Documentation Francaise

  • Du 1er janvier 1949, date de son entrée à l'Ena, à sa mise à la retraite de vice-président du Conseil d'État, le 22 avril 1995, Marceau Long a eu l'occasion de porter des regards différents et successifs sur l'École nationale d'administration. Il a ainsi vécu la vie d'élève  de 1949 à 1951. Puis il est devenu le tuteur de l'École de 1961 à 1967 en tant que directeur général de l'administration et de la fonction publique, avant d'exercer vingt ans plus tard la fonction de président de son Conseil d'administration de 1987 à 1995 en sa qualité de vice-président du Conseil d'État.
    Trois expériences de l'Ena, trois regards bien différents. Au fil des années et de ses différentes fonctions, l'auteur a évolué, mais dans le même temps, l'École elle même a beaucoup changé.
    A travers l'expérience personnelle de ce témoin clef, c'est  un vaste panorama de l'histoire de l'Ena qui est présentée au lecteur, de ses toutes premières années à ses développement les plus récents. Ce document de grande valeur s'avère indispensable pour comprendre l'évolution de la grande école du Service public.

  • Ce Cahier pour une histoire de l'ENA, consacré à la promotion Union-Française, marque une étape décisive quant à la nouvelle organisation de l'École nationale d'administration.
    En effet, il s'agit de la première promotion normale qui suit les trois promotions spéciales réservées à certains jeunes dans l'impossibilité d'accéder à la fonction publique en raison de la Guerre.
    Cette promotion est largement ouverte aux candidats grâce à un double concours, l'un pour les diplômés, l'autre pour les fonctionnaires ayant une certaine ancienneté. Une fois admis, les candidats suivent une scolarité entre stages et enseignements pendant trois ans.
    Outre les témoignages particulièrement vivants des élèves, ce Cahier comprend un Hommage à Pierre Racine, premier directeur des stages, chargé de les mettre en oeuvre. Ses textes, communications et instructions, destinés au conseil d'administration et aux élèves, démontrent l'intérêt du stage non seulement pour parfaire la formation, mais aussi pour offrir diverses perspectives en matière d'expériences et de lieux d'affectation : préfectures, Afrique du Nord, zone d'occupation en Allemagne, etc.
    Une communication d'André Bertrand, directeur des études, aux élèves de la promotion, présente les différents modules d'enseignement.
    « C'est une véritable révolution », comme l'écrit dans ce Cahier Paul Guth. C'est en effet le début d'une nouvelle histoire de notre administration au lendemain de la Guerre et l'on ne saurait oublier, comme le rappelle aujourd'hui Nathalie Loiseau, directrice de l'École, que « pour la première fois, deux femmes ont été élèves de cette promotion. Elles ont été des pionnières et ont suscité la candidature de leurs cadettes qui, à leur tour, ont su prendre leur place dans la haute fonction publique ».
    Un numéro essentiel pour tous ceux qui s'intéressent à l'École nationale d'administration et aux premières années de son histoire.

  • Ce septième numéro des « Cahiers pour une histoire de l'Ena » est consacré à la promotion Nations-Unies (février 1947-décembre 1949). Le patronyme qu'ont choisi les élèves correspond bien à cette période où chacun se tourne vers la nouvelle organisation internationale dans l'espoir d'un retour définitif et durable de la paix.
    Cette promotion, la deuxième promotion « normale », est en quelque sorte une promotion-charnière. En effet l'expérience des trois premières promotions spéciales et de la première promotion normale Union-Française (juin 1946-décembre 1948) a conduit les responsables de l'École à s'interroger sur la nécessité d'un certain nombre d'adaptations pour une meilleure formation des futurs cadres supérieurs de la fonction publique. C'est ainsi que des modifications ont été apportées aux épreuves des concours d'entrée et dans les programmes d'enseignement. Mais c'est surtout la scolarité qui a connu les modifications les plus sensibles : les stages de première année ont été développés, non seulement dans le cadre national mais également à l'extérieur du pays (Sarre, Afrique du Nord). Quant aux enseignements, des conférences spécialisées ont été organisées parallèlement aux cours communs. Cette promotion va vivre une troisième année telle que les fondateurs de l'École l'avaient souhaitée : elle sera une véritable année d'application. Les travaux pratiques de chaque division correspondant au groupe de carrières ouvertes aux élèves sont désormais précédés par des stages d'une durée de trois mois dans des entreprises privées.
    Ce numéro, et il convient de le souligner, est riche de témoignages d'anciens élèves devenus de hautes personnalités. Beaucoup d'entre eux ont eu le souci de revenir comme maîtres de conférences pour faire partager à leurs jeunes camarades leurs expériences et leurs conseils.

