Allia

  • Les gestes du chinois

    Jean-François Billeter

    • Allia
    • 4 Février 2021

    «On a parfois dit que le chinois n'avait pas de grammaire. On l'a cru parce que la part essentielle de cette grammaire est un jeu de gestes imaginés et sentis. Parce qu'ils forment un ensemble cohérent et simple, les Chinois n'ont jamais éprouvés le besoin de les signaler par des marques visibles dans leur écriture et n'ont par conséquent jamais explicité la grammaire de leurs langues comme nous l'avons fait des nôtres.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Celui-ci met en lumière ce qui est le caractère propre du chinois, et qui n'a pas été aperçu jusqu'ici?: dans cette langue, dont les mots sont monosyllabiques et invariables, la phrase naît de gestes intérieurs qui les relient comme la phrase musicale naît du geste intérieur par lequel le musicien lie les notes de la partition. L'auteur montre que toutes les phrases que l'on forme en chinois naissent de cinq gestes et de leurs combinaisons. Il apprend au lecteur­­­­­ à les exécuter, sur des exemples, car ce n'est qu'en les exécutant soi-même qu'on les comprend - comme en musique.
    Les Gestes du chinois s'adresse à plusieurs catégories de lecteurs?: ceux qui apprennent cette langue et qui l'apprendront mieux?; à ceux qui l'enseignent et l'enseigneront mieux?; à ceux qui, sans l'apprendre ni l'enseigner­­­­­, désirent s'en faire une idée, par goût pour les langues?; enfin à ceux qui s'interrogent sur le phénomène extraor­dinaire qu'est le langage humain.

  • Le complexe de l'argent

    Franziska Zu Reventlow

    • Allia
    • 8 Avril 2021

    «Il y a des moments où les gens se mettent à prier. Moi, je me suis mise à compter, à compter avec ferveur, les yeux clos. Je comptais au réveil, en m'endormant. Je comptais partout, en marchant, en restant sur place. Je comptais toutes les sommes dont j'avais besoin, dont j'aurais eu besoin dans une existence antérieure ou aurai besoin dans une vie ultérieure ; je les additionnais, reprenais mes opérations une à une ; je calculais toutes les possibilités, les impossibilités présentes, passées et à venir.» Ce roman épistolaire, écrit par une comtesse fauchée, relate les aventures tragi-comiques des hôtes d'un sanatorium. Leur mal ? Le complexe de l'argent. Une galerie de personnages loufoques défile : Henry, entrepreneur fauché ; Balailoff, prince alcoolique obsédé par son futur mariage ; ou encore Baumann, docteur freudien largement aussi névrosé et angoissé que ses patients. La perspective d'un hypothétique héritage hante l'imaginaire de ces originaux. Mais le complexe de l'argent pousse les personnages dans une véritable fuite en avant, si bien qu'ils n'osent même plus ouvrir leur courrier. Heureusement la faillite de la banque finira par libérer la narratrice de ses angoisses : désormais c'est elle la créancière.

    En stock

    Ajouter au panier
  • La disparition de majorana

    Leonardo Sciascia

    • Allia
    • 6 Février 2020

    "Dans le génie précoce - tel qu'était précisément Majorana - la vie présente comme une limite impossible à dépasser : de temps, de travail. Une limite comme attribuée, comme imprescriptible. Dès que, dans l'oeuvre a été atteint un point d'accomplissement, une perfection réalisée, dès qu'un secret a été complètement dévoilé, dès qu'a été donnée une forme parfaite, c'est-à-dire une révélation à un mystère dans l'ordre de la connaissance, ou pour parler approximativement, de la beauté : dans la science, ou dans la littérature, ou dans l'art - aussitôt après, c'est la mort." Quand Pasolini a été assassiné, on a retrouvé dans la poche de sa veste La Disparition de Majorana. Fasciné par la fiction que génère l'enquête policière et devant la nécessité qui s'impose à lui d'élucider toute énigme, Leonardo Sciascia se penche ici sur la disparition, subite et mystérieuse en 1938, du jeune physicien italien Ettore Majorana.
    Spécialisé dans la physique nucléaire, le scientifique avait travaillé sur les risques que l'humanité est susceptible d'encourir en usant de la fission de l'atome. L'affaire intéresse en haut lieu. Le Duce charge personnellement la police de tout faire pour retrouver le prodige de 31 ans. Mais devant l'absence totale de trace ou d'indice, on conclut au suicide. Affaire classée.
    Plus de trente ans plus tard, Leonardo Sciascia s'empare de nouveau de l'affaire. La recherche de la vérité devient initia­tique. Majorana avait rencontré les plus grands physiciens, parmi lesquels Heisenberg, avec qui il avait noué une solide amitié. Son entourage voyait en lui le génie du XXe siècle. Sa disparition en a fait un mythe. Fondée sur le principe de la déduction, l'enquête devient philo­sophique puis politique. Sciascia en arrive à des hypothèses troublantes...

  • Trois filles de leur mère

    Pierre Louys

    • Allia
    • 6 Juin 2019

    Un jeune homme de vingt ans recontre sa jeune voisine sur le palier, laquelle s'offre à lui sans plus de cérémonie... si ce n'est qu'elle invitera ensuite sa mère...
    Seules les oeuvres de Sade ou certains textes de Bataille offrent un équivalent de ce livre qui ne respecte absolument aucun tabou et dont la crudité n'est plus recouverte par le voile de l'ironie. Les surréalistes plaçaient Trois filles de leur mère au plus haut de la littérature française. Il a été publié clandestinement en 1926.

    En stock

    Ajouter au panier
  • Viande à brûler ; journal d'un chômeur

    César Fauxbras

    • Allia
    • 6 Mars 2014

    Parmi les 15 % de chômeurs français frappés par la crise de l'entre-deux-guerres, un homme écrit son journal et livre le précieux témoignage d'une époque rimant avec misère. Une misère dont seul un enrôlement dans la Légion pourrait le sauver. A moins qu'un pont au-dessus de la Seine ne fasse l'affaire. L'auteur, passé maître dans l'art des combines en tout genre, rend vivante cette galère longue de cinq mois. Son incroyable capacité à jeter un regard cinglant sur la société et à débusquer le ridicule dans la trivialité du quotidien ou dans les péripéties administratives est relayée par une langue corrosive. Un récit intime qui est aussi un texte engagé, celui d'un révolté qui, sans se départir d'une ironie féroce et tragique, laisse transpirer un non conformisme rôdé à l'humour noir.

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    En stock

    Ajouter au panier
  • Les trois textes «La vie des nonnes», «La vie des femmes mariées» et «La vie des courtisanes» constituent la première partie des Ragionamenti. Dans un style riche en métaphores qui n'est pas sans rappeler celui de Rabelais, Pierre Arétin raconte les plaisirs de la chair auxquels s'adonnaient ses contemporaines. Se moquant allègrement des sacrements religieux (voeux monastiques, mariage et autres balivernes), il tourne en dérision la société de l'époque, préférant à l'hypocrisie des conventions religieuses la franchise des «putains».

empty