé d'amour, écrasé par un père brutal et abandonné par une mère soumise, l'enfant ne trouve pas sa place dans cet univers. Son père n'est présent que par sa violence et sa cruauté. Linel tente désespérément de se réfugier dans des sentiments maternels que sa mère lui refuse. L'existence de cette femme est sordide et misérable et le chemin de vie qu'elle poursuit l'entraine peu à peu vers l'irréparable. Dans cette descente aux enfers, Linel n'est pas épargné. Sa solitude est chronique, ses révoltes ponctuent les abandons et les abus sexuels jonchent son parcours. Pourtant, en dépit de son odyssée périlleuse, Linel atteint la cité brumeuse de Londres, lieu de mises en scène incontournables dans ses desseins de vengeance. Ce père à abattre y séjourne. Soupçon de pardon, goût de vengeance, et ruse sont également au rendez-vous. Linel parviendra-t-il à vaincre tous les démons contre lesquels il bataille depuis si longtemps ? Et puis Stella, elle aussi qui réapparait. Hasard ou pas ? Faut-il croire à cette soi-disant fatalité improbable et impropre à toute réalité ? Chacun de ces personnages clés l'ignore, mais leurs destins sont intimement liés. Un roman noir à l'atmosphère pesante dont on ne ressort pas indemne EXTRAIT La conséquence de mon erreur n'a pas tardé à provoquer en moi un sentiment d'impuissance. Un terrible blasphème a emporté mes indulgences, je ne pouvais continuer. Intolérant de mon image j'avais le choix de rester où de m'effacer. La réflexion intense qui m'usait aboutit un dimanche vers ma destinée. Seule, une pertinence vaguement organisée orientait ma démarche. Compliquée. La décision que je devais prendre n'offrait pas d'alternative, injuste, la meurtrissure que je ne dominais plus m'entraînait à louvoyer entre larmes de tristesse et océan de lave de néant. Tonitruant d'amertume, effiloché d'avoir tenté d'assumer mon inefficace inconstance, je bavais de ma propre ingérence, dominatrice de mes errances. Apparemment nonchalant, je vomissais en circuit fermé. Ma propre image semblait vouloir me fuir, pourtant, pourtant avant de passer à l'acte j'ai bien réfléchi, prié, pleuré. Pas assez.

  • Au contact de la vie

    Lou Aubry

    C'était pourtant une grande et joyeuse famille sans histoires... « Je n'ai jamais voulu ça... Je n'ai rien demandé, je voulais juste vivre une vie paisible... Mais on m'en a empêché. » Katerina le sait bien, nous devons tous faire face à la mort tôt ou tard et nous avons tous une façon différente de réagir. Ce jour funeste où elle a découvert le cadavre d'Owen, son frère, elle a senti une part d'elle-même se briser... Lui a définitivement perdu toute chance de profiter d'une vie pleine de promesses. Jamais, Katerina ne le pardonnera. Le vaste manoir des Vandaele résonnera bientôt d'autres cris, le sang n'a pas fini de couler sur les secrets et les non-dits d'une famille bourgeoise. Avec Erwan, policier chargé de la protection de la famille, Katerina traquera l'assassin et lui fera payer ses crimes quoi qu'il en coûte... Un thriller palpitant avec une touche de romance interdite EXTRAIT Katerina s'arrêta pour reprendre son souffle. Elle courait depuis bientôt deux heures à un rythme régulier et elle sentait que son corps commençait enfin à se fatiguer. Elle s'accorda deux secondes avant de repartir en sprintant. Les arbres autour d'elle défilaient sans qu'elle y prête réellement attention, ce décor était devenu coutumier pour elle, bien qu'elle ne pût s'empêcher de s'extasier encore parfois devant la beauté de la nature. Abandonnant le sentier de randonnée, la jeune femme prit celui caché par les arbustes qui n'était connu que des habitués de la forêt. Le chemin y était plus abrupt et marcher dessus n'était pas une mince affaire, quant à courir, cela relevait de la folie.

  • Plongez au coeur de l'Algérie médiévale et de ses mystères L'histoire de l'Algérie médiévale est un sujet passionnant. Pourtant, romanciers et historiens restent souvent à l'écart de cette période d'effervescence politique et sociale. Chérif Arbouz, écrivain algérien attaché à l'histoire de son pays nous comble avec le Seigneur aux panthères, recueil de deux nouvelles qui ont comme toile de fond la Kabylie des 15e et 16e siècles. Un duo de nouvelles saisissant, basé sur des faits réels EXTRAIT Ce fut un jour entre tous béni pour Sid Ali At Maamar que celui du 12 avril 1491, date qui marquait l'heureux aboutissement de sa longue attente d'un héritier. Ses trois premières femmes consécutives furent toutes répudiées, faute de lui avoir assuré une descendance, et la quatrième enfin, Fatima, après cinq ans de mariage, venait d'accoucher, et qui plus est d'un garçon, ainsi qu'il l'avait ardemment espéré. Jusqu'au moment où se répandit l'extraordinaire nouvelle que l'épouse de la dernière chance attendait un bébé, l'entourage de Sid Ali en était venu à considérer celui-ci comme incapable d'engendrer, ce que lui-même de guerre lasse, avait fini par admettre. Une telle situation était d'autant plus navrante à ses yeux, que Sid Arezki son unique frère, de cinq ans plus jeune que lui, s'était marié et avait eu de Zahra sa femme, deux garçons, Hassan et Hocine. Et voilà qu'enfin le mauvais sort était conjuré, permettant à Sid Ali d'envisager l'avenir avec sérénité, maintenant qu'il avait un héritier. Celui-ci fut prénommé Lyazid.

  • Une ballade poétique en quinze chants qui vous entrainera dans un voyage envoûtant Dans un vieux coffre, Aleksandr découvre le manuscrit d'un livre que sa mère écrivait lorsqu'il était enfant. Elle l'invite à découvrir la légende d'Un colibri en Sibérie... Aidé par les forces de la Nature, un frêle colibri se lance dans un périple vers la lointaine Sibérie. Sans le vouloir, c'est à la rencontre de Marusia qu'il s'élance avec bravoure. Coeurs solitaires séparés par les monts et les flots, Colibri et Marusia sont destinés à unir leurs destins et rejoindre les terres chaudes qui ont vu naître Colibri... Chaque rencontre, chaque danger révèle Colibri à lui-même et au monde dont il observe les turpitudes avec le regard plein de bon sens d'un Innocent. Une fable délicate et touchante, un chant d'amour et de liberté à méditer, tenue pour un droit naturel et inaliénable au même titre que la quête du bonheur ou de la liberté. EXTRAIT Au loin, on entend les hurlements des loups et le sifflement d'un vent de tempête qui, dans un enchevêtrement de présences étranges, apporte la réponse à une prière... De l'autre côté, les cascades s'écoulent, les fleurs sourient ; des ailes incessantes dessinent leur anxiété... Ce sont deux âmes dans des mondes différents. Deux êtres qui recherchent le miraculeux nectar de l'amour... Ainsi commence le miracle, ainsi débute cette histoire...

