Arts et spectacles

  • la peinture chinoise classique, au-delà de ses multiples courants, témoigne d'une continuité due à ce qu'elle est, aux yeux mêmes des chinois, l'expression la plus haute de leur spiritualité.
    tout au long des siècles, les théoriciens et les peintres eux-mêmes ont consigné par écrit leurs réflexions et leurs expériences. cet ensemble de textes constitue un corpus organique, dans la mesure où il se réfère à une même conception cosmologique de base, où prime la notion de shen-ch'i (" souffle-esprit "), ainsi qu'à une même pratique de l'art du pinceau. ce qui est tenté ici, c'est, pour la première fois en occident, une présentation organisée selon des rubriques claires - art pictural en général, arbres et rochers, fleurs et oiseaux, paysages et hommes - de la meilleure part de ce corpus, traduite et annotée.
    je voudrais très humblement offrir ce livre aux peintres
    vivants et à venir, et également à ceux qui s'intéressent à la pensée chinoise, à ceux qui aiment l'art en général et s'interrogent sur sa signification ultime, et finalement à tous ceux qui sont à la recherche d'une possibilité de vivre aujourd'hui.
    françois cheng

  • Et le souffle devient signe

    François Cheng

    • L'iconoclaste
    • 5 Novembre 2014

    Le livre le plus personnel de François Cheng : un autoportrait à l'encre de Chine. Cette nouvelle édition paraît dans la collection " Vergé " de l'Iconoclaste. Ouvrage unique dans l'oeuvre de François Cheng, il présente les calligraphies originales et inédites de l'auteur. Chaque dessin est accompagné d'un texte autobiographique.

  • Vraie lumière née de vraie nuit

    François Cheng

    • Cerf
    • 3 Décembre 2009

    Les vingt-quatre poèmes de F. Cheng dialoguent avec les lithographies.

  • Pélerinage au Louvre

    François Cheng

    • Flammarion
    • 9 Avril 2008

    L'académicien propose une approche littéraire et poétique de quelques tableaux qu'il a personnellement sélectionnés parmi quelques chefs-d'oeuvre des écoles italienne, française, espagnole, flamande, hollandaise et allemande.

  • Shih Tao ou la saveur du monde

    François Cheng

    • Phebus
    • 2 Février 1999

    Près de deux siècles avant Baudelaire, le moine-peintre Shitao (1642-1707) invente au fil du pinceau une conception totalement " moderne " du geste de peindre ; et, entre deux tableaux, expose celle-ci avec des mots inspirés dans un traité fameux : les Propos sur la peinture du moine Citrouille-amère.
    François Cheng, qui a déjà révélé au public occidental la figure majeure d'un autre maître chinois (Chu Ta : Le génie du trait, Phébus 1986), nous convie ici à découvrir une centaine des peintures parmi les plus représentatives de la manière de Shitao, la plupart en provenance des musées de Chine - donc quasi inconnues en Occident.
    Il retrace pour nous l'itinéraire spirituel d'un artiste à la vie des plus mouvementées, qui sut trouver sur la fin, dans une haute solitude paradoxalement ouverte à tous les possibles, la résolution des contradictions qui l'habitaient.
    " Par sa virtuosité inquiète, jamais satisfaite d'elle-même, écrit François Cheng, Shitao a enrichi comme aucun autre l'art du trait : ses coups de pinceau sont célèbres par leur vivacité, leur audace, mais surtout leur stupéfiante variété.
    Son esprit d'invention, sa hardiesse toujours en alerte ont littéralement brisé le moule de la composition classique ; il n'a de cesse d'introduire dans ses tableaux, par tout un jeu de vides intermédiaires, d'agencements obliques, de contrastes inattendus, de déformations voulues, une sorte de " précarité dynamique ", de magie fragile qu'il n'est pas exagéré de qualifier de musicale ".
    " Révolutionnaire " dans l'âme et malgré cela profondément attaché à la plus antique tradition, Shitao a toujours rêvé de solliciter non seulement le regard mais tous les sens qui, chez l'homme, participent au banquet du Réel.
    Pour lui, c'est à ce prix seulement que nous avons la chance d'approcher le mystère des choses, de goûter " la saveur du monde ". Ainsi résume-t-il l'alchimie sensorielle qui, selon lui, gouverne toute représentation : " Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux ".

