Elyzad

  • Trois nouvelles, des bribes de vies :
    Huis-clos à Gaza. Au son du ressac de la mer au pied de leur chambre d'hôtel, le narrateur et son amoureux font renaître la langue maternelle - celle que l'on tait dans l'exil.
    Vivre au Soudan, à Kobé, Shanghai et Bombay. Émilie, la grand-mère du narrateur, tente de se construire loin de sa terre natale.
    À Londres, Asma, Shéhérazade des temps modernes, libre et fantasque, guide le narrateur dans la ville et mène à sa guise le jeu amoureux.
    Autour de la Palestine d'aujourd'hui et de son souvenir se construisent des personnages sur le fil, suspendus à leur exil physique, qui est aussi langagier. L'absence de terre fait naître un imaginaire à la fois dense et lacunaire, nourri de légendes vacillantes et parcouru par une modernité affirmée, porteuse d'espoir, de renouvellement, d'amour.

  • « Ça s'est passé durant une séance au cabinet du psy, en juin, mon mois de naissance. C'était une évidence. Mon absence avait trop duré, je ne pouvais plus fuir éternellement, il fallait revenir et affronter la situation. » Un homme, qui vit à Paris, décide de retourner parmi les siens, après dix ans d'absence. L'Algérie lui manque, la mort de son père est imminente. Les relations sont rompues depuis l'annonce de son homosexualité. L'idée lui vient de consigner son voyage dans un journal. Écrire dans un souffle l'histoire d'un retour, pour conjurer les tourments et ne rien oublier. »

  • Algérie, années 1990. Elles ont été des milliers à être enlevées, violées, parfois assassinées, les filles de la décennie noire. Ces très jeunes filles, à qui l on a demandé de pardonner, se sont tues et ont ravalé leur honte. Tandis que résonne le cri de l une d entre elles, la narratrice raconte sa culpabilité d avoir choisi l exil et trouvé le bonheur. Deux voix de femmes en écho qui prennent la parole haut et fort, en mémoire de toutes les autres. L écriture pour vaincre les silences. Un roman contre l oubli.

  • Adel a 18 ans. Les études l'ennuient, il quitte la maison, part sur les routes. Au hasard d'une nuit d'orage sur un bateau, la pluie le lave et le défait. De retour chez lui, il se met à manger du cru. Autour de cette anecdote gravitent trois personnages : le narrateur, écrivain en quête d'inspiration qui décide d'écrire les aventures d'Adel, le père du jeune garçon, qui sombre dans l'alcool et puis le professeur d'Histoire, quinquagénaire érudit et fantasque, tourmentée par une homosexualité interdite. Adel cherchait une pureté que rien dans sa vie ne lui donnait à voir. A leur tour, les trois hommes sont rattrapés par la même quête et se trouvent tenus d'y répondre, chacun à sa manière.
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  • Dedans, dehors

    Sophie Bessis

    Dans ce récit intime, Sophie Bessis livre sa Tunisie, toujours sienne malgré l'exil, et certains souvenirs de camaraderie engagée chers à son coeur. Car en dépit de sa carrière d'universitaire et de journaliste renommée à Paris, toujours elle replonge « dedans » : les années 70, avec ses compagnons militants, elle a crié sa colère contre le pouvoir de Bourguiba. Certains ont été brisés par la prison, d'autres devenus « Importants », ont appris la prudence, d'autres encore n'ont pas eu le temps de raconter et s'en sont allés. Joan Baez à Carthage. Pour elle, « juive-arabe », combats politiques et attachement à la terre de sa naissance se joignent pour constituer son identité profonde, inaltérable, ferment de ses travaux actuels.

  • L'auteur nous convie à un voyage intime dans sa terre natale, tn, Tunis. L'appareil-photo en bandoulière, elle nous livre ce qui l'émeut : une photo du poète palestinien Mahmoud Darwich, un verre à thé, une robe rouge sur un balcon, un marchand ambulant. Mais, parce que la Révolution a enfin redonné vie à la parole confisquée, Dora Latiri se saisit des mots, qu'ils soient français, arabes, anglais, ou nés du langage sms. Elle écrit ses rêves, ses inquiétudes, les peurs de l'enfance, la voix du père, sa compassion pour la Tunisie d'aujourd'hui.
    Retour au pays natal qui marque l'attachement viscéral de l'auteur à son pays, cet ouvrage est aussi « un retour vers les rêves de dix-sept ans, comme si la Révolution allait permettre un recommencement au moins de départ ».

  • En 1988, en pleine guerre du Liban, Soha Bechara tire sur le chef de l'armée du Liban Sud, le général Antoine Lahad. Elle est communiste, chrétienne libanaise, et elle a vingt ans. Lahad, blessé au bras, survivra. Soha Bechara passera dix ans à la prison de Khiam, où elle subira la torture et l'isolement. Dans ce récit écrit avec Cosette Ibrahim, journaliste libanaise aussi emprisonnée à Khiam, elle nous donne à voir la réalité des conditions de sa détention. Le camp de Khiam était devenu le principal centre de détention israélien dans la zone occupée du Liban. Pourtant, sur le papier, il n'existe pas. Détruit par les bombardements israéliens de 2006, il n'en reste que des gravats. C'est pour reconstruire une histoire que l'on a voulu effacer que Soha Bechara et Cosette Ibrahim témoignent aujourd'hui.

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