Serpent A Plumes

  • « Après avoir traversé le quartier de Takehaya, je me retrouvai au bas de la Pente des Chrétiens. J'ignore d'où cette colline tire son appellation, mais la côte est aussi étrange que le nom le laisse supposer. Arrivé au sommet, je me rappelai être déjà venu par-là récemment et avoir remarqué, planté en travers du talus, pointé vers le chemin, un panneau sur lequel figurait l'inscription : "La pente la plus raide du Japon. Vous qui désirez rester en vie, soyez vigilants !" J'avais éclaté de rire. »

  • Congo, en ce moment-même. Johnny, seize ans, vêtu de son treillis et de son tee-shirt incrusté de bris de verre, armé jusqu'aux dents, habités par le chien méchant qu'il veut devenir, vole, viole, pille et abat tout ce qui croise sa route. Laokolé, seize ans, poussant sa mère aux jambes fracturées dans une brouette branlante, tâchant de s'inventer l'avenir radieux que sa scolarité brillante lui promettait, s'efforce de fuir sa ville livrée aux milices d'enfants soldats. Sous les fenêtres des ambassades, des ONG du Haut-Commissariat pour les réfugiés, et sous les yeux des télévisions occidentales, des adolescents abreuvés d'imageries hollywoodiennes et d'information travestié jouent à la guerre : les milices combattent des ennemis baptisés "Tchétchènes", les chefs de guerre, très à cheval sur leurs codes d'honneur, se font appeler "Rambo" ou "Giap" et s'entretuent pour un poste de radio, une corbeille de fruits ou une parole de travers. Dans ce roman, qui met en scène des adolescents à l'enfance abrégée, Dongala montre avec force comment, dans une Afrique ravégée par des guerres absurdes, un peuple tente malgré tout de survivre et de sauvegarder sa part d'humanité.

  • Naomi Fontaine est une Innue, née dans la réserve indienne de Uashat, et ce roman parle de son peuple. La réserve est un univers en soi, entre cocon et prison. Trois mille âmes vivent là, piégées par les paradoxes de la frontière. Un lent tourbillon brasse sans cesse et sans bruit cette population, concentrant les femmes au sein de la zone protégée, avec les enfants et les vieillards, tous serrés les uns contre les autres, qui luttent et s'aiment, et expulsant peu à peu les hommes vers le dehors, qu'il soit fait de vastes villes étrangères ou d'alcool.

  • C'est au tout début de notre siècle, dans son pays de neige et de vent, Iwaté, parfois appelé "le Tibet du Japon", province septentrionale de l'archipel japonais, pauvre et déshéritée, que Kenji Miyazawa a vécu sa vie en marge, courte, ardente, dédiée.
    Très tôt il vit, travaille, agit en poète, en bouddhiste - la lecture du Sûtra du Lotus est pour lui une véritable révélation - et en scientifique. "Mes histoires sont destinées à fournir le matériau pour construire un monde nouveau et meilleur, écrit-il, mais ce monde-là est entièrement un développement de notre monde, un merveilleux développement sans fin..." Avec Les Pieds nus de lumière, son cinquième recueil de contes traduit en français, autant qu'avec Traversée de la neige ou Train de nuit dans la Voie lactée, le visionnaire Kenji Miyazawa nous plonge dans un monde enchanteur qui provoque chez le lecteur une expérience unique.

  • « Il était une fois une troupe de trente rainettes qui vivaient et travaillaient dans la bonne humeur.
    Elles s'occupaient principalement à cultiver des parterres de fleurs, à partir de graines de pavots ou de périlla de Nankin, ou encore à dessiner, pour leurs camarades insectes, de jolis jardins avec des pierres choisies et de la mousse bien verte. »

  • Une nuit, elle se réveille et va au réfrigérateur, qu'elle vide de tous ce qu'il contenait de viande. Guidée par son rêve, Yonghye a désormais un but, devenir végétale, se perdre dans l'existence lente et inaccessible des arbres et des plantes. Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral, de sa nudité, vont faire voler en éclat les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l'absolu. Han Kang est née en 1970 à Gwangju, en Corée du Sud. Ses oeuvres sont traduites dans le monde entier (USA, Angleterre, Japon, Espagne...) et deux de ses romans, dont La Végétarienne, on déjà été adapté au cinéma. « Une fable étrange et éthérée, rendue plus fascinante encore par la précision et la fraîcheur de sa prose. » Times Literary Supplement« La Végétarienne est une expérience extraordinaire. » The Guardian