  • Ce troisième numéro rassemble, outre des témoignages et le souvenir d'anciens élèves de la deuxième promotion, un certain nombre d'études et d'articles inédits.
    Le Comité d'histoire a souhaité vivement que dans ce Cahier soit rendu un hommage à Henri Bourdeau de Fontenay, premier commissaire de la République de la France libre et premier directeur de l'École nationale d'administration. De même dans cette partie « Études et documents », outre les notes et références sur le concours et la scolarité, on pourra lire, certes résumés, quelques points qui ont retenu l'attention du conseil d'administration durant l'année 1947.
    L'accent sera également mis sur des personnalités qui ont joué un rôle essentiel, notamment certains membres du conseil d'administration comme Roger Grégoire, directeur de la Fonction publique, mais aussi des intervenants, conférenciers ou maîtres de conférences. Raymond Aron a été retenu pour ce Cahier : il dispensa avec beaucoup de succès auprès des élèves son cours sur « La crise du XXe siècle », cours destiné à toute la promotion.
    Des annexes apportent des compléments utiles, qu'il s'agisse des statistiques, de la composition des jurys, des sujets proposés aux élèves, des cours communs et des cours de spécialité. L'École a changé bien sûr, mais la connaissance de l'expérience de l'École dans le domaine de la gestion et de la pédagogie est toujours riche d'enseignements. Et nous devons souligner la valeur des formations qui furent dispensées alors et ont préparé nos anciens aux tâches nombreuses et nouvelles qui s'offraient à eux au lendemain de la Libération.

  • Premier d'une série initiée par le Comité d'histoire de l'ENA, ce cahier rassemble les témoignages et souvenirs de vingt-huit anciens élèves de la première promotion baptisée " France Combattante " (mars 1946-juillet 1947). Ces pages nous offrent un regard sur l'histoire contemporaine, évoquant les années de guerre et d'occupation traversées par ceux qui sont devenus de grands serviteurs de l'État.

  • Deux années viennent de s'écouler depuis la création de l'École. En dépit des difficultés nombreuses dans cette période d'austérité budgétaire, l'organisation de six concours d'entrée (les trois premiers concours spéciaux ouverts aux fonctionnaires et les trois concours normaux), la préparation des stages et les programmes des enseignements ont été menés à bien par le directeur Henri Bourdeau de Fontenay, ainsi que l'installation de l'École rue des Saints-Pères. Ce Cahier retrace le déroulement de cette année 1948 où on célébrait le centenaire de la création de la première École nationale d'administration : le choix du patronyme Quarante-Huit, la cérémonie de réception sous la présidence de René Cassin, le discours d'accueil de Jean Biondi :« Dans une période d'évolution rapide, où la société tout entière est en voie de transformation profonde, où les aspirations légitimes des hommes vers un avenir meilleur se manifestent souvent par des courants d'opinion aux orientations incertaines, l'Administration d'un grand pays comme le nôtre ne saurait se réfugier dans l'immobilité ou dans l'inertie. » Nous y trouverons une étude sur les concours appuyée sur le rapport du président du jury Louis Joxe, une brève histoire de l'École d'administration créée en 1848, et même un discours de Léon Blum, alors président du Conseil, sur la Révolution de février 1848. Enfin, les précieux témoignages des anciens élèves nous feront revivre ces premières années de l'ENA. Citons la présentation de Marc Olivier Baruch : « On ne dira jamais assez la valeur, pour l'historien, d'un tel recueil. Ces témoignages gardent en effet toute la précision et la fraîcheur des souvenirs de jeunesse, de sorte que l'on tire de ce cahier, comme de ceux qui l'ont précédé, de multiples informations que nul manuel, nulle monographie, nul livre de mémoires non plus ne nous offrirait avec autant de spontanéité.[.]Sur la composition sociologique de la promotion, sur les leçons qu'elle avait tirées de l'histoire, récente et terrible, que tous ceux qui la composaient avaient nécessairement vécue, les textes ici réunis nous en disent beaucoup. »

