Sciences humaines & sociales

  • La crise du monde moderne

    René Guénon

    • Allia
    • 5 Mai 2022

    Dès sa parution en 1927, La Crise du monde moderne fut une véritable secousse.
    Critique inclassable, ce texte précurseur dénonçait les dérives de la modernité et de l'idée de progrès. René Guénon rapproche ainsi notre époque moderne, son individualisme et sa confusion idéologique, de ce que la pensée hindoue désigne comme le Kali-Yuga : l' « âge sombre ».
    L'auteur s'attaque par ailleurs au matérialisme et au rationalisme de notre société. C'est alors en Orient que résiderait la possibilité d'une initiation à un mode de connaissance que nous avons perdu et qu'il nous faut retrouver.
    À l'heure de la mondialisation et d'une économie capitaliste aux conséquences toujours plus désastreuses, cette charge contre les illusions et l'hégémonie du monde occidental reste aussi pertinente que radicale.

  • «Jusqu'à des droits très proches de nous, jusqu'à des économies pas très éloignées de la nôtre, ce sont toujours des étrangers avec lesquels on 'traite', même quand on est allié. Les gens de Kiriwina dans les Trobriand dirent à M. Malinowski?: 'Les hommes de Dobu ne sont pas bons comme nous?; ils sont cruels, ils sont cannibales?; quand nous arrivons à Dobu, nous les craignons. Ils pourraient nous tuer. Mais voilà, je crache de la racine de gingembre, et leur esprit change. Ils déposent leurs lances et nous reçoivent bien.' Rien ne traduit mieux cette instabilité entre la fête et la guerre.» «Nous n'avons pas qu'une morale de marchand», énonce Marcel Mauss dans ce texte majeur de l'anthropologie du xxe siècle. Il y expose le résultat de plusieurs décennies de recherches sur différentes sociétés archaïques. Non seulement il est possible d'envisager l'échange en dehors du marché, mais des économies complexes reposent sur le don et le contre-don. Le nom du système au coeur de son analyse est resté dans les annales?: le potlatch.
    Notamment pratiqué dans certaines tribus amérindiennes, ce rite somptuaire fondé sur la destruction de ce que l'on possède amène au sommet de l'échelle sociale seuls les individus capables de se séparer de tous leurs biens. En s'intéressant à ce système allant à l'encontre­­­­­ du rationalisme économique tel que nous le subissons, ce texte exerça une profonde influence sur l'ensemble des sciences humaines, jusqu'à Guy Debord et ses comparses de l'Internationale lettriste qui baptisèrent leur propre revue Potlatch.
    Le potlatch et la kula revêtent avant tout une dimension spirituelle?: la chose donnée n'est pas inerte, elle engage l'honneur de celui qui la donne, autant que de celui qui la reçoit. Cette dimension sacrée de l'échange nous fait aujourd'hui cruellement défaut. C'est peut-être dans notre rapport au don que se trouve la clé de la crise morale que l'humanité­ affronte aujourd'hui.

  • L'art d'enseigner le chinois

    Jean-François Billeter

    • Allia
    • 4 Février 2021

    «L'élève doit se souvenir des mots nécessaires, les mettre dans le bon ordre (c'est ce qui compte le plus en chinois), prendre son élan pour les mettre en mouvement afin que de leur suite résulte un geste signifiant. Il doit donner de la voix, veiller à ce que les sons soient chinois, à ce que les tons soient justes et s'enchaînent naturellement - tout en me regardant comme on le fait lorsqu'on s'adresse à quelqu'un, car parler, c'est cela?: dire quelque chose à quelqu'un. Pour l'enseignant, la première règle de l'art est le respect absolu du travail qui s'accomplit à ce moment-là dans l'esprit de l'étudiant. Je ne bouge pas tant que ce travail est en cours.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Dans celui-ci, il tente de faire, sous une forme brève, la synthèse de l'expérience qu'il a acquise au fil des années en enseignant les premiers éléments de cette langue, tâche qui lui a toujours paru la plus importante et la plus intéressante. Il parle d'un «art» parce que, pour bien enseigner cette langue, dit-il, il ne suffit pas d'appliquer une méthode. Il faut développer une activité plus subtile et plus complète, fondée sur une intuition juste de ce que sont le langage, la parole et la conquête de la parole en général. C'est donc aussi de cette intuition juste qu'il s'agit ici.
    Mais, pas plus qu'on ne peut parler de musique sans faire de la musique, on ne peut traiter de la forme que la parole prend en chinois sans faire un peu de chinois. C'est pourquoi le lecteur est invité à s'approprier quelques phrases caractéristiques et à comprendre­­­­­ par là comment on entre dans cette langue.