  • Diderot dans sa maîtrise de l'art du dialogue nous pousse à la réflexion philosophique Jacques le fataliste et son maître est un roman satirique sous la forme d'un dialogue réjouissant entre Jacques, valet de son état, et son maître. En marge, Diderot intervient directement dans le récit, médite sur ses protagonistes, s'adresse au lecteur qu'il invite à réfléchir sur un sujet central : pouvons-nous agir librement ou tout est-il écrit d'avance ? Au cours d'un voyage sans réelle destination, Jacques fait le récit de sa vie et de ses amours, interrompu sans cesse par les réflexions de son maître et ses propres digressions. Le périple riche de rencontres et d'aventures extraordinaires donne le prétexte à de nouvelles histoires, et maints débats moraux et philosophiques. Cet enchevêtrement fait de chaque page une surprise et permet de brosser habilement le portrait de Jacques. Bon garçon, ingénieux et doté d'un franc-parler, il philosophe naïvement et livre des opinions bien arrêtées sur la vie et les évènements de ce monde, ce qui permet au philosophe de le contredire, de faire part de ses opinions et de ses doutes. Sous le couvert d'un roman picaresque échevelé, Diderot nous livre un essai philosophique qui compte parmi les oeuvres majeures de la littérature française. La vivacité et la liberté de langage, le caractère cocasse de la plupart des situations lui permettent d'aborder avec profondeur et sans ennui de nombreux sujets. L'ensemble témoigne du caractère généreux, parfois paradoxal et toujours génial du philosophe. Un texte riche et instructif ! EXTRAIT Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe ? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. LE MAÎTRE. - C'est un grand mot que cela. JACQUES. - Mon capitaine ajoutait que chaque balle qui partait d'un fusil avait son billet. LE MAÎTRE. - Et il avait raison... » Après une courte pause, Jacques s'écria : « Que le diable emporte le cabaretier et son cabaret ! LE MAÎTRE. - Pourquoi donner au diable son prochain ? Cela n'est pas chrétien.

  • Le Neveu de Rameau

    Denis Diderot

    Diderot dans sa maîtrise de l'art du dialogue nous montre ce que doit être un honnête homme Avec Le Neveu de Rameau, Diderot expérimente une forme littéraire originale, celui du (faux) dialogue entre deux personnages qui lui permet d'aborder habilement les sujets délicats de la morale et de la vertu sans imposer frontalement son opinion. Le procédé n'est pas sans rappeler la pratique socratique du dialogue. Partis de positions diamétralement opposées, les personnages, le philosophe (Moi) et Jean-François Rameau (Lui, neveu du compositeur), s'affrontent sur les valeurs morales de la société. Vertu, art, musique, éducation... tout est motif de débat. Pourtant, leurs points de vue se rapprochent au fur et à mesure de la discussion, et le philosophe impose peu à peu sa vision de l'honnête homme. Diderot a mis plus de 10 ans à terminer Le Neveu de Rameau, publié bien après sa mort. UPblisher a retenu pour cet ebook l'édition de 1891. Satire des parasites, des flagorneurs et des cyniques, ce roman philosophique résonne comme la protestation d'un anarchiste contre les préjugés et les abus d'une société corrompue. Un texte très actuel ! EXTRAIT Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid, c'est mon habitude d'aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal. C'est moi qu'on voit, toujours seul, rêvant sur le banc d'Argenson. Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit dans l'allée de Foy nos jeunes dissolus marcher sur les pas d'une courtisane à l'air éventé, au visage riant, à l'oeil vif, au nez retroussé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s'attachant à aucune. Mes pensées, ce sont mes catins. Si le temps est trop froid, ou trop pluvieux, je me réfugie au café de la Régence ; là je m'amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l'endroit du monde, et le café de la Régence est l'endroit de Paris où l'on joue le mieux à ce jeu.

  • Plongez dans les machinations sans limites d'un duo de libertins machiavéliques Publié en 1782, ce roman provoque un tel scandale que l'auteur est mis à l'index, exclu des salons parisiens et menacé dans sa carrière de soldat. Ce paquet de lettres sent le soufre, parfum que le temps n'a pas dissipé ! Écrit tout entier sous forme de courrier échangé entre les personnages, le roman met en scène deux protagonistes, le vicomte de Valmont, libertin qui hante les salons à la recherche de proies dignes de lui, la marquise de Merteuil, esprit retors qui masque une vie dissolue sous le masque de la dévotion, et leurs... victimes. Féru de stratégie, Valmont aime la difficulté : il veut suborner une femme vertueuse pour se sauver du ridicule d'en être amoureux. Merteuil se délecte de l'intrique : elle complote, manoeuvre les gens comme les pions d'un jeu d'échecs. Valmont, un ancien amant, est son meilleur ami et se fait l'instrument de ses cruelles fantaisies. Pour se venger d'un intime, la marquise ourdit un plan ravageur et lance la partie. Peu importent les conséquences, la jouissance est à ce prix. Les Liaisons dangereuses, c'est l'histoire de deux êtres cyniques qui jouent l'un avec l'autre, l'un contre l'autre, se défient, s'accordent et se fâchent au détriment des membres de leur entourage. Brillant, subtil, parfois féroce mais toujours captivant. C'est aussi une satire qui « peint avec naturel, hardiesse et esprit le désordre des principes et des moeurs de ce qu'on appelle la bonne société » (Grimm). C'est enfin une illustration froide de la fascination que peut exercer le mal sur des êtres intelligents qui y cèdent comme à une drogue, pour tromper l'ennui. Laclos ne condamne pas plus le mal qu'il n'en fait l'éloge. Il constate seulement qu'il existe, observation renforcée par le ton des lettres, précis et impassible. Laclos bannit toute forme de frivolité ou de la sentimentalité, ce qui lui vaut le beau compliment de Baudelaire : « Ce livre, s'il brûle, ne peut brûler qu'à la manière de la glace. » De sa parution à nos jours, l'oeuvre connaît un vif succès et fait de Laclos un de auteurs français les plus célébrés dans le monde. Les nombreuses adaptations à l'écran, sur tous les continents, démontrent sa portée universelle. Alors, au jeu de la perversion, qui gagne, le vicomte ou la marquise, l'homme ou la femme ? La réponse dans ce chef-d'oeuvre du roman français ! Un roman qui a fait grande polémique à sa première publication mais dont on se délecte encore aujourd'hui EXTRAIT LETTRE PREMIÈRE CÉCILE VOLANGES À SOPHIE CARNAY aux Ursulines de... Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne prennent pas tout mon temps ; il m'en restera toujours pour toi. J'ai pourtant vu plus de parures dans cette seule journée que dans les quatre ans que nous avons passés ensemble ; et je crois que la superbe Tanville aura plus de chagrin à ma première visite, où je compte bien la demander, qu'elle n'a cru nous en faire toutes les fois qu'elle est venue nous voir in fiocchi. Maman m'a consultée sur tout ; elle me traite beaucoup moins en pensionnaire que par le passé. J'ai une femme de chambre à moi ; j'ai une chambre et un cabinet dont je dispose, et je t'écris à un secrétaire très joli, dont on m'a remis la clef, et où je peux renfermer tout ce que je veux. Maman m'a dit que je la verrais tous les jours à son lever ; qu'il suffisait que je fusse coiffée pour dîner, parce que nous serions toujours seules, et qu'alors elle me dirait chaque jour l'heure où je devrais l'aller joindre l'après-midi. Le reste du temps est à ma disposition, et j'ai ma harpe, mon dessin et des livres comme au couvent ; si ce n'est que la Mère Perpétue n'est pas là pour me gronder, et qu'il ne tiendrait qu'à moi d'être toujours à rien faire : mais comme je n'ai pas ma Sophie pour causer et pour rire, j'aime autant m'occuper.

