Sciences humaines & sociales

  • Autoportrait en thérapies Nouv.

    Dans ce livre, Marcel Rufo se dévoile. Il raconte son enfance et son apprentissage en psychiatrie. Comment vit-on ce métier ? « En nous appuyant sur nos peines, nous devenons plus forts, plus modestes et plus déterminés dans le soin.
    Marcel Rufo va aussi à la rencontre d'enfants et d'adolescents avec l'empathie qui le caractérise, comme dans oedipe toi-même, son premier ouvrage, publié en 2000 aux éditions Anne Carrière, qui s'était vendu à 350 000 exemplaires. »

  • En France, les hommes sont responsables de l'écrasante majorité des comportements asociaux : ils représentent 84 % des auteurs d'accidents de la route mortels, 92 % des élèves sanctionnés pour des actes relevant d'atteinte aux biens et aux personnes au collège, 90% des personnes condamnées par la justice, 86 % des mis en cause pour meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.
    La liste semble inépuisable. Elle a surtout un coût. Un coût direct pour l'État, qui dépense chaque année des milliards d'euros en services de police, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face. Et un coût indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances physiques et psychologiques des victimes, et subit des pertes de productivité et des destructions de biens. Pourtant, cette réalité est presque toujours passée sous silence. Lucile Peytavin, historienne et membre du Laboratoire de l'égalité, s'interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes comme principaux auteurs des violences et des comportements à risque, et tente d'estimer le coût financier de l'ensemble de ces préjudices pour l'État et donc pour chaque citoyen.ne. Quel est le coût, en France, en 2020, des conséquences de la virilité érigée en idéologie culturelle dominante ? L'autrice nous pose la question : n'aurions-nous pas tous intérêts à nous comporter... comme les femmes ?!

  • La classification sociale des femmes en fonction de leur sexualité réelle ou supposée opère une distinction entre les « convenables » et les « indécentes ». Du côté des mauvaises filles, on trouve notamment les travailleuses du sexe. Des personnes invisibilisées ou représentées de manière stigmatisante, a fortiori en temps de pandémie. Il y a aussi les clientes du travail du sexe, qui existent et qui remettent en question le marché traditionnel de la séduction hétérosexuelle. À leur contact, l'autrice-journaliste interroge sa propre socialisation en tant que femme et les représentations médiatiques de la prostitution. Avec ses interlocutrices, elle entend dénoncer l'injonction à la « respectabilité » qui pèse sur les femmes. Les récits de ces travailleuses et de ces clientes - celles qui ont accepté de se livrer - permettent aussi de documenter l'état des rapports de genre et des normes sexuelles en 2020.

  • C'était le lieu de vie de milliers de familles. Une ville détruite, cassée, réduite à l'inexistence, sauf à la chercher dans la mémoire des vivants. Ce sont leurs voix que ce livre recueille, leurs souvenirs de ce monde disparu, de ses traditions perdues. Les récits d'enfance, des projets d'adolescents, du quotidien s'égrènent dans les ruelles du vieil Alep, se répondent parfois, sans jamais être à l'unisson. Cet effet kaléidoscope s'amplifie au moment d'évoquer la révolution, la guerre et la survie - selon les moyens propres à chacun. Les mots de ceux qui ont embrassé la voie du changement, qui se sont engagés pour elle à n'importe quel prix, n'occultent pas les mots de ceux qui n'eurent d'autre choix que de subir. Joie, solidarité, amour, illusions, peur, confusion... L'arrivée des « soldats de la liberté » entraîna la division de la ville en Est et Ouest, telle une fracture irréparable, séparant amis, familles et amoureux. Désillusions, colère, dégoût. Dieu fit une entrée fracassante avec ses cavaliers noirs. Foi, enfermement, incompréhension. Puis le pilonnage au hasard des explosions de bombes barils faucha les vies, les foyers. Deuil, douleurs, abandon. La plupart du temps : se relever. Dans une trame d'événements surréalistes à force d'être monstrueux percent partout les élans vitaux d'une communauté. Dans ce livre, cette communauté se penche sur la terre où s'arrimait l'arbre de ses ancêtres et, par les paroles qu'elle choisit, le relève fragilement au-dessus des décombres tout en interrogeant le ciel et les hommes.

