Rocher

  • « La trilogie des Sioux de Hyde représente une référence dans l'histoire des Indiens d'Amérique du Nord. Son travail était révolutionnaire et innovant, à la fois dans la méthode et dans les détails à tel point que ses livres ont servi de modèles aux historiens qui lui ont succédé. ».
    Raymond J. DeMallie.

    L'avènement de cette trilogie sur les Sioux, rédigée de 1937 à 1961, demeure une étape unique quant à l'utilisation de sources écrites allant du XVe au XIXe siècle auxquelles s'ajoutent des témoignages directs par ceux ayant vécu les dernières décennies de la fin d'un monde. Des premières migrations dès 1650 aux années 1890, l'ouvrage reconstitue méticuleusement l'histoire des Sioux tetons-lakotas : fratricide guerres intertribales, affrontements contre l'armée américaine, conflits avec les marchands de la Frontière et les agents de réserve. Quant aux chefs, Hyde démontre que la dynamique de cette histoire a pour beaucoup procédé du succès ou de l'échec de ces derniers à comprendre la futilité de résister aux Américains. En ce sens il établit les différences entre le duo Sitting Bull-Crazy Horse et le duo Red Cloud-Spotted Tail, celui-ci ayant eu la patience, la diplomatie d'effectuer l'inévitable transition du passage des siècles de liberté à l'enferment dans les réserves.

  • Wisconsin 1873. À la mort de ses parents victimes de la grande crise financière, Jenny Doussmann part dans les Grandes Plaines rejoindre son frère, Otto, vétéran de la guerre de Sécession devenu chasseur de bisons. Ceux-ci commencent à se faire rares, sans compter les rivalités entre chasseurs et la plupart des tribus indiennes entrées en guerre. Le premier hiver de ces deux émigrants allemands, seuls dans l'immensité, tourne au cauchemar. Ils seront sauvés par une vieille connaissance, Two Shields, un Cheyenne du Sud qui s'engage à veiller sur eux. Devenus membres de sa tribu, Jenny et Otto devront combattre à la fois d'autres chasseurs et des tribus ennemies des Cheyennes. Dans ce roman sauvage et lyrique, les Grandes Plaines sont le réceptacle d'un monde à l'agonie et font corps avec l'Indien et le bison décimés. Ce tableau de l'Ouest américain, avec ses descriptions crépusculaires, mais réalistes, n'épargne personne, animaux et humains : Indiens comme Blancs.

  • Ces dialogues avec le grand écrivain kiowa N. Scott Momaday sont des conversations à bâtons rompus, jubilatoires et emportées, riches et joyeuses, sérieuses, jamais graves et par lesquelles nous côtoyons avec une étrange facilité la littérature, l'esthétique, la spiritualité, le langage liés à l'univers des Indiens d'Amérique du Nord. Nous y accédons par ces échanges avec un géant de la littérature, autant indienne qu'américaine, dont la voix profonde résonne à notre entendement et nous met en contact direct avec son oeuvre.
    Par sa nature, le livre donne à apprécier la chance d'avoir l'opportunité d'entrer dans l'art de la Conversation, la puissance évocatrice que cela peut revêtir. Momaday révèle ici à quel point, et comment, il a été profondément influencé par ses racines kiowas. Dans son travail incessant de création, tant comme écrivain que comme peintre, Momaday, comme l'écrit Woodard, étonne par la « diversité et l'ampleur de son expression artistique ». Voix ancestrale nous emmène aux sources de sa création, au coeur de son univers. De ces échanges viennent à nous les voix calfeutrées dans les livres, dans les replis de l'esprit et les ressacs de l'Histoire. En exprimant la quintessence de son monde mythologique, en nous faisant part de certains aspects de son histoire personnelle liée à celle des Indiens d'Amérique du Nord, Momaday replace l'individu au centre du processus de création artistique, de son identité propre, dans son environnement originel et de son émotion unique.