  • Les gestes du chinois

    Jean-François Billeter

    • Allia
    • 4 Février 2021

    «On a parfois dit que le chinois n'avait pas de grammaire. On l'a cru parce que la part essentielle de cette grammaire est un jeu de gestes imaginés et sentis. Parce qu'ils forment un ensemble cohérent et simple, les Chinois n'ont jamais éprouvés le besoin de les signaler par des marques visibles dans leur écriture et n'ont par conséquent jamais explicité la grammaire de leurs langues comme nous l'avons fait des nôtres.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Celui-ci met en lumière ce qui est le caractère propre du chinois, et qui n'a pas été aperçu jusqu'ici?: dans cette langue, dont les mots sont monosyllabiques et invariables, la phrase naît de gestes intérieurs qui les relient comme la phrase musicale naît du geste intérieur par lequel le musicien lie les notes de la partition. L'auteur montre que toutes les phrases que l'on forme en chinois naissent de cinq gestes et de leurs combinaisons. Il apprend au lecteur­­­­­ à les exécuter, sur des exemples, car ce n'est qu'en les exécutant soi-même qu'on les comprend - comme en musique.
    Les Gestes du chinois s'adresse à plusieurs catégories de lecteurs?: ceux qui apprennent cette langue et qui l'apprendront mieux?; à ceux qui l'enseignent et l'enseigneront mieux?; à ceux qui, sans l'apprendre ni l'enseigner­­­­­, désirent s'en faire une idée, par goût pour les langues?; enfin à ceux qui s'interrogent sur le phénomène extraor­dinaire qu'est le langage humain.

  • La voix de Jérusalem

    Israël Zangwill

    • Allia
    • 6 Mai 2021
  • Cet ouvrage répond à une question simple : «À quoi sert l'histoire ?» Bloch décrit en premier lieu la nature de cette vocation, ses plaisirs et ses joies. Mais il souligne aussi avec force la responsabilité de l'historien. Être historien est un métier, avec ses techniques, son savoir-faire, voire son flair. Ce spécialiste se confronte aux aléas possibles des enquêtes, pénètre dans l'évolution du sens des mots. Son objet d'étude n'est pas seulement le passé mais aussi l'homme dans le passé. L'histoire est selon Bloch une science en marche perpétuelle. Et, en tant que science humaine, elle s'attache avant tout aux mouvements de l'esprit. L'historien doit révéler la poésie des destinées humaines. Bloch fait en somme l'éloge de la curiosité d'esprit.

  • à la fin tout devient poésie

    Novalis

    • Allia
    • 2 Janvier 2020

    À la fin tout devient poésie, c'est bien ce que ces fragments parviennent à nous prouver. Si Novalis fut mystique en même temps que scientifique, ces écrits viennent rappeler qu'il fut avant tout poète. Ouverte mais sûre d'elle, la pensée de l'auteur romantique se trouve dans cet ouvrage remarquablement résumée. Le talent de Novalis réside dans sa capacité à dresser des ponts entre des disciplines en apparence éloignées. Pour restituer une totalité disparate, quelle forme plus adaptée que celle de ces fragments ?
    Sérieux mais malicieux, le poète est d'autant plus séduisant qu'il sait parler des sciences à un public profane. En véritable artiste, Novalis fait davantage que vulgariser ses savoirs car pour lui la révélation du monde va nécessairement de pair avec sa poétisation.

  • Une philosophie de la solitude

    John Cowper Powys

    • Allia
    • 20 Août 2020

    John Cowper Powys se défie de l'affliction autant que de la sérénité. Le philosophe avance, en funambule, sur un fil tendu au-dessus du gouffre de la solitude. Dans une approche présentée comme « libre, sceptique et indépendante », il se propose de « retourner aux sensations fondamentales de la conscience planétaire ». Pour ce faire, en grand érudit, il invoque les présocratiques, Rousseau, le stoïcisme, et renoue avec les philosophies orientales, deux décennies avant la Beat Generation.
    Mais l'auteur se fait surtout intraitable critique. Son désir de « rappeler la philosophie », comme sa dénonciation de l'impuissance des grands systèmes philosophiques, résonnent avec force. La recherche de la solitude et le mépris du destin font dès lors office de vaccin contre l'amertume de l'existence.