  • Un ouvrage pour accompagner les entrepreneurs en devenir La vie professionnelle est faite de hauts et de bas, les parcours linéaires se font rares. Dans ces conditions, qui n'a jamais rêvé d'être à son compte ? Près d'un tiers des Français souhaite entreprendre un jour (étude pour le Salon des entrepreneurs, février 2014). Cela étant, on perçoit intuitivement que cette liberté a un coût. Lequel ? Combien ? Est-ce illusoire d'espérer avoir une totale autonomie de fonctionnement dans un système aussi interdépendant ? Dans Je veux créer ma boîte, ça se soigne ?, Thierry Etoc, chef d'entreprise et consultant, présente des pistes de réflexion pour vous aider à définir votre profil d'entrepreneur, suivies d'un mode d'emploi de la création d'entreprise. Bien au-delà des formalités d'immatriculation, il traite de tout le cursus auquel un entrepreneur est confronté à partir d'une idée, jusqu'à sa réalisation, un long chemin qui conjugue créativité et rigueur, rapidité et endurance. Tout cela est décrit, décrypté, expliqué et démystifié. Thierry Etoc rappelle que la création d'entreprise n'est pas réservée à une élite qui relèguerait ceux qui n'ont pas un bagage suffisant aux soutes de notre économie. Tout le monde peut devenir entrepreneur, sans toutefois garantir le succès. Il en profite pour dédramatiser l'échec : vous abandonnez en chemin, c'est que vous n'étiez probablement pas prêt, ou les conditions n'étaient pas réunies. L'alchimie est complexe, et la genèse de l'entreprise est loin d'une science exacte... mais toute démarche de création d'entreprise garde sa valeur même si elle est inachevée. Nous avons collectivement besoin d'entrepreneurs pour le bien de tous. Avec ce livre, vous disposez d'une méthode éprouvée qui, suivie pas à pas, évite bon nombre de déconvenues et aide à surmonter le barrage des défaitistes. Apprentis entrepreneurs, 100 % de ceux qui ont réussi ont tenté leur chance ! EXTRAIT J'ai accompagné et guidé des porteurs de projets pendant de nombreuses années. Ce travail passionnant m'a permis de pénétrer la mécanique de la création d'entreprise sur le plan humain. L'aspect technique de la gestion du projet est également traité. J'ai souhaité écrire cet ouvrage pour partager mes réflexions et mes observations. Il est différent des nombreux écrits sur ce thème, car il s'intéresse essentiellement à l'aspect humain avec ses émotions, et son irrationalité. Beaucoup sont plus compétents que moi sur l'aspect technique et formel de la création d'entreprise. Certains évoquent un parcours du combattant, pour ma part je pense plutôt à un parcours initiatique qui selon les cas, se vit dans l'harmonie et le plaisir, mais parfois au contraire dans la contrainte et les difficultés. La seule manière de tirer tout le plaisir d'un processus de création, c'est de le comprendre, et le maîtriser.

  • Loué sois-tu

    Pape François

    Une vibrante exhortation à la préservation de notre environnement. Ce texte dépasse le cercle des fidèles ; sa portée universelle et le charisme de son auteur en font une contribution majeure aux débats sur l'écologie, souvent marqués par les intérêts économiques et politiques des débateurs. La lutte pour « la sauvegarde de la maison commune » mérite plus d'objectivité et la capacité à fédérer le plus grand nombre de personnes. C'est pourquoi UPblisher souhaite diffuser et faire connaître Laudato Si', sous forme de livre numérique gratuit, comme la Librairie Vaticane l'y autorise. Laudato Si' reprend l'invocation qui rythme le « Cantique des Créatures » de Saint-François d'Assise (1181-1226). Ode à la nature, ce chant célèbre le Feu, l'Eau, l'Air et la Terre comme frères et soeurs des êtres humains et nous enjoint à respecter et protéger la Terre qui nous nourrit et régit nos vies. Si la préoccupation de notre environnement en est le fil rouge, l'encyclique n'est pas pour autant une élégie célébrant les beautés de la Nature. François pose le débat en ces termes : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent ? » (160) ; ainsi il s'interroge sur le sens de l'existence et les valeurs qui fondent notre vie en société. En six chapitres, Laudato Si' dresse un état des lieux, remonte aux origines des sujets identifiés, propose un projet, « une écologie intégrale, qui a clairement des dimensions humaines et sociales. » (137), suggère des moyens de mise en oeuvre, met l'accent sur l'éducation et conclut sur l'ardente nécessité d'unir les meilleures volontés. Laudato Si' est un texte sobre, documenté et optimiste quant à notre capacité à réagir : « les êtres humains, capables de se dégrader à l'extrême, peuvent aussi se surmonter, opter de nouveau pour le bien et se régénérer » (205). La lecture de ce texte, religieuse ou morale, convient à tous les publics et porte un espoir auquel il nous convient de donner corps. EXTRAIT 1. « Laudato si', mi' Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d'Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une soeur, avec laquelle nous partageons l'existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l'herbe ». 2. Cette soeur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l'utilisation irresponsable et par l'abus des biens que Dieu a déposés en elle. Nous avons grandi en pensant que nous étions ses propriétaires et ses dominateurs, autorisés à l'exploiter. La violence qu'il y a dans le coeur humain blessé par le péché se manifeste aussi à travers les symptômes de maladie que nous observons dans le sol, dans l'eau, dans l'air et dans les êtres vivants. C'est pourquoi, parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, qui « gémit en travail d'enfantement » (Bm 8, 22). Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2, 7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure.

