Policier & Thriller

  • Joyce relisait ce livre chaque fois qu'il souhaitait s'empêcher de dormir. Un roman noir tout ce qu'il y a de classique en apparence (Le Fanu fut dans ce registre le seul rival de Wilkie Collins), mais ficelé à l'irlandaise, c'est-à-dire sans marchander sur les ingrédients indispensables : le whiskey, la mort violente et le surnaturel.
    Quelques messieurs plus ou moins distingués aiment à se réunir le soir au club, dans une bourgade des environs de Dublin, pour dire tout le mal qu'ils souhaitent au monde et tout le bien qu'ils pensent d'eux-mêmes jusqu'au jour où ils se retrouvent avec un joli crime sur les bras.
    Un thriller particulièrement retors qui se sert d'un fait-divers faussement banal pour nous rendre complices du pire ; en nous invitant à nous poser la seule question qui compte : « Comment tuer le temps ? » Que la bonne société victorienne en profite au passage pour se faire déculotter et fesser d'importance ne saurait nuire, on s'en doute, à notre plaisir.
    Mais Le Fanu a encore d'autres surprises dans son terrible sac qu'il n'est bien sûr pas question de révéler ici.
    Qu'un tel livre nous voulons dire d'une si violente modernité n'ait jamais été traduit en français à ce jour est à la fois consternant et rassurant : il nous reste encore (Elizabeth Bowen dixit) des chefs-d'oeuvre à découvrir !

  • Berlin 1945.
    Quelques semaines avant l'entrée des chars russes dans la capitale allemande bombardée, nous retrouvons Arturo Andrade, héros ambigu et fascinant du très remarqué Empereurs des ténèbres. Jeune homme violent et lucide sur l'espèce humaine, il décide, après le siège de Stalingrad, de rester à Berlin "pour voir", pour scruter l'horreur et guetter les monstres qui l'entretiennent. Dans une ville en ruines, paysage piranésien, l'ancien soldat de la Division Azul observe la dislocation du régime nazi, enquête sur l'assassinat d'un scientifique, côtoie des savants dévoués à la fabrication de l'arme totale et vit un grand amour avec Silke, une passion qui le rend soudain émouvant.
    Cet immense amour sauvera-t-il Andrade de ses tourments passés ? Quels sont ces démons qui hantent Berlin au coeur de cette apocalypse qui n'en finit pas de durer ?

  • "La crème de la lie", voilà quel est le monde du superintendant Zondi, surnommé "Bronx" par ses collègues à cause de son bref passage au FBI. Mais lui sait que depuis toujours, depuis qu'il a commencé à courser la racaille dans les rues de Johannesburg et des townships du Gauteng, il s'est toujours conduit en profiler, il a toujours cherché à comprendre ce qui pouvait bien passer par la tête des criminels. Un talent dont il va plus que jamais devoir user aujourd'hui, devant la cinquième disparition d'enfant signalée à Pretoria depuis la rentrée des classes. Aucune demande de rançon, et pas la moindre piste...

  • Un macchabée sur le trottoir tous les samedis, et méchamment arrangé : pour faire bonne mesure - et brouiller les pistes sans doute -, le tueur, chaque fois, a pris soin d'arracher au pauvre zigue la peau du visage.
    L'inspecteur Francis Zondi est dans le noir : il a l'habitude, c'est la couleur de sa peau - on est à Soweto (Afrique du Sud), un endroit où ont toujours rôdé d'inquiétants fantômes. Un endroit, surtout, où il faut beaucoup d'astuce ou des poings solides pour s'en tirer. Mais où, comme partout ailleurs, le combat pour survivre a ses règles : d'accord pour cogner, puisqu'il faut bien finir par monter sur le ring, mais pas trop au-dessous de la ceinture - et en évitant si possible de lester le cuir de ses gants de méchants renforts de ferraille, histoire de faire mal...
    Vraiment très mal.

  • La peur des betes

    Enrique Serna

    • Phebus
    • 28 Septembre 2006

    Evaristo Reyes aurait voulu être écrivain, mais les aléas de la vie - comme on appelle parfois le manque de volonté - ont fait de lui un policier. Cette vocation première explique sans doute pourquoi il écoute avec une oreille plutôt bienveillante l'écrivain excentrique, assez hostile au régime en place, à qui ses supérieurs lui ont demandé de rendre " une petite visite ". Peu après cette entrevue l'hurluberlu lettré est retrouvé mort. Et Evaristo Reyes, comme de bien entendu, est sérieusement suspecté. Pourchassé, il lui faut résoudre cette énigme qui a tout l'air d'une machination. L'étau se resserre et il lui faut toujours plus de souplesse pour échapper à la police et pour se mouvoir dans le milieu intellectuel de Mexico, un panier plein des pires crabes qui puissent être. Chaque pas qu'il fait semble le pousser un peu plus au fond d'une souricière, chaque rencontre pouvant l'aider se révèle être dangereuse. Notamment celle qui a lieu avec une papesse du milieu éditorial, belle ordure au demeurant. Monde politique corrompu, monde policier vicié : rien de nouveau. Mais monde littéraire à ce point aux ordres, on n'en avait pas idée. Ni notre héros dont les tourments sont à la mesure de son besoin de rédemption.

