Zellige

  • Un chef-d'oeuvre de la littérature francophone salué dans le monde entier. À l'origine, édité par Gallimard en 1968... qui ne l'a jamais été mis en vente ! Sur la demande de l'auteur menacée de mort par le sanguinaire Duvalier, qui avait appris la parution prochaine du livre. Quelques exemplaires ont quand même circulé, notamment dans les médias qui ont unanimement salué ce triptyque comme l'un des chefs-d'oeuvre de la littérature francophone. Mais qui a renforcé la fureur de Duvalier et conduit Marie Vieux-Chauvet à s'exiler après que deux de ses neveux aient été assassinés. Avec ce roman, dérangeant et provocateur, Marie Vieux-Chauvet dénonce le cynisme, l'hypocrisie, les injustices et les compromissions qui font le lit des dictatures. Même si souvent, dans un sursaut tragique et digne, ses personnages atteindront à la rédemption. Claire, vieille fille à l'onanisme décrit sans détour, amoureuse de son beau-frère, rêve d'une sexualité libérée. Les intrigues machiavéliques qu'elle ourdit pour parvenir à ses fins aboutiront à un dénouement inattendu, mais synonyme de sérénité. Moderne Antigone, Rose, avec le veule soutien de son père, est prête à se sacrifier pour tenter de récupérer une terre spoliée. Mais peut-on négocier avec le diable, en l'occurrence le chef local des tontons macoutes ? C'est un acte aussi dérisoire qu'insensé qui permettra à René, ivre de mauvais rhum, insurgé velléitaire, enfermé dans un huis clos improbable, d'être enfin en accord avec lui-même. Mais à quel prix... Considérée comme l'un des plus grands écrivains francophones, Marie Vieux-Chauvet, est morte à New-York en 1973 après avoir dû fuir Haïti. Elle est l'auteur de La Danse sur le volcan et de Fille d'Haïti (tous deux également chez Emina Soleil).

  • Tunis blues

    Ali Bécheur

    • Zellige
    • 1 Janvier 2002

    Quel est l'incendiaire des voitures de luxe qui brûlent de plus en plus souvent dans les quartiers chics de Tunis ?

    Ces incendies vont réunir trois personnes qui n'étaient pas faites pour se rencontrer : Ismaïl, juge solitaire et rigoriste ; Choucha, journaliste et femme libérée ; Jamel - dit Jimmy -, dandy et loubard.

    Leur chemin croisera Elyssa, jeune et riche bourgeoise, mariée à l'un des hommes les plus importants de Tunis, mais qui mène une vie d'ennui.

    Ainsi que celui de Lola, la voyante au grand coeur. C'est elle qui fera éclater les carcans qui enfermaient tous ces personnages. Mais aucun n'en sortira indemne. Leurs vies ne seront plus jamais comme avant.

    A la fois polar, étude de moeurs, focus sur une société quasi schizophrène, écartelée entre le poids de l'islam et la soif de liberté, ce roman est une partition à cinq voix sur un tempo de blues pour piano désaccordé.

  • 1917. Fort de Douaumont. Issa attend dans sa cellule d'être fusillé « pour l'exemple ».

    1939. Dakar. Le jeune Ousmane s'engage dans les tirailleurs, espérant pouvoir découvrir la vérité sur la mort de son père. Il ne peut croire qu'il ait été déserteur. Pris dans la tourmente de la guerre, il s'illustre à Chasselay, où les Sénégalais sont envoyés au massacre dans une bataille inutile. Fait prisonnier, il réussit à s'échapper et rejoint la résistance du Vercors, où va se former un « escadron sénégalais ». L'assaut des Allemands va l'amener à s'enfuir. Il finit par retrouver un compagnon de son père et découvrir l'infamie qui a conduit à son injuste exécution. 2007. Paris. Ousmane, âgé de 86 ans, a disparu. Djibril, son petit-fils, comprend que c'est lié à un passé enfoui, et va se lancer sur les traces de son histoire familiale, qui le conduiront jusqu'à Dakar.

    Dans ce roman, basé sur des faits authentiques, l'auteure rend hommage aux tirailleurs sénégalais, ces oubliés de l'Histoire.