  • Mal en point, la sexualité contemporaine ? Désenchantée, tout au moins.
    Perturbée par les questions soulevées par le mouvement MeToo, mais aussi par la baisse internationale de libido, les enjeux de pouvoir, les injonctions irréalistes. Avec, pour résultat, une immense lassitude.
    La faute à qui, à quoi ? À une sexualité pensée comme une affaire d'orifices, à un imaginaire qui réduit les femmes à un vide à combler, alors qu'elles possèdent un sexe, pulsant, puissant. La première partie de cet essai, « Sortir du trou », analyse comment l'Histoire, la culture et la psychanalyse ont réduit nos pratiques à des peaux de chagrin.
    Mais parce qu'un pamphlet ne nous fera pas retrouver le chemin de la joie et du plaisir, la seconde partie, « Lever la tête », propose une ars erotica optimiste, pratique, ambitieuse, centrée sur la fantaisie et l'éthique. Au programme : une sexualité solaire, radieuse, à la portée de chacun.
    Une autre sexualité est possible, il suffit de la faire advenir. « Sortir du trou » explique pourquoi. « Lever la tête » révèle comment.

  • Clinicien avant tout, dans ses livres Marcel Rufo s'appuie sur ses rencontres avec ses patients et leur famille pour éclairer et faire le lien avec la théorie psychiatrique ou psychanalytique.
    Dans ce nouveau livre, il a choisi de réfléchir à partir d'une expérience personnelle : les relations qu'il a eues, petit, avec son unique grand-mère, une femme extravagante, autoritaire, d'origine italienne. Replongeant dans cette histoire, il développe ce que le pédopsychiatre qu'il est devenu peut maintenant en comprendre.
    Comment ce petit garçon introverti a pu devenir un pédopsychiatre extraverti, un grand communicant à l'aise avec les médias. On voit là que rien n'est jamais joué au niveau de l'enfance.
    Dans un troisième temps, Marcel Rufo, pas encore grand-père, se projette dans l'avenir et écrit à son petit-fils ou sa petite-fille imaginaire, en se mettant dans la position quasi idéale du grand-père parfait qu'il imagine devenir et ne sera sans doute jamais.

  • J'ai longtemps vécu dans une sorte de schizophrénie. Féminité vs féminisme, corps vs esprit. Ce n'est pas ma faute, je suis issue d'une double éducation. D'une part, un beau-père instituteur communiste, pour qui la séduction et l'ultraféminité étaient des choses à proscrire car indignes de mon intelligence. D'autre part, une mère sage-femme qui m'emmenait faire du shopping tous les samedis et glissait des capotes dans ma valise quand je partais en vacances.
    Aujourd'hui, je me définis donc comme féministe pro-sexe. Je considère que la réelle libération sexuelle, féminine et masculine, fait partie intégrante de l'émancipation féminine. Si le corps est politique, le sexe l'est aussi.
    Il est temps d'avoir un discours libéré, clair et ouvert, sur les sexualités hétéro et LGBT, le corps, et les plaisirs. Il est temps d'accepter les diverses identités sexuelles et amoureuses. Il est temps de voir que les frontières ont bougé : entre les notions autrefois rigides de féminité et de virilité, entre la norme et le hors-norme. Il est temps de se battre contre les stéréotypes sur la sexualité féminine et masculine. Car si la misogynie atteint les femmes, à travers les inégalités salariales, la violence domestique et le sexisme ordinaire, la perpétuation des clichés sexuels, elle, fait autant de mal aux femmes qu'aux hommes.
    Là, je lève mon petit poing. Et avec l'autre main, je vous emmène avec moi. Je vous raconte ma libération de femme née en 1980. Comment j'ai appris à être « ladylike », « dirtygirl », et « sexpositive feminist » à la fois. Et ce n'était pas gagné.