  • Victor de l'Aveyron

    Jean Itard

    • Allia
    • 5 Septembre 2019

    En janvier 1800, on captura dans l'Aveyron un enfant sauvage, qui vivait dans les bois, marchait à quatre pattes et se nourrissait de plantes. Cette découverte eut un grand retentissement : enfin on allait connaître la nature humaine hors de la société. Mais savants et curieux, déçus de son mutisme, délaissèrent bientôt l'enfant. Le docteur Itard prit alors en charge son éducation. D'après lui, l'enfant, qu'il nomma Victor, n'avait pas été abandonné car atteint d'idiotisme, l'engourdissement de son intelligence et de ses sens étant dû à une vie solitaire prolongée. D'une patience sans bornes, Itard tenta de ramener Victor à l'humanité, jetant les bases de la pédagogie expérimentale moderne. Il consigna lui-même le récit de cette éducation dans les deux mémoires (1801 et 1806) publiés ici.

  • Contre le travail

    Giuseppe Rensi

    • Allia
    • 22 Août 2019

    Le travail est-il moral ou immoral ? Par exemple, la société capitaliste envisage le travail selon une conception éthique autant que religieuse. Elle justifie ainsi l'asservissement des classes prolétariennes qui, de leur côté, acceptent plus aisément le caractère pénible du travail. Mais du même coup, les classes dites laborieuses désirent une plus grande valorisation de leur travail pour la raison même qu'elles le tiennent pour haïssable. L'homme a inventé cet engrenage colossal afin de s'élever vers les hautes sphères de l'esprit. Or, pour en être le moyen, le travail en constitue aussi un obstacle. La haine qu'il inspire se mesure à ce à quoi l'homme aspire fondamentalement, idéal que Rensi perçoit dans le jeu, ou toute activité qui échappe à la contrainte et au diktat de l'argent.

  • H+ - vers une civilisation 0.0

    Alexandre Friederich

    • Allia
    • 6 Février 2020

    "La dématérialisation de toutes choses relève-t-elle du programme ? " Alexandre Friederich.

  • Journal et lettres de prison 1941-1942

    Boris Vilde

    • Allia
    • 23 Août 2018

    Le 26 mars 1941, Boris Vildé, haute figure de la résistance en zone occupée, est arrêté par la Gestapo et immédiatement incarcéré. Il entame la rédaction d'un journal, où il évoque ses conditions de détention (l'obsession de la nourriture, la solidarité) mais partage aussi toutes les réflexions que suscitent ses lectures. En janvier 1942, débute le procès, dont le verdict est sans appel et, aux yeux du condamné, sans surprise : Vildé sera fusillé, comme ses compagnons d'armes. Or, les pages de son journal à compter de cette date sont tout sauf celles d'un condamné à mort. Son avidité intellectuelle reste toujours plus insatiable et son détachement souverain. Il se laisse absorber par la lecture de la poésie et va même jusqu'à entreprendre l'étude du sanscrit peu de temps avant sa mort.

  • Nietzsche ; physiologie de la volonté de puissance

    Wolfgang Müller-Lauter

    • Allia
    • 2 Janvier 2020

    «Volonté de puissance» : voici l'un des plus célèbres concepts de l'histoire des idées, l'emblème par excellence de la philosophie de Nietzsche. Pourtant, cette notion reste problématique, ambiguë et objet d'interprétations contradictoires. Le présent ouvrage permet d'approcher au plus près cette clé de voûte d'une pensée majeure. L'auteur retrace d'abord l'histoire de ce concept au fil de l'oeuvre de Nietzsche. Analyse savante et parcours érudit à travers une oeuvre foisonnante, c'est aussi une véritable leçon de pédagogie philosophique. Il se penche aussi avec une grande originalité sur l'influence des sciences naturelles sur la pensée de Nietzsche. On y découvre comment celui-ci, perçu comme un nihiliste, était avant tout avide de confronter sa pensée aux réalités concrètes du vivant.

  • Essais sur le mythe

    Walter Friedric Otto

    • Allia
    • 7 Septembre 2017

    Que penser de Cronos dévorant ses enfants ?
    D'Athéna sortie de la tête de Zeus ou de Persée décapitant la Méduse ? se demande d'emblée Walter F.
    Otto. L'invraisemblance de ces mythes tend à maintenir une distance avec ce qu'ils entendent illustrer. Pourtant, le mythe est constitutif de notre être, il gît dans l'ombre quand la raison se déploie dans la lumière, comme le jour cède à la nuit. Il est aussi un garant de la poésie.
    Que l'on songe à Dante, Homère ou Goethe. Dynamique, le mythe apparaît créateur et appelle l'action. Avec passion, Otto révèle son essence et, par là, nous invite à comprendre ce qui, fondamentalement, nous anime, voire nous enthousiasme, au sens propre.

