Anne Carriere

  • Québec, 1930.
    Gabrielle est mariée avec Edward depuis bientôt dix ans. Entre la maison de l'île d'Orléans et celle de la Grande-Allée, elle mène une vie bien remplie, entourée de ses cinq enfants. De toute évidence, il s'agit d'un mariage heureux. Mais cette chose qui devrait être si simple fait pourtant froncer bien des sourcils dans l'entourage de Gabrielle. Décidément, le bonheur est suspect en cette époque où notre sainte mère l'Église nous dit que nous ne sommes pas sur terre pour être heureux mais pour accomplir notre devoir.
    L'élégante Gabrielle a bien du mal à se soumettre au code strict de la société bien sage et bien pensante. Et si c'était possible de changer le monde autrement que par la prière ? Dans ce premier volet de la grande trilogie romanesque intitulée " Le Goût du bonheur ", Marie Laberge brosse une vaste fresque du Québec de l'avant-guerre. Fidèle à sa manière, elle nous fait partager le destin de personnages si vrais qu'ils semblent bondir de la page.
    Grâce à une écriture qu'on dirait faite pour traduire les mouvements du coeur les plus subtils ou les plus inavouables, elle éclaire de l'intérieur une époque où, sous la gangue des conventions sociales et de la religion, les passions ne brûlaient pas avec moins de force qu'aujourd'hui.

  • Que feriez-vous si l'homme de votre vie décidait de partir pour une île paradisiaque du bout du monde, sans vous, pire, avec sa garce de meilleure amie? Ajoutez à cela une mère complètement allumée, une voyante cinglée et un prétendant bègue qui ne la lâche pas d'une semelle, vous aurez une idée des turbulences que traverse Garance Kléberg.
    Heureusement, il y a Arthur, le fidèle ami homosexuel, et " les filles ", les quatre bonnes copines " à la vie à la mort ". Et malgré les tuiles qui lui tombent sur la tête, les quiproquos à répétition et les gaffes en série, Garance veut encore y croire. Elle pense avoir perdu " l'homme idéal ", pourtant il est là, tout près... et pas forcément celui qu'on attendait.

  • Bavière, 1931.
    Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, le jeune Norvégien Thörun Gärensen est contraint de servir les futurs maîtres de l'Allemagne. Spécialiste des religions païennes, il intègre l'Ahnenerbe, un mystérieux institut contrôlé par les nazis. Là, il croit un instant trouver du réconfort auprès d'un séduisant couple d'aristocrates, Laüme et Dalibor Galjero. Loin de le sauver, les Galjero le précipitent au contraire dans un tourbillon vertigineux de dépravation et de sorcellerie.
    Une aide inattendue viendra de Fausta, agent des Alliés, rencontrée à Venise, mais entre Thörun et la rédemption se dressent ses puissants protecteurs, l'ordre noir et ses propres chimères...

  • Calcutta, 1936.
    L'Inde coloniale de Kipling a déjà perdu de sa grandeur. Les nationalistes hindous pactisent avec les services secrets allemands pour chasser les Britanniques. Fraîchement débarqué de Londres, David Tewp, jeune officier du MI6, découvre un complot d'une ampleur terrifiante. Sur les traces d'une trop belle photographe autrichienne et d'un couple d'aristocrates roumains aux sympathies politiques ambiguës, Tewp plonge dans un univers de ténèbres auquel sa bonne éducation et son rationalisme ne l'avaient en rien préparé.
    Des brasiers funéraires de Calcutta aux palais d'une noblesse décadente, entre jeux d'espions, guerre civile, disparitions d'enfants et rites étranges, la traque des Ogres dû Gange commence. Thriller érudit au suspense haletant, Les Ogres du Gange emprunte avec une même maîtrise au roman d'espionnage et à ce romantisme noir qui marque la grande tradition du fantastique européen. L'épopée crépusculaire de David Tewp inaugure un cycle en quatre tomes intitulé Le Siècle des chimères.

  • La Maison Etcheverry a été décimée par les conflits, la guerre d'Espagne, la Seconde Guerre mondiale.
    Malgré ses blessures et les drames qu'elle a traversés depuis quelle en a été chassée à l'âge de dix-huit ans, Germaïna, la fille aînée, domine encore ce clan accablé. Superbe, grande femme enfin épanouie, elle est comblée d'amour et de nouveau mère. Indestructible, elle refuse le désespoir en se fixant deux buts : se venger, jusqu'au dernier coupable, des assassins de son enfant et reconstruire une tribu bien au-delà du pays.
    Son neveu Iloba, émigré en Amérique, sera le bras armé de cette vengeance, et son frère adoptif, Anaï, prodige musical que le public s'arrache, en sera l'instrument innocent. Mais la main de fer du caudillo Franco s'abat de nouveau sur elle et sur la Maison qui renaît. Le passé tragique de Guernica resurgit alors et s'étend jusqu'à l'autre rive de l'Océan. Encore une fois Germaïna se dresse pour défendre la Maison Etcheverry...