  • Un extrait de La Philosophie dans le boudoir mit en lumière pour en saisir toute l'importance Français, encore un effort si vous voulez être républicains est un extrait de La Philosophie dans le boudoir, ensemble de dialogues publiés anonymement en 1795. S'il n'est pas une oeuvre à part entière, c'est un manifeste politique inséré dans le Cinquième dialogue. Articulé autour de deux thèmes, « La religion » et « Les moeurs », Sade reprend succinctement les idées contenues dans le roman en posant les bases d'un nouveau contrat social. Il y déploie une argumentation marquée par un athéisme et un matérialisme ravageurs, et critique impitoyablement toute contrainte sociale, morale ou politique qui tend à s'opposer à la volonté de l'individu. Ce qui l'amène notamment à promouvoir la libération sexuelle des femmes et à réfuter toute condamnation de l'homosexualité. « Est-il possible d'être assez barbare pour oser condamner à mort un malheureux individu dont tout le crime est de ne pas avoir les mêmes goûts que vous ? ». Sade discourt avec la même liberté sur l'avidité, le vol et l'assassinat, l'adultère ou l'inceste. Il convient alors de rappeler que le refus vigoureux de toute forme de contrainte a parfois mené l'auteur sur des chemins de traverse que le marquis ne pratiqua jamais. D'une portée universelle, Français, encore un effort si vous voulez être républicains propose des réponses radicales à des questions toujours d'actualité : religion, sexualité, liberté individuelle, conventions sociales... transgression, interdits ! Sade nous exhorte à jouir rageusement de notre liberté dans tous les domaines. Il espère ainsi parvenir à une forme d'utopie libertaire, basée sur un compromis social que chacun peut dénoncer ou renouveler à tout moment. On peut adhérer à sa vision, à certaines de ces idées ou les rejeter totalement, le débat reste ouvert... Sade nous offre une ode à la liberté de penser avec une plume bien acérée EXTRAIT Je viens offrir de grandes idées : on les écoutera, elles seront réfléchies ; si toutes ne plaisent pas, au moins en restera-t-il quelques-unes ; j'aurai contribué en quelque chose au progrès des lumières, et j'en serai content. Je ne le cache point, c'est avec peine que je vois la lenteur avec laquelle nous tâchons d'arriver au but ; c'est avec inquiétude que je sens que nous sommes à la veille de le manquer encore une fois. Croit-on que ce but sera atteint quand on nous aura donné des lois ? Qu'on ne l'imagine pas. Que ferions-nous de lois, sans religion ? Il nous faut un culte et un culte fait pour le caractère d'un républicain, bien éloigné de jamais pouvoir reprendre celui de Rome.

  • Adolescence, sport et succès, comment tout gérer ? Au centre de l'attention du public et des médias, le champion est désormais investi d'une fonction qui dépasse largement le champ sportif ; icône moderne, il véhicule une image de réussite sociale, particulièrement forte chez les jeunes. A « l'âge du passage entre l'enfance et l'âge adulte », l'adolescent champion doit relever un double défi : l'accès à l'identité d'adulte, accomplissement naturel de l'adolescence et l'accès à l'identité de champion, aboutissement logique de l'investissement sportif de haut niveau. L'adolescent ne possède pas toujours le caractère et les armes pour faire les bons choix et en assumer les conséquences. Alors comment gérer et vivre ces deux phénomènes, l'un par rapport à l'autre ? Quels bénéfices l'adolescent peut-il tirer de cette expérience de pratique sportive intensive ? et surtout, comment l'accompagner dans ce choix pour que sa « carrière » sportive s'harmonise avec sa propre trajectoire de vie ? Questions brûlantes que doivent se poser parents, accompagnateurs, enseignants, entraîneurs, médecins du sport, en fait, tous ceux et celles qui entourent l'adolescent sportif. Avec « L'Adolescent champion », le docteur Claire Carrier présente un remarquable travail d'analyse des paramètres culturels, scientifiques et fonctionnels de la gestion des jeunes sportifs. Forte de son expérience de prise en charge d'adolescents à l'INSEP, elle propose un schéma d'analyse inédit, adapté aux adolescents sportifs de haut niveau. Un guide sous forme de questions-réponses qui permet une meilleure vision d'ensemble sur le passage à l'âge adulte et le monde sportif EXTRAIT Il est d'observation courante que le choix sportif de haut niveau se fait en période de préadolescence : la plupart des sélections s'adresse à des jeunes gens âgés de dix à quatorze ans, ayant déjà investi le domaine sportif. L'entraînement intensif visant la performance concerne les années suivantes, c'est-à-dire les années d'adolescence, âge du changement, du « passage » entre l'enfance et l'âge adulte. Ainsi, l'accès à l'identité adulte, accomplissement de l'adolescence comme l'accès à l'identité de champion, aboutissement de l'investissement sportif de haut niveau, sont proposés à l'individu au même moment de son développement. Partant de ce constat, la question que nous allons développer, est celle des manières de gérer et de vivre ces deux phénomènes l'un par rapport à l'autre : interaction, intrication, utilisation réciproque ou au contraire séparation, exclusivité.

  • Un dictionnaire hilarant qui vous donnera une autre vision des mots ! Le Dictionnaire approximatif de Georges Gelbard est d'abord conçu pour faire rire. Des entrées inattendues, des détournements désopilants, des jeux de mots facétieux feront votre bonheur. A découvrir pour se distraire uniquement ! Esprits moroses se tenir à l'écart. EXTRAIT ABELARD P?: pianiste, a composé la « Lettre à Héloïse ». ABOMINER?: haïr les chats. ABREUVOIR?: source d'injures. ABSIDE SULFUREUX?: endroit d'une église où il se passe des choses pas très catholiques. ACARIÂTRES?: petits insectes qui ont mauvais caractère. ACCABLÉE?: se dit d'une personne désolée de ne pas être encore connectée au réseau. ACHILLE?: escroc aux chèques sans provision, s'est fait pincer par les talons. ACERBES?: propos tenus par des yougoslaves. ACOUSTIQUE?: produit pour faire briller le parquet des salles de concert, un coup d'acoustique met la musique en valeur. ACUPUNCTURE?: les plaisirs d'Épicure. ADJUVANT?: sous off' qui en rajoute. ADULTÈRE?: la Morale réprouve, l'Église condamne... donc ça doit être quelque chose d'intéressant... AÉROPHAGIE?: passion dévorante pour l'aviation.

  • TriSol

    Joan Ott

    Bienvenue sur TriSol, un monde (trop) parfait. TriSol, un monde parfait. Chacun y connaît sa place, chacun s'attèle à sa tâche avec l'abnégation de ceux qui ne doutent jamais. Les scripteurs écrivent, les votants votent, les servants servent les enfants rois qui deviendront des servants eux-mêmes. Comme le songe Barnabé, le scripteur « Notre monde est tout de même bien fait ». Réfugiés d'une Terre épuisée, les TriSoliens s'appliquent à éviter les travers qui ont conduit leurs ancêtres à la perte de la planète Mère. Un régime de castes parfaitement accepté apaise les tourments de l'ambition et du désir. La perpétuation de l'espèce est préférée aux aléas d'une reproduction non maîtrisée. Les machines assurent pour tous une production de denrées alimentaires en quantité suffisante. Les années s'étirent sans heurt sous la direction des vénérables et de la Mâcheuse Sacrée, jusqu'au jour où... Joan Ott nous guide à travers les arcanes d'une société vouée au bonheur perpétuel, où libre-arbitre et passions ont depuis longtemps laissé la place à l'harmonie et à la concorde. TriSol est une forme d'utopie technologique gouverné par la rationalité la plus pure. Entre science-fiction et fable futuriste, Joan Ott nous invite à réfléchir sur ce qui fait de nous des êtres humains. À vous de donner votre réponse. EXTRAIT Les cris des enfants perchés dans les arbres du parc vrillaient les oreilles de Barnabé qui, agacé, s'en alla fermer la porte-fenêtre de son bureau. Il lui fallait rendre sa copie avant la fin du jour et il n'en était encore qu'à la première partie de sa transcription qui devait en compter trois, si du moins il s'en tenait au plan initial. Mais quelle drôle d'idée, se dit-il : la règle c'est la règle, un point c'est tout ! Ce jour-là, il s'agissait d'une mise à jour qui ne demandait que peu de modifications, voire aucune, mais il lui fallait malgré tout se montrer vigilant : pas question de commettre la moindre maladresse. Derrière le triple vitrage d'excellente récupération, les hululements n'étaient plus que vague gazouillis qui ne l'empêcherait pas de se concentrer. Il se remit donc à la tâche, en venant à mordre jusqu'au sang le bout de sa langue sans même qu'il en eût conscience : tout à son effort, il n'entendait, ne voyait, ne sentait plus rien.