  • Dans le bureau de l'Agence, pénètre Adrien Norte.
    Adrien Norte est un auteur de « best-sellers », et celui qui l'accueille, Blair, est détective.
    Adrien Norte a reçu des lettres anonymes, des lettres de menaces. Blair doit découvrir si ces menaces sont réelles, et surtout, qui peut en être l'auteur.
    Dans une atmosphère à la fois pesante et onirique, se noue entre ces deux hommes une relation qui ressemble à une partie d'échecs. Mais qui mène le jeu ? Et s'agit-il vraiment d'un jeu, ou d'une question de vie et de mort ? Où se situe la frontière entre la réalité et la mise en scène ?
    Avec un art consommé, Pierre Pelot entraîne le lecteur dans les méandres de cet étrange affrontement. Chaque détail compte, et dans une langue magnifiquement maîtrisée, il nous dévoile au fil des pages les mystères de ces « promeneuses au bord du chemin »

  • Déjanté

    Hugo Hamilton

    Dure vie que celle de flic dans le Dublin d'aujourd'hui : la crasse, la violence, la drogue... le progrès, quoi. Et voilà qu'on vous crucifie un gus - doux Jésus ! - sur la porte d'un hangar à bateaux, la tronche couronnée jusqu'au col par un méchant sac en plastique. Saloperie d'époque !
    Allons, tout n'est quand même pas perdu : la Guinness continue à couler au robinet, et l'ami Pat Coyne, chevalier exemplaire, est là qui vous protège, prêt à nettoyer votre bonne ville de toute la racaille qui voudrait la pourrir jusqu'à l'os...
    Seul problème : à vouloir jouer les chevaliers aujourd'hui, on ne s'expose pas seulement à recevoir des coups, voire à finir dans une bagnole-cercueil au fond des eaux du port... on risque de péter les plombs, tout simplement.

    Sentiment de la presse anglo-saxonne (et allemande) :

    « Un thriller des plus réjouissants : à la fois très noir et très drôle... et qui vous balance dans les coins d'ombre de la vieille Irlande, sans respect aucun pour les vaches sacrées, quelques jolies bombes incendiaires. » SUNDAY INDEPENDANT « L'auteur brouille si bien les pistes qu'on ne sait vraiment plus où on est tombé : dans un thriller titillé par la tentation existentielle, ou dans quelque jeu en forme de piège, et des plus sournois. Un miracle, on vous dit ! » TIMES LITERARY SUPPLEMENT « Une sacrée caricature des démons de l'âme irlandaise ! » DIE WELT

  • Depuis qu'il a.
    Avec brio. percé le mystère de la Maison Aranda ; Victor Ros est devenu l'un des plus célèbres enquêteurs madrilènes. Un nouveau cas va mettre à l'épreuve son flair légendaire... En ce Noël 1878, l'assassinat du colonel Ansuàtegui fait grand bruit. Les radicaux sont dans la ligne de mire : on les soupçonne d'avoir voulu. en éliminant cet homme de pouvoir. porter un nouveau coup à la monarchie. Mais Victor Ros se lance sur une autre piste après avoir deviné que le colonel appartenait à une société ésotérique.
    La Rose-Croix. dont d'autres membres en Europe ont récemment disparu. Un sombre individu semble avoir décidé de régler leur compte à certains rosicruciens. Qui est-il ? Quel est son mobile ? Dans une Espagne troublée, de Madrid à Cordoue. Victor Ros va être chargé de démêler deux affaires aussi complexes que liées. Le défi est à sa mesure.

  • Triste flic

    Hugo Hamilton

    Abandonné par sa femme, mis en congé à durée indéterminée après un incendie qui a failli lui coûter la vie, Pat Coyne mène une bien triste vie, remâchant ses diatribes réactionnaires entre deux pintes de Guinness. Mais lorsque son fils se retrouve impliqué dans une sordide affaire d'immigration clandestine et accusé de meurtre, l'ex-flic reprend du service. Pour l'aider, il va devoir plonger dans les bas-fonds de Dublin, où pullulent les escrocs minables et les petites frappes sympathiques.

