Gallimard

  • L'homme révolté

    Albert Camus

    TDeux siccles de révolte, métaphysique ou historique, s'offrent justement ´r notre réflexion. Un historien, seul, pourrait prétendre ´r exposer en détail les doctrines et les mouvements qui s'y succcdent. Du moins, il doit etre possible d'y chercher un fil conducteur. Les pages qui suivent proposent seulement quelques repcres historiques et une hypothcse de lecture. Cette hypothcse n'est pas la seule possible ; elle est loin, d'ailleurs, de tout éclairer. Mais elle explique, en partie, la direction et, presque enticrement, la démesure de notre temps. L'histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l'histoire de l'orgueil européen.t

  • «De L'Oiseau noir dans le soleil levant, Claudel disait qu'il forme diptyque avec Connaissance de l'Est. Sans doute songeait-il surtout, en rapprochant ces deux textes, à leur sujet, à cette double découverte de l'Orient qui leur donne en effet une apparente unité. De l'un à l'autre des passages se font; le Japon est au coeur de Connaissance de l'Est avec les poèmes qui évoquent le voyage de 1898 et les souvenirs de Chine affleurent aisément dans L'Oiseau noir. Plus nettement, dans ce recueil, Claudel revient sur certaines opinions, sur certaines réactions anciennes pour les préciser ou les contredire.Les ressemblances toutefois sont plus profondes que n'implique ce parallélisme, plus révélatrices aussi.Seuls la Chine et le Japon ont retenu Claudel à ce point. Certes, il a aimé la Bohême, admiré le Brésil, observé l'Amérique... Aucun des pays où il a vécu ne l'a laissé indifférent et de tous son oeuvre garde la trace. Mais il ne leur a point accordé cette attention fascinée ni pris à les décrire ce soin et ce plaisir. L'Orient l'a touché d'une autre manière que ni le pittoresque ni l'exotisme ne suffisent à expliquer. C'est cette fascination, avec les contradictions qu'elle suppose et ses ambiguïtés, qui donne à ces deux recueils leur intérêt; elle en suggère aussi une lecture thématique qui les éclaire.»Jacques Petit.

  • " c'est le monde entier que je veux posséder ", écrivait sartre en 1940.

    Difficile entreprise que de raconter la vie d'un penseur aussi boulimique, d'un écrivain aussi polyvalent, d'un polémiste qui défia toutes les autorités et refusa - presque - tous les dogmes. difficile aussi de rendre compte de son emprise hégémonique sur les itinéraires culturels de notre siècle. d'autant que, malgré sa disparition, sa légende est déjà figée.
    Cet ouvrage constitue un événement culturel : l'intellectuel le plus représentatif du xxe siècle revit dans une biographie aussi rigoureuse qu'accessible.
    Une multitude de documents, de lettres, de témoignages inédits éclairent sous un jour nouveau toutes les facettes de ce " petit homme " qui fut le seul écrivain à refuser le prix nobel de littérature et que le général de gaulle qualifia un jour de " voltaire du xx siècle ".

  • «mon Faust»

    Paul Valéry

    Le personnage de faust et celui de son affreux compère ont droit à toutes les réincarnations.

    (. ) or, un certain jour de 1940, je me suis surpris me parlant à deux voix et me suis laissé aller à écrire ce qui venait. j'ai donc ébauché très vivement, et - je l'avoue - sans plan, sans souci d'actions ni de dimensions, les actes que voici de deux pièces très différentes, si ce sont là des pièces. dans une arrière-pensée, je me trouvais vaguement le dessein d'un iiie faust qui pourrait comprendre un nombre indéterminé d'ouvrages plus ou moins faits pour le théâtre : drames, comédies, tragédies, féeries selon l'occasion : vers ou prose, selon l'humeur, productions parallèles, indépendantes, mais qui, je le savais, n'existeraient jamais.
    Mais c'est ainsi que de scène en scène, d'acte en acte, se sont composés ces trois quarts de lust et ces deux tiers du solitaire qui sont réunis dans ce volume.