  • Muzungu

    Martin Buysse

    A Bruxelles, François s'est lié d'amitié avec Robert et Faustin, deux Hutu rwandais. Quand les Tutsi d'un mouvement rebelle basé en Ouganda envahissent le nord du Rwanda, il prend fait et cause pour les Hutu, écrit de virulents pamphlets anti-Tutsi et part pour Kigali, où il publie ses chroniques dans un journal. Lorsqu'en signe de reconnaissance, un chef de milice hutu lui offre une jeune Tutsi violentée, ses yeux finissent par voir ce qu´il ne voulait pas regarder : si dans le Nord, les Tutsi se livrent à des exactions, partout ailleurs ils sont massacrés. Il prend alors une décision qui scellera son destin. Avec ce roman, l'auteur nous raconte l'histoire d'un homme empêtré dans une aventure qui le dépasse et débouchera sur le dernier génocide du XXe siècle. Martin Buysse enseigne à l'Université de Louvain, après avoir séjourné au Congo et au Rwanda. Son premier roman, La logique du sang (Zellige) a été récompensé par le Prix 2017 des marins-pêcheurs guadeloupéens.

  • Peu avant que son père ne s'éteigne, Pauline lui promet d'aller au Pérou sur les traces de sa mère, disparue lors d'une mission humanitaire. Est-elle morte ? A-t-elle été enlevée par les guérilleros du Sentier lumineux ?
    Arrivée à Lima la boule au ventre, elle retarde le moment de partir à sa recherche, dans un processus de procrastination. Elle a besoin de décompresser. Visite la ville, a une aventure avec Rafael, le serveur de l'hôtel, l'accompagnant dans un carnaval où elle danse sans compter.
    Mais il faut bien honorer sa promesse. Au volant d'une vieille américaine, la voici partie dans une sierra movie, guidée par Lucia, jeune humanitaire, qui devient son amie et amante. Arrivée à Cerro de Pasco, la plus haute ville minière au monde, elle rencontre des militants qui luttent pour les droits des travailleurs de cette cité hors normes. Ils ont connu sa mère, lui en parlent avec respect et lui conseillent d'aller à Cuzco, l'ancienne capitale des Incas, à 3600 mètres, pour rencontrer un chaman.
    Cette rencontre sera déterminante, mais avant de lui dire ce qu'il sait, le chaman tient à l'initier à la mochica, la vieille culture inca, en ingurgitant une décoction de plantes qui va la faire dormir. A son réveil, elle se sent sereine et prête à affronter la vérité, alors que la veille elle était angoissée.
    Le chaman la conduit alors à un hospice où elle retrouve enfin sa mère. Mais celle-ci ne la reconnaît pas, même si elle paraît contente de recevoir la visite de cette inconnue. Il ne s'agit pas d'Alzheimer. Pauline sait que la plupart des humanitaires reviennent souvent avec des troubles mentaux. Elle comprend que les épreuves que sa mère a traversées l'ont perturbée à un tel point qu'elle a gommé de sa mémoire tous ses souvenirs.
    D'abord accablée, Pauline se dit que sa mère semble heureuse et que c'est l'essentiel. Et elle comprend ce que voulait dire le chaman lorsqu'elle devait d'abord se trouver, en buvant cette décoction mochica. En venant au Pérou, il s'agissait d'une double quête, retrouver sa mère, accepter ce qu'elle était devenue, pour être enfin en paix avec elle-même...
    Ce roman nous entraîne sur les chemins escarpés des Andes péruviennes à la rencontre de populations parfois misérables, toujours ancrées dans les traditions incas, dans le sillage d'une jeune femme qui oscillera sans cesse de l'angoisse au bonheur. Mais qui repartira apaisée, riche de toutes ces rencontres effectuées tout au long de son parcours.