  • Madrid, 1877. Victor Ros est un petit délinquant. Arrêté pour vol à la tire, il va aussitôt fasciner le sergent don Armando par son intelligence et sa perspicacité. Quelques mois plus tard ce gamin du peuple se retrouve promu sous-inspecteur et chargé d'élucider une étrange affaire : " le mystère de la Maison Aranda ". Trois meurtres ont été perpétrés dans cette riche demeure. On dit cette maison maudite. Mais Victor Ros est bien trop rationnel pour y croire. Bien trop humaniste aussi pour se détourner d'une autre affaire, moins médiatique : une série de meurtres commis à l'encontre de prostituées. Des bas-fonds aux hautes sphères de l'aristocratie madrilène règne la même horreur, les mêmes ombres déroutantes, effrayantes, les mêmes sinistres fantômes. Victor Ros devra se montrer pugnace pour démêler les nombreux fils d'Ariane qui parcourent la ville et qui mènent au(x) coupable(s).

  • Kafka ramait le dimanche

    Cédric Morgan

    • Phebus
    • 1 Octobre 2009

    Pontivy se réveille sous le choc. Richard Desplouze, professeur de français sans histoire, a été poignardé lors de son footing matinal. Ce fait-divers déconcerte la petite bourgade tranquille : qui pouvait en vouloir à cet homme bien sous tous rapports ? L'arme du crime reste introuvable et la police piétine. Bien décidée à en découdre, la juge chargée de l'affaire passe à la vitesse supérieure et fait appel à ses deux fidèles " enquêteurs " : Marquis et Ségolène. Ce duo, aux méthodes peu orthodoxes, a maintes fois prouvé son efficacité. À l'écart des gendarmes, ils vont sonder la face cachée de l'affaire et découvrir le véritable visage de Desplouze : celui d'un mari volage, amateur de jeunes filles. La fine équipe aurait-elle enfin trouvé un mobile ? Mais un second meurtre a lieu, qui relance l'enquête. Même arme, même modus operandi. Le mystère s'épaissit...

  • LIVRE : Une ex-antiquaire retrouvée assassinée à Paris, une lame en forme de
    croissant plantée dans le crâne... Voilà de quoi intriguer la commissaire
    Trasseur. Mais lorsqu'il s'avère que dans plusieurs affaires espacées dans le
    temps, aux quatre coins du monde, les victimes ont été retrouvées le front
    transpercé de cette arme bien particulière, le mystère s'épaissit... Qu'avaient
    donc en commun cet aristocrate italien, cet homme d'affaires américain, cet
    évêque irlandais ? Evidemment, tous, à un moment ou à un autre, s'étaient peu
    ou prou décrétés propriétaires de la Lune... astre sur lequel, en cette année
    2010, on vient de découvrir des champs pétrolifères. Pour Trasseur et son
    acolyte, le commissaire Van Krimpen, le saugrenu va le disputer au tragique
    dans cette succession d'énigmes... AUTEUR : Né en 1952, il a été pendant
    longtemps maquettiste, illustrateur, créateur de typographies, mais également
    écrivain pour enfants (lauréat du Goncourt jeunesse en 1994), avant de se
    lancer dans le roman policier en 2003 avec L'île de Pingo-Pongo puis La
    Quadrature du meurtre (Phébus, 2006).

  • Southland

    Nina Revoyr

    Lorsque l'américano-japonaise Jackie Ishida, étudiante en droit à Los Angeles, tente d'exécuter les dernières volontés testamentaires de son grand-père, elle apprend que quatre adolescents noirs ont été tués dans l'épicerie que tenait celui-ci dans le quartier de Crenshaw pendant les émeutes de Watts, en 1965. Or ces meurtres n'ont jamais été dénoncés, et encore moins élucidés. Aidée du cousin de l'une des victimes, Jackie se lance dans une enquête qui va rapidement se transformer en quête identitaire.

    Découvrant pas à pas un grand-père mal connu et le quartier populaire dont sa famille est issue, l'héroïne dévoile les dessous de la petite et de la grande histoire d'une ville aux mille visages. Cheminant vers la résolution d'un mystère, elle fait résonner les voix d'une population immigrée confrontée, de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours, au racisme ordinaire.

    À partir d'un sujet riche et peu exploré, Nina Revoyr bâtit un roman d'une extraordinaire puissance narrative, porté par une écriture sensible.