  • Musique et transe chez les arabes

    Gilbert Rouget

    • Allia
    • 5 Janvier 2017

    Dans ce texte aussi pédagogique qu'érudit, Rouget démontre à quel point la musique est une voie d'accès privilégiée à l'état de transe. Mais au-delà de la possession et loin de la cloisonner à un contexte religieux, l'auteur étudie l'impact émotionnel et physique de la musique et invoque pour ce faire Pythagore, Platon, la tradition musulmane ou chrétienne. Plus qu'une analyse sur le terrain des états de transe chez les arabes, le lecteur trouvera ici une forme de poésie, audelà des mots et des religions. Qu'il s'agisse de comprendre l'action morale de la musique, l'effet physique du chant, les perceptions d'un texte religieux ou du son d'un instrument de musique, le normal et le supranormal se mélangent pour ne former qu'une seule danse, aussi fabuleuse que stimulante.

  • La guerre de Jugurtha

    Salluste

    • Allia
    • 24 Août 2017

    Héritier par adoption de la couronne du royaume de Numide, le jeune Jugurtha n'hésite pas à corrompre les dirigeants romains pour éliminer tout rival et s'emparer seul du trône. Mais bientôt la grogne se lève au sein du peuple de Rome, indignation de la plèbe qui se révolte contre les massacres en chaîne et les manoeuvres de la noblesse. Obligée, par crainte d'une guerre civile, de combattre le roi barbare, celle-ci l'emporte grâce à Marius, général aux origines modestes. Cette victoire marqua l'entrée dans les hautes sphères politiques de personnalités issues des classes populaires. Par une attaque sévère contre l'aristocratie romaine, vénale et corrompue et le récit de la première victoire du "parti populaire", Salluste écrit l'une des toutes premières luttes des classes de l'Histoire.

  • Fragments autobiographiques

    Frances Amelia Yates

    • Allia
    • 20 Mars 2009

    Dans ces Fragments autobiographiques rédigés à la fin de sa vie, elle raconte son itinéraire intellectuel sur un ton très simple, vivant et personnel : elle y évoque son enfance, dans l'Angleterre du début du xxe siècle, au sein d'une famille éprise de culture qui la laisse faire elle-même sa propre éducation en dehors de l'école ; elle y revient sur ses premières recherches, entreprises en marge de l'Université ; elle y retrace sa rencontre avec les membres de l'Institut Warburg, qui donnent à cette autodidacte les moyens d'envisager la période fondatrice de notre modernité, la Renaissance et le premier xviie siècle, dans une optique tout à fait nouvelle. Frances Yates entrelace ces souvenirs d'un panorama de l'ensemble de ses écrits, consacrés à Shakespeare, à Giordano Bruno, à l'art de la mémoire, au mouvement rose-croix, à la circulation des idées dans l'Europe des Guerres de Religion et à l'imbrication étroite de la science et de la magie à l'aube des temps modernes. Elle donne dans ces pages une remarquable synthèse de ses travaux, dont elle fait apparaître la profonde cohérence en même temps qu'elle en révèle la dimension personnelle, en montrant le lien secret de ses recherches historiques avec les déchirements et les espoirs du siècle qu'elle a traversé.

  • Préface à la phénoménologie de l'esprit

    G.W.F. Hegel

    • Allia
    • 1 Septembre 2016

    «Travailler à cela, à ce que la philosophie se rapproche de la forme de la science - de ce but qui consiste pour elle à pouvoir déposer son nom d'amour du savoir pour devenir savoir effectif -, voilà le projet que j'ai formé. La nécessité interne que le savoir se fasse science réside dans sa nature, et la seule explication satisfaisante à ce propos est l'exposition de la philosophie elle-même.» Ce texte liminaire, initialement envisagé comme une "Préface au Système de la science", dont la "Phénoménologie de l'esprit" représentait une première partie, expose la mission et le but que Hegel s'est donné dans son projet philosophique global. En l'occurrence : "que le savoir se fasse science". Pour lui, la philosophie doit se rapprocher de la science pour démontrer sa propre nécessité et sa qualité d'oeuvre à part entière. Se tient aussi là tout le projet de l'idéalisme hégélien, consistant à "appréhender et exprimer le vrai non pas comme substance, mais tout aussi bien comme sujet". Une philosophie de la conscience de soi s'exprime dans ces lignes autonomes, par laquelle peut se concevoir une "phénoménologie de l'esprit". Hegel y énonce le mouvement dialectique au fondement de son système, par lequel l'opposition devient identité. Sans être supprimées, les dualités sont surmontées : la vie porte en elle son négatif, la mort, et s'y maintient. De ce fait, il devient possible de penser une vie de l'esprit au-delà de la mort. C'est aussi dans cette préface que Hegel met en valeur le "moment" du résultat, le mouvement par lequel la pensée accède au but qu'elle s'est donné. Cela fait aussi de Hegel un philosophe de l'histoire, l'esprit se développant selon lui selon trois degrés : conscience objective, autoconscience individuelle, enfin raison, qui est conscience de la communauté.
    Cette nouvelle traduction restitue avec clarté les fondements de toute l'architecture philosophique de Hegel.