  • « Lors du Colloque franco-allemand du 22 janvier 2014, il avait été annoncé qu'un Cahier pour une histoire de l'ENA serait spécialement consacré à la coopération entre les deux pays en matière de formation des hauts fonctionnaires. L'engagement a été tenu. » Renaud Denoix de Saint Marc, président du Comité d'histoire, avait ainsi annoncé la publication de ce numéro.
    Ce Cahier est exceptionnel à deux titres : il retrace l'histoire de la coopération franco-allemande mais aussi révèle la contribution de l'ENA à la réussite de cette coopération.
    Comme l'écrit Bernard de Montferrand, ancien élève de l'ENA (promotion Simone-Weil) et ambassadeur de France à Berlin de 2007 à 2011 : « Près de soixante-dix ans d'expériences humaines exceptionnelles entre jeunes fonctionnaires allemands et français rendent mieux compte de l'histoire des relations entre nos deux pays que beaucoup de rapports officiels. On y voit de façon très concrète se dérouler les différentes étapes d'un parcours qui n'était pas écrit et dont bien peu à la sortie de la guerre auraient imaginé qu'il soit d'une telle intensité et surtout si porteur d'espoir pour le continent européen. » Son collègue Outre-Rhin, Reinhard Schäfers, ambassadeur d'Allemagne à Paris de 2008 à 2012, a fait partie dans les années 1975-1976 (promotion André-Malraux) du groupe des élèves allemands venus en formation à l'ENA. Il souligne : « Cette période a été décisive dans ma conception du rôle de l'Allemagne et de la France dans une Europe en formation. Elle apprit beaucoup de choses au jeune juriste allemand que j'étais alors. » Durant sa carrière il a retrouvé des élèves français diplomates comme lui : « Est-ce que les interlocuteurs français m'ont vu comme "un des leurs" ? L'affirmer serait sans doute présomptueux. Mais de nombreuses portes se sont ouvertes devant moi qui seraient restées fermées sans mon passé. » Tout au long de ces pages, on découvre non seulement les témoignages de nombreux élèves allemands mais également de leurs camarades français qui ont fait leur stage de première année en Allemagne. On peut aussi y lire les contributions des enseignants et de tous ceux qui ont participé à la réussite de cette coopération. À citer tout particulièrement les directeurs de l'École, depuis le premier d'entre eux, Henri Bourdeau de Fontenay, mais aussi depuis 1963 les responsables du DAAD (Office allemand d'échanges universitaires), qui furent de ceux qui ont mis en place l'une des dispositions du traité de l'Élysée de 1963 : la venue des jeunes Allemands à l'ENA d'abord rue des Saints-Pères, puis rue de l'Université et aujourd'hui à Strasbourg.

  • « Le présent cahier est consacré à la promotion Jean-Giraudoux (janvier 1950-décembre 1952), cinquième promotion normale de l'École. Cette promotion présente quelques particularités. D'abord, c'est la première à compter des élèves étrangers : outre un élève ayant la double nationalité française et vietnamienne, qui suit la scolarité normale, l'École accueille pendant quelques mois un élève iranien et un élève vietnamien ainsi que des auditeurs libres.

    Ensuite, les stages de première année des élèves se diversifient, notamment sur le plan géographique, puisque certains d'entre eux sont accomplis à l'étranger. Enfin, la pédagogie a évolué grâce aux travaux sur dossier et au recrutement de maîtres de conférences parmi les anciens élèves de l'École.

    L'année 1952 est aussi celle d'un premier bilan. À la demande du conseil d'administration de l'École et de son président, René Cassin, Henri Bourdeau de Fontenay dresse le bilan des années 1945 à 1952. Selon lui, l'École « approche » les buts qui lui avaient été assignés et a pris sa place dans l'organisation administrative du pays, sans qu'il faille négliger toutefois certaines des critiques qui lui sont adressées. » Ce cahier rapelle une étape importante de la vie de l'Ecole, la création du poste de directeur des études . Il présente un ensemble de textes d'André Bertrand, le premier nommé à ce poste, ainsi qu'un hommage émouvant rédigé par sa fille, Geneviève Jurgensen.

    Nous retrouvons, comme dans les cahiers précédents, les témoignages très vivants des élèves de la promotion, parmi ceux qui ont participé au relèvement du pays au lendemain des années de guerre, un pays qui renoue avec l'avenir et se refonde en profondeur.

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