Sciences humaines & sociales

  • Depuis notre premier soir à San Casciano, le bar du village est devenu une véritable annexe de notre maison. Les habitués nous ont adoptés et s'ingénient à nous faciliter la vie. II y a un téléphone au mur et quand je parle à mes enfants, à mon agent à New York ou à mes éditeurs en Californie, tout le monde se tait en imaginant que je discute avec le président des Etats-Unis. Le Centrale est notre bureau, notre PC, notre refuge. je commence à comprendre pourquoi certains Italiens, avant de choisir un appartement, vérifient si le bar le plus proche leur conviendra... Après un double coup de foudre dans un bar de Venise et un mariage romantique à l'église du Lido, Marlena, dynamique critique gastronomique américaine, et Fernando, son Vénitien de mari, ont décidé, mille jours plus tard, de s'installer en Toscane. A San Casciano, à peine deux cent cinquante habitants, ils vont vite être la coqueluche des villageois. On s'échange des recettes de cuisine (soigneusement consignées dans ce livre), on fait ensemble les vendanges, la récolte des châtaignes, la cueillette des olives, la chasse aux cèpes et aux truffes. Et Marlena, avec un enthousiasme communicatif, nous fait aussi participer à toutes les fêtes locales dans des pages pleines de saveurs, d'odeurs et de couleurs.

  • S'il est vrai que les bâtiments et les objets d'ameublement que nous qualifions de beaux évoquent des aspects du bonheur, on pourrait néanmoins demander pourquoi nous trouvons une telle évocation nécessaire.
    Pourquoi ce que notre environnement a à nous dire serait-il si important ? pourquoi les architectes devraient-ils se soucier de concevoir des bâtiments qui expriment des sentiments et des idées spécifiques ? pourquoi sommes-nous si vulnérables à ce que disent les espaces où nous vivons ? depuis plusieurs livres déjà, alain de botton s'intéresse à notre bonheur et cherche les moyens de nous rendre plus heureux.
    Après la lecture de proust, puis celle des grands philosophes, l'art de mieux voyager et l'importance de notre statut social, voici qu'il se penche sur notre cadre de vie et plus particulièrement sur l'architecture des lieux où nous vivons et travaillons. en quoi l'un et l'autre influencent notre mode de pensée, notre façon de nous comporter, en bref notre existence au quotidien, tel est le sujet de l'architecture du bonheur.
    Faisant preuve comme toujours d'une éblouissante érudition - et de beaucoup d'humour -, alain de botton nous entraîne de paris à tokyo, de londres à brasília, du kent à l'engadine, et bien d'autres lieux encore, à la recherche de la maison idéale.

  • J'avais dix ans quand, par cette matinée ensoleillée du début août 1944, notre train est arrivé aux abords du camp de concentration d'Auschwitz... Dès que nous sommes descendus de notre wagon, les hommes ont reçu l'ordre de s'aligner d'un côté et les femmes de l'autre. Les SS n'arrêtaient pas de nous hurler d'avancer, en frappant et en donnant des coups de pied à ceux qui n'obéissaient pas tout de suite. J'avais trop peur pour pleurer ou même faire un signe de la main à ma mère et je suis resté tout contre mon père. Né en 1934 de parents juifs allemands, Thomas n'a pas encore cinq ans quand il connaît successivement ghetto et camps de travail, en Slovaquie où il vivait avec sa famille, puis en Pologne. Ensuite, ce sera Auschwitz, où il va être séparé de sa mère, puis de son père. Alors pourquoi se dit-il "enfant de la chance"? D'abord parce qu'il avait eu cinq ans pour apprendre à survivre dans des conditions inhumaines. Ensuite parce qu'il a échappé à la terrible sélection, à Birkenau, où aucun enfant n'était épargné. Il a traversé l'enfer, tous les jours, tout le temps. Jusqu'à onze ans. Mais le récit qu'il en fait aujourd'hui est stupéfiant. Il ne juge pas, ne commente pas, il raconte. Il a su redevenir le petit garçon qui voulait vivre un jour, une heure de plus. Pour qui un morceau de pain, une cuillerée de soupe, un peu de paille dans ses chaussures devenaient une question de vie ou de mort. Il a gardé la voix d'un enfant dont le courage, la résilience sont exceptionnels - bouleversants. Thomas Buergenthal est un des spécialistes les plus réputés mondialement en matière de droit international et de droits de l'homme. Il est aujourd'hui juge à la Cour internationale de justice de La Haye. L'enfant de la chance est traduit ou en cours de traduction dans quinze pays.

  • On pourrait dire que chaque vie d'adulte est définie par deux grandes histoires d'amour.

    La première - l'histoire de notre quête d'amour sexuel - est bien connue et documentée, ses variations alimentent toute la littérature et la musique, elle est socialement acceptée et célébrée. La seconde - celle de notre quête de reconnaissance sociale (amour du monde) - est plus secrète et honteuse... Et pourtant, cette seconde histoire d'amour n'est pas moins intense que la première, elle n'est pas moins complexe, importante ou universelle...

    Comme dans ses livres précédents, Alain de Botton va appeler à la rescousse écrivains, philosophes et artistes pour essayer de comprendre comment est née l'angoisse du statut social et quelles formes très différentes elle a pu prendre selon les époques et les lieux. Avec son érudition et son humour habituels - et l'aide de Tocqueville, Montaigne, Karl Marx, Carlyle, Tolstoï et bien d'autres - il va creuser la plaie, mais nous donner aussi quelques pistes à suivre pour surmonter cette peur-là et quelques idées pour assouvir notre besoin d'être aimés.

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