Six Pieds Sous Terre

  • Agaric le Jeune, sculpteur royal fatigué, a bien du malheur. En effet, ce n'est pas lui qui se fait écraser par la monumentale idole qu'il vient de terminer, mais son assistant : signe qu'il n'est donc pas prêt à rejoindre les dieux... De plus, son énergumène de roi, visité par un rêve, exige de lui une tâche impossible : une nouvelle idole de pierre capable de flotter. Pour l'aider à accomplir sa tâche, le roi offre à Agaric un grand bloc de marbre, la promesse de finir ses jours écrasé par l'idole au terme de sa réalisation, cinq nouveaux assistants ainsi qu'une nouvelle épouse du nom de Calliopée...
    Le récit, habillé de pied en cap d'un costume tragi-comique, parfois horrifique, évolue dans les décors envoûtants d'une Crète uchronique. L'ambiance graphique, doucement teintée de couleurs rétros, s'embellit encore d'une gestuelle proche du théâtre. La voie de Calliopée trace l'histoire d'un sculpteur perdu dans ses doutes, évoque la notion de pouvoir, celui du roi sur Agaric et celui d'Agaric sur ses apprentis. Mais c'est aussi et surtout l'histoire d'une femme, Calliopée, de velléités émancipatrices, de création, de liberté, d'envies, de vie. La voie de Calliopée est une réflexion sur l'art, son initiation et sa pratique, et ses exigences parfois absurdes. Il est traversé d'un regard distancié sur le monde du travail, proposé dans une version jusqu'au-boutiste et transposé dans le monde imaginaire d'une monarchie absolue, pour en faire saillir ses mécanismes les plus retors.

  • Paris tremble ! L'insaisissable Démonax échappe toujours à la police française.
    Le commissaire Lepitre s'arrache les cheveux à tenter d'élaborer des plans pour capturer l'ennemi public n°1. Cependant, dans l'ombre, des individus malveillants échafaudent leurs plans machiavéliques. Qui croirait que Démonax lui-même est en danger ? Et que la République, voire l'Humanité toute entière, sont menacées avec lui ?

  • La Cendre et le Trognon suit le parcours de Pauline, Okesh et Sim, trois jeunes à l'orée de leur vie d'adulte. Chacun porte en lui le poids de son héritage social et familial. Chacun, à sa manière, fera avec ou tentera de s'en débarrasser. Au fil des aventures et des rencontres, ils se croisent et se construisent, se perdent et se retrouvent dans une ville tissée de réseaux ferroviaires fantômes, essayant de trouver leur place dans le monde d'aujourd'hui. La Cendre et le Trognon est un récit constellé d'éléments symboliques et ancré dans une réalité déshumanisante. Son jeune auteur, Gwenaël Manac'h, parle le langage vrai de la jeunesse vibrante, et dans une insolente virtuosité graphique, trace les lignes et les limites de la transmission culturelle et sociale entre les générations. Entre ce que nous choisissons d'être face aux autres, et ce que les autres nous apprennent de nous-même, quelque chose se dessine : Image de soi, reflet, rencontre de l'autre, autant de parties de ce que l'on devient. Relation amoureuse, poids du passé, rébellion active, entraves de la post-adolescence... Pauline, Okesh et Sim nous font vivre les troubles du monde de demain, l'espoir en horizon, la révolte sous-jacente et les interrogations salvatrices.

  • Voici enfin l'intégrale d'un des personnages les plus attachants de l'univers de Florence Cestac ainsi que l'une des figures emblématique des Éditions Futuropolis et de la bande dessinée adulte des années 80. Edmond François Ratier est l'un des premiers héros décomplexés de la bande dessinée des années 80, un personnage hommage à une certaine idée du polar à la française des années 50.

    Après les Beaux-Arts (Rouen) et les Arts Déco (Paris), Florence Cestac commence à dessiner pour Salut les copains, Lui, Mlle âge tendre... En 1972, elle ouvre avec Etienne Robial la première librairie de bandes dessinées à Paris, Futuropolis, puis, deux ans plus tard, la « mythique » maison d'édition du même nom. Collaboratrice de toutes les revues BD - de L'Écho des Savanes à Métal Hurlant, en passant par À suivre ou Pilote -, elle crée tour à tour des personnages tels Harry Mickson, Edmond François Ratier ou Gérard Crétin, illustre La Guerre des boutons, et rafle au passage deux Alph-Art Humour à Angoulême.