  • Dans ce recueil, le lecteur vivra le coup de foudre entre une libraire et un client, qui vont passer la nuit assis sur le parquet de la librairie à se lire réciproquement des extraits de livres qu'ils ont aimés.
    Il verra un juge prononcer une curieuse sentence envers de jeunes néonazis.
    Il accompagnera un archiviste de la TV à la recherche du dernier conteur vivant, dans un village sans couverture Internet.
    Il suivra une jeune SDF réfugiée dans la cabane désaffectée d'une grande gare et qui passe ses nuits à dévorer les oeuvres complètes du Che.
    Il sera surpris de voir comment au siècle prochain, alors que les livres ont disparu, un neurologue découvrira que la lecture de certains romans peut retarder la progression de la maladie d'Alzheimer.
    D'autres figures jalonnent ces histoires, dont certaines nous ramènent à une sombre actualité, comme celle de cet écrivain turc emprisonné et dont les livres sont brûlés.
    Le livre sera mis en vente le 23 avril, pour la Saint-Georges, où l'usage venu de Catalogne veut qu'hommes et femmes s'échangent une rose et un livre.
    Jean Jauniaux est président du Pen club de Belgique.

  • Les rapaces

    Marie Vieux-Chauvet

    • Zellige
    • 21 Février 2017

    1971. Marie Vieux-Chauvet, considérée comme l'une des plus grands écrivains de langue française, exilée à New York, menacée de mort en Haïti par Duvalier, vit de petits métiers, désespérée de voir que son chef d'oeuvre, Amour, Colère et Folie, publié en 1968 chez Gallimard à l'instigation de Simone de Beauvoir, a été en partie détruit et retiré de la vente, sous la pression de Duvalier. Avant de mourir, elle trouvera la force d'écrire son dernier roman, Les Rapaces, inédit jusqu'à aujourd'hui, et où comme à son habitude elle dénonce la veulerie de cette bourgeoisie prête à toutes les compromissions pour le pouvoir et l'argent.

  • Comment Monsieur Jean peut-il se retrouver dans cette résidence pour personnes âgées, alors qu'il a trois enfants qui pourraient s'occuper de lui ? Et pourquoi sa femme - plus jeune que lui - est-elle partie assurer une mission humanitaire au Pérou ?
    Malgré tout, Monsieur Jean n'est ni aigri ni malheureux, il s'adapte à ce nouvel univers, limité aux quatre murs de sa chambre. Plutôt que de s'apitoyer sur son sort, il profite au mieux des petits bonheurs qui lui restent. Il relit les lettres que sa femme lui a envoyées du Pérou, reçoit parfois la visite de ses enfants.
    Ne pouvant plus se mouvoir, il a développé ses autres sens, le goût, l'odorat, la vue, le toucher.
    Et puis voilà qu'arrive dans cette résidence, Axelle, un amour de jeunesse. Elle, contrairement à lui, est alerte. Elle furète dans tous les coins, avant de venir lui raconter les potins et les événements qui agitent la résidence.
    Petit à petit, au fur et à mesure de la lecture des lettres de sa femme, des visites de ses enfants, on comprend pourquoi son épouse ne reviendra jamais. Mais Monsieur Jean peut arriver serein au bout de sa vie. Avec la décision de sa fille de partir au Pérou sur les traces de sa mère, le fil de la vie ne s'arrêtera pas, et lui peut maintenant partir en paix après un dernier regard au géranium, son dernier compagnon, sa plante favorite, qu'une main aimée avait installé sur le rebord de la fenêtre.

  • Zahra, célèbre restauratrice, vient de terminer sa conférence sur les épices lorsqu'elle est abordée par un homme élégant et distingué. Se présentant comme Claude Freeman, homme d'affaires, il lui fait une demande étonnante : créer pour sa femme une composition d'épices unique. Il souhaite également être initié à la science et à l'histoire de ces précieuses denrées, en se rendant avec Zarah sur la route des épices, dont Venise en fut longtemps la capitale. « Votre prix sera le mien », ajoute-t-il.
    Troublée, elle accepte. En Hollande, au Maroc, ils iront à la découverte de la noix de muscade, du macis, du safran, du carvi, de la nigelle, de la gomme arabique... Zahra finit par éprouver une attirance envers Freeman, même si elle nourrit peu d'espoir avec cet homme mystérieux qui aime tant sa femme. Dont il ne parle pourtant jamais...
    Qui est le véritable Freeman, pourquoi tant d'ombre sur sa vie, quel secret dissimule-t-il ?
    Le Discours amoureux des épices nous entraîne par cette histoire chargée de mystère dans un univers envoûtant de parfums et de couleurs.