  • Pour Iris, l'orpheline surnommée " moitié d'femme ", mariée par la marquise de Maintenon à un rude planteur de la Martinique, la véranda paradisiaque qu'elle a créée, et dont elle a su faire le rendez-vous de l'élite créole, est devenue le symbole d'une réussite chèrement acquise, la revanche sur un monde sans amour, la façade enchantée d'une réalité cruelle.
    Car l'île splendide est traîtresse. En ce début du siècle, une extraordinaire et périlleuse complexité y règne : libres et esclaves, békés, nègres et mulâtres, grands planteurs et petits blancs, flibustiers et fonctionnaires royaux se côtoient et s'affrontent, s'idolâtrent et se haïssent. D'un groupe à l'autre persistent l'obsession de " passer la barrière ", le désir d'accéder à l'échelon social supérieur.
    /> Dans ce huis clos, les passions bouillonnent. Mais voilà qu'un tourbillon d'événements s'abat sur l'île. L'ouragan, la fièvre jaune, la lèpre déferlent. Une révolte éclate. L'univers feutré d'Iris bascule. La véranda est balayée. Avec elle, c'est un monde qui disparaît. une descente aux enfers qui commence. Confrontée à la misère des uns et à la férocité des autres, que deviendra Iris ? Et si, au fond de ce chaos, elle découvrait la fraternité humaine, l'espérance, l'amour ?

  • Avant, maria était une femme forte, l'axe d'un monde autour duquel s'enroulait la vie.
    Pilier de cette propriété du veyras ancrée dans la roc, elle ne craignait rien, ni des hommes, ni des éléments. mais l'été est là. le soleil, qui dévore la terre, ronge les coeurs des gens. frappée par lui, réduite à une pensée que la parole même trahit, mais accordée à la pulsation d'une nature dont elle tire sa force, maria, au nom de son fils aubin, décidera de parcourir à rebours le chemin qui mène de l'amour à la haine.
    Dans ce veyras brûlé de soleil, deux femmes - maria, la mère, et hélène, l'épouse - tout à tour blessées l'une par l'autre, humiliées, se font face, jusqu'à devoir faire face, ensemble, entraînées dans le courant fort de la vie où se reprise, point par point, l'étoffe des jours. un roman envoûtant, aux personnages toujours justes, servi par une écriture puissante.

  • La vie est-elle plus belle lorsqu'on la contemple de l'autre côté du lit ? c'est ce qu'imaginent ariane et hugo, quand ils demandent à l'huissier venu constater le retard des travaux de leur maison de les aider à échanger leurs vies - et accessoirement leurs métiers, chéquiers, voitures...
    En se mettant à la place de l'autre, pensent-ils, ils vaincront cette routine qui, après dix ans de mariage, leur donne le sentiment d'être des hamsters pédalant dans une roue. mais s'improvise-t-on vendeur de bijoux à domicile lorsqu'on a dirigé une entreprise de location de matériel de chantier ? se fait-on respecter d'employés larges comme des frigidaires quand on pèse cinquante-deux kilos et qu'on a les cheveux blonds yorkshire ? résiste-t-on à la tentation lorsque 98 % de vos clientes vous ouvrent la porte en déshabillé parme ? supporte-t-on longtemps de ne plus être celle que les enfants réclament pour les câlins du soir ? et comment tient-on le cap face aux regards désapprobateurs d'une belle-mère trop parfaite pour être honnête et d'amis goguenards ? a la surprise de tous, cette expérience, sans doute la plus folle depuis l'invention du mariage, portera ses fruits.
    Peut-être pas ceux que l'on attendait...

