Philippe Torreton

  • « J'ai toujours envie de te gifler... Continue à écrire et on va continuer à faire l'amour puisqu'il n'y a que ça qui marche entre nous. Tu vas signer la paperasse de mon père... Je vais avoir une autre vie, Jean, mais, dans cette autre vie il y aura un tiroir secret, et dans ce tiroir il y aura toi. Et si un jour tu as quelque chose à me proposer, dis le-moi. Ne regarde pas mes larmes, elles ne veulent pas dire grand chose, écris, mon Jean, surtout n'arrête pas, j'aime que tu écrives... Je m'offrirai certaines de tes phrases, même si elles ne sont pas pour moi. Je suis jalouse de cette guerre qui te garde pour elle, qui te fait marcher seul je ne sais où... sans moi... sans ta femme... Je pense que je suis la seule veuve de guerre dont le mari est vivant et devant ses yeux. » Du grand massacre de 14-18, Jean Fournier revient indemne physiquement mais broyé de l'intérieur. Démobilisé, il fait tout ce qu'il peut pour y croire, croire qu'un avenir est encore possible après cinq années à voir et entendre ce que des yeux et des oreilles de vingt ans ne devraient pas avoir à saisir. Il retrouve son emploi discret dans une banque et le destin lui fait grimper les échelons par la grâce d'un amour fol : celui d'Alice. Mais Alice, malgré ses efforts, le voit rêver de hauteurs qu'elle ne connaît pas, celles des cimes où un berger lui a, un jour, offert un autre regard sur les hommes et sur la vie.

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  • P. Torreton dresse le portrait de celle qui fut le personnage central de son enfance. Dans les années 1970 et 1980, sa grand-mère vivait en Normandie. Il lui revient en mémoire les meubles en formica, les parties de dominos, la tendresse et la vie simple.

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  • Jacques, enfant, a subi la guerre en Normandie. Envoyé en Indochine, l'absurdité du monde lui saute aux yeux. Comment vit-on la violence lorsqu'on est un homme simple aspirant à une vie calme ?
    Plein d'humanité et d'émotion, porté par une écriture enflammée unique, ce livre de Philippe Torreton est dans la lignée de son best-seller, Mémé.

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  • T comme Trac Le trac c'est cette sensation diffuse qui vous envahit le bas-ventre lorsque la représentation s'approche avec ces gros sabots de salle qui se remplit. C'est une solitude de derrière le velours, personne ne peut plus rien pour vous, alors vous faites le tour de tout plusieurs fois, à commencer par le texte que vous savez pourtant depuis longtemps. [.]Le trac vous raccroche à l'enfance et à son ignorance dans un monde tellement savant. C'est être définitivement puceau. De A comme Admiration à Z comme ZZZZ (ronflement du spectateur qui dort.) en passant par Bide, Critique, Intermittents du spectacle, Marivaudage ou Ministère de la Culture, Philippe Torreton nous promène dans les coulisses de son art, de son métier, de ses joies et de ses peines. Avec modestie et panache.

  • « Je sais d'avance que nous allons en laisser les trois quarts sur le bas-côté. Toute cette malchance qui se sème comme une mauvaise herbe, cette vie en tee-shirt Mickey et survêtement Spiderman, ce scorbut culturel, je l'ai devant moi. On ravale les façades, comme les immeubles de la cité d'à côté, de loin ça fait mieux, mais au-dedans du dedans l'ascenseur social est toujours bien crado et en panne. Le manque de moyens érigé en principe pédagogique, l'impuissance en réactivité, ça suffit. Vivement les catastrophes, puisque l'humanité ne comprend les choses qu'à grands coups de boutoir. »

  • Voilà, c'est un récit sur mon métier, sur moi qui joue, enfin, comme si c'était moi, sur ce que ça fait au-dedans et au-dehors de soi de jouer comme ça des mots d'ailleurs et de les faire siens...
    Et puis c'est un métier qui pousse à dire, à faire et à vivre, un pousse au crime de métier,.. Alors j'ai écrit un peu partout depuis tout le temps parce que ça devait déborder un peu de joies et de peines. Journal de bord de la Comédie-Française, poèmes, notes de tournages, etc. Pour essayer de saisir des petits bouts de vrai dans ce métier en trompe-l'oeil parce que Conan laisse des cicatrices dans la bouche, Henri V des épingles à nourrice dans les bras, Ça commence aujourd'hui des poux dans le coeur.
    Et puis les acteurs sont des animaux étranges qui s'inventeraient une neige pour y laisser une trace de toute façon.

  • L'auteur raconte ses souvenirs d'acteur, de spectateur et de lecteur à propos de Shakespeare. Un tragédien qui s'adresse à tous.

  • Oui, ce livre peut contenir des traces de colère et je m'en excuse...
    Je me suis investi en politique, comme on dit. J'ai soutenu des candidats, fait des discours devant des foules, je me suis même inscrit sur une liste municipale. Depuis tout petit j'imagine des plans d'action pour sauver le devenir humain ! La vie des gens me passionne, mais j'ai de la peine à voir le monde tel qu'il est et me dire que "c'est comme ça".
    Or, aujourd'hui, comme beaucoup, je suis déçu, dépité, désappointé, consterné, accablé. J'ai le sentiment qu'une élection a eu lieu mais que rien ne s'est passé normalement.
    Philippe Torreton L'interprète de Jaurès et Cyrano s'engage. Il écrit au président de la République, François Hollande. Des lettres volubiles, drôles, énervées. Empreintes parfois d'un rien de commisération pour la tâche d'un président par trop normal... Dans ces courriers enragés se lit une vision du monde. Généreuse, utopique peut-être, passionnée toujours. Et s'entend aussi la voix vibrante, émue, d'un comédien qui ne se contente pas de jouer.

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