  • Trigone est le troisième volume de la trilogie de techno-thrillers intitulée « La dernière guerre » (2008-2011). 2010 : De Stockholm à Singapour, de mystérieuses disquettes obsolètes que personne ne parvient à lire échouent entre les mains de Jean D'Estavil et de Suricate, le hacker qui a aidé le colonel dans Hexagone. Jean, qui n'a pas renoncé à élucider la mort de sa femme, survenue dans Pentagone, est alors contacté par le Fugu, à la suite d'une série de meurtres sacrificiels qui frappent des ingénieurs nucléaires européens. Tandis que des attentats revendiqués par une mystérieuse organisation éco-terroriste s'abattent sur la planète, les ennemis d'hier vont devoir s'allier pour combattre une menace sans précédent. Cette lutte va les mener en Syrie, en Jordanie, et jusqu'en Irak, là où tout a commencé. Les trois hommes y découvriront l'un des secrets les plus protégés du monde. Un secret qui pourrait tout aussi bien détruire la planète que la sauver.

  • Qui est assez fou pour croire que le riche monde occidental a décidé de se débarrasser de la
    menace que constitue, à ses yeux, le développement des pays émergents à l'aide d'un virus
    inoculé à des espèces entières d'insectes piqueurs oe
    Ceux à qui les récentes pandémies bovines et aviaires ont mis la puce - l'abeille - à l'oreille et que
    commencerait de gagner une salutaire paranoïa, peut-être... A coup sûr, le trio d'universitaires
    anglais « bien informés » et pleins d'humour que nous allons suivre d'Oxford à Edimbourg, de la
    Dordogne à Washington, de Bukingham Palace aux pays des neiges où quelques moines
    bouddhistes leur prêteront main et esprit forts pour déjouer cette monstrueuse conspiration.

  • New York, années 80. Moe Prager, ex-flic reconverti dans le commerce du vin se croit satisfait de sa vie. Son bonheur conjugal, les sourires de sa fille l'aident à refouler culpabilité et regrets. Un jour, un homme visiblement perturbé vient trouver Moe au magasin qu'il a ouvert avec son frère Aaron. Il tente de le persuader d'enquêter sur la mort de sa soeur survenue quinze ans plus tôt lors d'un incendie. Le drame avait coûté la vie à dix-sept personnes venues travailler pour la saison dans cet hôtel alors encore très fréquenté des Catskills. Moe refuse d'abord de se pencher sur cette affaire classée. Quelques jours plus tard, l'homme se pend dans l'institut où il est soigné. Le nom de Moe Prager est inscrit sur le mur de sa chambre en lettres de sang. Moe se lance alors dans une enquête d'autant plus douloureuse qu'elle le pousse à affronter son passé, ses doutes, ses fantômes.
    Coleman convainc et accroche davantage par la densité de ses personnages que par l'intrigue - juste assez intéressante et fouillée pour ne pas nuire à l'ensemble. Dans ses romans, les " méchants " sont souvent affreusement attachants, les " bons " obéissent parfois à des motivations troubles ou égoïstes qui empêchent de les aimer tout à fait. Les paumés ont de bonnes raisons de l'être et existent aussi fortement que les personnages principaux. Le territoire que Prager fouille inlassablement, c'est finalement celui de l'âme humaine...

  • Angle obscur

    Reed Farrel Coleman

    • Phebus
    • 25 Octobre 2007

    6 août 1998: le détective Moe Prager reçoit un appel qui pourrait bien lui permettre de résoudre l'affaire qui les hante, sa femme et lui, depuis vingt ans et menace de faire imploser leur famille.

    28 janvier 1978: autre époque, autre coup de fil. Tout juste forcé de quitter la police suite à une blessure, Moe Prager se voit proposer d'enquêter sur la disparition d'un étudiant apparemment sans histoire, Patrick Maloney, par le père de celui-ci, un homme plein de morgue. Interrogeant sans relâche les connaissances et la si charmante soeur aînée du jeune homme, suivant ses traces dans les lieux phares du New York underground des années punk, Moe se fait une image de lui qui ne cadre pas avec celle, lisse et souriante, que les parents Maloney ont placardée dans tout New York. Mais découvrir qui est réellement Patrick suffira-t-il à le retrouveroe
    Passé et présent s'entremêlent à un rythme haletant pour faire le jour sur une obscure affaire et sur des êtres ténébreux qui n'ont pas encore livré tous leurs secrets.