  • Au plus noir de la nuit, la maison devrait être silencieuse. Pourtant, l'oreille collée à la cloison, Magda perçoit des halètements presque inhumains. Elle attend le moment propice. Dans une minute, elle se lèvera et se dirigera vers la chambre de son père, un fusil chargé à la main, bien décidée à changer le cours de son existence...

  • Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au coeur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s'enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde.

    À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer. Plus loin que la résilience, une ode magnifique à la reconstruction des êtres par la plus célèbre des romancières coréennes, Han Kang.

    Traduction de Jeong Eun-jin et Jacques Batilliot.


  • fille unique, dorothy vit une existence morne avec son père, le pasteur acariâtre d'une petite paroisse du suffolk.
    frappée par une soudaine amnésie, elle se retrouve à la rue et va partager l'existence des déshérités, des clochards de londres aux cueilleurs saisonniers de houblon. mais, à mesure que la mémoire lui revient, dorothy trouvera-t-elle en elle-même la force d'aspirer à une autre vie ? publié en 1935 et inédit en français, une fille de pasteur est l'un des premiers romans de george orwell. avec une lucidité et une acuité implacables, orwell dépeint l'hypocrisie, la pauvreté et la misère spirituelle qui vont accompagner dorothy dans son odyssée à travers l'angleterre des années trente.


  • 17 avril 1912 : deux nuits après le naufrage du Titanic, un homme du nom de Pilgrim, auteur d'un livre fameux sur Léonard de Vinci, se pend dans le jardin de sa maison londonienne.
    Il est retrouvé le lendemain, et l'attestation de son décès signé par deux médecins. Cinq heures plus tard, son coeur recommence à battre. La mort a refusé Pilgrim.
    Celui-ci, qui s'est réfugié dans le mutisme, est alors interné à la clinique psychiatrique Burghölzli de Zurich, où l'un des médecins, Carl Gustav Jung, est immédiatement fasciné par ce cas hors du commun. Pilgrim, qui dit avoir vécu plusieurs vies, avoir côtoyé Léonard de Vinci, sainte Thérèse d'Avila, et participé à la construction de la grande cathédrale de Chartres, est-il un malade mythomane, un rêveur de génie, ou la victime d'une étrange malédiction ? Et qu'en est-il de Jung, personnalité complexe, mélange d'arrogance et d'intuition, de compassion et d'inhumanité ?
    Roman ambitieux, fantastique, métaphysique, dans lequel apparaissent successivement Henry James, Oscar Wilde, Mona Lisa..., Pilgrim est un roman à la construction brillante et hardie, à l'écriture jubilatoire, le roman de la naissance de l'Europe du XXe siècle.
    Timothy Findley est ici au sommet de son art.

  • C'est l'affolement en ville.
    Une bombe vient d'exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Hanna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L'investigation piétine. Et si l'attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s'agirait d'une affaire plus personnelle. Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, sa mère vient de mourir.
    Et quand son père rentre de Ténérife, le secret que lui cachaient ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface.

  • Sous l'aile protectrice du chef de la tribu des Corbeaux, deux hommes, hantés par le souvenir d'une jeune fille assassinée, se lancent dans une chasse à l'homme effrénée, mais se retrouvent bientôt traqués eux-mêmes par Morgan, l'homme à la balafre, prêt à tout, qui s'est déjà battu contre un tigre à main nue.
    Trevor Ferguson est un extraordinaire conteur. Dans ce roman, son premier, paru en anglais en 1977, on reconnaît sa façon prodigieuse d'explorer les zones troubles de l'âme humaine où s'affrontent bien et mal, culpabilité et innocence. Les personnages sont plongés au coeur d'une nature sauvage qui les pousse dans leurs derniers retranchements, là où ils ne peuvent plus se dérober à leur vérité.
    Bienvenue dans l'univers fabuleux et envoûtant de Trevor Ferguson !