  • Nous sommes à l'âge de la colère.
    La formule vient de l'intellectuel indien Pankaj Mishra et beaucoup de nos contemporains partagent ses idées : nous serions au bord d'une « guerre civile mondiale » parce qu'on se rendrait compte que la modernité n'a pas tenu ses promesses. Je partage le constat de Mishra sur le caractère pour le moins tendu de notre époque, mais mon diagnostic est aux antipodes : si nous sommes aujourd'hui aussi à cran, ce n'est pas parce que notre civilisation issue des Lumières n'a pas tenu ses promesses.
    Au contraire, c'est qu'elles se sont tellement bien réalisées que nous ne savons plus à quoi pourrait ressembler des épreuves proprement existentielles.
    Pourquoi ? Parce que nos perceptions, comme souvent, nous trompent. Nous avons peut-être l'impression que les périls se suivent, se répètent et empirent, mais c'est surtout parce que nous ne cessons d'élargir la définition du périlleux et transformons en catastrophique ce qui était anodin voici encore peu.
    Deux questions animent ce livre :
    - Pourquoi avons-nous le conflit si facile, l'hostilité si séduisante, l'affrontement si confortable ?
    - Pourquoi tant de gens semblent incapables d'exister s'ils ne s'imaginent pas avoir des ennemis à anéantir ?
    Son programme est celui d'un « pacifisme appliqué » : plonger au plus profond de notre nature conflictuelle grâce aux apports des sciences comportementales darwiniennes.

  • Que n'a-t-on pas dit sur les pères ! Le pater familias d'hier était trop distant, trop rigide ; le père d'aujourd'hui, plus proche et plus tendre, serait incapable de « faire autorité ». Le père aurait ainsi basculé d'un extrême à l'autre, mais, en définitive, cela ne change rien : quoi qu'il fasse, il a toujours (presque) tout faux !
    L'enfant le sait mieux que personne : pour lui, son père est d'abord un intrus qui vient s'immiscer dans la fusion avec sa mère et empêcher qu'elle ne se prolonge. L'intrus se transforme bientôt en rival, avant de se muer, pour quelques années, en héros. Jusqu'au jour où, devenu adolescent, l'enfant réalise que le héros n'était que le fruit de son imagination.
    Cette histoire naturelle de la paternité souligne une vérité incontournable : le père n'étant jamais tel qu'on l'imagine, il est condamné à être imparfait et faillible. Mais c'est grâce à ces manques et ces fragilités que l'enfant peut se construire. Il apprendra à composer avec, quitte à s'attacher à d'autres figures paternelles, comme autant de « suppléments » de pères qui l'aideront finalement à trouver le sien, cet inconnu familier qu'il ne cesse de chercher.

    Marcel Rufo n'entend pas ici donner de conseils pour être un « bon » père ni esquisser le portrait robot d'un père idéal. Inlassable pourfendeur des idées reçues, il montre que le père ne peut se réduire à une caricature ou à une entité figée. Pour lui, il n'y a que des pères, sujets d'histoires singulières qui, juxtaposées, finissent par dessiner une réalité nettement plus subtile : le père est toujours une mosaïque d'images mêlant réel et imaginaire.

  • Tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur le sexe, mais que vous saurez quand même.

    Quels sont les bons conseils avant de copuler avec un extraterrestre ? L'auto-fellation peut-elle sauver l'Humanité ? Qu'a donc à nous confier un anus d'actrice X ? Les poupées sexuelles vont-elles nous réduire en esclavage ? Ne vous inquiétez pas, toutes ces questions trouveront en ces pages des réponses cohérentes. Après avoir eu un problème d'évier et enquêté sur le rôle fondamental du plombier dans le porno, l'auteur s'est en effet lancé dans une suite d'investigations sexuelles à haute teneur journalistique. Si certains passages de ce livre sont d'un humour absolument navrant, d'autres vous permettront d'acquérir une solide porn culture pour briller en société.

