Kotek. Joel Et

  • La mémoire contemporaine réserve une place particulière à la Shoah, événement sans équivalent dans l'histoire moderne. Ce n'est pas sans raison que ce phénomène, pour universel qu'il soit, relève de l'indicible.
    Comment imaginer relater - spécialement en images - les expériences de Treblinka ou de Sobibor ? Elles échappent à la raison. On se souvient du « Hier ist kein warum » ("Ici, il n'y a pas de pourquoi") de Primo Levi.
    Aucun événement historique, si extrême fût-il, n'échappe à la fiction.
    Non sans prudence, timidité, erreurs et tâtonnement, parfois avec génie, la BD s'est donc aventurée sur ce terrain. Chacun connaît Maus d'Art Spiegelman. Mais par delà ce chef d'oeuvre, comment, et depuis quand, les artistes de la bande dessinée se sont-ils saisis de la représentation du sujet ? Jusqu'à quel point de réalisme l'horreur est-elle représentée, autour de quels thèmes, de quels motifs, de quels symboles ? Comment la Shoah a été abordée par la narration graphique, que ce soit dans les comics (chacun se souvient de la scène des X-Men où le jeune Magneto réchappe aux camps de la mort) ou dans la bande dessinée franco-belge avec La Bête est morte de Calvo, où le thème apparaît dès 1944.
    C'est à ces questions que répondra l'exposition proposée par le Mémorial de la Shoah de janvier à septembre 2017. Plus de cent vingt oeuvres, signées des plus grands noms (Calvo, Will Eisner, Joe Kubert, Spiegelman) ou complètement méconnues, seront présentées.
    Le catalogue, dont les textes sont confiés à un groupe d'historiens contemporains et d'exégètes du 9 e Art, se donne pour mission d'élargir et d'approfondir ce parcours, d'interroger les sources visuelles de ces représentations de l'inmontrable, d'établir leur signification, leur pertinence, leur portée et leurs limites. Et d'essayer de comprendre comment au fil du temps le tabou du génocide juif a pu devenir une unité de mesure de l'horreur, un totem.

  • De quoi le boycott d'Israël est-il le nom ?

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    • La boite a pandore
    • 22 Octobre 2020

    Comme tout ce qui touche de près ou de loin le conflit israélo-palestinien, les campagnes de boycott de BDS suscitent des débats passionnés dans le camp de ses partisans comme dans celui de ses détracteurs. Pour ses supporters, le collectif palestinien devrait recevoir le prix Nobel de la Paix tandis que pour le gouvernement israélien, preuves à l'appui, il ne s'agirait que d'un nid de terroristes. Quant à la grande majorité des représentants des communautés juives de Diaspora, l'antisionisme radical affiché par BDS ne serait que la face cachée de l'antisémitisme. Il convient de sortir de ces schémas de pensées qui empêchent d'analyser le collectif palestinien correctement.

    Les auteurs abordent ce sujet explosif avec une approche totalement inédite... En décryptant le collectif palestinien de l'intérieur, ils entendent proposer une toute nouvelle grille de lecture et ainsi répondre à la question originelle : de quoi BDS est-il véritablement le nom ?

  • Mickey à Gurs

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    • Calmann-levy
    • 5 Novembre 2014

    3 carnets de croquis réalisés par le jeune illustrateur Hors Rosenthal dans le camp de concentration de Gurs. L'auteur, mort à Auschwitz en 1942, présente la vie au camp avec ironie, en reprenant le personnage de Mickey Mouse qu'il met en scène en déportation, ou en réalisant une fausse brochure touristique des camps de la mort.

