Langue française

  • Et Neel a beau avoir étudié aux Etats-Unis et être devenu un brillant anesthésiste dans un grand hôpital de San Francisco, il n'échappera pas à un mariage arrangé - une tradition à peu près immuable en Inde. Au cours d'un bref voyage pour voir sa famille, le piège se referme et le voilà marié à Leila, qu'il n'a vue qu'une fois. Certes, elle est belle, douce, cultivée, intelligente - bien plus qu'il ne l'imagine -, mais il n'en veut pas. Il préfère, de loin, son explosive maîtresse californienne. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Leila va attendre son heure et, sans bruit, sans drames, sans scènes, réserver à son mari bien des surprises.

  • Un jour d'automne pluvieux à Venise. Une Américaine - 45 ans environ, journaliste gastronomique et chef de bonne réputation - est là pour quelques jours en reportage. Pour s'abriter un peu de la pluie,elle entre dans le premier restaurant venu. Or, on vient, au bout de dix minutes, lui dire qu'on la demande au téléphone. Ce ne peut être qu'une erreur, et pourtant.
    L'homme au bout du fil, Italien, vénitien en fait, lui dit l'avoir aperçue un soir, quelques mois auparavant, sur la place Saint-Marc et, depuis, il n'a cessé de penser à elle. Elle le croit d'abord un peu fou, mais accepte de le voir. Il est tellement charmant que. eh bien, ils sont aujourd'hui mariés et très heureux.
    /> Ce n'est pas un conte et il n'y a pas eu que des fées autour de cette histoire entièrement vraie. L'enthousiaste et désarmante Marlena qui a liquidé en quelques semaines tout ce qu'elle avait en Amérique - une jolie maison, un charmant restaurant, une vie professionnelle bien établie - pour aller retrouver Fernando, son « bel étranger », qu'elle connaît à peine, va se heurter à pas mal d'obstacles : la langue, qu'elle ne parle pas, l'appartement sinistre de son futur mari, la solitude, puisqu'elle n'a pas encore d'amis à Venise, l'ennui, car elle n'a plus de travail Alors, au lieu de couler à pic, elle va retrousser ses manches et les surmonter l'un après l'autre. Le récit épatant de drôlerie qu'elle nous fait de ses découvertes, de ses mécomptes et de son plaisir à se sentir peu à peu « acceptée » est un pur bonheur de lecture. Et comme Marlena est chef de cuisine, elle n'oubliera pas d'émailler son histoire de recettes plus savoureuses les unes que les autres.
    Tout va donc aller plutôt bien jusqu'au jour où Fernando, l'imprévisible Fernando, lui réserve une drôle de surprise Mais Marlena, on le sait maintenant, a de la ressource.

  • S'il est vrai que les bâtiments et les objets d'ameublement que nous qualifions de beaux évoquent des aspects du bonheur, on pourrait néanmoins demander pourquoi nous trouvons une telle évocation nécessaire.
    Pourquoi ce que notre environnement a à nous dire serait-il si important ? pourquoi les architectes devraient-ils se soucier de concevoir des bâtiments qui expriment des sentiments et des idées spécifiques ? pourquoi sommes-nous si vulnérables à ce que disent les espaces où nous vivons ? depuis plusieurs livres déjà, alain de botton s'intéresse à notre bonheur et cherche les moyens de nous rendre plus heureux.
    Après la lecture de proust, puis celle des grands philosophes, l'art de mieux voyager et l'importance de notre statut social, voici qu'il se penche sur notre cadre de vie et plus particulièrement sur l'architecture des lieux où nous vivons et travaillons. en quoi l'un et l'autre influencent notre mode de pensée, notre façon de nous comporter, en bref notre existence au quotidien, tel est le sujet de l'architecture du bonheur.
    Faisant preuve comme toujours d'une éblouissante érudition - et de beaucoup d'humour -, alain de botton nous entraîne de paris à tokyo, de londres à brasília, du kent à l'engadine, et bien d'autres lieux encore, à la recherche de la maison idéale.