  • Depuis quelques temps, les deux sexes semblent s'affronter et la masculinité toxique est au coeur de tous les débats. Mais qu'en disent les hommes ? Que veulent-ils ? Quels rapports entretiennent-ils aux femmes, et à eux-mêmes ? Aurélie Lévy s'appuie sur son expérience de réalisatrice de documentaire et décide de leur donner la parole, pour tenter de les comprendre, sans parti pris et sans jugements. Ils sont artistes, universitaires, paysans, banquier, chômeur, détective privé... Dans une enquête aux allures de road trip, elle met à nu l'homme sous toutes ses facettes, à travers vingt témoignages, saisis dans l'époque. Et quelque chose de fort se produit : ils livrent tous, avec une désarmante sincérité leurs espoirs, leurs doutes, leurs contradictions, leurs limites - et parfois leurs secrets les plus intimes.
    Une chose est sûre, le contenu de ce livre ne laissera personne indifférent.

    Aurélie Lévy est réalisatrice de documentaires et écrivaine. Après des études supérieures au Japon et aux États-Unis, elle a passé les dix premières années de sa vie professionnelle dans les coulisses d'Hollywood. Son premier roman, Ma vie pour un Oscar, (Plon, 2012) est une chronique de cette décennie.

  • Tiens bon !

    Marcel Rufo

    Parmi les innombrables patients que Marcel Rufo a rencontrés au cours de sa carrière, il a choisi sept histoires. Un cas d'autisme infantile, d'autres de handicap, de troubles alimentaires graves, de conduites à risques, de troubles de l'adoption... Sept cas cliniques qui l'ont marqué, sept patients qu'il a suivis, parfois pendant de longues années. Mais qu'y a-t-il de commun entre un autiste et un enfant adopté ? Peut-être la confiance, la croyance qu'un mieux-être est possible, quelles que soient les difficultés que l'on doit traverser. Marcel Rufo se fait dans ce livre l'avocat d'une psychiatrie optimiste, qui croit en l'avenir. Une psychiatrie qui ne se résume pas à la maîtrise de la clinique, mais qui englobe le suivi et l'empathie. "Du cas le plus lourd au plus anodin ou apparemment léger, ce dont je suis intimement persuadé, c'est qu'il existe toujours une réserve d'espérance".

  • En dix ans, l'humanité a regardé l'équivalent de 1,2 million d'années de vidéos pornographiques et 95 % de cette consommation passe par ce que l'on appelle « les tubes », des sites de streaming gratuits. Jamais l'accès au porno n'aura été aussi facile : des millions de contenus sont à disposition de façon permanente, sans restriction d'âge, sans aucune forme de contrôle quant à la violence des contenus diffusés. La gratuité combinée à l'immédiateté du streaming fait de ces sites un moyen prisé pour accéder aux images explicites, tant par les adultes que... par les mineurs. Car depuis la démocratisation du smartphone, l'âge moyen de la découverte du porno est descendu à 9 ans. 70 % des consommateurs mineurs ont accès à ces contenus, non pas à partir de l'ordinateur de la maison, comme trop de parents l'imaginent, mais tout simplement à partir de leur téléphone. Ce même téléphone qu'ils emportent chaque jour à l'école et auquel ils ont libre accès lorsqu'ils sont seuls dans leur chambre.
    Mais pourquoi ces plateformes ne proposent-elles pas de système de filtrage ? Et surtout, pourquoi personne n'en demande-t-il la régulation ? Alors que ces sites figurent parmi les plus fréquentés au monde, au point d'être classés devant Apple et Microsoft, on ne peut qu'être frappé par le silence assourdissant des politiques. Les tubes agissent en toute illégalité, proposent du contenu piraté, ne respectent pas les lois européennes en termes de protection de l'enfance, agissent en toute impunité, sans qu'aucun gouvernement réagisse.
    C'est pourquoi nous devons nous réapproprier le sujet, sans panique morale mais sans minimiser non plus l'impact de la « porn culture » sur notre sexualité et sur nos rapports de genre. Il est temps pour nous tous d'en comprendre les rouages, de connaître ses moyens de diffusion, de la décoder et d'en évaluer l'impact sur notre rapport au corps et à l'Autre. Puisque nous ne pouvons revenir à une époque pré-Internet, autant analyser ce qui nous entoure avec pragmatisme et chercher les meilleures mesures de protection. Ainsi seulement il nous sera possible d'en jauger les éventuels dangers, d'avoir une conversation apaisée avec nos enfants et de faire en sorte qu'ils n'en soient pas affectés dans leur construction identitaire.