  • 17 portraits de pères, et autant de rencontres (parfois heureuses) ou de rendez-vous manqués avec leur fils ou leur fille.
    Plusieurs ouvrages récents ont montré les évolutions liées à la paternité (Pères manquants, fils manqués, de Guy Corneau). La chanson de Stromae, Papaoutai, qui a fait le buzz dans le monde entier, en est un autre exemple.
    En plus de vingt ans d'activité journalistique, Michel Torrekens a côtoyé nombre d'hommes et de femmes qui lui ont raconté leur relation au père. Entre joie et difficultés, voire souffrance quand ce père brille par son absence. Mais ici, ni sociologie, ni journalisme, il s'agit bien de fictions (père admirable ; père violent voire immonde ; père absent ; père divorcé ; père heureux en ménage.) où s'expriment une émotion et un appel à plus de paternité dans nos sociétés. D'où ce titre en forme de cri : Papas ! Des récits aux tons variés, qui abordent des réalités d'aujourd'hui, avec pour décors la Mer du Nord, le Liban, le Burkina-Faso, Bruxelles, la France, etc. L'auteur fait ici preuve d'une merveilleuse sensibilité servie par un style tout en nuances.
    Aucun de ses personnages ne laisse indifférent.
    Michel Torrekens est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels Le géranium de Monsieur Jean, publié chez Zellige, et qui a obtenu le Prix du meilleur premier roman belge, décerné par Patrick Poivre d'Arvor.
    Clin d'oeil : l'ouvrage est préfacé par l'écrivain Patrick Nothomb, lui aussi père... d'une certaine Amélie Nothomb.

  • François, architecte divorcé, tombe sous le charme de Sana, jeune Palestinienne venue faire ses études en Europe. Rapidement ils s'installent ensemble, puis ont une fille, Farah. Contrairement à Sana, François ne se sent particulièrement concerné par le conflit israélo-palestinien.

    Petit à petit, leur couple va se déliter, jusqu'à la séparation, chacun ayant la garde de Farah à tour de rôle. Un été, Sana part avec Farah à Gaza, chez ses parents. Qui ont le malheur d'habiter le même immeuble qu'un chef du Hamas. Un soir, un avion israélien lâche une bombe sur le bâtiment qui est entièrement détruit. Il n'y a pas un seul survivant.

    François, effondré, ne supporte pas la disparition de sa fille. Cela devient une obsession : exercer sa vengeance.

  • Dans un petit village haïtien, le houngan, un prêtre vaudou, doit s'élever contre l'expulsion des paysans qui habitent des terres déboisées. Pour cela, il sera aidé de Marie-Ange, une jeune femme fraîchement débarquée de la capitale qu'il prend sous son aile, et de son fils Facius. Prix France-Antilles 1960.

  • Quelle chierie! Et quels monstres d'innocence ces paysans... Pas un livre, pas un cabaret à portée de moi... Quelle horreur que cette campagne...

    Comme Rimbaud, Marcel a fui l'Ardenne. Et comme lui, il a aussitôt regretté l'odeur du laitage dans l'air du soir ou celle de l'étable, pleine de fumier chaud...

    Il vient de mourir. Il avait quatre-vingt-huit ans. Il aimait Agathe, la mer, le vin et les livres. Sa fille se souvient que petite, il l'a payée vingt francs pour dire un poème.

    - C¸a y est, papa, je connais. Tu me donnes mes sous ?

    - Récite-le-moi d'abord.

    Drôle de contrat. Un simple poème peut-il nourrir un destin? Il semble que oui et c'est la trace que suit l'auteure. Amoureux l'un et l'autre du « poème à vingt francs », père et fille deviennent le symbole de ce qu'une génération peut transmettre à la suivante.