  • « Je souhaite intéresser ici les lecteurs au témoignage d'une femme sur les femmes. Sous le titre général de La libido génitale et son destin féminin, je vais essayer, dépouillant le mot destin de ses résonances fatales, magiques ou déterministes, de témoigner en femme, en mère et en psychanalyste pratiquant depuis plus de vingt ans des faits d'observation que j'ai pu glaner concernant la sexualité dans son développement chez les filles, ne retenant ici que les traits que j'ai pu rencontrer chez le plus grand nombre. » À partir de cette expérience clinique très riche, Françoise Dolto explore le cheminement dynamique, de la naissance à la vieillesse, d'une libido au féminin, elle en suit les manifestations dans la vie érotique et passionnelle, dans la relation à l'autre et à la famille, déployant pour ce faire toutes les harmoniques du désir et de l'amour.

  • Freud n'avait pas de goût pour la polémique, disait-il, et la jugeait vaine.
    La psychanalyse - la sienne, la seule qui ait droit à ce nom - finirait, grâce à la poursuite de l'oeuvre, par être reconnue pour ce qu'elle est. Voici cependant, en ce début de l'an 1914, qu'il y a péril en la demeure et urgence à le conjurer : des proches, et au premier chef Jung, le "prince héritier", s'affirment psychanalystes, alors qu'aux yeux de Freud ils ont cessé de l'être. II n'est plus permis de se taire, il faut engager le fer.
    Quoiqu'il s'en défende, c'est un texte vigoureusement polémique qu'écrit Freud, un texte qui, pour avoir été longtemps négligé, retrouve une singulière actualité en ce temps d'éclatement de la "communauté" psychanalytique.

  • Longtemps, la critique d'art fut considérée, dans l'oeuvre de baudelaire, comme d'importance secondaire.
    Aux éblouissements de l'inspiration poétique, ne pouvait-on pas opposer la nature essentiellement alimentaire d'un labeur que le poète, sa correspondance faisant foi, définissait comme " avant tout un remplissage de colonnes " ?
    Or, dans ces écrits sur la peinture et la musique, se déploie, en réalité, une pensée esthétique autonome, émergent une réflexion propre et un goût singulier. avec les " salons " notamment s'élabore chez baudelaire le rapport spécifique qu'entretiennent perception, souvenir et expérience esthétique.
    C'est ici que naissent ces correspondances sans lesquelles il n'est, pour baudelaire, de poésie possible. c'est ici que s'impose la nécessité de dire une même expérience esthétique - allégorique ou concrète, d'image ou de sens. seule la lecture des écrits du critique conduit à l'intelligence de l'oeuvre du poète. esthétique et poétique se rejoignent pour célébrer le culte baudelairien des images.

  • En 1969, Jeanne Favret-Saada s'installe dans le Bocage pour y étudier la sorcellerie.
    Personne ne veut lui parler. Tenir un journal paraît alors le seul moyen de circonscrire un " objet " qui se dérobe : relater les conversations, incidents, coutumes qui pourraient avoir un lien quelconque avec la sorcellerie, noter sytématiquement comment les gens refusent d'en parler. Dans la formulation même de ces refus se révèle peu à peu une conception du monde centrée sur l'idée de " force ". Un jour, tout bascule : parce qu'ils lui attribuent cette " force ", des paysans demandent à Jeanne Favret-Saada de les désenvoûter.
    Un autre ensorcelé, qui devine sa peur, lui annonce qu'elle est " prise " et l'adresse à sa désorceleuse. Dès lors, continuer à écrire permet à l'ethnographe de manier des situations incompréhensibles et dangereuses, de supporter l'enjeu mortel de toute crise de sorcellerie : " Corps pour corps, c'est lui qui y passe, ou c'est moi. "