  • Comme beaucoup de couples de femmes, Anabelle et Pinky voudraient avoir un enfant. Tout de que le Net a à leur offrir, en matière de conseil, est d'avoir des rapports un jour sur deux pour augmenter les chances de tomber enceinte. Ce n'est pas faute d'essayer mais elles savent bien que deux ovocytes ne fusionneront jamais ensemble. Elles se mettent alors à la recherche du donneur idéal.
    À l'occasion d'un apéritif bien arrosé, découragées de ne pas l'avoir trouvé, elles se confient sans retenue à Jérôme, un ami hétéro, père de famille qui propose spontanément son aide. Bingo !
    Le lendemain, dégrisé, il commence à hésiter, se renseigne, tergiverse un peu et finalement accepte de leur donner une de ses précieuses petites graines... et ça marche !
    Commence alors le cycle habituel de ce genre d'heureux évènement : grossesse, naissance, vie en rose puis en « blues » car tout n'est pas si simple entre un couple de lesbiennes en osmose et ce « géniteur » devenu envahissant.
    « Papa graine », c'est un récit à trois voix, tendre et sincère. Pudique, mais pas trop... Où l'on rigole souvent des mésaventures de ce trio improbable. L'amour et l'amitié s'accordent pour accompagner un enfant bien dans ses baskets sur les chemins de la vie.

  • Sous nos latitudes, et depuis un petit siècle, les femmes ont progressivement acquis le droit de travailler, de voter, de faire ou non des enfants, de disposer de leur corps et de leurs ressources matérielles. Bref, la libération féminine a eu lieu, les femmes se sont, paraît-il, émancipées.
    Sauf que, dans un monde qui traque les différences sexuelles, notamment toutes les émanations du « plafond de verre » empêchant les femmes d'atteindre, en proportions équivalentes aux hommes, les positions sociales les plus élevées, les plus valorisées ou encore les plus gratifiantes, il est un élément qu'à peu près personne n'a la présence d'esprit d'interroger. Ce grand absent du débat sur les obstacles que les femmes doivent surmonter pour espérer prospérer comme certains de leurs homologues masculins, c'est le boulet amoureux.
    Un boulet conglomérant l'amour, le bonheur familial, la réussite conjugale ; toutes ces notions dont se gargarisent une énorme majorité de femmes lorsqu'elles font la liste de leurs priorités existentielles. Comme si la normalité, quand vous êtes dotée d'ovaires, était de mettre l'amour en tête de votre liste et au coeur de votre quotidien. D'investir un temps et une énergie incroyables à la tenue de ce poste budgétaire vital. Et de souffrir le martyre quand le retour sur investissement en vient à trahir vos espérances. Toute déviation de cette norme, toute trajectoire alternative seront vues d'un sale oeil, a fortiori par un point de vue féminin.
    Le problème, c'est que l'amour, quand il vire au toxique, est autant la justification des hommes qui battent que des femmes battues qui restent. Il est le prétexte totalitaire et indépassable des accès de folie, des meurtres passionnels, des tortures conjugales, des truanderies affectives. Il est le carburant des crimes d'honneur, des mutilations génitales, de l'obsession de la virginité et de l'injonction à la pudeur. Il ceint d'explosifs la taille des veuves noires de Tchétchénie, fait partir Monique Fourniret à la chasse aux vierges, allume l'ordinateur de Valérie Trierweiler.
    Telles des chiennes de Pavlov, les femmes ont été conditionnées à saliver face à l'amour en tant qu'indice d'engagement. Au seuil de sélectivité sexuelle très bas des hommes répond un seuil de sélectivité affectif tout aussi faible chez les femmes : mieux vaut s'accrocher à n'importe quoi que de risquer de n'être accrochée par rien.
    Le temps semble venu de faire perdre à l'amour ses lettres de noblesse.