  • S'il y a une approche primordiale sacralisée de la mythologie du Diné, les Navajos, c'est bien celle qui procède des rituels de guérison. Au-delà des symptômes et des soins apportés au corps physique, ces rituels cherchent toujours à replacer la psyché de l'individu en harmonie avec l'ensemble des forces naturelles et surnaturelles qui l'entourent. Le livre expose les processus symboliques de guérison développés par les rites ancestraux qui mettent en application des principes redécouverts par la psychanalyse jungienne. Le principal support physique, comme artistique, de ces processus se traduit par la réalisation de peintures de sable créées uniquement dans un contexte rituel et religieux. Elles représentent les formes symboliques issues du mythe du Diné de la Création. L'auteur, psychanalyste jungien, évalue et compare son savoir à la tradition navajo ; en cela, il s'est souvent entretenu avec plusieurs hommes-médecine. Nous découvrons ainsi la Voie de la Beauté, de la Bénédiction, du Grand Dieu, du Vent, de l'Ennemi, du Projectile, de la Grande Étoile mais aussi le Chant de la Nuit comme celui de la Voie Malfaisante, le Chemin du Pollen, les fumigations sacrées à base d'armoise. Ultimement, nous pouvons aussi considérer ces rituels ancestraux de guérison comme une forme de réflexion sur notre héritage et nos anciennes médecines holistiques.

  • Depuis toujours les Indiens et la Nature ont été deux termes indissociables, liés dans l'image que nous en avons tant dans les grands classiques de la littérature, de la BD ou du cinéma. Le présent ouvrage, s'il n'est pas conçu dans un esprit religieux mystique, ni même par une adhésion à l'idéologie New Age par rapport aux Indiens, ou par on ne sait quel militantisme écologique acerbe, relève plutôt d'une forme d'écologie spirituelle.
    En cela, le motif premier du livre, son intérêt réside plus dans la fusion totale des Indiens avec la Nature et non comme si ces derniers étaient des parangons d'une écologie traitée à toutes les sauces... Dans ce voyage, nous sommes conviés à la "re" -découverte d'une terre du début du monde avec des personnages sortis tout droits d'un grand mythe que l'on croyait éteints. Le livre instaure la contemplation d'une nature si puissante dans son omniprésence qu'elle force toujours le respect avec ses paysages qui abritent des animaux sauvages encore libres, et ses horizons enivrants.
    Parce que l'histoire de ce livre, c'est aussi celle de la Dernière Frontière qu'au fil des pages nous pouvons saisir. Entre les Indiens et la Nature il y a l'évidence tant physiologique que spirituelle, métaphysique et pour tout dire, parfois, "mystique" . Les mythes en rapport avec la nature décrits ici nous le démontrent. Mystique au sens noble et "traditionnel" du terme, celui que les Indiens appréhendent dans leur héritage spirituel qu'ont façonné des siècles de cosmogonie.
    Les photographies commentées ne sont pas de simples "illustrations" et font plus que d'évoquer la nature. Elles expriment sa diversité, sa force et sa faiblesse, des hommes aux cultures variées qui en dépendaient et avaient appris à vivre avec elle en harmonie, jusqu'au Cercle de la vie brisé à l'arrivée des étrangers venus de l'Est. Les Indiens sublimaient tant les paysages, les grands espaces que nous sommes en mal d'imaginer qu'il ne s'agisse pas d'un phénomène de réciprocité.
    La disparition des dernières immensités sauvages laisse répandre l'idée que nous assistons à la fin d'un monde, voire notre propre fin. Conçues comme des documents scientifiques, géographiques et ethnographiques, ou comme des curiosités ou des tableaux artistiques, ces photographies - rares et pour certaines inédites - dépassent l'instant furtif de la prise de vue et l'intention du photographe. Elles nous invitent à diriger notre regard vers l'avenir.
    Les Indiens ont été combattus, spoliés, dépouillés, humiliés pour être finalement "protégés" par ceux-là même qui les envahirent. Des Parcs naturels pour la Nature, des Réserves pour les Indiens. Pour les deux, un même surprenant pouvoir de résilience.