  • À la bourse, il caracole dans la course aux profits. Qui ? Le luxe.
    Avec l'élargissement de la consommation et son uniformisation globalisée, il a pris de nouvelles proportions : loin d'être un phénomène marginal limité à une mince élite, il est désormais un secteur phare de l'économie. Au travers des marques, il est omniprésent dans l'univers de la communication.
    Il est révolu le temps où le luxe était compris en termes de luttes symboliques entre les classes sociales, avec leurs stratégies de distinction et d'ostentation de la part des dominants.
    L'expansion contemporaine du phénomène oblige à en considérer la nature : Gilles Lipovetsky et Elyette Roux en proposent une double approche, grâce à une analyse historico-sociale dans la très longue durée et, dans le présent, une approche par le marketing et la sémiotique.
    Ce croisement des perspectives met en relief les nouveaux dispositifs du luxe, cette sphère où cohabitent maintenant passions aristocratiques et passions démocratiques, traditions et innovations, mythes et modes.

  • Si Niels Bohr (1885-1962) a introduit en physique des changements aussi profonds que ceux qui avaient accompagné la naissance de la science moderne de la nature au XVIe et au XVIIe siècle, c'est parce que, physicien, il est aussi philosophe. Le rôle fondamental qu'il joue dans la formation de la théorie quantique entre 1913 et 1927 le conduit en effet à proposer, avec la notion de «complémentarité», une interprétation nouvelle des concepts d'objet et de phénomène qui transforme la conception générale de la science et qui anticipe sur de nombreux aspects de l'épistémologie contemporaine.
    L'oeuvre de Bohr s'attache à penser cette révolution dans les principes de la philosophie naturelle tels que Kant les avait définis et tels que la tradition de la physique allemande du XIXe siècle les avait soumis à un débat constant : qu'est-ce qu'une représentation, comment s'assurer de la cohérence d'un énoncé et de la vérité d'une théorie physique, qu'est-ce que la réalité d'un processus ? Dans ces textes capitaux - notamment ceux des discussions avec Einstein -, les difficultés formelles de la physique atomique ne sont pas disjointes des paradoxes qu'elles impliquaient, aux yeux de Bohr, dans les domaines du langage, de la théorie de la connaissance et des sciences humaines.

  • Charles-augustin sainte-beuve commença à vingt ans sa carrière de critique au globe, le 10 octobre 1824.
    Le 13 octobre 1869, une opération manquée interrompit son " office de vigie " et priva flaubert du lecteur espéré : " j'avais fait " l'education sentimentale en partie pour sainte-beuve. il est mort sans en connaître une ligne. " a défaut d'un sainte-beuve intégral, nous présentons ici un sainte-beuve chronologique, avec une proportion plus généreuse pour la littérature de son temps et pour les textes de ses débuts - meilleure façon de faire sentir ce qui a maintenu, par-delà les faiblesses ou les désastres intimes, l'autorité de ce lecteur auprès des deux ou trois générations littéraires qui ont écrit, comme flaubert, " en partie pour lui ".

    Le lecteur découvrira un sainte-beuve politique méconnu, qui s'exprime, par exemple, avec flamme dans un hommage aux sergents de la rochelle exécutés par louis xviii pour complot libéral, un sainte-beuve élaborant sa méthode critique, du " pierre corneille " de 1829 au dialogue avec la " physiologie des écrivains et des artistes " d'emile deschanel en 1864, jusqu'à cette formule d'épilogue : " le goût seul ne dispense pas des méthodes armées et précises ", un saint-beuve ethnologue et sociologue du monde littéraire de son temps, enfin un sainte-beuve dressant ses portraits d'écrivains et partageant les combats de la génération romantique dont il s'est fait en apparence le censeur.