  • Découvrez , le livre de Lajos Zilahy. Le 8 octobre 1814, le palais Dukay, à Vienne, se préparait à fêter avec magnificence le baptême de ses jumeaux... Pendant huit jours, un régiment de domestiques s'était affairé à nettoyer fenêtres et miroirs, à cirer les parquets, à faire reluire l'argenterie et les boutons de porte... Le prince de Metternich avait accepté de bonne grâce d'être parrain, en demandant que la réception commençât à six heures du soir. Dès cinq heures et demie, vêtu d'un uniforme d'apparat, une peau de panthère jetée sur l'épaule gauche, le jeune comte Endre Dukay accueillait lui-même ses invités.
    C'est la vie des jumeaux Dukay, nés le jour où s'ouvre le Congrès de Vienne, que va nous conter Le siècle écarlate. Comme c'est alors souvent la coutume dans les familles nobles de l'empire austro-hongrois, l'aîné, Flexi - mais est-ce bien l'aîné ? dans l'explication du double accouchement, il y a peut-être une erreur... -, Flexi, donc, charmant, docile, poli, sera élevé à Vienne, ainsi qu'il convient à l'héritier du nom et de la fortune, tandis que Dali, le cadet, est expédié à Budapest. Tête brûlée, bagarreur, Dali va connaître un destin tumultueux, traînant tous les c?urs après lui. Et à travers les aventures de deux frères, c'est une flamboyante fresque de l'histoire européenne que nous offre Lajos Zilahy.

  • Il faut se souvenir qu'entre 1950 et 1980, Elizabeth Goudge - souvent comparée à Emily Brontë - a été la romancière anglaise la plus lue et traduite de son époque. Nous retrouvons dans L'auberge du pèlerin la famille Eliot, déjà au centre du Domaine enchanté.
    C'est toujours Lucilla, la douce grand-mère, en réalité à la main de fer, qui dirige son « clan » depuis sa belle maison au fond de la campagne anglaise. Inquiète pour son petit-fils préféré, David, devenu un comédien célèbre, car elle le sait toujours épris de Nadine, sa ravissante jeune tante par alliance - et elle de lui - elle va tout faire pour lui trouver l'épouse idéale. Mais la timide Sally - un des plus attachants personnages d'Elizabeth Goudge - saura-t-elle s'imposer face à l'éblouissante Nadine ? Or c'est en réalité la très ancienne auberge qui accueillait autrefois les pèlerins et que George, le mari de Nadine, vient d'acheter, qui va séduire la belle-rebelle - et nous avec elle - et devenir le coeur de ce merveilleux roman.

  • Quelques secondes ? ou déjà quelques longues minutes ? elle ne sentait rien.
    Elle entendait autour d'elle des voix, des pas, des appels, mais le tout sourd et gris, une sorte de pâte sonore d'oú se détachait parfois, avec une subite clarté, une cloche de tramway ou un cri.
    " c'est donc un accident ", se dit-elle, très calme, presque indifférente.
    Bucarest, 1938. à la suite d'un banal accident de la circulation, nora va être reconnue par paul dont elle s'éprend aussitôt. mais paul aime follement anna, peintre célèbre qui vient de le quitter.
    Les intermittences du coeur, tel va être le thème de ce roman. banal certainement pas, car il a pour toue de fond l'europe centrale à la veille de la guerre et donc la fin d'un monde. entre un bucarest crépusculaire et les montagnes magiques de transylvanie, un homme et deux femmes vont aller jusqu'au bout de leurs rêves et de leurs passions.

  • Voici une histoire qui ne se peut raconter qu'en un chuchotement...
    Au début, il y a juste cette image : sa robe, le bleu si particulier des hortensias, et les éclaboussures pourpres du sang de mon père. elle se releva du sol, silhouette lumineuse, indécente, mais oh si vive dans ce sang! je me souviens que toutes deux étions en alerte, que toutes deux savions... " ne leur dis pas", souffla-t-elle. juste ça : ne leur dis pas... qui a tué nicholas keene, anthropologue anglais cruel et brutal, venu étudier la vie des aborigènes au coeur du bush australien ? dans la maison, au moment du crime, il y avait stella, sa femme dépressive et fragile, perdita, sa fille de dix ans, et mary, une jeune indigène qu'il violait souvent.
    Un couple de voisins et leur fils sourd-muet n'étaient pas loin non plus. perdita doit savoir ce qui s'est passé. mais qu'a-t-elle réellement vu, réellement compris, au paroxysme de la violenceoe on ne saura la vérité que des années plus tard, une vérité extrêmement dérangeante. et il faudra alors que quelqu'un ose dire, sache dire " pardon ".

  • La vie du narrateur, un jeune médecin installé à Tel-Aviv, bascule avec un appel téléphonique qu'il attendait sans y croire depuis vingt-cinq ans. Sa mère lui annonce son arrivée trois jours plus tard. Le thème central du livre est le vide, l'absence et le manque très présents dans la littérature et le cinéma d'aujourd'hui.