  • Une psychanalyse qui a du chat ! Une jeune chatte malicieuse et égocentrique nommée Cerise entreprend sa « P'titchatnalyse » avec le bon Docteur Fremd. Dans un langage alerte et peu châtié dont elle a le secret, elle fait montre de son caractère bien trempé, de sa mauvaise foi évidente et son ingéniosité parfois féroce, même si elle sait aussi être tendre avec ses parents adoptifs, qu'elle appelle affectueusement ses « harengs »... Amateurs de chats (de 7 à 97 ans), attendez-vous au pire ! Un roman délirant et joyeusement illustré qui n'a pas fini de vous surprendre ! EXTRAIT Qu'est-ce qu'elle a, ma tête ? - Eh ba Docteur, figurez-vous que ma tête, encore, c'est rien. Rien à côté de ce nom ridicule ! Patapoute, Patapoute, est-ce que j'ai une tête de patapoute ? ? Bon, c'est vrai, j'en rajoute un peu, parce que « Patapoute », c'est juste mon nom quand je descends l'escalier de la maison. En vrai, ils ne m'appellent pas comme ça le reste du temps. Mais bon, quand-même, faut pas pousser. Quoi que « Patapoute », en y regardant de près, ça évoque bien le doux martellement que je fais dans ces cas-là, sauf si je suis en train de courir à tout berzingue pour dévaler cette curieuse invention humaine (ça, c'est plutôt rigolo : je leur fais de ces frayeurs parfois !) En fait, je m'appelle Cerise pour de bon (c'était avant que la pub des assurances, vous savez, me vole mon nom pour le donner à cette blondasse ridicule à pois jaunes ou verts qu'a pas un neurone sous son écorce crânienne, mais restons zen.)

  • Chacun a son histoire, Chérif Arbouz raconte celle de quelques algériens hors du commun Il a beaucoup été écrit sur le passé colonial de l'Algérie, le désir de soutenir une thèse l'emportant souvent sur une honnête relation historique exempte de toute passion. Dans le présent ouvrage, il ne s'agit nullement d'Histoire, mais de simples histoires vraies. Elles constituent une suite de récits se rapportant à des vécus authentiques, lesquels sont relatés d'une manière plaisante et instructive à la fois. Les personnages mis en scène ne sont cependant pas des gens ordinaires, bien au contraire, et c'est pourquoi, en leur temps, ils ont acquis une notoriété suffisante pour qu'elle leur survive. L'Algérie, pays de tradition orale, a eu ses conteurs publics depuis les temps les plus anciens jusqu'à la fin de l'époque coloniale. Parallèlement à cela, l'actualité offrait l'occasion de mettre en valeur les faits et gestes de tel ou tel personnage, lorsque ceux-ci étaient dignes de susciter l'intérêt. L'auteur a réuni toute cette matière pour publier le présent ouvrage. Ainsi, par exemple, le lecteur découvrira dans ce livre, l'histoire d'un meunier rappelant Maître Cornille, ou celle de deux instituteurs, l'un Corse et l'autre Kabyle, rivalisant de roublardise sur fond de pédagogie. S'agissant d'instituteurs, toute la deuxième partie du livre est consacrée à l'un d'entre eux, dont la remarquable personnalité lui permit de se faire une place au soleil dans un village de colonisation. De fil en aiguille et d'est en ouest du pays, le lecteur découvrira de façon très agréable comment les gens vivaient leur siècle dans le dernier quart de l'époque coloniale en Algérie. Une suite de récits historiques pour plonger dans la vie et les moeurs de l'Algérie coloniale EXTRAIT Faisant partie de la génération dont la prime jeunesse a eu comme cadre l'Algérie des années trente à cinquante du siècle dernier, c'est en qualité de témoin de cette période que je me suis employé à faire revivre des moments choisis de celle-ci, à travers une suite de récits. L'Algérie était alors colonie française, mais ce n'était déjà plus celle de nos parents, et encore moins celle de 'nos grands parents, telle que ceux-ci en parlaient, car beaucoup de choses avaient entre temps changé. Revenons-en maintenant au livre lui-même. Celui-ci comporte deux parties distinctes, et la première, sous le titre « Anecdotes et récits d'époque. », est l'expression de ce qui se racontait ici et là, moi-même étant parfois impliqué en qualité d'acteur, sous tel ou tel pseudonyme. Ces authentiques relations ont été choisies parce qu'elles mettent en relief des manières d'être, de penser ou d'agir, propres à cette époque, dans le cadre de situations souvent insolites, cocasses, ou les deux en même temps. La deuxième partie intitulée « L'inénarrable Si Djoudi », se présente pour sa part comme l'histoire d'un homme hors du commun, qui en son temps défraya la chronique, en des lieux divers où il vécut. Instituteur de son état, toute sa carrière se déroula en zone rurale, et l'essentiel de ce qui est relaté, eut pour cadre un village de colonisation, modèle du genre en l'occurrence.