  • Philosophe de formation, Florence Ehnuel découvre, dans sa jeunesse, l' « approche centrée sur la personne », doctrine de Carl Rogers, psychologue américain déterminant du xxe siècle. Elle suit alors une formation au cours de laquelle elle se rend compte que les manières courantes de communiquer ne favorisent pas toujours la compréhension mutuelle.

    Dans cet ouvrage, elle expose le cheminement personnel qui l'a familiarisée avec le ressort majeur de l'écoute empathique : la reformulation. Elle détaille les formes diverses de jugements qu'on a intérêt à éviter et expose la mise en oeuvre de cette reformulation empathique à travers des chapitres explicatifs, mais également grâce à des dialogues variés. Au fil de ces observations et de ces considérations pratiques, elle dessine une philosophie de la communication et du rapport à l'autre.

    Ce livre s'adresse à ceux qui ont plaisir à écouter les confidences d'un ami, qui veulent être utiles à leurs proches lorsqu'ils sont dans la peine, ceux qui prônent les échanges d'idées libres et propices à la réflexion.

  • Un rendez-vous inédit : quatre heures d'entretien filmé avec le célèbre pédopsychiatre Marcel Rufo, qui nous offre, à travers plus de 120 entrées thématiques, une introduction à tous les grands sujets auxquels sont confrontés les parents. Amour, Angoisse, Affection, Anorexie, Adoption. Bébé, Bonheur, Bruxisme. Caractère, Camarade, Collège. Dépression, Délinquance, Divorce. Et tant d'autres. Un discours libre, engagé, pédagogique. À regarder en famille pour ouvrir le débat. En complément, un livre regroupant 100 chroniques de Marcel Rufo dans Version Femina : 100 questions pratiques de parents confrontés aux problèmes, banals ou graves, de l'enfance et de l'adolescence.

  • Les héritiers

    Bernard Pascuito

    Les affaires de succession ne sont pas toujours simples. Le plus souvent, elles sont même très compliquées... Des familles se déchirent (Claude François, Delarue, Jarre, Picasso) ; des enfants affrontent leurs parents et vont jusqu'à les mettre sous tutelle (Bettencourt, Uderzo) ; des belles-mères et des beaux-enfants s'entretuent par avocats interposés (Hallyday, Bashung, Cousteau) ; des guerres fraternelles sont déclarées trente ans après (Lino Ventura) ; un assassin va t'il hériter d'une femme disparue depuis quarante ans (affaire Agnès Leroux / Maurice Agnelet) ? ; Comment éliminer une maîtresse encombrante (Brel, Montand) ou accepter par amour un héritage qui ne représente que des dettes et des ennuis (Françoise Sagan/ Denis Westhoff).
    Ce livre n'est pas une simple succession d'histoires terribles, douloureuses, machiavéliques ou pitoyables. Il cherche aussi à comprendre tout ce qui fait la noirceur, le sordide et, parfois, la beauté des affaires d'héritage.
    Ce lien étrange entre argent et amour, amour et haine, vengeance et ressentiment, qui fait qu'au-delà de l'appât du gain, le moteur de chaque bataille à mort c'est toujours l'amour... L'amour que l'on n'a pas reçu, celui que l'on n'a pas donné, l'amour qu'un autre ou une autre nous a volé, l'amour qui n'a jamais été dit...