  • Un été, à Paris, Paul rencontre Fanta. Ils tombent amoureux. Fanta n'est en France que pour les vacances et doit bientôt retourner chez elle, au Burkina Faso. Quelques semaines après son départ, Paul décide de la rejoindre en Afrique, ils projettent rapidement de se marier. Paul se réveille, seul, à Paris. Fanta n'existe-t-elle que dans ses rêves? Les souvenirs qu'il a de leur passion amoureuse sont si intenses, les traces de sa présence si réelles. Perdant peu à peu ses repères, Paul part à la recherche de Fanta tant dans Paris que dans ses rêves. La marée haute, d'Antony Huchette, happe le lecteur dans le dédale d'une histoire vivifiante dont on ne souhaite pas se détacher, nous accrochant -tout comme Paul- aux instants magiques de la relation amoureuse qui peuplent entre rêve et réalité ce récit à l'étrange temporalité.

  • "L'amour infini que j'ai pour toi" est un recueil de dix histoires oscillant entre fantastique et autobiographie, réminiscence de l'enfance et construction de soi. Récits courts et animés d'une intense vision poétique, ils sont chacun réalisés avec une technique graphique différente.
    La grande force du travail de Paulo Monteiro est sa capacité à susciter et exprimer de puissantes émotions. En l'écoutant évoquer sa filiation et ses origines, on se remémore les aspects qui ont forgé notre propre identité et l'on s'interroge sur la condition d'être humain : des choses fragiles et imparfaites, de la joie de chaque moment de grâce vécu, qu'il soit important ou non.
    L'amour infini que j'ai pour toi a remporté le " Prix de la meilleure bande dessinée portugaise 2011 " et le " Prix de la meilleure bande dessinée indépendante, Central comics 2011 " au Portugal et a suscité beaucoup d'enthousiasme au sein du lectorat portugais de bande dessinée alternative.

  • Ranches de vie finement coupées.
    Les aventures au quotidien de Gillou, dans son quartier, avec ses potes ou sa famille, peignent crûment la vie des jeunes adultes aujourd'hui. Des voisins au marabout, du chômage au retour des vacances, Gilles Rochier insuffle à la bande dessinées un rapport au réel frais et sans concession.

  • L'histoire de Charlotte commence à l'école primaire, un dessin animé qui passe à l'heure du goûter l'interpelle. Déjà quelque chose ne va pas dans sa vie. À l'école, celle-ci se sent différente des autres copines de son âge. Des amitiés se tissent et des sentiments avec elles. Charlotte ne comprend pas ses nouveaux sentiments qui émergent. Les années passent et portent avec elles toujours les même incompréhensions. Les choses ne tournent pas rond dans sa tête, amour, amitié, tout se mélange. Sa première histoire d'amour avec Sophie la bouleverse, elle ne sait pas que c'est aussi sa première déception sentimentale. Puis les histoires de coeur vont s'enchaîner. C'est avec Sandrine qu'elle se rendra compte que l'amour pour elle porte un nom : homosexualité.
    Dès lors elle découvrira un monde qu'elle ignorait complè-tement, l'incompréhension de ses parents, l'arrogance des gens, le rejet par ses amis. L'enterrement de mes ex nous parle de la découverte des sentiments, ainsi que de sa différence, par une jeune fille des années 80/90. Nous la suivrons jusqu'à l'aube de l'âge adulte à travers une succession de petits récits détaillant sa chonologie amoureuse. Chaque chapitre porte le prénom d'une personne rencontrée. Chaque fin de chapitre est un deuil à faire pour avancer vers l'âge adulte et la découverte de soi.

  • C'est un monde qui oscille sans cesse entre réalité et uchronie, présent et passé. Dans des champs et des bois, dans des rêves et dans des histoires d'enfants qui jouent à se faire peur, Adrien Demont touche du doigt notre inconscient, matérialise nos angoisses et nos émotions enfouies. Derrière un anodin récit de vacances, la peur de l'inconnu perce et semble nous guetter chaque fois que nous devons tourner les pages.
    Effroi des rêves de l'enfance, créatures repoussoirs dont on aperçoit Lorsque Joseph et sa famille posent leurs valises dans sa maison d'enfance, il était loin de s'imaginer voir son quotidien bouleversé par la vision d'une inquiétante silhouette hurlante qui court la campagne à la nuit tombée et semble l'épier depuis les collines. Au village, les apparitions d'un fantôme dégingandé est sur toutes les lèvres, s'agit-il là d'une simple hallucination collective ou d'une anomalie apportant la preuve d'un mouvement entre différentes strates de la réalité.
    Obsédé par la vision de cet épouvantail, Joseph, entreprend un voyage à travers l'immensité des champs calcinés par le soleil. Là, sur les chemins rocailleux de son enfance, les évocations et les souvenirs lui reviennent par vagues et le pousse à explorer les profondeurs de son âme.