  • Dans la tourmente

    Jacques Salmona

    • Allia
    • 7 Février 2019

    Dans ce témoignage étonnant d'humanité et de justesse, Jacques Salmona, d'origine judéoespagnole, relate ses aventures sous l'Occupation à Paris. Il esquisse par des anecdotes savoureuses, parfois tragiques, son enfance, son entrée dans le mouvement scout des Éclaireurs israélites de France, bientôt transformé en groupe de résistance. Ses souvenirs sont tellement vivaces qu'ils paraissent avoir été écrits «à chaud», sous la menace des bombardements. Les Éclaireurs israélites ont joué un rôle de premier plan dans la prévention, auprès des Juifs parisiens, de la rafle du Vél' d'Hiv', avant de prendre en charge les enfants de déportés, de les cacher et de les placer dans des familles d'accueil. Héros ordinaire, Jacques a échappé de justesse à la Shoah. C'est absolument poignant.

  • Grammaire générale et raisonnée

    ,

    • Allia
    • 18 Août 2016

    Paru en 1660, cet ouvrage éminemment pédagogique est aujourd'hui reconnu comme un des textes fondamentaux de l'histoire de la grammaire et de la théorie du langage. Ce qui importe ici, c'est évidemment la science du langage, de l'art de la parole ;
    C'est encore, dans l'examen des voyelles et des consonnes, des syllabes et des mots, des genres et des cas, des temps et des modes, les relations entre l'esprit humain et les formes de sa communication.

  • Traité anti-sentimental

    Francesco Masci

    • Allia
    • 20 Septembre 2018

    Un virus antimoderne se niche au coeur même de la modernité. Il s'attaque à la production d'images, ce que Masci nomme «la culture absolue», autre force propulsive, aux côtés de la technique, de la modernité. À l'essor effréné de la technique fait écho la promesse réitérée par les images d'un «homme nouveau». Or, le virus antimoderne réintroduit dans les images un contenu et donc de la croyance, aussi bien sentimentale que morale. Il ébranle leur statut d'artefact, de faux-semblant. Or, que devient une société où les images ont cessé de faire «comme si» ? Où elles invitent à croire en leur réalité ?
    D'autant lorsque nous assistons, aujourd'hui, aux premiers balbutiements d'une fusion entre la technique et cette réalité imaginaire, source d'une superstition nouvelle.

  • Marxisme et philosophie

    Karl Korsch

    • Allia
    • 20 Septembre 2012

    Ce texte fondamental marque la naissance du marxisme critique. En 1923, son impact est plus considérable encore que Histoire et conscience de classe de Lukács. Et il gêne, tant il ne peut être repris ni par les marxistes orthodoxes, ni par les sociaux-démocrates. Korsch procède à une analyse épistémologique de la théorie marxiste. En liant théorie et praxis, il rejette toute pensée dogmatique en contradiction avec le mouvement historique réel. Pour Joseph Gabel, il pointe du doigt «la cristallisation d'une forme de fausse conscience politique ». L'obsession de Korsch : favoriser une désaliénation . Son apport essentiel : saisir sur le plan des idées l'époque historique en rappelant l'indissociabilité entre conscience sociale et rapports de production. Un instrument pour penser notre époque.

  • Des anarchistes Nouv.

    Des anarchistes

    Gérard Berréby

    • Allia
    • 31 Décembre 2022

    À l'orée des années 1890, Paris connaît une vague d'attentats. Dans cette atmosphère brûlante, le «bertillonage» tourne à plein. Des Anarchistes présente les fiches de 419 individus auxquelles est apposée la mention «anarchiste». Cuisinières, menuisiers, tailleurs...
    Tout un peuple surgit du Paris de la Belle Époque.
    Précédé d'une introduction de Gérard Berréby, Des Anarchistes rappelle que ces portraits se trouvent à l'origine d'une histoire toujours en cours. Si la police s'est emparée de chaque innovation technologique afin de « maintenir l'ordre », l'image-fichage n'a pas fini de muter...

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