  • Après l'assassinat en 1877 du chef de guerre des derniers Sioux rebelles Crazy Horse, Washington décide de nommer dans le Dakota du Sud le jeune docteur Valentine McGillycuddy comme agent indien de l'agence des Sioux oglalas, bientôt rebaptisée réserve de Pine Ridge.
    L'homme, honnête et sans détours, va connaître les pires années de sa carrière au service du gouvernement. Ses nouvelles fonctions vont le confronter au chef oglala Red Cloud, une forte personnalité, retors, autoritaire, à l'esprit insaisissable et dont le pouvoir et l'ascendant sur les siens, que les Blancs pensaient briser après son enfermement dans la réserve, demeurent plus fort, que jamais. Dans un style envoûtant, convaincant de par l'exactitude des faits, l'authenticité des personnages, O'Brien décrit minutieusement les circonstances de la politique et des tensions des premiers jours de la réserve, au moment où McGillycuddy, le fonctionnaire qui fit l'objet du plus grand nombre d'enquêtes en Amérique, presse les Sioux d'adopter une économie agricole.
    Le jeune agent va en effet devoir affronter, outre la corruption et les prébendes, une opposition larvée, parfois rude et menaçante qui va pendant plusieurs années le mettre dans une position difficile vis-à-vis de ses collègues du bureau de Pine Ridge, des rares Indiens qui se sont mis de son côté, et du gouvernement dont l'un des enjeux des prochaines élections présidentielles concerne la politique du ministère de la Guerre quant à l'administration des réserves indiennes et notamment l'aigu problème sioux que pose Red Cloud à Washington.
    Le face-à-face entre les deux hommes restera unique dans l'histoire d'un agent de réserve et son dénouement s'achèvera dans un déchirement qui incarnera à jamais le terrible symbole de la tragédie des Grandes Plaines d'Amérique.

  • Inspirées de la réalité quotidienne et racontées sur le mode des légendes anciennes, les nouvelles de ce recueil transcendent leur modèle et touchent au coeur de la vie des indiens d'aujourd'hui.
    Le trickster, animal farceur et souvent malfaisant de plusieurs mythologies indiennes, est l'inspirateur des figures qui traversent les récits : coyotes en rut à figures humaines, corbeaux obsédés sexuels et ours sages, et leurs pendants humains, alcooliques pour la plupart. les vies des personnages s'entrecroisent au fil de ces nouvelles souvent désopilantes, mais aussi tristes, dépouillées ou encore paillardes, et toujours émouvantes, profondément humaines.
    La langue d'adrian c. louis est dure, satirique, mais ô combien lucide, notamment sur les rapports de pouvoir, et portée par un humour tranchant. elle incarne coyote le trickster, mais aussi les gens des rues et des réserves, les clochards, les jeunes, les ratés, les fêlés et les purs génies. malgré l'enfer de la " rez ", louis écrit avec le coeur de ses ancêtres paiutes.
    " tu te demandes sans doute pourquoi j'écris tout ça.
    Au juste je n'en sais rien, mais il fallait que ça sorte et je me suis souvenu que tu m'avais aimé. en tout cas, moi, je t'aimais. quoi qu'il en soit, les grandes villes ont le don de sucer les indiens jusqu'à la moelle pour les recracher ensuite. nous allons dans les villes pour nous y perdre, ou alors pour mourir. ou encore, pire que tout, nous allons dans les villes pour devenir des blancs. ".

  • Les tranchées de la Grande guerre fourmillaient de soldats français et étrangers. Parmi eux, les Indiens d'Amérique du Nord sont arrivés en nombre. Dès 1914, 4000 Indiens du Canada débarquent en France et en 1917, 15000 Indiens des Etats-Unis les rejoignent, retrouvant ainsi leur dignité de guerriers. Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? A quelles tâches ont-ils été employés ? Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos, combattirent au coude à coude avec les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens.
    Eux qui n'avaient pas même la nationalité américaine, ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées. C'est leur histoire, émouvante et superbe que nous raconte, dans un livre tout public et néanmoins extrêmement documenté, Jacques Rouzet, grand spécialiste des tribus "Natives".

  • Depuis des temps immémoriaux, « marcher d'une manière sacrée » est, pour beaucoup d'Indiens d'Amérique du Nord, une évidence, un « acte » naturel car spirituel et salutaire. Si bien des livres parlent des hommes-médecine, du chamanisme au masculin, bien peu évoquent réellement, comme celui-ci, l'existence des femmes-médecine, leur fonction et leur importance au sein des tribus, hier comme aujourd'hui. Après les guerres indiennes ce sont bien souvent les ces femmes qui ont joué un rôle prépondérant dans les réserves, surtout depuis que les hommes venaient de perdre leurs statuts sociaux et spirituels liés à la chasse et à la guerre : ils ne sont plus forcément ceux qui protègent et nourrissent les « foyers tribaux ».
    Les récits et interviews rassemblés ici sont autant de témoignages uniques, anciens comme récents, sur les femmes-médecine des Plaines principalement lakotas, Cheyennes et Crows. L'ensemble démontre combien ce sont elles qui, aujourd'hui, sont garantes pour beaucoup du maintien des traditions dans les réserves. Loin des dérives du New Age, ces paroles de femmes-médecine et de familles de guérisseuses s'avèrent être une contribution majeure à l'histoire et à l'héritage spirituel des Indiens des Plaines.