    Leurs vies sont ancrées dans celle du vingtième siècle et au fil des ans et des événements - les rafles de 1942, l'Expo 58, les grèves de l'hiver 60, mai 68... - une galerie de personnages traverse leur histoire et l'Histoire. Attachants et burlesques, pathétiques et généreux, nous les avons croisés, ils nous croisent tous les jours, en Belgique et même jusqu'au Maroc.

    Avec l'élégance de style qu'on lui a déjà reconnue, l'auteure nous offre ici, dans un registre intimiste tantôt drôle, tantôt grave, le quotidien de Belges qui invitent chez eux la poésie.

  • « Elle fait pff en avançant la lèvre inférieure pour décoller les cheveux qui lui chatouillent le nez. Elle agite encore sa corde à sauter, sans conviction. Elle essuie de temps à autre sa figure très ronde, un peu lourde, avec le dos de sa main ou même le revers de sa robe. Et c'est à ce moment-là, celui où un pan de tissu est levé devant son visage, que passe sur la route quelque chose de rose. Et quand c'est passé, la petite fille n'est plus là. Sur le bord de la chaussée, il n'y a plus que la corde. Une corde vert fluo avec des poignées en plastique ».

    Disparition?? Enlèvement?? L'auteur de Scènes d'amour et autres cruautés nous enlève, nous aussi, sans complaisance, des lieux de notre quotidien. Dans la rue, dans une salle d'attente, à table, au lit, il nous surprend en flagrant délit d'innocence. D'absence. Le basculement s'est produit subrepticement. Il nous entraîne dans les profondeurs plus ou moins avouables de notre petit infini personnel et il nous laisse alors tout seuls face à nos questions.

    Nous retrouvons, dans l'écriture de Jacques Richard, le goût du dérapage, du sens pluriel et détourné. L'acuité de l'observation, la puissance d'évocation ouvrent sur une vision du monde dont l'humour parfois corrosif n'oblitère jamais la tendresse pour ses semblables.

  • Voici quelques titres parmi les 13 nouvelles constituant ce recueil. Que l'auteure a astucieusement construit.
    Chaque nouvelle est précédée d'un bref article de journal relatant de manière succincte ou incomplète un fait divers dramatique. La nouvelle le développant ensuite, permettant d'en savoir plus et d'en connaître (parfois) toute l'histoire. Comme si chaque nouvelle était un petit polar découlant d'un entrefilet de cette rubrique faits divers...

  • À La Plaine des Gommiers, village du sud haïtien, le père Absalon, curé français de la chapelle Notre-Dame et Gesner, le houngan (prêtre vaudou) du temple de Gygès, se livrent à une lutte d'influence incessante.
    Les parents de la petite Anita, excédés par les conflits et les mystères qui empoisonnent la vie du village s'enfuient avec elle en Floride sur un boat-people. Le père n'y survivra pas. Anita grandit avec sa mère et devient infirmière à New York où elle ne trouvera jamais le bonheur. Dimitri, son amant, recule toujours le moment où il quittera sa femme ; le Dr Jefferson la couvre d'attentions mais ne se déclare jamais ; et Wanito, le seul prêt à l'épouser, elle n'en veut pas...
    Même Ellen, son amie et thérapeute n'arrive pas à la sortir de son mal-être. Dont elle sent confusément que son origine se trouve en Haïti. Pourquoi ses parents en sont-ils partis si rapidement ? Pourquoi toutes ces rumeurs qui leur ont pourri la vie ?
    À l'occasion d'un voyage humanitaire, Anita décide de revenir dans son village natal, où elle manque de mourir après avoir mangé un fruit toxique, un aki. Prise de transes, de terribles secrets de famille enfouis remontent à la surface, dévoilant le pourquoi de ses angoisses et le rôle qu'y a tenu Gesner, le houngan de Gygès. Et étrangement, ces révélations qui vont bouleverser sa vie, finiront par l'amener à la paix et à la sérénité.