    Tour à tour journaliste, directeur de magazine, éditeur, écrivain, biographe, Bernard Pascuito a écrit de nombreux livres, dont La dernière vie de Romy Schneider (Le Rocher, 2018), Annie Girardot, une vie dérangée (L'Archipel, 2013), ou Les Politiques aussi ont une mère (Albin Michel, 2017).

  • 1985 : deux jeunes femmes s'aiment et désirent fonder une famille.
    Mais comment ?
    2006 : leur fille a maintenant vingt ans. elle est belle, heureuse... et bien armée pour la vie. entre-temps, il aura fallu aux deux mères beaucoup d'intelligence, de courage et d'amour pour faire face, jour après jour, à son éducation dans une situation socialement inhabituelle. entre émotion et réflexions, l'auteure nous offre le témoignage d'une expérience parentale singulière, finalement toute simple, simple comme tout ce qui est vrai.

  • On envie les adolescents pour leur jeunesse et ses promesses, mais on oublie un peu vite qu'il s'agit aussi d'une période douloureuse, parce qu'elle représente une perte : perte de la pensée magique de l'enfance, des illusions sur soi et sur le monde. Il faut apprendre à accepter ses propres limites et se résoudre à être toujours un peu moins glorieux que ce que l'on avait imaginé. On comprend alors pourquoi l'adolescence constitue un terrain favorable à l'apparition de troubles psychiques : ils expriment la fragilité inhérente à cet âge, le doute sur soi et sur ses capacités à plaire, à aimer et à être aimé, l'incertitude sur ce que l'on pourra devenir.
    Mais si les enjeux se font plus aigus qu'au temps de l'enfance, rien n'est encore joué, tout reste possible, et un grand nombre de ces troubles, parfois spectaculaires, se révéleront transitoires. À charge pour le psychiatre d'accompagner ce processus de maturation qu'est l'adolescence et de tout mettre en oeuvre pour relancer les perspectives d'avenir.
    À l'heure où il quitte la Maison de Solenn dont il avait pris la direction en novembre 2004, le Pr Marcel Rufo se penche sur son expérience auprès des adolescents. Il ne prétend pas dresser le portrait d'une génération, mais préfère s'intéresser à des histoires singulières qui en disent plus long que toutes les théories et permettent de mieux comprendre les comportements de ces « ados » trop souvent considérés comme une entité indistincte.
    À la fois livre de souvenirs et réflexion sur l'exercice de son métier, La Vie en désordre est un plaidoyer pour une psychiatrie humaniste, inventive et optimiste, loin des dogmes et du psychiatriquement correct.

  • En 1981, Bruno intègre la Compagnie républicaine de sécurité de Quincy-sous-Sénart. Il découvre l'univers des adolescents difficiles en procédant à des contrôles d'identité dans des quartiers à problèmes. En 1985, il est sélectionné pour former la toute première équipe du RAID. Créé à l'origine pour lutter contre les actes terroristes, cet organisme est appelé aux actions les plus périlleuses. Bruno Pomart participera ainsi aux opérations les plus spectaculaires, dont l'arrestation de Jean-Marc Rouillant et ses complices d'Action directe.
    Son activité l'amène à intervenir dans des prisons, où il prend conscience que des centaines de jeunes à la dérive croupissent là sans le moindre espoir de s'en sortir. En 1992, il fonde l'association Raid Aventures, qui se propose de les réinsérer par le sport, l'effort et la rigueur. Depuis seize ans, des milliers de jeunes, garçons et filles, ont participé aux activités proposées : escalade, VTT, canoë-kayak, descente en rappel, cross, course d'orientation, mais aussi les raids aventures musclés organisés à travers toute la France ou au plus profond de la Guyane.
    Bruno Pomart dresse ici le bilan d'une action encouragée tant par les plus hautes autorités que par les élus de tous bords, et brosse le portrait de quelques-uns de ces jeunes à travers leurs expériences. Il joue la prévention, sans angélisme ni concession. Et, malgré quelques échecs, ça marche !