  • De la réserve de White Earth dans le Minnesota dès le début du XXe siècle aux années 20 en France, Gerald Vizenor nous em-porte dans le tourbillon d'un périple littéraire, historique et artisti-que qui invite à suivre les pérégrinations des soldats indigènes venus combattre en France durant la Première Guerre mondiale en 1917 et notamment, celles des deux frères Ojibways Basile et Aloysius Beau-lieu qui ont grandi dans la réserve où est né l'auteur. Avec un sens aigu du « hasard, des liens totémiques et sur la nature transitoire de notre passage en ce monde », le livre, puissant, s'avère être un prodigieux en-trelacement des instances dramatiques, comme fatales, de la vie de réserve avec celle vécue dans les « tranchées » ; vies liées aux mythes tribaux et aux grands mouvements artistiques et littéraires parisiens d'avant et d'après-guerre quand l'auteur convoque, allègrement mais toujours subtilement et fermement justifié, cubistes, fauvistes, impres-sionnistes mais aussi des poètes et des écrivains comme Apollinaire, Joyce, Ezra Pound, Hemigway, Cendrars, André Breton, Paul Eluard, Gertrude Stein, tous immergés dans l'effervescence inouïe des gale-ries d'art, des librairies, des cafés, du Marais à Montparnasse où les Dômiers se réunissent, se scrutent, se reconnaissent, s'enguirlandent, se toisent... Et les deux frères, l'un peignant toujours et partout en toute circonstance des corbeaux bleus, l'autre, structurant le récit dans sa forme et son sens avec l'Odyssée d'Homère dont les lectures profon-des des Livres ponctuent chaque étape, de ce monde entier qu'est ce roman, comme un repère ultime. Les Corbeaux bleus contient de nom-breux thèmes récurrents de Vizenor savoir la puissance et l'ironie des mythes tribaux qui forgent la trame du roman, les avantages qu'il y a à perdurer plutôt que de se poser en victime, la raison naturelle et la résistance.

  • Little Big Man

    Thomas Berger

    Etats-Unis, territoire cheyenne, 1852 - un petit convoi d'immigrants en route pour la Californie est stoppé par des Cheyennes.
    Après plusieurs heures de palabres et beaucoup de whisky, la rencontre dégénère en bagarre. Un enfant de dix ans, Jack Crabb, et sa soeur Caroline, sont kidnappés par les indiens. Le jeune garçon sera alors adopté et élevé dans la tradition cheyenne, sous la tutelle du vieux chef Peau-de-la-Vieille-Cabane. Sur les traces de Jack Crabb, nous suivons l'histoire légendaire de l'Ouest américain, le massacre des Cheyennes par Custer à Wahista River en 1868 et, le 15 Juin 1876, la bataille de Little Big Horn qui voit la fin du même général.
    A l'arrière-plan de cette fresque historique, nous découvrons la vie des Cheyennes au quotidien, dans leur intimité, leurs traditions. C'est à l'âge canonique de cent onze ans que le dénommé Jack Crabb aurait raconté, sur magnétophone, ses " Mémoires de visage pâle ". Le récit est-il véridique ? On n'en sait rien. Toujours est-il qu'il fut le prétexte et la pulsion d'une créativité littéraire exceptionnelle.
    Picaresque, truculent, toujours surprenant dans sa façon d'associer les mots, d'enchaîner les situations, ce " roman " fut unanimement salué par la critique américaine.

  • Dans cette suite de Little Big Man, nous retrouvons Jack Crabb, là où le film d'Arthur Penn avec Dustin Hoffmann l'avait laissé.
    Ses attaches indiennes perdues, l'homme, vagabond errant et pitoyable, fréquente la faune des villes de l'Ouest. À Deadwood, où surgissent des personnages légendaires comme Bat Masterson et Wild Bill Hickok, puis à Tombstone, où les frères Earp et Doc Holliday s'efforcent de maintenir l'ordre jusqu'au fameux règlement de comptes à O.K. Corral.
    Prenant le lecteur à témoin, Berger nous fait découvrir les coulisses de l'histoire américaine et ses incroyables prolongements en Europe avec le Wild West Show de Buffalo Bill.
    Les descriptions des capitales européennes par les Indiens, sourcilleux et fins observateurs, objets de spectacle mais toujours dignes, sont savoureuses de truculence. Nous assistons, avec Crabb toujours aux premières loges de l'histoire, à l'inqualifiable meurtre de Sitting Bull, prélude à la débauche théâtrale de l'Exposition universelle de Chicago : les deux faces d'une même pièce, l'Amérique et sa part d'ombre.
    Démystificateur du mythe de l'Ouest, le roman, cocasse, iconoclaste, est férocement lucide.
    Il fait rire, grincer des dents, désespère et émeut..