  • Ce sont les romans qui disent le plus de vérité sur la vie : ce qu'elle est, comment nous la vivons, quel sens elle pourrait avoir, comment nous la goûtons et l'apprécions, comment elle tourne mal et comment nous la perdons. Les romans parlent à et émanent de, tout ce que nous sommes - esprit, coeur, oeil, sexe, peau ; conscient et subconscient... Ils rendent des personnages qui n'ont jamais existé aussi réels que nos amis et des écrivains morts aussi vivants qu'un présentateur de télévision... La meilleure fiction fournit rarement des réponses ; mais elle formule exceptionnellement bien les questions...

    Et c'est à travers dix-huit chroniques - plus une nouvelle - que Julian Barnes nous entraîne à la rencontre de romanciers lui ayant fait connaître "ce lien profondément intime qui s'établit quand la voix d'un écrivain entre dans la tête d'un lecteur".
    On connaît son amour pour la France et on ne s'étonnera donc pas que près de la moitié d'entre eux soient français ou francophiles comme lui, par exemple Kipling ou Ford Madox Ford. Voici Mérimée, Chamfort, Félix Fénéon, évidemment Flaubert, plus Michel Houellebecq, au fil des pages où l'érudition laisse souvent la place à énormément d'humour - à quoi n'échappent pas non plus Orwell, Updike ou Hemingway. Au final, un éblouissant et décapant florilège.

  • " Qui est-ce ? " Une voix indolente de femme vint du palier en haut de l'escalier tournant et Rangappa leva les yeux.
    Sidéré, il contempla l'apparition un bref instant et, gêné, fixa vite le sol du hall... Cette fille menue, pas plus âgée sûrement que sa saur, était quasiment nue : elle n'avait rien d'autre sur elle qu'un maillot d'homme et un short qui laissaient voir une bonne partie de ses jambes, la totalité de ses bras et plus qu'un peu de sa poitrine... La voix ajouta : " Quelqu'un pour la place de chauffeur ? Je descends tout de suite.
    " A Bangalore, la " Silicon Valley " de l'Inde, on assiste au quotidien à la rencontre entre une extrême modernité et les vieilles traditions. En minijupe, le nombril à l'air, les jeunes filles écoutent Eminem, boivent sec et gagnent vite et bien beaucoup d'argent, l'oeil rivé à leur ordinateur. Les hommes, fascinés, perplexes, les observent, comme Rangappa, le pauvre chauffeur épouvanté par les tenues sexy de sa jolie patronne.
    Ou Ramu qui n'a d'yeux que pour la provocante Ashwini - mais laisse sa mère lui chercher une fiancée " comme il faut ". Chacune des huit nouvelles qui composent Le tapis rouge est un petit roman en soi, dont les personnages vont nous émouvoir et nous surprendre.

  • Environ une semaine après avoir enterré son mari au cimetière de Chicago où reposaient presque tous les Bliss, Dorothy Bliss, revenue à Miami où elle vivait, fut abordée par un homme du nom d'Alcibiade Chitral.
    Le señor Chitral était natif du Venezuela et nouveau venu aux États-Unis. Il voulait faire une proposition à Dorothy. Il lui offrait d'acheter la voiture de son défunt mari. Quand Mrs. Bliss entendit ce qu'il disait, elle devint folle de rage, furieuse et, malgré son sourire, elle lui aurait, si le chagrin ne l'avait pas tant envahie, claqué la porte au nez. Vautour, pensa-t-elle, vautour charognard sans vergogne ! À quatre-vingt-deux ans, Mrs.
    Ted Bliss, qui affectionne les tailleurs-pantalons en polyester aux couleurs chatoyantes, est une veuve respectable. Mais elle va faire une grosse bêtise le soir où, finalement, elle accepte l'offre du gentleman vénézuélien qui, après tout, lui propose plus du double de la valeur du vieux tacot dont elle n'a pas l'usage et qu'il convoite. Seulement voilà, il s'agit d'un trafiquant de drogue. Et notre charmante retraitée, touchante et ridicule à la fois, va se trouver embarquée dans une série d'aventures qu'elle prendra avec sang-froid mais qui donneront des sueurs froides à ses enfants et petits-enfants.
    À travers elle, sur ce ton à la fois burlesque et désespéré qui n'appartient qu'à lui, Stanley Elkin, très malade quand il a écrit ce livre, son dernier, nous administre une sacrée leçon de vie.

