Guy Vermeil

  • L'école française commence trop tôt et progresse trop vite pour un tiers au moins des enfants qui entrent à l'école élémentaire à l'âge de 6 ans.
    Les inégalités des vitesses de développement des enfants normaux sont considérables et généralement méconnues aussi bien par les parents que par les enseignants et les responsables du système éducatif. En voulant commencer les apprentissages scolaires ou même âge pour tous et en imposant à tous la même vitesse de progression dans les acquisitions, on met automatiquement en échec, dès le début de leur scolarité, un grand nombre d'enfants.
    Pour la plupart d'entre eux, un début retardé, une progression plus lente, adoptée à l'évolution de leur maturation, permettrait une scolarité satisfaisante, simplement décalée d'un, deux ou même trois ans. Le redoublement de classe est pratiquement le seul dispositif dont dispose le système scolaire pour adopter la progression d'un élève à celle des programmes. L'auteur montre, preuves à l'appui, à quel point cette pratique est, non seulement inefficace, mais nuisible.
    Le système des cycles d'enseignement institué en 1991, qui devait remplacer le découpage des programmes en années scolaires et, par conséquent, réduire fortement le nombre de redoublements, n'est pratiquement pas appliqué.

  • En dépit des efforts destinés à le réformer, le système éducatif français est toujours en panne. Et pour cause : il continue de fonctionner d'après des objectifs qui méprisent les différences d'aptitudes des enfants. Or dès 3 ou 4 ans les plus démunis, les plus fragiles, les moins soutenus chez eux seront anéantis par l'école sans grande possibilité de récupérer une bonne image d'eux-mêmes.

    Afin de renoncer au mythe du petit écolier normalisé, Catherine et Guy Vermeil se penchent sur ce que l'on méconnaît trop souvent : le développement psychomoteur des enfants, la transmission des caractères héréditaires, l'influence de l'environnement et les rythmes biologiques.

    Ils nous disent aussi ce qui doit être amélioré dans l'organisation des premières années d'école et les programmes initiaux pour permettre aux enfants plus lents de progresser selon leurs capacités et donner à tous les mêmes chances de succès.



    Catherine Vermeil, docteur ès sciences, a dirigé pendant vingt ans une équipe au CNRS, poste d'observation privilégié pour évaluer les résultats de notre système d'enseignement.

    Guy Vermeil, pédiatre, s'est particulièrement intéressé aux difficultés scolaires de ses jeunes patients. Il a publié plusieurs livres et de nombreux articles sur ce thème.

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