  • Quatrième de couverture Au coeur des Grandes Plaines de l'Ouest américain, de l'Histoire qui n'en finit plus de vomir l'Indien et ce qu'il symbolise, le roman de Dan O'Brien est celui d'un adieu à un monde qui vit ses dernières heures. Dans cette histoire, aux fondements historiques véridiques avec des personnages ayant réellement existé, le docteur Valentine McGillycuddy se souvient. Il se souvient d'abord de sa première et étrange rencontre avec le chef sioux Crazy Horse. Il se remémore, heure par heure, la dernière journée du grand Lakota, en 1877 au Fort Robinson, ces instants passés au chevet d'un homme blessé mortellement et dont il a fait son patient. Il évoque les campagnes indiennes, l'amitié qui s'est tissée entre lui et le chef oglala, l'impact de la défaite de Custer à Little Big Horn, la campagne du général Crook sur les Black Hills à laquelle il participait. Aux côtés du mourant, McGillycuddy réfléchit sur la politique indienne, les intérêts des uns et des autres à la survie ou à la mort de Crazy Horse, intérêts de l'armée, des Indiens des réserves et des rebelles. Ces fils narratifs se mêlent en une réflexion morale sur l'histoire, sur la condition humaine et, à travers le récit, il apparaît que les paysages des Grandes Plaines, avec ce qu'ils ont d'extrême, influent sur ceux qui doivent y vivre, réveillent en eux ce qu'il y a de « sauvage », et les rapprochent des Indiens dont c'est le territoire. C'est cette affinité pour la terre et ses habitants naturels qui fait de McGillycuddy l'ami de Crazy Horse. Et c'est cette amitié qui fondera sa décision finale, quant au patient dont il a la charge. La décision qu'il prendra à l'encontre des désirs de l'armée, qui veut empêcher le chef sioux de devenir plus grand dans la mort qu'il ne l'avait été dans la vie, changera le cours de l'Histoire.


  • ce nouveau livre d'histoire sur les indiens d'amérique du nord, tout en bénéficiant des meilleurs travaux antérieurs soumis ici à de nouvelles analyses, rapporte, des origines à nos jours, toutes les phases et tous les événements qui ont façonné au fil des siècles l'histoire de ces tribus.
    l'ouvrage couvre toutes les aires culturelles et géographiques et y replace chaque groupe qui s'y trouvait depuis l'origine afin de traiter son évolution et son devenir en interaction avec les autres groupes puis avec les européens. l'un des intérêts de ce livre réside en ce que jake page a pu combiner, pour des amateurs avertis ou non comme pour des lecteurs plus exigeants, l'histoire totale de l'hémisphère nord américain indigène avec les données ethnologiques, anthropologiques et archéologiques qui lui sont liées.
    si tous les autres ouvrages commencent il y a un peu plus de 500 ans, celui-ci trouve ses racines d'histoire organique il y a plus de 20 000 ans, soit juste après le pléistocène qui vit les premiers groupes nomades passer d'un continent à l'autre sans qu'ils se rendent compte de l'existence d'un très large " pont " de glace entre les actuels sibérie et alaska, pour finir dans la première décennie du xxie siècle.
    les événements qui ont donné de grandes dates historiques sont ici détaillés, transportés dans le flot de l'histoire indienne avec ses migrations internes et les influences européennes. le passage sur la french connection concernant les plans culturels, politiques, linguistiques et économiques s'avère remarquable, et démontre bien la démarche impartiale et universelle de l'auteur. les guerres et autres conflits sont mis en relief sans outrance et sans gêner l'ensemble qui concourt à une réflexion intelligente de la philosophie de l'histoire.
    l'utilisation de documents anciens et rares restés inédits et de documents modernes, pour ne pas dire de pointe, n'est pas pour rien dans l'aspect novateur de ce livre.

  • Eve Ball a passé plusieurs années auprès des Apaches. L'un d'eux, J. Kaywaykla, Apache chiricahua, lui a offert son témoignage. Un dialogue qui renseigne sur la vision que les Indiens ont de leur propre histoire, entre 1878 et 1886.

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