  • Depuis Hegel, la fin de l'art est régulièrement proclamée. Mais le mort est vif, assurément désordonné et imprévisible, étonnant ou banal.
    Ce qui, à l'évidence, a sombré, ce n'est pas l'art lui-même, mais, irrémédiablement semble-t-il, l'idée que l'on s'en faisait - celle d'un développement historiquement ordonné des styles et des formes. En ce sens, la fin de l'art, c'est d'abord la fin de l'histoire de l'art, plus exactement de l'art comme histoire.
    Aujourd'hui, à l'ère des arts plastiques, des performances et des installations, seule une conception ouverte et pluraliste permet d'embrasser et de restituer ce qu'est devenu l'art contemporain. Il nous faut revenir de l'histoire aux oeuvres. Renonçant à la nostalgie des grandes théories unitaires, nous ferons la preuve de la nécessaire sensibilité à la dimension plurielle, fragmentaire, voire contradictoire de l'art vivant. Alors notre expérience du présent éclairera d'une lumière nouvelle le passé.

  • Voici un des textes les plus importants du taoïsme.
    Moins galvaudé que le Tao-tö king, il mêle récits magiques, entretiens philosophiques et conseils pour une vie adéquate à notre condition. II permet surtout de comprendre l'opposition radicale entre le taoïsme - refus de participer à l'agitation du monde et pratique du non-agir - et le confucianisme, activité diligente au sein du corps social. De Lie-tseu on sait peu de choses, sinon qu'il s'agit d'une personne et non d'un mythe.
    Il naquit vraisemblablement vers 450 avant notre ère, subsistait, croit-on, grâce aux dons de ses disciples, mais de sa mort, on ignore tout. Par la diversité de ses thèmes, ce recueil de textes édifiants, destinés à l'enseignement moral, illustre un taoïsme plus populaire, moins hostile à Confucius mais étonnamment chargé de récits de magie, mêlant la sorcellerie la plus naïve à la métaphysique la plus raffinée.
    Sa complexité comme son caractère combatif témoignent de l'effervescence intellectuelle dans la Chine d'il y a plus de deux mille cinq cents ans.

  • Une étude comparée des argots des classes dangereuses à travers une dizaine de pays d'Europe et d'Amérique met en lumière les influences communes qui, voilà déjà plus de cinq siècles, avaient favorisé leur formation. S'y trouvent ainsi établies l'étymologie et la véritable signification de mots devenus aussi courants qu'arnaque, cave, came, toc, tapin, boudin, micheton, thune, dèche, rousse, poulaille, vache, tabasser, mouton, mais aussi bistrot, flamenco, fado, cocu, racket, tchao, mafia, chicane, pagaille, rôdeur ou camarade...

  • Libre-échange mondialisé, développement des nouvelles technologies financières ou culturelles, juridictions nationales contre Cour européenne, mais aussi recours d'ouvriers licenciés contre des plans sociaux, action collectives d'actionnaires ou procès d'irradiés pour mise en danger de la vie d'autrui : il n'est de jour où l'on n'assiste pas, sous nos yeux, aux mutations contemporaines du droit. Or la situation du droit est des plus paradoxales. Le droit est avant tout une pratique qui vise à ordonner les rapports sociaux et les échanges économiques. Mais sa particularité, son exceptionnalité, son importance pour le fonctionnement des sociétés et pour la compréhension de leur fonctionnement conduisent trop souvent encore la Faculté à enseigner le droit comme un savoir strictement clos sur lui-même, qui se construit théoriquement, toute fenêtre fermée, en s'interrogeant seul sur sa propre rationalité, ses fondements, ses évolutions. Le droit serait, en surplomb des sociétés, une norme . Or tous les jours, mobilisé au coeur de la société, pour faire avancer des revendications ou atténuer des obstacles à la libre circulation des biens, le droit est une source , dont s'inspire, par exemple, citoyens ou lobbies pour faire triompher leurs causes. En ce sens, dans ses enseignements universitaires comme dans ses pratiques professionnelles, il ne peut échapper à la question : à quoi aujourd'hui sert le droit ? Qui se sert désormais du droit ?

