Jean-Michel Ducomte

  • L'éducation populaire est née d'un désir : former des acteurs capables de comprendre les enjeux du débat public pour nourrir la démocratie. Tel était le projet de Condorcet, et celui de Jean Macé lorsqu'il appela à la fondation de la Ligue de l'enseignement. Des évolutions, tant de ses champs d'intervention que de ses pratiques, ont jalonné son développement, conduisant parfois à formuler des interrogations sur sa définition, voire sa permanence. L'ambition de cette anthologie est de proposer un regard rétrospectif sur les textes et les pratiques afin de favoriser l'émergence d'une volonté renouvelée de l'éducation populaire.

  • Dotée de frontières incertaines, l'Europe fut, au long de son histoire un espace morcelé, en permanence déchirée entre des forces qui travaillaient à lui conférer une unité et d'autres qui déconstruisaient ce que les premières avaient ébauché. Partagée entre des logiques impériales et des stratégies étatiques, elle fut plus longtemps un rêve, une aspiration, avant de devenir une réalité.
    Il fallut qu'elle soit confrontée au constat douloureux de la fin de la puissance qu'incarnaient les États qui la composaient pour que commence, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une marche hésitante en direction d'une unité construite. Le Conseil de l'Europe d'abord, puis l'engagement de l'aventure communautaire ont permis la constitution d'un cadre politique et institutionnel original au sein duquel s'opère un dépassement progressif des égoïsmes nationaux.
    En outre, l'Europe, même au temps de sa division, n'a cessé d'apparaître comme porteuse d'un projet culturel à prétention universaliste qui continue de marquer de son empreinte l'actuelle marche vers l'unité.

  • Cet ouvrage est un livre manifeste qui reprend les fondamentaux de la culture Républicaine.
    Partant des débats actuels et contemporains ayant rapport à la laïcité, il remonte alors, comme à rebours, aux origines de cette notion, trop souvent méconnue.

  • « Les grandes figures qui apparaissent dans l'histoire d'un pays sont la conséquence des évènements auxquels elles sont intimement liées ; elles surgissent aux époques de tourmentes, juste au moment où leur nécessité s'impose, comme pilotes d'une cause qui, sans leur intervention, voguerait à l'aventure, sans but précis, et finirait par sombrer sur des écueils, - ou épave flottante, pour constituer un danger constant contre la sécurité de la marche des autres causes. Jean Macé, qui fut l'une des grandes figures de ce siècle, n'est pas une exception : nous le devons au suffrage universel ». Ces quelques mots par lesquels s'ouvre l'hommage posthume qui lui fut adressé en 1896, résument assez bien les motifs de l'engagement de Jean Macé et les raisons qui le conduisirent à lancer, en 1866, un appel à tous ceux pour qui l'enseignement du peuple était la condition première de la compréhension et de l'usage des droits qui lui étaient accordés. Héritier de Condorcet, il considérait que se limiter à proclamer un droit, aussi éminent soit-il, n'avait de sens que tout autant que ceux qui allaient en user avaient la claire perception sa portée. Cela était vrai après que le suffrage ait été déclaré universel, en 1848, cela le reste aujourd'hui. La citoyenneté n'existe qu'éclairée par la perception des enjeux qui éclairent son exercice et par la conscience des dangers que recèle son effondrement.

  • Présenté comme une singularité française, le principe de laïcité est reconnu dans la Constitution de 1958. Malgré tout, il est encore malmené aujourd'hui, voire remis en question.

  • Les motifs de s'associer sont sans limite. Symbole d'une démocratie, espace de développement de l'économie sociale et solidaire, l'association a longtemps suscité la méfiance des pouvoirs publics à l'égard d'une organisation réfléchie de la société civile. Il fallut attendre le vote de la loi du 1er juillet 1901 pour que le droit légitime la pratique. Aujourd'hui, par la diversité de leurs champs d'intervention, les associations expriment une vitalité sociale sans cesse renouvelée. Elles sont devenues l'un des facteurs déterminants de la respiration civique de l'espace public. S'associer, c'est accepter de dépasser les déterminations égoïstes pour s'ouvrir à un travail de construction collective.

  • Il y a un siècle, la Ré publique française vivait un tournant décisif de son histoire : la loi du 9 décembre 1905 instituait la séparation des Églises et de l'État. L'alliance millénaire du trône et de l'autel était définitivement rompue ; le socle de la laïcité française était posé.
    Désormais, l'État garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, mais s'interdit de s'immiscer dans la sphère du religieux tout comme l'Église s'abstient d'intervenir dans celle du politique. Cent ans après
    son adoption, la loi de 1905 est acceptée de tous. Ce n'est pas pour autant que tous les débats sont clos. Des questions, à l'instar du port à l'école de signes ostensibles d'appartenance religieuse, du financement de l'école
    privée ou encore de l'égalité des cultes, sont au coeur de l'actualité. En exposant la généalogie de la loi de 1905, ses principes fondamentaux comme les débats qu'elle a suscités, cet Essentiel Milan permet de comprendre en quoi la laïcité à la française est à la fois un modèle et une exception.
    2005 : commémoration des 100 ans de la loi.