  • Jerry Petersson est un riche avocat parvenu. Tout le monde le déteste. Aussi, quand on retrouve son cadavre dans les douves du château qu'il vient d'acheter, personne n'est étonné. Malin mène l'enquête, qui l'amène sur l'île de Ténérife. Un dépaysement dont elle a bien besoin. Rien ne va plus chez elle. C'est l'automne à Linkôping. Il pleut, le temps est maussade et froid. Malin, maintenant bien connue du public français, est toujours aussi fragile. Elle devra affronter ses vieux démons et sa solitude pour se lancer aux trousses du tueur.

  • Hiver

    Mons Kallentoft

    Mardi 31 janvier, 7 h 22. Il fait encore nuit à Ôstergôtland. Cet hiver est l'un des plus froids que l'on ait connus en Suède. Ce matin-là, Malin Fors et ses collègues de la criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, pendu à une branche d'arbre. Mais comment diable cet homme a-t-il atterri ici ? Meurtre ? Suicide ? Et d'où viennent ces étranges blessures qui recouvrent son corps ? D'indice en indice, de nouveaux personnages apparaissent : les trois frères d'une certaine Maria, suspectés de viol ; Joakim et Markus, deux adolescents pas très nets ; Valkyria et Rickard Skoglôf, deux marginaux adeptes de cultes vikings. Les policiers sont perplexes. Pour la première fois en France, le public est invité à faire la connaissance de la célèbre Malin Fors, qui compte déjà des millions de fans en Scandinavie.

  • C'est l'été le plus chaud que Linköping ait jamais connu. La forêt qui borde la ville s'embrase, les nuages de fumée planent dans le ciel obscurci et menacent les citadins. Les incendies n'empêchent pas un pervers sexuel particulièrement sordide et cruel de faire régner la terreur dans la ville. L'enfer brûlant des flammes crée une sorte de solidarité parmi les gens, alors que la peur et l'angoisse face aux meurtres horribles du tueur font émerger des soupçons et des préjugés envers celles et ceux qui semblent différents. L'horreur devient totale, quand la propre fille de Malin Fors - l'enquêtrice des romans de Kallentoft - se fait enlever. Chaque minute compte, et Malin n'a plus que son instinct de policier et de mère pour l'aider à sauver l'être qui lui est le plus cher au monde.

  • C'est l'histoire d'un drôle de ministère et d'un drôle de ministre : Kéba-Dabo. Imaginez un ministère ayant pour objet de « procéder aux désencombrements humains ». C'est-à-dire d'éloigner de la Ville mendiants et autres parasites indésirables, histoire de ne pas nuire à la tranquillité des touristes et de ne surtout pas porter atteinte au nouvel essor économique de la ville en question. La mission fixée à Kéba-Dabo par son chef est simple : plus un seul mendiant ne doit désormais traîner dans les rues. Et Kéba-Dabo d'obtempérer et de parvenir à ses fins.

    Seulement les mendiants n'en sont pas moins des hommes aussi. Et un beau jour, à bout d'humiliation, ils refusent l'os dans le potage et décident de se mettre en grève. Et un mendiant en grève, c'est tout simplement un mendiant qui refuse de continuer à mendier. Résultat, la vie sociale du pays s'en trouve chamboulée en grand ! Tout le talent, la finesse inventive d'Aminata Sow Fall, doublée d'une capacité d'observation peu commune s'illustre là. Les nantis, les pansus, les repus, forts marris, n'ont plus personne à qui adresser leurs prières. Plus personne non plus à qui faire des dons et attirer ainsi sur eux, comme en récompense, les bienfaits de la réussite.

    Avec un humour décapant, non dénué d'une gravité lucide, c'est à une véritable satyre des riches et des puissants que se livre Aminata Sow Fall. Ceux qui n'ont pas de bouches, les humbles, les déshérités, retrouvent grâce à sa plume le visage de l'honneur et de la dignité. Qu'elle en soit louée !

empty