  • L'Art d'Aimer

    Ovide

    A la fois drôle et sérieux, découvrez l'un des plus vieux textes érotiques existants L'Art d'Aimer est une oeuvre en vers écrite à Rome vers l'an 1 de notre ère. Elle demeure un des textes érotiques parmi les plus célèbres au monde. Le poète Ovide s'adresse à nous comme à des élèves, garçons et filles, auxquels il va enseigner l'art d'aimer et de séduire, d'abord aux hommes dans les deux premiers livres, puis aux femmes dans le dernier. À partir de conseils pratiques, il prodigue à ses « élèves » une éducation étonnamment moderne. Vous voulez savoir ce qu'il faut faire, dire, ce qu'il ne faut surtout ni faire, ni dire, connaître le bon moment pour agir... Ovide y répond ! Facétieux, ce qu'il apprend aux hommes, il le révèle aux femmes et les met en garde contre les stratégies masculines... qu'il leur a inculquées ! OEuvre parodique, l'Art d'Aimer connaît un grand succès auprès de ses contemporains qui y voient une caricature de leurs propres moeurs. L'Art d'Aimer est aussi pour Ovide un moyen d'affirmer ses convictions sur l'amour, vu comme valeur fondamentale, et la liberté des individus sans distinction de sexe. D'une modernité surprenante, il place les amants sur un plan d'égalité et affirme qu'il dépend du talent de l'homme ou de la femme de susciter l'amour et d'en entretenir la flamme. Après 2 000 ans de succès ininterrompu, c'est pour vous le moment de découvrir l'Art d'Aimer. En bonus, vous trouverez Ars Amatoria, le texte intégral en latin, après la version française. Latinistes de tous poils, à vos Gaffiot ! Un classique célèbre et indémodable ! EXTRAIT L'amour est de nature peu traitable ; souvent même il me résiste ; mais c'est un enfant ; cet âge est souple et facile à diriger. Chiron éleva le jeune Achille aux sons de la lyre, et, par cet art paisible, dompta son naturel sauvage : celui qui tant de fois fit trembler ses ennemis, qui tant de fois effraya même ses compagnons d'armes, on le vit, dit-on, craintif devant un faible vieillard et docile à la voix de son maître, tendre au châtiment des mains dont Hector devait sentir le poids. Chiron fut le précepteur du fils de Pélée ; moi je suis celui de l'amour ; tous deux enfants redoutables, tous deux fils d'une déesse. Mais on soumet au joug le front du fier taureau ; le coursier généreux broie en vain sous sa dent le frein qui l'asservit : moi aussi, je réduirai l'Amour, bien que son arc blesse mon coeur, et qu'il secoue sur moi sa torche enflammée. Plus ses traits sont aigus, plus ses feux sont brillants, plus ils m'excitent à venger mes blessures. Je ne chercherai point, Phébus, à faire croire que je tiens de toi l'art que j'enseigne : ce n'est point le chant des oiseaux qui me l'a révélé ; Clio et ses soeurs ne me sont point apparues, comme à Hésiode, lorsqu'il paissait son troupeau dans les vallons d'Accra. L'expérience est mon guide ; obéissez au poète qui possède à fond son sujet. La vérité préside à mes chants ; toi, mère des amours, seconde mes efforts !

  • La Nuit du henné

    Hamid Grine

    L'histoire de Maria et Maâmar, un jeune couple dans l'Algérie des années 80, celle du socialisme finissant, de la crise des logements et de la répression sexuelle. Dans ce décor où différentes générations se côtoient, Maria et Maâmar partent passer leur lune de miel au bord de la mer. Maâmar est une sorte de « macho » amateur de masques, ceux que l'on utilise pour dissimuler ou inventer la réalité. Cynique ou naïf (peut-être les deux), condescendant avec son épouse, il est pétri de contrastes et de contradictions, représentant en cela toute une génération et toute une époque qui s'achève. Maria est charmante, douce, tendre, positive, simple. Maternelle avec son mari, elle agit en sainte, tout en attisant malgré elle la convoitise des hommes, qui la regardent et l'épient, telle une apparition bien charnelle sur cette plage où les deux époux passent leurs journées. Tout paraît normal. Pourtant le démon rôde, surtout la nuit, et le séjour du jeune couple se fait de plus en plus étouffant, oppressant. Le roman prend alors des allures de conte fantastique et il faudra conjurer la superstition, qui n'est peut-être pas où on l'attend, afin que cette histoire simple ne devienne pas un cauchemar... Histoire d'une supercherie, La nuit du Henné est un roman au verbe direct et au réalisme cru, à l'humour acéré, au style fluide, vif et alerte, qui décortique la réalité pour mieux en jouer, qui perce les mystères du conscient et de l'inconscient des êtres, de leurs joies et de leurs peines, de leurs peurs et de leurs doutes, et, surtout, des superstitions où tout cela s'entremêle et se conjugue. Analyse psychologique poussée, espace et temps revisités, humour cinglant, réalisme et fantastique... Et si La nuit du Henné était l'expression nouvelle d'un « réalisme magique » algérien ? EXTRAIT Maâmar Hbak est un homme heureux. Plus heureux que lui, il n'y a qu'un célibataire. Célibataire, il ne l'est plus depuis moins de vingt-quatre heures. Il vient de convoler en justes noces avec la femme qu'il aime. Et qui l'aime. Ils s'aiment sans histoire. Ils ont bien parfois quelques petites scènes qui sont, les amoureux le savent bien, le sel de tout couple qui s'aime. Pour mieux s'aimer, n'est-ce pas, il faut, de temps en temps, se fâcher sans se quitter, se mâcher sans s'avaler, se griffer sans se déchirer. Se donner l'illusion que tout peut s'arrêter d'un côté ou d'un autre, il n'y a rien de mieux pour souder un couple. C'est, du moins, l'opinion de Maâmar qui a appris de quelques vieux briscards que la meilleure façon de garder l'amour d'une femme est de lui donner l'impression qu'elle risque de le perdre chaque jour.

  • Découvrez le destin hors du commun du marquis de La Fayette Gilbert du Mottier de La Fayette (1757-1834) a vingt ans à peine lorsqu'il embarque pour l'Amérique à bord de la Victoire. Les treize colonies américaines sont en révolte et bientôt en guerre, pour leur indépendance, contre l'Angleterre de George III. Grâce à des recherches minutieuses dans les correspondances officielles et familiales et dans les documents diplomatiques, Daniel Binaud raconte l'épopée américaine de La Fayette, de 1777 à 1779. Deux années riches et mouvementées où le futur héros des « deux mondes » nouera une amitié indéfectible avec George Washington, l'homme de l'Indépendance, participera au conflit entre colons et Anglais, connaîtra la guerre civile entre insurgés et conservateurs favorables à l'Angleterre, découvrira les Indiens qui jouèrent un rôle important dans ces affrontements. Ainsi, La Fayette prend la mer le 26 avril 1777, en bravant l'interdiction du Roi. Après sept semaines de traversée, il débarque en Caroline et se rend avec ses compagnons à Philadelphie, siège du Congrès. Il offre ses services, déclarant: « J'ai le droit d'exiger deux grâces : l'une est de servir à mes dépens, l'autre est de commencer à servir comme volontaire. » Non sans difficulté, il est incorporé dans l'armée des Etats-Unis au mois de juillet... Ce récit historique se lit comme un roman, celui de l'aventure américaine de La Fayette. EXTRAIT Les deux mains appuyées sur le bastingage, un des passagers regardait s'éloigner la côte. Assez grand, mince, il était vêtu d'un manteau gris et coiffé d'un tricorne de même teinte. Les bas blancs, bien tirés dans des chaussures à boucles d'argent, il dénotait par la qualité et l'état de sa tenue un homme d'un certain rang. Il se tenait un peu à l'écart des autres dont l'intérêt était capté par les manoeuvres du navire et par les perspectives pleines d'inconnu qui s'ouvraient devant eux. Une certaine mélancolie flottait dans son regard, alors que la côte basque, peu à peu, s'estompait en une ligne brune où les détails de l'habitat humain avaient disparu depuis déjà un moment. Un homme, nettement plus âgé que lui, vint s'accouder à son coté. D'une voix marquée par un accent tudesque il s'exprima en regardant la mer : - Alors, Gilbert, nous sommes enfin en route. Quand reverrons-nous ces côtes, mon ami ? Son compagnon esquissa un sourire aimable mais exempt de gaieté. - Mon cher Johann, l'heure, sans doute n'est plus aux questions. La porte du destin s'ouvre devant nous. Puissions-nous l'affronter avec détermination même s'il n'est pas toujours conforme à nos voeux.