  • LIVRE : Un célèbre avocat retrouvé noyé sur une plage de Biarritz, un message
    cryptique : « une dame enveloppée dans le soleil... dragon roux... son enfant
    fut enlevé et conduit... la guerre dans le ciel »... Il n'en faut pas plus pour
    que la jeune Charlotte de Montbrun, qui a croisé l'avocat et sa nièce, Hélène
    Weinstein, première danseuse de l'Opéra de Paris, se lance sur les traces du
    mystère. Un mystère qui va s'épaississant lorsque le magicien Manuel Gomes
    avale en direct à la télévision un calice plein d'azote liquide, et qu'une
    flèche tirée du plafond de l'Opéra blesse la première danseuse en pleine
    représentation du Lac des Cygnes ! Cascades d'événements insolites, assassinats
    étranges, tous les ingrédients sont réunis dans ce thriller à l'esprit décalé,
    où notre héroïne accro à Internet mène l'enquête avec détermination, sans se
    méfier assez des pièges de la Toile... AUTEUR : Ils sont tous les deux
    médecins, l'un dermatologue, l'autre anesthésiste, et Michel Canesi a été
    pendant dix ans le médecin personnel de Rudolf Noureev. Ils ont publié en 2006
    leur premier roman, écrit à quatre mains, Le syndrome de Lazare, qui a inspiré
    le film de Téchiné, Les témoins.

  • 2 janvier 2009. Paris s'embrase, victime d'une série d'attentats kamikazes. Le Président et son gouvernement tentent de faire face. 4 janvier 2009. La tension en Iran monte d'un cran. Les États-Unis bombardent le complexe de Natanz. Mais au coeur de ce séisme politique mondial, une autre guerre plus intime, se joue. Le colonel Jean d'Estavil enquête toujours sur la mort mystérieuse de sa femme et de son fils, lorsque le WOPR, un réseau anarchiste de renseignement virtuel, le contacte : les clés de sa recherche vont faire la lumière sur les terrifiantes menaces lancées contre le territoire français. Corruption, manipulation et folie meurtrière... Il devra se faire agent double pour mener de front ses deux missions. Expliquer d'énigmatiques Secrets Défense pour mieux mettre à mal une organisation encore plus puissante qu'Al-Quaida. Il en va de la paix de son âme, comme de celle du monde.

  • Il s'agit d'un de ces romans dégraissé de tout l'attirail de la narration classique (scènes d'exposition, transitions explicatives, développements imposés par l'architecture du récit), qui peut se lire si l'on veut comme des suites de " nouvelles ", où reviennent des personnages qui refusent de vous lâcher - et dont on finit par ne plus pouvoir se passer.
    Soit huit tranches de la vie du dénommé Kareem, " Américain d'origine asiatique ", aux prises avec l'aimable folie du monde moderne, qu'on dirait échappé d'un film de Stephen Frears. Assez beau gosse (enfin, c'est ce qu'il croit quand tout va bien) pour rêver de tenter sa chance au cinéma ou sur les planches, mais trop basané pour se voir offrir autre chose que des rôles de " troisième couteau " - quand seulement on consent à l'engager. Bref, la dèche, les tournages minables, les petites humiliations qui font rigoler les copains sans oublier les nombreux malentendus avec les filles (car Kareem ne pense qu'à ça).
    On se soigne comme on peut : en picolant, en se shootant - et, pour ce qui est du dénommé Kareem, en s'adonnant à la plus dure des drogues : l'espoir - dont aucune déconvenue, aucune cure de réalité (et il ne lésine pas avec les expériences désolantes) ne parvient à le décrocher.
    Est-il bon ou mauvais acteur ? on ne le saura jamais. Mais l'existence l'oblige à endosser tant de rôles pour lesquels il n'est pas fait qu'on en vient à se dire qu'il possède, tout au fond, une sorte de génie caméléonesque qui n'est peut-être bien, après tout, que celui de la vie.
    On rit beaucoup, car Imad Rahman a le génie des situations impossibles, et son regard de " Persan " égaré en Amérique nous invite à de drôles de découvertes. On songe aux aventures de quelque Capitaine Fracasse de notre temps, et l'on se dit que le génie picaresque, décidément, est naturel aux natifs de l'Orient - même si les Mille et Une Nuits ne sont pas ce qu'elles étaient.
    EN QUELQUES MOTS Quelques tranches de la vie du dénommé Kareem, " Américain d'origine asiatique " décidément trop basané pour faire carrière au cinéma ou sur les planches, mais qui s'entête dans son rêve d'acteur à la manque. Il est vrai que la vie, bonne fille (ou foutue garce, c'est tout un) le conduit à endosser dans le civil les rôles les plus improbables - c'est-à-dire à se fourrer dans d'assez jolis draps.

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