  • Chaque semaine, au cours de ces deux dernières années, Fouad Laroui a tenu une sorte de blog dans lequel il s'efforçait de consigner ce qui lui avait paru remarquable, cocasse, attristant ou tout simplement digne d'intérêt concernant son pays d'origine. Avec souvent un regard ironique (mais parfois consterné). Sans oublier bien sûr un abus (salutaire) de s'exprimer contre la bêtise...
    Bien que les sujets de ces modestes « méditations » varient beaucoup, il nous a semblé que leur réunion en un recueil donnait une image assez fidèle - bien que très personnelle - de la condition du Marocain réduit à regarder de loin, accablé ou amusé, ce qui se passe en son étrange royaume... ou plutôt ses deux royaumes, le Maroc et les Pays-Bas, car l'auteur n'oublie jamais que si Arlequin était serviteur de deux maîtres, il est lui, sujet de deux monarques.

  • Monsieur Jean

    Gérard Haddad

    • Zellige
    • 4 Avril 2017

    « Il nous faut reprendre tout cela, lui dit le psy, reconstruire votre histoire. C'est ce qu'il nous faut entreprendre. - Elle commence où mon histoire, selon vous ? - Comme pour chacun, bien avant sa naissance, et même sur trois générations. » Une saga qui met en présence, en Algérie, par les hasards de la Deuxième Guerre mondiale, les membres de deux familles de culture et de religion différentes : des juifs oranais citadins, des ruraux musulmans. De part et d'autre, de violents conflits avec l'autorité paternelle ont entraîné la rupture. Et les descendants nés de ces deux mondes irréconciliables sont à leur tour porteurs de ce conflit irrésolu qui leur a été légué.

  • L'oncle Carl

    Charles d' Huart

    • Zellige
    • 1 Novembre 2011

    La vie suivait son cours normal, aussi bien dans l'étude parisienne de Grégoire de Saint-Roch, que dans le manoir familial du Vercors où s'était retiré son père, Maurice. Le coup de tonnerre viendra de Québec, avec l'annonce de la mort de Carl, oncle de Grégoire et frère de Maurice. Résistant, il avait disparu en 1943 et tous l'imaginaient tué au combat.
    Mais voilà que l'on apprend que depuis la fin de la guerre, il avait refait sa vie au Canada, avec des comportements pour le moins inhabituels pour un Saint-Roch. Recueillant notamment un médecin indien, sorte de sorcier-guérisseur et adoptant une jeune orpheline, Sarah.
    Avec l'ouverture du testament, les surprises continuent : dans ses dernières volontés, Carl stipule que Sarah, sa fille adoptive, soit accueillie et hébergée dans le manoir de Saint-Roch, auprès de son frère Maurice.
    Grégoire, devant être celui qui veillera à la bonne exécution des dernières volontés de son oncle, va donc quitter son cabinet parisien, après être allé chercher la dénommée Sarah à Québec, pour s'installer dans le manoir familial.
    L'arrivée de la protégée de l'oncle Carl va bouleverser la vie des Saint-Roch, faisant resurgir une histoire vieille de 50 ans, teintée de l'antisémitisme le plus vil, et que certains auraient préféré voir rester enterrée dans les bas-fonds de la conscience.

  • Haïti, fin du 20ème siècle. Un vieil homme sentant sa fin arriver décide de raconter l'histoire de sa vie à sa petite fille.
    Congo belge, début du 20ème siècle. Un gamin se retrouve seul après que son village ait été rasé. Il est recueilli par un missionnaire grec, qui n'a pas particulièrement la foi, mais Léopold II, Roi des belges, voulait évangéliser les noirs et payait bien tous ceux qui se déclaraient prêts à le faire. Une affection partagée va naître entre le gamin et le missionnaire. Celui-ci décide alors retourner s'occuper du restaurant qu'il a laissé à Athènes. Les voilà tous deux partis dans un road-movie à travers l'Afrique.
    À Athènes, le gamin devient serveur dans le restaurant du Grec. Il grandit, devient un jeune homme dont la peau noire ne laisse pas indifférentes les Athéniennes.
    Mais son mentor a toujours la bougeotte, et les voilà partis pour la Belgique, où le missionnaire avait noué des liens lors de son séjour au Congo. Là, le jeune homme, devenu adulte, embarque comme steward sur l'un de ces paquebots de luxe qui faisaient la traversée vers le nouveau monde à la Belle époque.
    Lors d'une escale en Haïti, il descend à terre. et ne repartira plus. La raison ? Une femme, bien sûr.