  • " Mon père ne m'a pas légué des meubles ou des bijoux, mais des bâtons d'encre.
    Depuis trois ou quatre générations, ces bâtons sont un trésor de famille plus précieux que l'or. Tous les matins, je calligraphie pour me calmer, pour chasser les restes de cauchemars et entrer dans le rythme de la vie. La pratique quotidienne de cette discipline m'est devenue indispensable, comme une prière intérieure. Chaque jour, il faut repartir de la feuille blanche, plonger en soi, se mettre en quête du vrai et du beau.
    Fruits de longues maturations, ces créations d'encre révèlent sans doute le portrait de mon âme. " La calligraphie est au coeur de la vie de François Cheng. Dans ce livre, le plus personnel, il accompagne chacune de ses oeuvres d'un texte tissé de souvenirs, de réflexions et d'évocations poétiques. A l'exemple d'Henri Michaux, il se montre comme l'un des rares artistes capables de tracer un trait d'union entre la plume et le pinceau, la Chine et l'Occident.

  • Chu Ta ; le génie du trait ; 1626-1705

    François Cheng

    • Phebus
    • 28 Septembre 1999

    Chu ta (1626-1705), qui fut l'un des maîtres du célèbre shitao, occupe dans l'histoire de la peinture chinoise une place unique.
    A la fois dépositaire d'une tradition millénaire, parvenue à son degré de plus haut accomplissement, et explorateur d'une modernité qui s'engage avec une superbe imprudence dans les voies nouvelles, il hante la lisière de deux mondes.
    Violemment hostile à l'académisme officiel, refusant au surplus de collaborer avec les nouveaux maîtres mandchous qui venaient de s'installer sur le trône impérial, il mena plus d'un demi-siècle durant une existence de quasi vagabond, dont les péripéties sont celles d'un véritable roman.
    Il en fut si marqué qu'il n'hésita pas à s'engager un temps dans les seules issues extrêmes qui convinssent à son esprit rebelle : le mutisme et la folie. sans doute ne lui fallait-il pas moins que toutes ces épreuves pour accomplir son destin. au fil d'une vie longue et tourmentée, oú le geste de peindre se révéla pour lui une voie de salut, il sut à ce point épurer son art - un art fondé sur la maîtrise des traits essentiels - qu'il rejoignit spontanément, et par les chemins les moins conformistes, la plus haute intuition des anciens : pour qui le trait était l'homme même ; et tracer le trait, en soi, manière authentique d'être.

    On se rappelle le conseil brutal donné par matisse : " vous voulez faire de la peinture ? commencez alors par vous couper la langue, car désormais vous ne devez vous exprimer qu'avec vos pinceaux. " chu ta le muet aurait pu faire de cette phrase sa devise. le fait est que le mutisme semble exacerbé chez lui les puissances du regard, comme si le sacrifice de la parole articulée l'avait aidé à goûter d'autant mieux les images qui s'offraient à ses yeux : figures qu'il devait méditer longuement en lui-même, dont il pouvait caresser à loisir les multiples facettes, et dont le silence favorisait mystérieusement l'éclosion.

    Les quelque quatre-vingts peintures qui se trouvent reproduites dans le présent ouvrage proviennent pour la plupart des musées de chine. françois cheng les avait révélées au public de langue française en 1986, dans une première version de ce livre - qu'il a tenu à revoir et à améliorer largement pour la présente édition.

  • Mille ans avant les impressionnistes, à l'époque oú régnait la dynastie des song (xe-xiiie siècle), les artistes chinois avaient compris qu'en peinture le " sujet " n'est qu'un masque.
    Représenter sur la soie ou sur le papier une montagne, un arbre, un papillon n'était pas tant, à leurs yeux, affaire d'observation que recherche d'un secret : celui que la nature dissimule derrière le voile ambigu de l'apparence.
    A cette exigeante école, la grandeur n'a que faire des " grands " sujets. elle trouve à s'accomplir en même temps dans le vaste paysage que domine la montagne et dans l'espace de plus familier - que sollicite par prédilection ce " regard rapproché " par quoi l'enfance, de tout temps, s'est ouverte à l'immensité du monde.

    Cette dernière tradition, mobilisée d'abord par la représentation des oiseaux et des fleurs, s'est vite étendue à tout ce que l'univers du vivant nous offre de proche : branche protégeant la sieste du rêveur, fruits bons à cueillir, herbes du talus, bestioles au bord de l'étang. et elle survivra à l'âge d'or des song, illustrée dix siècles durant par une lignée ininterrompue de génies inspirés, remuants souvent, libres à tous les sens de la parole, voire franchement excentriques.