  • La mala vida Nouv.

    Juillet 1930, Argentine. le pays peine à se relever de la grande crise économique mondiale et, en bon opportuniste, le général Uriburu se prépare à renverser Hipolito Yrigoyen. Cette même année, la première Coupe du monde de football, qui se déroule en Uruguay, est organisée, et les Argentins, vainqueurs de la dernière Copa América, sont persuadés de pouvoir la gagner. C'est dans ce contexte de liesse nationale et de grande instabilité sociétale que six personnages vont se croiser le temps de vivre, chacun à leur échelle, un fait divers des plus sordides. Isabel et Samuel, les jeunes idéalistes, le journaliste et esthète Fuentes et le sulfureux Don Marcello, et, enfin, le notable Ruben de la Hoyas et le flic poète alcoolisé Stevenson vont, le temps de la compétition sportive, sombrer lentement mais sûrement... Répartie en trois récits, chacun d'entre eux axé sur deux des personnages principaux, cette funeste histoire chorale sème les cadavres et enterre secrets et scandales. La mala vida, la mauvaise vie, c'est l'histoire de 6 personnages qui n'auraient jamais dû se croiser. Le lecteur découvre ainsi, au fil des chapitres, les tenants et aboutissants de cette lutte d'influence dénuée de toute pitié et baignant dans le sang des moins coriaces.

  • À l'âge de 16 ans, Karl Rossmann est exilé en Amérique par ses parents pour avoir eu une liaison avec la cuisinière de la maison, à qui il a fait un enfant. Juste avant de débarquer, il reste sur le bateau afin de défendre, auprès du capitaine, la cause d'un soutier soi-disant victime d'une injustice. Cet incident lui permet d'être reconnu par son oncle, le sénateur Jacob, qui le prend sous sa protection et s'applique à faire son éducation. Karl rencontre deux amis de l'oncle Jacob, M. Green et M. Pollunder. Ce dernier l'invite dans sa villa de campagne où il fait la connaissance de sa fille Clara. Mais il se rend compte trop tard qu'il a accepté cette invitation contre la volonté de son oncle. A minuit, M. Green lui remet une lettre dans laquelle le sénateur, à son tour, le condamne à l'exil et l'oblige à se débrouiller seul.
    A l'auberge où il fait halte, après avoir quitté en pleine nuit la villa de Monsieur Pollunder, Karl rencontre deux vagabonds aventuriers, Robinson l'Irlandais et Delamarche le Français. Il les accompagne afin de trouver du travail dans une ville à deux jours de marche de New-york mais il les abandonne bien vite pour prendre un emploi de groom dans un hôtel. Robinson vient le rejoindre à "L'Hôtel Occidental" en lui demandant son aide ce qui lui crée des soucis. Il est renvoyé et reprend la route avec ses deux compagnons.
    Accusé d'avoir abandonné son poste et soupçonné de vol, Karl s'est enfui de l'hôtel Occidental dans le taxi emportant un Robinson à demi-mourant. Pour échapper à la police, il se réfugie chez Brunelda, une cantatrice séduite par Delamarche. Celui-ci veut mettre Karl au service de Brunelda afin de remplacer Robinson dont elle s'est lassée. Karl se révolte mais ne peut que se résigner. Plus tard, un matin de bonne heure, pour ne croiser personne, il conduit Brunelda devenue impotente dans une curieuse Entreprise. En repartant, il croise sur sa route l'équipe de recrutement du théâtre de la nature d'Oklahoma. Il réussit à se faire engager en tant que machiniste tout en abandonnant sa véritable identité. Il part en train vers son nouveau destin, rempli d'espérance.

  • A bicyclette, quelque part en auvergne, à l'assaut du puy marie, marcel couchaux s'interroge sur son goût immodéré pour l'effort, aujourd'hui sur un vélo, hier sur le tartan des pistes d'athlétisme.
    Revisitant dans la foulée ses souvenirs d'enfant et ses lectures, de l'equipe à miroir sprint, il salue au passage le peloton de ceux, qui le firent grandir, d'un père sportif à ses idoles emil zatopek et alain mimoun. entre cyclisme et course à pied, il livre ainsi une vision intemporelle, sensible et drôle du sport et de ses légendes.