  • En novembre 2001, Philippe Janard, ancien ministre du général de Gaulle, est invité sur un plateau de télévision pour évoquer ses mémoires, qui vont être édités.
    Interrogé sur les accords d'Evian, l'homme ne manifeste ni regrets, ni remords, ni compassion quand il évoque le sort des harkis. Pire : il traîne leur souvenir dans la boue. Mohand, un vieil homme de soixante ans, est amené à dresser un amer bilan de son existence tout en regardant la prestation de Philippe Janard. Mohand s'est engagé dans l'armée française en 1960, après le massacre de sa famille par les membres du FLN ; il s'est embarqué pour Marseille avec femme et enfants à la fin de la guerre d'Algérie ; au fil des années, ses enfants, à qui il n'a pu expliquer son combat ni le sort qui lui était fait, se sont éloignés de lui, et maintenant il vient d'enterrer son épouse...
    Dévoré de haine et de révolte, Mohand exhume d'une vieille malle ses armes de guerre et décide de prendre Philippe Janard en otage... Un roman poignant qui reconstitue l'insupportable vérité de cette période noire, absente des livres d'histoire.

  • " Souvent, je me demande ce que serait devenu Lico, le petit garçon d'Anse Bertrand, si sa maman n'avait pas eu un jour le courage de déraciner sa tribu - "comme le dit si bien une cousine" - pour l'emmener en France.
    Que serait devenu l'adolescent, surnommé "jambes d'allumette", s'il n'avait pas reçu une éducation antillaise mêlant le respect pour sa mère et son frère aîné à la peur de leurs réprimandes ? Aurait-il rejoint une bande de son âge pour exister ? Que serait devenu le jeune joueur de l'AS Monaco, si des examens cardiaques approfondis, qu'il a effectivement dû passer, avaient décelé une malformation héréditaire ? Que serait devenu l'arrière droit de l'équipe de France si celle-ci avait perdu 1 à 0 la demi-finale France-Croatie du Mondial 1998 ? Lorsque je prends mon maillot de club ou celui de l'équipe de France et que je lis "Thuram" au dos, j'ai l'impression que c'est une blague : il est impossible que l'enfant d'Anse Bertrand et des Fougères soit devenu footballeur professionnel.
    Je suis entre le rire et les larmes. Aussi longtemps que l'image de ce petit garçon m'habitera, je crois sincèrement qu'elle me donnera la force d'avancer : elle me rappelle que l'existence n'est qu'un jeu où vous êtes simplement un acteur de passage. "

  • Après Thérèse et Marie, le dernier volume de « La naissance d'une nation » vient clore plus d'un siècle d'existence de la Nouvelle-France. Emilienne raconte la partie de l'histoire du Québec qui assurera sa pérennité française : l'avènement d'un peuple, aujourd'hui encore distinct, et que l'on dit québécois.
    Dans la nuit du l3 au l4 septembre l759, sur les Hauteurs d'Abraham, Timothy O'Sullivan, grenadier de l'armée anglaise, reprend conscience après la bataille. A l'issue du combat, il prendra pays dans la colonie conquise. Il y connaîtra Emilienne Devanchy, la demi-soeur de Marie, veuve sans enfant, personnage étonnamment cultivé, fier et indépendant, qui se dévoue auprès des blessés anglais et français, hospitalisés ensemble à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elle l'épousera, en dépit du qu'en dira-t-on d'une société farouchement française, qui lui reproche déjà la superbe de sa personnalité. Mais lady Emilienne et son mari, Timothy, irlandais d'origine et chirurgien de profession, contribueront de façon spectaculaire à la survie de la nation canadienne française. Elle enseignera notamment à l'élite le raffinement de la culture française, tandis que lui deviendra député du premier Parlement dans le gouvernement du Bas-Canada (Québec).


  • Robert Laffont a fondé sa maison en 1941, à Marseille.
    En cinquante ans d'édition, il a publié plus de dix mille titres et créé des collections prestigieuses comme " Pavillons ", " Bouquins ", " Réponses ", " Ailleurs et Demain ", " Vécu ", " Ce jour-là ", avec un slogan : " Des livres ouverts sur la vie ". Dans Une si longue quête, Robert Laffont nous révèle fêlures affectives et force morale, espoirs et déconvenues, tout ce qui a construit sa personnalité avide de bonheur et de partage.
    Son amour de la vie, son insatiable curiosité de l'être humain, sa quête de spiritualité l'ont guidé dans ses choix. Il retrace aussi son parcours d'éditeur, ses rencontres avec des auteurs aussi divers et marquants que Graham Greene, Dino Buzzati, John Le Carré, Gilbert Cesbron, Henri Charrière, entre autres, ainsi que ses déboires avec le général de Gaulle ou Winston Churchill. " Je crois que je suis devenu adulte, mais je n'ai pas grandi.
    J'ai gardé à peu près toutes mes illusions, mes impulsions, mes craintes et mes joies d'enfant. " Une belle leçon d'humanité.

empty