  • à quinze ans, on a la vie devant soi.
    Rien ne peut vous arriver. mais, un jour, c'est l'accident, la chute en montagne, et le verdict tombe: " tu ne pourras plus jamais remarcher ". au début, on espère être l'exception statistique qui donnera tort aux médecins. on se bat pour défier la réalité. mais, au fil des longs mois de rééducation, on se rend à l'évidence: il va falloir apprendre à exister sans sa motricité. comment envisager l'avenir, alors, comment se reconstruire, comment avancer, malgré ce compagnon bien encombrant qu'est le fauteuil roulant?.
    Luc est aujourd'hui un homme épanoui qui parvient à faire oublier son handicap. il sort, voyage, et profite avec bonheur de chaque instant partagé avec ses proches. ses échanges avec marcel rufo offrent un regard nouveau sur la manière de se relever de ce drame auquel nous pouvons tous, un jour ou l'autre, être confrontés. son expérience et les analyses du pédopsychiatre qui lui font écho aideront tous ceux qui traversent une telle épreuve et sont submergés par la détresse.
    Oui, il est possible de s'en sortir, il est même possible d'être heureux!. une belle leçon de vie et d'espoir

  • Cette autobiographie relate l'histoire du peuple palestinien et des différentes organisations qui ont combattu pour sa reconnaissance.
    A travers l'analyse des relations de ce peuple en exil avec les dirigeants qui se sont succédé à la tête des Etats arabes limitrophes d'Israël, il apporte un éclairage inédit sur cette période de l'histoire du Proche-Orient, en guerre depuis 1948.
    Si l'auteur a décidé de raconter les événements dont il fut le témoin ou l'acteur, et notamment d'avouer sa pleine responsabilité dans l'organisation et la préparation de l'attentat des Jeux Olympiques de Munich en 1972, c'est parce qu'il est convaincu qu'une véritable paix avec Israël ne peut être bâtie sans que l'on éclaircisse les points restés longtemps obscurs.
    Abou Daoud considère avoir perdu sa guerre contre Israël et est prêt à en tirer les conséquences.
    Il ne renie rien de ce qu'il a commis personnellement même s'il reconnaît avoir contribué par son action à des dérapages. Mais n'est-ce pas également le cas de ses vainqueurs ?
    Abou Daoud est viscéralement opposé à tout ce qui perpétue la division de la Palestine.

  • Dure, parfois inhumaine pour des adultes qu'elle broie, la justice est-elle plus attentive, plus vigilante pour les enfants et les adolescents qu'elle est chargée de protéger ? Le manque de moyens, les faiblesses de la formation des magistrats, les difficultés que rencontrent ces derniers à travailler avec les services sociaux rendent le système fragile. Malgré le dévouement extraordinaire de certains magistrats, la justice, pour les mineurs, est un colosse aux pieds d'argile.
    Dans les divorces, il arrive que les petits arrangements entre adultes laissent les enfants blessés à vie. La résidence alternée, ces enfants-valises, n'en est qu'un exemple quand elle oblige les tout-petits à ne plus savoir où est leur maison.
    Les enfants victimes, martyrisés par leurs parents ou par des pédophiles de rencontre, sont-ils mieux protégés par le système judiciaire ? Encore faudrait-il qu'on en ait les moyens. Quant aux mineurs délinquants, notre société sait-elle toujours les remettre dans le droit chemin ?
    Parvenue au terme de son mandat de défenseure des enfants, Claire Brisset dresse ici un tableau lucide, sans concessions, des ombres et des lumières de la justice des mineurs en France. Et elle ouvre des perspectives pour que les enfants de France soient enfin mieux protégés.

empty