  • On pourrait tenter de se rassurer en considérant que la censure renvoie à une époque révolue ou ne serait l'apanage que des seuls régimes autoritaires. De nombreux États affirment clairement la liberté d'expression dans leur Constitution. Mais il serait illusoire de croire que la vigilance peut être désarmée. Tout d'abord, la permanence de diverses formes d'autoritarisme ou de dictature s'accompagne, dans les États concernés, par de rigoureuses restrictions de la liberté d'expression (Chine, Iran, Cuba, Corée du Nord). Mais des démocraties elles-mêmes n'échappent pas, même si c'est sous des formes moins brutales, à la tentation de la censure. Les périodes de guerre ont également vu le rétablissement d'une censure. Plus près de nous, l'affaire Rushdie en 1989 ou le débat soulevé par la publication au Danemark, en 2005, des caricatures de Mahomet ont éveillé de nouvelles craintes comme les tentatives, parfois réussies, d'un certain nombre d'associations, de faire interdire par les tribunaux des affiches, films ou publications qu'ils estimaient contraires à leurs convictions. Les manifestations de la censure ont dû tenir compte des évolutions qui ont affecté les conditions de diffusion de la pensée. Si l'apparition de l'imprimerie a contribué à focaliser la répression plus sur les productions intellectuelles que sur leurs auteurs, la volonté de faire taire n'a pas totalement fait disparaître les intimidations ou les attaques ad hominem. Reste que, dans la durée et sous le regard de l'Histoire, c'est le censeur qui a toujours tort. Que l'intelligence, rendue plus vive sous l'effet de la contrainte, invente les moyens de le ridiculiser ou que, plus largement, son acharnement à faire taire se révèle pour ce qu'il est : une incapacité à convaincre.

  • Ce livre est une biographie de Jean Macé, fils d'ouvrier, enseignant et fondateur de la Ligue de l'enseignement en 1866 dont on retiendra la lutte défendant l'idée de laïcité ou encore les droits du suffrage universel.
    La ligue, dont il est le Président de 1866 à 1894, est composée de nombreuses associations françaises d'éducation populaire et laïque et s'est battue, dès sa création à la fin du XIXe siècle, pour l'instauration de l'école gratuite, obligatoire et laïque. Sa popularité et son efficacité ne sont plus à prouver car elle compte aujourd'hui près de 2 millions d'adhérents indirects. Cet ouvrage sera le sixième exemplaire de la collection Le comptoir des idées qui traite essentiellement d'histoire et de citoyenneté.

  • Ce livre est un événement. Voici pour la première fois réunis, et commentés par Jean Michel Ducomte, président de la Ligue de l'Enseignement, avocat et philosophe, l'intégralité des articles fournis par Jean Jaurès entre 1904 et 1914 à la Revue de l'enseignement primaire et primaire supérieur.
    Lue par plus de 20 000 enseignants en 1912, soit un maître sur cinq, elle est le creuset de toute réflexion sur la pédagogie et le libre exercice du métier de maître d'école.
    Jean Jaurès, avec une précision métronomique, fournira jusqu'à la veille de sa mort, deux articles par mois. Ce corpus aujourd'hui mis en lumière par Jean Michel Ducomte, est la traduction du regard que portait Jaurès sur le milieu de l'éducation. Il y aborde des sujets variés, afférents à l'enseignement, la pédagogie ou la politique, sous un angle particulier. Jaurès se veut en prise directe avec les enseignants ; il ne fait plus qu'un avec le corps des instituteurs. Une osmose qu'il résume dans l'ouverture du premier article : « Le lien le plus fort qui puisse nous unir, c'est celui d'une commune recherche de la vérité ».
    Une profession de foi, un programme. Que Jaurès mènera à bien jusqu'à son assassinat.

  • Au cours des trois décennies (1885-1914) durant lesquelles se déroule le parcours politique de Jean Jaurès, la République se construit en même temps que s'affirment les principes qui la fondent. Démocratique, laïque, pas encore sociale, tiraillée entre l'impératif de la Revanche et le choix de l'aventure coloniale, brutalisée mais finalement affermie par l'affaire Dreyfus, elle est l'enjeu du débat, fait de connivences assumées mais aussi de confrontations sans concession, qui va opposer l'acteur résolu de l'unité des socialistes et les radicaux. Les dissensions entre les deux forces politiques qui constituent la gauche - le socialisme et le radicalisme - n'empêchent pas Jaurès de s'affirmer socialiste dès 1892 tout en poursuivant sa collaboration à La Dépêche, qui fait figure à l'époque de journal officieux sinon officiel du radicalisme. Ses articles rédigés de 1887 à 1914 dans le quotidien toulousain - auquel Georges Clemenceau et Camille Pelletan apportent également leur contribution - constituent une source précieuse pour éclairer cette page d'histoire, mais aussi alimenter des débats qui restent très actuels : la conception de l'État, la laïcité, la conduite d'une politique économique et sociale, la pratique de la diplomatie et la place de la France dans le monde. Jaurès et les radicaux est un ouvrage passionnant, émaillé de citations et imprégné des valeurs politiques et morales qui fondent notre démocratie. Bien au-delà des curieux du passé républicain, il intéressera tous les citoyens conscients des enjeux d'aujourd'hui et soucieux de l'avenir de notre pays.

  • LAICITE

    DUCOMTE JEAN MICHEL

    • Cidem
    • 22 Octobre 2016
  • Lescommémorationssontl'occasiondesesouvenir,maisaussid'interrogerlacontributiondupasséàlacompréhensionduprésentetàlapréparationdel'avenir.Le150eanniversairedelaLiguedel'Enseignementnefaitpasexceptionàlarègle.Leprojetestambitieuxpuisqu'ils'agit,toutàlafois,d'opérerunemiseàplatd'unsiècleetdemid'engagementsdelaLiguedel'Enseignementauservicedelaconstructiond'uneRépubliquelaïqueetdetenterdeconfronterdesprisesdepartie,parfoiscontradictoires,entreacteurscontemporains.Laconsidérationdesprincipesestenpermanenceconfrontéeàleurcontextualisation.
    Cetouvragereprendlestravauxd'uncolloqueorganiséparlaLiguedel'Enseignementquis'esttenuàParisles24et25octobre2015pourses150ansavecdesintervenantsquiontuneparolelibreetquipèsedansledébatdémocratique.

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