  • Retracez avec Daniel Binaud la vie des soldats qui ont combattu de Colmar jusqu'à Tyrol pour repousser les allemands Ce livre est l'histoire du choix volontaire de quelques français qui se sont joints à la 1re Armée commandée par le Général de Lattre de Tassigny pour libérer la France. Ils ont été les soldats de la revanche. Inspiré des lettres quasi quotidiennes que Daniel Binaud écrivit à sa mère, ce livre retrace avec chronologie et précision la vie de ces soldats, originaires pour la plupart d'Afrique du Nord (cf. : le film Indigènes), qui ont combattu à Colmar puis jusqu'au Tyrol pour repousser l'Armée allemande au-delà de ses frontières... Un ouvrage au contenu précieux, édité en octobre 1998, désormais seulement disponible en numérique EXTRAIT Charles ouvrit les yeux. À travers les brins de paille il aperçut la ligne brunâtre du Vivarais se déroulant lentement, encadrée par l'ouverture béante du wagon. Au loin, le halètement besogneux de la locomotive scandait la marche du convoi vers le Nord. Presque deux jours déjà qu'ils avaient quitté le centre d'instruction de l'armée marocaine au camp de Caïs près de Fréjus. Les crapahutages dans l'Esterel, le maniement d'armes, les exercices de tir, tout cela avait été rondement mené, sous la férule des sous-off de l'armée d'Afrique, débarquée le 15 août sur cette côte d'Azur à la renommée prestigieuse. Tout ce que Charles en découvrit au mois de novembre ce furent les ponts détruits, les villas abandonnées parfois éventrées par l'artillerie, les barbelés, les palmiers déchiquetés. Se rendre à St Raphaël n'avait pas été une sinécure.

  • Un voyage inattendu le long des rivières de France Ce recueil de 16 nouvelles a pour but de distraire les pêcheurs d'abord, mais aussi les non pêcheurs. Ce n'est pas un ouvrage de technique ou d'initiation. L'auteur, passionné de ce sport partage avec vous son enthousiasme avec un humour très distancié. Le style est enlevé, les histoires se succèdent et le lecteur apprend au fil de l'eau ce qu'est « Le coup du soir » ou « le gobage », les spécificités des mouches anglaises, les paysages du Groenland, les pubs irlandais etc. Les histoires qu'il conte ont toutes un fond de vérité auquel il ajoute quelques traits d'humour. Claude Jacquemard possède une écriture alerte qui ne vous laissera pas indifférent. Pêcheur ou pas, vous ne regretterez pas de rencontrer ce conteur hors-pair. Suivez-le le long des rivières de France et d'ailleurs avec des fortunes diverses mais en quête du Graal de tout pêcheur à la mouche... « Le coup du soir ». Un recueil atypique à mettre entre toute les mains ! EXTRAIT Cette série d'histoires a vu le jour à... Bamako. J'y étais dans le cadre d'une mission médicale humanitaire. Il y avait là un expatrié qui était à la fois un charmant compagnon et un fieffé noceur. Je lui racontais quelques histoires tirées de ma vie passée à soigner l'humanité et à occire les truites. Certaines l'ont amusé et il m'a demandé de les coucher sur le papier. Si bien que, quand il sortait le soir faire la bringue, je restai devant ma table et je me mis à écrire sur des feuilles volantes des souvenirs de ma vie professionnelle mais aussi halieutique. Pendant le jour je soignais, le soir venu j'écrivais. Au fur et à mesure des souvenirs qui me revenaient, j'écrivis un certain nombre de récits que je livre actuellement à votre lecture. Même si j'ai mis l'accent sur l'aspect insolite de certaines aventures, j'ai dans l'ensemble respecté la vérité.

  • Qui a tué Eve ?

    Renaud Dutreil

    Voyage initiatique à travers les âges et les continents. Qui a tué Ève ? est un conte philosophique infusé dans un dialogue entre trois personnages : Adam, Ève et Dos d'argent, un gorille mâle. Le récit mêle la relation amoureuse et érotique entre Adam et Ève et la relation entre Adam, Ève et Dieu ; il aborde sous des angles neufs les rapports particuliers que l'homme et la femme entretiennent avec la vie, leurs origines, leur avenir et l'univers. Chaque réplique soulève une question, suggère une solution. Pourquoi Dieu les a-t-il créés l'un et l'autre ? Quel crédit accorder aux récits bibliques ? Cachent-ils un secret que l'homme aurait voulu dissimuler à tout prix ? Que s'est-il vraiment passé au Paradis, pendant ce temps infini durant lequel, comme le disait Voltaire, « Adam ne bandait pas » ? L'ouvrage est illustré de vingt superbes aquarelles qui en font une découverte artistique et sensuelle autant qu'intellectuelle. Avec ce premier roman, Renaud Dutreil fait preuve d'un esprit facétieux et créatif. Une oeuvre qui bouscule les dogmes et nous invite à penser l'Humanité, ses origines et son évolution, en dehors des voies canoniques. Esprits ouverts, curieux, ce roman est pour vous ! EXTRAIT Adam et Ève, le jour où ils ont été chassés du paradis, après avoir fait l'amour pour la première fois. Ève : tu entends la nuit autour, Adam, et le vent ? L'orage se calme, à présent. Adam : oui. Il a dû se lasser. Ève : Dieu ? Adam : oui. Ève : tant mieux s'il est moins fâché ! Adam : dis-moi, Ève, au paradis, nous ne sentions pas nos corps comme ici, non ? Qu'est-ce que c'est d'après toi, comme substance ? Ève : de l'eau. Adam : dans une enveloppe ? Ève : oui, mais je pense qu'il y a aussi un arbre à l'intérieur. Adam : et les pensées sont les feuilles qui bougent dans l'eau ? Ève : plutôt de l'électricité. Tu sens cette chaleur ? Maintenant, nos esprits sont faits pour crépiter et nos corps pour mêler leur fumée comme ceux des bêtes autour de nous. Adam : oui Ève : et enchevêtrer leurs membres comme nous avons fait cette nuit, quand tu m'as étreinte et visitée avec ton bois bandé. Adam : le rameau qui enfle et désenfle, quelle affaire !

