Eric Darrouzet

  • Les nids d'insectes sont de véritables cités à l'architecture complexe et souvent mystérieuse. En général, seul l'extérieur en est visible. Mais quel est leur aspect intérieur ? Où sont les insectes ? Que font-ils ? Ce que nous propose E. Darrouzet avec cet ouvrage, c'est de jouer les passemurailles pour pénétrer l'univers « domestique » des termites, guêpes et autres frelons. Cela grâce à une technique, la tomographie à rayons X, qui révèle - sans les détruire - les formidables architectures élaborées par des créatures souvent craintes et honnies. Jalonné de photographies et vues saisissantes, voici donc un ouvrage à l'adresse des entomophiles et amateurs éclairés, qui permet, au gré d'un exposé scientifi que à la fois précis et accessible, une spectaculaire immersion dans ce qui s'apparente parfois à des cités miniatures. Et l'auteur de livrer dans le même temps un plaidoyer pour ces insectes qui, à leur échelle, font au moins aussi bien que nous, les hommes...
    L'auteur est enseignant-chercheur à l'Université de Tours. Il étudie les insectes sociaux, en particulier les termites et les frelons. Outre ses activités de recherche et d'enseignement, il développe des aspects de communication vers le grand public. Il a animé le service de communication du CNRS en région Centre et Poitou-Charentes pendant trois ans. En 2007, il a réalisé une exposition itinérante pour le grand public intitulée Les Insectes bâtisseurs, qui présentait la diversité des nids élaborés par les insectes sociaux.

  • Avez-vous jamais remarqué, sur un mur de pierre ou au dos d'un panneau le long d'une route, d'insolites fourreaux miniatures faits de débris végétaux ? C'est l'oeuvre de chenilles de papillons psychés. Comme elles, d'autres animaux s'entourent individuellement d'une enveloppe protectrice, ou bien la sécrètent, exposant à la vue des curieux ces constructions souvent esthétiques.

    Non moins étonnants, les abris familiaux que de nombreux animaux élaborent pour protéger leur descendance. Encore plus stupéfiants, certains animaux mutualisent efforts et ressources pour concevoir des logements collectifs !

    Sommaires ou sophistiqués, tous ces refuges, qui répondent aux besoins propres à l'espèce, montrent une grande diversité de forme et d'organisation architecturales : cocons, coquilles, nids, terriers, galeries, etc. Les spectaculaires photos de ce livre et les textes à la portée de tous nous emmènent à la découverte d'une ingénieuse nature. À travers une trentaine d'exemples, des vers marins aux mammifères et aux oiseaux en passant par les fourmis tisserandes, les grenouilles, et bien sûr les araignées, les auteurs nous présentent des constructions animalières aussi variées que les compétences de leurs architectes. Une belle incitation à mieux respecter la biodiversité de notre monde.

  • Les insectes représentent environ 12 000 espèces, soit 2 % de l'entomodiversité, mais 75 % de sa masse... et une biomasse considérable sur Terre. Pourtant, ils font partie des animaux les plus méconnus. Parmi eux, on distingue les insectes dits sociaux, qui constituent, sur l'échelle de la socialité, le groupe de degré le plus élevé.

    Abeilles, bourdons, guêpes, frelons, fourmis, termites vivent dans des sociétés à l'organisation complexe, et entretiennent des relations avec un grand nombre d'êtres vivants : micro-organismes, champignons, plantes, autres animaux et bien sûr l'homme. Certaines de ces relations sont caractérisées par des interactions inattendues : fourmis et termites hébergeant des champignons, fourmis élevant d'autres insectes, plantes nourrissant et abritant des fourmis qui les défendent des herbivores...
    Ces sociétés nous fascinent par leurs performances collectives, la diversité de leurs modes de communication, la flexibilité de leur répartition des fonctions individuelles. Pour communiquer, tous ces insectes usent de phéromones appropriées aux situations d'exploration, de construction, de défense de la colonie, de recherche de nourriture ou de partenaires sexuels, et combinent souvent plusieurs sens pour transmettre des informations à leurs congénères, comme les abeilles dans leur fameuse « danse » associent des vibrations, des signaux visuels et des sons.

    Ainsi les insectes sociaux réalisent-ils des actions remarquables : des fourmis chassent des animaux bien plus gros qu'elles, optimisent la rapidité de leur trajet entre le nid et la ressource alimentaire, termites et fourmis élaborent des nids dont l'ingénierie inspire nos propres architectes. Les capacités de coopération et même les comportements altruistes des membres pour la sauvegarde de la colonie fournissent des modèles d'intelligence collective à nos créations robotiques. Les insectes sociaux ne cessent de nous intriguer...

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