  • Tout était préparé pour l'exode de l'été : les malles faites, la maison marchant au ralenti, quasi fermée, prête à être abandonnée durant les trois mois de chaleur desséchante, de poussière envahissante, tandis que ses propriétaires se replieraient dans leur retraite à la montagne... C'est alors qu'arriva une carte postale, une de ces cartes ordinaires de couleur sépia qu'utilisait encore Raja, en raison peut-être de son âge. Les mains de Sarla se mirent à trembler : des nouvelles de Raja... Il était en Inde. Il serait à Delhi la semaine prochaine, il comptait bien l'y trouver...
    Mais cette visite tant attendue d'un ami d'autrefois qui vient à l'improviste s'inviter chez un couple de paisibles retraités va en réalité bouleverser leur vie de fond en comble. Dans une autre des neuf nouvelles qui composent ce recueil, un jeune Indien installé au Canada révèle à sa femme qu'il a eu non pas une mais deux mères pour l'élever... En Inde, à nouveau, une famille partie en vacances en direction de l'Himalaya va, à la faveur d'un immense embouteillage, faire de curieuses découvertes...

    Peu de choses, certes... Mais de sa voix calme et douce, Anita Desai sait dire l'essentiel, qui est souvent cruel. Sous une surface en apparence lisse, elle nous fait entrevoir de redoutables coins de pénombre.

  • A dix-huit ans, flannery découvre la vie à l'université.
    Lire autant qu'elle veut, sortir, s'amuser, se faire de nouveaux amis, quelle ivresse. jusqu'au jour où elle rencontre ann, trente ans, belle, sûre d'elle, fascinante et bientôt fascinée par la passion que cache mal la jeune étudiante. cette passion, vite partagée, elles vont la vivre pleinement, même si leur bonheur est menacé, fragile. peut-il résister au temps ?.

  • Livia se demande si elle a eu raison d'arranger son histoire en passant certaines choses sous silence.
    Elle ne les a tues que pour apaiser Pagan et la protéger de certains faits potentiellement douloureux. Mais elle sait que si Pagan découvre un jour les détails, elle appellera ces omissions des " mensonges "... Livia pense que c'est de sa mère qu'elle tient l'art d'omettre ou d'embellir certains aspects de la réalité. Le jour où Dona Gabriela Miranda a été hospitalisée, elle a parlé toute la journée, uniquement d'elle-même...
    Mais dans ses yeux il y avait des fantômes.
    C'est pour découvrir qui sont ces fantômes que la jeune Pagan, indienne par son père et américaine par sa mère, s'en va vivre un temps à Goa, chez sa grand-mère, la formidable Dona Gabriela, qui va bientôt mourir et donc emporter avec elle tous ses secrets. Des secrets qu'Esperança, la vieille domestique, va peu à peu lui révéler. Aventuriers, marchands d'esclaves, profiteurs, assassins, grandes amoureuses; enfants ballottés entre des adultes livrés à leurs passions, ils composent une galerie de personnages hauts en couleur, sur plusieurs générations du riche et puissant clan des Miranda-Flores, colons portugais qui ont fait fortune dans la traite des Noirs : De ce torrent d'images, d'histoires, d'intrigues, Pagan ne sortira pas indemne et le lecteur non plus.

  • " Marie donc ton fils, déclara Rudra.
    Quand il aura une femme, il deviendra raisonnable.
    - Qui voudrait de lui ? demanda Hiralal. Toute la ville sait que c'est un ivrogne. " Les deux hommes fumaient, assis dans la boutique de riz et de haricots de Rudra.
    " Nous trouverons bien quelqu'un ", dit ce dernier... Une semaine plus tard, sa femme fit une proposition. Les parents d'une jeune fille très jolie cherchaient à la marier. " Mais elle boite légèrement de la jambe gauche ", précisa-t-elle.
    A Katmandou, aujourd'hui, il y a Internet, des embouteillages le soir à l'heure de pointe, des manifestations, des grèves... Le Népal connaît des troubles politiques très graves, la société change et les jeunes Népalais se retrouvent écartelés entre le monde ancien et des modes de vie entièrement nouveaux. Néanmoins, ils restent tributaires de leur famille : un mariage ne peut être qu'arrangé par les parents.
    Le plus étrange, c'est que ces unions-là ne sont pas forcément les plus malheureuses, car les coutumes d'autrefois constituent un soubassement solide à la vie de couple. Et puis les dieux restent omniprésents et veillent sur Rukmini, la jolie boiteuse, Shanti, la fille-mère, ou Kanti, la belle étudiante.

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