  • Le quatrième partage de la Pologne

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    • Academie royale de belgique
    • 18 Mars 2015

    Peut-on encore, trois quarts de siècle après le quatrième partage de la Pologne et les tragédies qui ont suivi - et que notre colloque rappelle -, accepter le dépeçage d'un État souverain par son voisin puissant désireux d'assouvir ses visées expansionnistes ?
    Il est vrai que les changements des frontières de l'Europe sont la cause ou la conséquence d'une longue histoire de notre continent. Des trahisons aussi, comme du mensonge et de la lâcheté, dont l'exemple est le Pacte Ribbentrop-Molotov, et ses dramatiques conséquences. La Pologne est le témoin privilégié. On peut être Polonais et avoir vécu, sans quitter sa ville natale, dans quatre pays différents, sans parler des régimes politiques.
    À un moment, assez récent d'ailleurs, lorsque le Mur de Berlin s'est effondré, on s'imaginait entrer à l'époque de la « fin de l'histoire ». Le monde allait dorénavant avancer à partir d'un consensus démocratique et construire l'avenir sans antagonismes sociaux.
    Or, il n'en est rien. Et le seul pouvoir que nous avons sur l'avenir, est la maîtrise du passé. Ce colloque était destiné à nous le rappeler, une fois de plus.

  • En 1966, le magazine californien Rempart publie une série d'articles qui révèlent le noyautage par la CIA de la plupart des organisations de jeunesse.
    Ces révélations font l'impression d'une bombe. Pour comprendre les raisons qui poussèrent la CIA à s'immiscer dons les organisations étudiantes, ce n'est pas de Washington qu'il faut partir, mais de Moscou. Ce sont les bolcheviques qui, en effet, songent les premiers à utiliser les jeunes comme norme politique et idéologique. La clef de l'intervention américaine réside bien dons la politique systématique mise en place par Moscou.
    Dès 1919, le Komintern dissémine une centaine de jeunes communistes clandestins, selon un plan précis et concerté, dans les principaux mouvements de jeunesse de l'époque. Cette politique de noyautage aboutit en 1946 à une tutelle de fait et incontestée de l'Union soviétique sur les principales structures mondiales de jeunes et d'étudiants. Les gouvernements occidentaux sont très lents à réagir. La guerre froide ne peut que les pousser à relever le défi.
    Cette enquête, reposant sur des archives inédites russes, américaines, britanniques, raconte les coulisses de cette immense bataille entre l'Est et l'Ouest pour le contrôle de la jeunesse.

  • Trois millions de juifs assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions de victimes en tout et des communautés entières rayées de la carte. La Shoah n'en finit pas de hanter notre mémoire. Comment peut-on aujourd'hui tenter de l'appréhender et d'en écrire l'histoire ? C'est à cette tâche que se sont attelés les auteurs de ce dictionnaire, à la lumière notamment des recherches les plus récentes, disponibles ici pour la première fois en français, en mettant l'accent sur l'Est de l'Europe. Dressant un bilan précis, analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi rendant vie aux victimes, à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive avant-guerre, ils nous permetttent de mieux cerner l'irréparable ampleur de la tragédie.

  • Le siècle des camps

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    • Lattes
    • 27 Septembre 2000

    Détention, concentration, extermination,cent ans de mal radical images terribles, insoutenables, toutes les mêmes et toutes différentes... notre siècle qui s'achève aura été celui des camps. la spirale des guerres, le cortège des génocides, l'abîme des totalitarismes auront fait des barbelés le symbole du mal, retenant comme otages ou victimes les civils de tous temps et de tous lieux.

    Entreprise sans précédent, enquête exhaustive, ce livre établit l'histoire des camps, leur typologie, leur nature, leur fonction.
    De l'afrique du sud en 1900 à la tchétchénie en l'an 2000, du génocide arménien aux purifications ethniques d'ex-yougoslavie, de la première à la seconde guerre mondiale, du goulag à
    Auschwitz, de mussolini à vichy, de l'emprise soviétique sur l'europe de l'est aux terreurs rouges de l'asie, en passant par l'algérie, cuba, la grèce ou l'indonésie, voici la somme attendue sur une tragédie universelle qui constitue le plus implacable miroir de l'histoire contemporaine.

    Professeur à l'université libre de bruxelles, joël kotek est notamment l'auteur de l'insurrection du ghetto de varsovie et le traducteur, en français, de l'atlas de la shoah. chercheur à l'institut d'histoire sociale, pierre rigoulot est, entre autres, l'auteur de des français au goulag et a collaboré
    Au livre noir du communisme.

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