  • Tomas est écrivain.
    Il attend désespérément la sortie de son premier livre. pour l'heure, il transpire sur un scénario de bande dessinée pour un ami. elsa, sa femme, est peintre. pour "réussir", elle estime devoir fréquenter la faune artistique locale et son lot de critiques, galeristes, et petits marquis de cocktails d'expos, milieu qu'exècre tomas. il trouve refuge dans le fantasme d'une femme idéale et inspiratrice, -forcément splendide...
    Elle lui apparaît en rêves depuis qu'il s'est offert une curieuse petite plante verte rabougrie. ce livre a reçu le prix de la meilleure bande dessinée portugaise en 2001, au festival d'amadora.

  • Victoria est une adolescente de 17 ans d'origine Espagnole qui vit à Béziers. Très proche de ses racines, elle passe le plus clair de son temps de loisirs à la Colonie Espagnole, une très ancienne association installée dans un immeuble de la vieille ville. Elle y pratique la peinture, la danse flamenco et toutes sortes d'activités avec des jeunes gens de son âge. Parmi ses amis, il y a Adrian, qui n'est pas indifférent à sa beauté un peu sauvage. Victoria est une rêveuse et souvent son esprit part ailleurs. Elle songe à toutes ces générations d'Espagnols qui sont passées à la Colonie depuis sa création en 1889, les premiers ouvriers agricoles à l'époque de l'épidémie de phylloxéra et des guerres Carlistes, les nombreux réfugiés de la guerre civile, issus de la retirada, jusqu'aux dernières générations qui ont fui le franquisme et la famine. Elle imagine les soldats Allemands, pendant l'occupation, qui jettent les livres de la petite bibliothèque par la fenêtre pour les brûler ensuite dans la cour. Elle voit le drapeau nazi à croix gammée flotter sur la façade de l'immeuble de la Colonie Espagnole.

  • Abattu par la mort du grand cerf de la forêt Noire dont il a la responsabilité, Mikaël, un garde-forestier un peu taciturne, décide de démissionner et de disparaître. Il erre dans cette forêt qui l'a vu grandir, à la recherche de ses souvenirs d'adolescence et d'une explication à ses rêves étranges.

    Suite à sa disparition, c'est l'émoi dans la communauté animalière qui vit dans ces bois. Entre les partisans de Mikaël qui entendent vivre cachés mais en bonne intelligence avec les humains et les autres, qui voient dans les incursions humaines une permanente agression. Tandis que chacun choisit son camp et que monte la tension, Mikaël poursuit son errance dans les endroits les plus reculés de cette immense forêt et va de découverte en découverte. Récit contemplatif de la vie sauvage et des mystiques liées à la nature, Mikaël ou le mythe de l'homme des bois nous plonge tout entier dans la réalité d'une forêt menacée par les activités humaines, ainsi que dans l'esprit, au bord de la folie, d'un homme vivant en retrait de la société et à la recherche de son enfance.

    - Mikaël est pour ainsi dire né ici, c'est un animal comme nous autres ! Il est des nôtres, que tu le veuilles ou non !
    - Des nôtres ? Toi, tu défends les hommes ? Ceux qui arrachent les arbres ? Ceux qui écrasent vos tunnels à mulots ? Ceux qui empoisonnent par milliers ton propre peuple ? Ton Mikaël, c'est le pire : une excuse pour tous les autres. La forêt est la terre des bêtes sauvages. Nul homme n'y sera jamais le bienvenu. C'est comme ça, c'est la règle ancestrale de la forêt noire.

  • Mesdames et Messieurs ! Venez assister aux fabuleux numéros du grand cirque organique ! Ses charognes savantes ! La grâce de ses poulets acrobates ! Sa ménagerie préf?tale !

  • Martin est réveillé d'un terrifiant cauchemar par trois coups frappés à la porte de son minuscule appartement.
    C'est un facteur qui lui apporte un avis urgent de la mairie. Il n'arrivera jamais à le lire. Pas seulement parce qu'il comprend mal la langue dans laquelle le courrier est rédigé : ces trois coups sur la porte ont résonné au plus profond de lui, réveillant les histoires enfouies d'une enfance malheureuse dans petite ville sud-africaine à laquelle il pensait avoir échappé pour toujours...

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