  • Une suite de textes littéraires, de récits et de nouvelles, où le fantastique, l'imaginaire, le surréalisme sont présents, comme souvent dans la littérature haïtienne. Ces récits ont pour décor la vie quotidienne en Haïti aujourd'hui, l'amour étant un thème récurrent qui transcende les protagonistes.

  • Ce premier volume est consacré au bassin méditerranéen (Espagne, Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Palestine, Liban, Syrie, Turquie, Grèce, Albanie, Italie).
    Parmi la quarantaine d'écrivains qui y figurent, citons : Vassilis Alexakis, Rachid Boudjedra, Michel del Castillo, Malek Chebel, Driss Chraïbi, Assia Djebar, Nedim Gürsel, Ismaël Kadare, Yasmina Khadra, Fouad Laroui, Amin Maalouf, Albert Memmi, Boualem Sansal, Leila Sebbar, Gilbert Sinoué...

  • Rose-Mercie

    Maggy Belin Biais

    • Zellige
    • 10 Mai 2017

    Rose-Mercie n'a que 16 ans lorsqu'elle épouse sous la pression de sa mère Ange Peretti, riche négociant français installé au Cap-Haïtien. Peu après, sa vie bascule : nous sommes en 1915, Ange est mobilisé pour combattre en France. Elle lui annonce alors qu'elle est enceinte.
    En même temps, en Haïti, les factions politiques se déchirent. Les Américains débarquent « pour rétablir l'ordre », mais aussi pour faire mainmise sur l'économie du pays.
    Rose-Mercie part alors avec sa fille, qu'elle a baptisée France, pour la propriété familiale de Milot, à l'abandon. Elle relance la plantation, installe des ruches, lance une fabrique de confitures et crée des onguents parfumés pour les bourgeoises du Cap-Haïtien.
    Mais la colère gronde contre l'occupant américain, les cacos (paysans en révolte) rejoignent la guérilla. Rose-Mercie leur apporte son aide, recueillant les blessés, avec le soutien en sous-main de son parrain Rosalvo Bobo, ministre de l'Intérieur, mais bientôt condamné à l'exil.
    Lors d'un bref retour au Cap, elle retrouve un ami d'enfance, Abdelkader Chanlatte, devenu avocat. C'est le coup de foudre réciproque.
    Mais nous voilà maintenant en 1918, Ange, son mari, démobilisé, est de retour. Peu après, Rose- Mercie découvre qu'elle est à nouveau enceinte. Qui est le père ? Peu importe. Elle demande le divorce, sans pour autant retourner auprès d'Abdelkader. Elle est décidée à rester une femme libre, quel qu'en soit le prix. Et puis les Américains sont toujours là (ils ne repartiront qu'en 1934)...

  • Fille d'Haïti

    Marie Vieux-Chauvet

    Lotus, née d'une mère qui se livrait à la prostitution et d'un père inconnu, voue une haine farouche aux hommes. « Parce qu'ils m'ont volé ma mère, ils sont mes pires ennemis. » Fréquentant bars et boîtes de nuit elle aguiche ceux qui la courtisent, pour mieux les repousser. Parmi eux, le seul à l'aimer d'un authentique amour : Georges Caprou, l'un des leaders de l'opposition au régime qui étouffe Haïti.
    Au contact de cet homme, Lotus finit par ouvrir les yeux sur la misère du peuple. Elle renonce à sa vie dissolue de petite bourgeoise, pour aider les plus pauvres de son quartier, avec le soutien du vieux Charles, son voisin et unique ami.
    Entre Lotus et Caprou naît une relation tumultueuse, soudée par la lutte révolutionnaire à laquelle Lotus s'est jointe. Les émeutes qu'ils fomentent conduisent au renversement du gouvernement, mais à l'enthousiasme succède le désenchantement : ils ont ouvert la boîte de Pandore, à peine libéré de ses oppresseurs le peuple renoue avec ses vieux démons, l'antagonisme entre noirs et mulâtres.
    Traqués par la police, Lotus et Caprou partent se cacher dans la montagne.

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