  • Ecrire l'amazigh

    Chérif Arbouz

    Découvrez les bases d'une grammaire unifiée pour une des langues les plus anciennes du bassin méditerranéen. Cet ouvrage didactique de Chérif Arbouz est un pas majeur vers la normalisation des règles d'écriture d'une langue demeurée jusqu'à présent, essentiellement orale. La langue amazighe ou berbère est parlée depuis plus de 2000 ans dans toute l'Afrique du Nord, le Sahara et une partie du Sahel. Elle se décline aujourd'hui en une trentaine de variétés et rassemble environ quarante millions de locuteurs. L'écriture de la langue a subi quant à elle une érosion progressive. Au gré des influences politiques, culturelles ou commerciales, souverains et lettrés se sont exprimés, à l'écrit, en grec, latin, arabe ou français ; si bien qu'aujourd'hui, l'alphabet des origines, connu sous le nom de « tifinagh », c'est-à-dire « les lettres », ne subsiste plus que dans les régions de l'extrême sud algérien. La reconnaissance de la langue amazighe comme langue officielle dans les constitutions du Maroc (2011) et d'Algérie (2016) affirme son poids dans deux pays où vivent près de 80% des berbérophones. Pour Chérif Arbouz, c'est l'occasion rêvée de relever le défi de l'écriture et de la codification grammaticale de la langue amazighe. L'auteur reprend les travaux d'Adolphe Hanoteau (1814-1897), auteur de plusieurs essais sur la langue kabyle et premier à recourir à l'alphabet latin pour écrire en amazigh. Il utilise les avancées et impasses des réformateurs contemporains comme Mouloud Mammeri. Romancier et grand connaisseur des langues et cultures berbères, Chérif Arbouz avance des règles simples et établit une grammaire harmonisée pour écrire la langue amazighe. Il les illustre de nombreux cas pratiques et offre au lecteur de s'exercer en traduisant un extrait de roman. Au-delà de l'intérêt culturel, Chérif Arbouz poursuit des objectifs très concrets : offrir à tous les berbérophones un moyen de s'exprimer à l'écrit dans leur langue, écrire aisément des textes sur leurs ordinateurs ou leurs téléphones, les partager, « accéder au savoir sous ses diverses formes contemporaines » à travers la langue amazighe. Cet ouvrage contribue donc à la diffusion et la perpétuation d'une culture ancienne et intéressera les berbérophones, les linguistes, les étudiants, tous ceux que l'étude des langues passionne ! EXTRAIT Rien de mieux approprié pour aborder le sujet du présent ouvrage, que l'extrait suivant du manifeste « Défense et illustration de la langue française », publié en 1549 par Joachim Du Bellay. « Ne pensez donc, quelque diligence et industrie que vous puissiez mettre en cet endroit, faire autant que notre langue, encore rampante à terre, puisse hausser la tête et s'élever sur pieds ? » Ainsi donc s'exprimait le célèbre poète, plaidant en faveur de la promotion de la langue française, face à l'impérieuse domination du latin, la langue savante alors commune à toutes les nations d'Europe. À peu de choses près, cette exhortation pourrait aujourd'hui s'adresser à tous ceux qui ont à coeur le devenir de la langue amazighe, laquelle présentement se trouve dans une situation comparable à celle de la langue française au 16e siècle. Voyons cela à la lumière de ce qui suit.

  • Un roman érotique abordant tout en même temps des sujets d'actualité contemporains à l'auteur Les Bijoux indiscrets sont un roman allégorique de Diderot, publié anonymement en 1748. Bien que rejeté par son auteur, c'est une oeuvre légère, au charme délicat et... un classique de la littérature licencieuse. Pour tromper l'ennui, un sultan, amateur de commérages, se procure auprès d'un génie un anneau magique afin de connaître les secrets galants des dames de la cour : il suffit de tourner le chaton de la bague vers une femme pour que celle-ci avoue, immédiatement, par la voix d'un de ses « bijoux », toutes les intrigues dont elle a connaissance... Pur divertissement ? S'agissant de Diderot, rien n'est moins sûr ! D'aucuns ont voulu reconnaître Louis XV et la Pompadour sous les traits du sultan et de sa favorite. D'autres ont rejeté le texte au motif qu'il s'éloignait des canons des romans philosophiques. Il reste qu'à travers les trente essais de l'anneau, l'auteur égratigne les travers de la vie à la cour, évoque la réforme du théâtre, participe à la querelle des Anciens et des Modernes et traite des questions de droit, d'économie et de philosophie sur un ton alerte mais avec profondeur ! Ainsi, le philosophe parvient-il à faire connaître des opinions et des critiques sans encourir les foudres de la censure. Une oeuvre riche et délicieuse à savourer ! EXTRAIT Hiaouf Zélès Tanzaï régnait depuis longtemps dans la grande Chéchianée ; et ce prince voluptueux continuait d'en faire les délices. Acajou, roi de Minutie, avait eu le sort prédit par son père. Zulmis avait vécu. Le comte de... vivait encore. Splendide, Angola, Misapouf, et quelques autres potentats des Indes et de l'Asie étaient morts subitement. Les peuples, las d'obéir à des souverains imbéciles, avaient secoué le joug de leur postérité ; et les descendants de ces monarques malheureux erraient inconnus et presque ignorés dans les provinces de leurs empires. Le petit-fils de l'illustre Shéhérazade s'était seul affermi sur le trône ; et il était obéi dans le Mogol sous le nom de Schachbaam, lorsque Mangogul naquit dans le Congo. Le trépas de plusieurs souverains fut, comme on voit, l'époque funeste de sa naissance.

  • Griseldis

    Blanche Plinval

    Plongez au coeur de l'époque médiévale et suivez le parcours d'une adolescente intrépide ! Griseldis a 15 ans. C'est une jeune fille exaltée dont la rencontre avec Hildegarde von Bingen va bouleverser la vie. Son caractère, son intelligence et sa curiosité l'amènent à questionner les dogmes auxquels il est indiqué de se soumettre. Sa rencontre avec Guillaume la précipite dans une série d'aventures périlleuses qui mettront leur vaillance à tous deux à rude épreuve, malgré quelques miracles, fréquents à l'époque, qui vont jalonner leur route. Un récit où l'on voit que l'acceptation de l'emprise naissante de l'Eglise sur les êtres humains - les femmes en particulier - n'est pas évidente pour tous les esprits et que la découverte des différents modes de pensée peut, à chaque rencontre, remettre l'obéissance et la soumission en question. Une quête identitaire aux multiples rebondissements ! EXTRAIT Le chanoine Hugo von Gitzer était de fort méchante humeur. Ortiz, sa vieille jument n'en faisait qu'à sa tête. Elle tirait sur le harnais, elle n'évitait aucun des cailloux qui jalonnaient le chemin défoncé menant depuis Trêves jusqu'au presbytère d'Oberstein. Brinquebalé de toutes parts, le chanoine redoutait, à chaque pas, d'être projeté à terre. La pauvre Ortiz vieillissait, et lui aussi. Des douleurs aigues dans tous ses membres le rappelaient à la réalité. Hugo venait d'avoir soixante dix ans, mais son imposante rondeur l'aidait à paraître quelques années de moins, il en était plutôt fier lorsqu'il se comparait à ses vieux amis des monastères environnants. Il était moins à son avantage chaque fois qu'il lui fallait monter à cheval ou en descendre. Or le moment en était venu : il se trouvait à présent devant sa maison, la seule maison en pierre du village, ce dont il s'enorgueillissait, mais la vieille haridelle ne voulait pas s'arrêter. Il mit ses mains en porte-voix : « Yachir ! Que fais-tu fainéant, tu ne m'as pas entendu arriver ? Yachir ! Viens m'aider ! »

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