  • La crise, qui n'est pas seulement économique et financière, a mis à nu ces mécanismes pervers qui régissent aujourd'hui le fonctionnement de la Cité.
    S'il faut s'empresser de les révéler, c'est parce qu'il est fort possible que bientôt, en attendant une nouvelle crise de plus grande ampleur encore, tout redevienne comme avant. Entre-temps, nous aurons mesuré l'ampleur des dégâts. Nous vivons dans un univers qui a fait de l'égoïsme, de l'intérêt personnel, du self love, son principe premier. Ce principe commande désormais tous les comportements, ceux de l'" hyperbourgeoisie " ou des bandes de jeunes délinquants comme ceux des classes intermédiaires.
    Destructeur de l'être-ensemble et de l'êtresoi, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse. Pornographie, égotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l'autre : notre monde est devenu sadien. Il célèbre désormais l'alliance d'Adam Smith et du marquis de Sade. À l'ancien ordre moral qui commandait à chacun de réprimer ses pulsions, s'est substitué un nouvel ordre incitant à les exhiber, quelles qu'en soient les conséquences.
    Revisitant l'histoire de la pensée, jusqu'à saint Augustin et Pascal, Dany-Robert Dufour éclaire notre parcours. Afin de mieux savoir comment sortir de ce nouveau piège (a)moral.

  • Images et mots ou encore rêve et langage s'opposent-ils ou sont-ils complémentaires ? Sommes-nous voués au culte des images et à leur pourvoir de fascination ou à la célébration d'un « tout langage » ? Sommes-nous contraints de choisir ?
    Images et langage, loin d'être antagonistes, se rejoignent en ce temps et ces lieux des « royaumes intermédiaires » - ceux de la littérature, de la psychanalyse et du rêve. Royaumes illimités qui se veulent sans Dieu ni maître.
    Tel fut le fil rouge, en septembre 2006 et à Cerisy, d'un singulier colloque. Poètes, romanciers, psychanalystes se rencontrèrent, une semaine durant, pour évoquer l'inspiration qu'ils ont puisée, pour leurs oeuvres et recherches respectives, dans les livres de J.-B. Pontalis, psychanalyste et écrivain.

  • «Ces leçons ont pour objet l'histoire de la philosophie. Ce que représente cette histoire c'est la suite des nobles esprits, la galerie des héros de la raison pensante qui, par la vertu de cette raison, ont pénétré dans l'essence de Dieu, et nous ont acquis par leur effort le trésor suprême, celui de la connaissance rationnelle. Ce que nous sommes historiquement [...], c'est l'héritage et le résultat du labeur de toutes les générations antérieures du genre humain. [...] De même nous devons ce que nous sommes, en fait de science et, plus précisément, de philosophie, à la tradition qui passe comme une chaîne sacrée à travers tout ce qui est passager, donc passé et qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a produit le temps passé. [...] Ce qu'est notre philosophie n'existe essentiellement qu'en cet enchaînement et en est nécessairement dérivé. L'histoire ne nous présente pas le devenir de choses étrangères, mais notre devenir, le devenir de notre science.» Hegel.

  • Zébrage

    Michel Leiris

    «Mus peut-être par l'angoisse inhérente à l'idée de la mort, angoisse qui leur serait propre selon l'opinion commune qui veut que l'espèce humaine soit la seule dont les membres sachent qu'un jour ils ne vivront plus, les gens de toutes races se sont dotés d'institutions et d'usages qui, même si ce n'est pas là le but expressément visé, leur fournissent des moyens de cesser, du moins pour un temps et de manière tout imaginaire, d'être l'homme ou la femme qu'on est dans l'existence quotidienne, pratiques fort diverses qui (sans préjudice de motivations plus directement utilitaires) sont pour l'individu des occasions concrètes d'échapper dans une certaine mesure à sa condition, comme s'il lui fallait d'une façon ou d'une autre effacer des limites qui sont par définition celles d'un être périssable et doué de pouvoirs précaires.»

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