    Une fleur s'ouvre, un oiseau se pose sur la branche : le peintre est là qui saisit la vérité de cet instant (non sa pauvre réalité). ce qu'il peint n'est plus seulement un oiseau, une fleur, mais un rêve : celui d'un envol possible, d'une éclosion à l'unisson de tous les grands accomplissements qui adviennent en nous et hors de nous. l'observation naturaliste est là, et d'une précision qui d'emblée atteint à l'exactitude extrême.
    Mais elle n'est qu'une marche sur le haut chemin qui conduit à la révélation de l'intimité existentielle des êtres et des choses ; à cette autre révélation : que l'homme ne saurait accéder à son propre mystère qu'autant qu'il accepte de dialoguer avec les plus humbles présences de l'univers créé.
    Chemin au bout duquel l'oeil ne se contente plus de voir mais parvient à capter le chant du monde - et nous convie à chanter de concert avec lui.

  • Shitao 1642-1707 ; la saveur du monde

    François Cheng

    • Phebus
    • 3 Octobre 2002

    Près de deux siècles avant baudelaire, le moine-peintre shitao (1642-1707) invente au fil du pinceau une conception totalement "moderne" du geste de peindre; et, entre deux tableaux, expose celle-ci avec des mots inspirés dans un traité fameux : les propos sur la peinture du moine citrouille-amère.

    François cheng, qui a déjà révélé au public occidental la figure majeure d'un autre maître chinois (chu ta : le génie du trait, phébus, 1986), nous convie ici à découvrir une centaine des peintures parmi les plus représentatives de la manière de shitao, la plupart en provenance des musées de chine - donc quasi inconnues en occident.
    Il retrace pour nous l'itinéraire spirituel d'un artiste à la vie des plus mouvementées, qui sut trouver sur la fin, dans une haute solitude paradoxalement ouverte à tous les possibles, la résolution des contradictions qui l'habitaient.

    " par sa virtuosité inquiète, jamais satisfaite d'elle-même, écrit françois cheng, shitao a enrichi comme aucun autre l'art du trait : ses coups de pinceau sont célèbres par leur vivacité, leur audace, mais surtout leur stupéfiante variété. son esprit d'invention, sa hardiesse toujours en alerte ont littéralement brisé le moule de la composition classique ; il n'a de cesse d'introduire dans ses tableaux, par tout un jeu de vides intermédiaires, d'agencements obliques, de contrastes inattendus, de déformations voulues, une sorte de " précarité dynamique ", de magie fragile qu'il n'est pas exagéré de qualifier de musicale.
    " " révolutionnaire " dans l'âme et malgré cela profondément attaché à la plus antique tradition, shitao a toujours rêvé de solliciter non seulement le regard mais tous les sens qui, chez l'homme, participent au banquet du réel. pour lui, c'est à ce prix seulement que nous avons chance d'approcher le mystère des choses, de goûter " la saveur du monde ". ainsi résume-t-il l'alchimie sensorielle qui, selon lui, gouverne toute représentation : " je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux.
    ".

  • Imaginer une sorte de catalogue idéal des artistes « excentriques » de notre vieil Occident, c'est feuilleter en esprit des images curieuses, passionnantes souvent, marginales presque toujours. En Chine au contraire l'Excentricité majuscule s'est débrouillée à toute époque pour tenir la dragée haute à l'art officiel de l'académie. Jusqu'à incarner, aux yeux des esprits libres et de certains lettrés épris d'irrévérence, la part la plus haute de l'expression de la Beauté.
    Rendant hommage à ces insoumis qui ont sévi sans discontinuer depuis mille ans et plus, François Cheng nous fait savourer, 200 pages et 150 images durant, ce paradoxe gros de merveilles : en Chine, l'art des farfelus, des trublions, des fols, des mauvaises têtes n'est autre que l'Art majuscule à son plus haut. On le pressentait après avoir fréquenté Zhu Da (Chu Ta) et Shitao. On était loin de penser que ces deux « exceptions » n'étaient jamais que deux excellences parmi cent autres, parmi mille autres.
    Il est rare qu'un livre d'art apporte de si bonnes nouvelles.

empty