Aubier

  • Depuis plusieurs années, Sylvie Le Poulichet explore la dynamique de phénomènes qu´elle a dénommés « processus limites », à l´oeuvre chez des patients ordinairement désignés comme borderline. Ces patients souffrent d´une difficulté à « habiter » leur corps, à repérer les limites entre le vivant et le mort et à s´approprier leur histoire.
    Le déploiement de la vie paraît chez eux tombé sous le coup de condamnations parentales, émanant d´événements traumatiques et de fantasmes inconscients, qui se transmettent de génération en génération. Ces sujets en viennent à sacrifier inconsciemment certaines zones de leur corps ou des aspects de leur identité sexuelle. Et des somatisations, des dépressions, des addictions (la boulimie, par exemple), des états de figement affectent souvent leur devenir.
    /> Dans cet ouvrage, on voit se déployer les mouvements de la démarche analytique : l´auteure relate des séquences de cure où l´analyse de rêves et la traversée de fantasmes permettent de recomposer les figures du corps en souffrance.
    Des scènes insoupçonnées apparaissent, ayant le pouvoir de construire de nouvelles versions de la venue au monde du sujet. Et c´est lorsque s´animent les images du corps pensées par le langage du rêve que se produisent de nouvelles prises de corps. C´est lorsque sont analysées les chimères du corps - ces étranges assemblages fantasmatiques de plusieurs corps, vivants ou morts, en un seul, qui vont jusqu´à menacer la continuité d´existence - que tous les symptômes douloureux disparaissent.
    Ce livre montre quels sont les modes d´interprétation qui permettent de dissoudre les fantômes, de dénouer les forces traumatiques et de mettre en jeu des processus créateurs qui laisseront enfin surgir un nouveau champ de regard, de présence, de jeu et de désir.

  • « Chasse les prostituées, aussitôt les passions troubleront tout » : le second Moyen Âge semble une méditation sur ces paroles de saint Augustin. Ribaudes et grandes courtisanes, ruffians et maquerelles, étuves privées et bordels publics : le monde des amours vénales, bien visible, marquait alors les sociétés occidentales de son omniprésence.

    Vingt ans après son ouvrage fondateur, La Prostitution médiévale (Flammarion, 1988), Jacques Rossiaud renouvelle ses analyses à la lumière de la recherche récente. En une synthèse magistrale, il brosse le tableau non plus de la, mais des prostitutions au Moyen Âge, mettant en évidence la complexité des pratiques qui relèvent de la vénalité, et la multiplicité des consonances sociales que celle-ci revêt.


    Le livre imprimé contient un cahier hors-texte de 8 pages en couleur, que nous n'avons pas repris dans l'édition numérique

  • Ce livre met en lumière un visage inconnu de l´enfant autiste. Si cet enfant n´est jamais entré dans le « monde des gens », c´est qu´il a été frappé d´une indicible peur devant son étrangeté et médusé par sa beauté. Cette révélation rend la figure du petit garçon ou de la petite fille hors du temps et hors d´atteinte tout à coup moins énigmatique.
    C´est non seulement cette rencontre manquée avec l´Autre que Henri Rey-Flaud nous fait découvrir, mais encore les stratégies savantes mises en oeuvre par l´enfant pour ne pas être submergé par le réel, ni emporté par la dynamique du langage : ainsi Sarah accrochée à son coquillage-fétiche ou Antonio maniant son miroir, lieu de sa disparition et de sa renaissance. Que ces défenses soient insuffisantes à contenir sa peur, c´est ce dont témoigne la façon qu´il a de murer son regard, sa voix et son corps. Une rétention, quelquefois totale, difficile à soutenir pour les parents. Mais la forteresse dans laquelle il se replie n´est pas vide : un guetteur veille en permanence, attentif à l´Autre redouté et, on ne le sait pas, souvent attendu. Son visage « partagé par le milieu », selon la formule d´un patient, un oeil tourné vers l´intérieur et l´autre vers le monde, exprime cette contradiction. Le lien subtil ainsi maintenu avec la communauté des hommes montre que de telles conduites de retrait ne sont pas l´effet d´une incapacité mais d´un refus résolu qui invalide la mise en cause brutale des parents, avancée par les premiers spécialistes.
    L´enfant autiste présente une figure inédite du « non-agir » promu par les sagesses orientales, qui détermine son rapport paradoxal à la « normalité » et montre que la guérison, dans son cas, signifie rompre le charme, lever l´enchantement qui le tient prisonnier.

  • Aucun enfant ne grandit sans qu'à un moment ou à un autre ses parents ne craignent pour sa vie. Lorsque la peur de perdre un enfant s'impose comme une échéance, à la suite d'une maladie grave comme le cancer, le traumatisme de la perspective de la mort es

  • A l'est du Rhin, au nord des Alpes et en deçà du Danube, s'étendait le vaste territoire que les Anciens appelaient barbaricum.
    Les barbares, ses occupants, formaient une mosaïque de peuples illettrés et païens, dont les Grecs ne comprenaient pas la langue et dont ils moquaient le bredouillement - " bar-bar-bar "... Toute l'histoire de leurs sociétés, de l'Antiquité au Moyen Age, devait être marquée du même mépris que celui dont les gratifièrent les Anciens : ces peuples barbares allaient incarner le contre-modèle du monde " civilisé ".
    Confrontés à la difficulté d'exploiter des sources partiales et issues d'autres cultures, certains historiens hésitèrent à les considérer comme des ethnies séparées - ce qui s'apparentait parfois à une forme de ségrégation - ou bien au contraire comme un bloc d'un seul tenant. Karol Modzelewski a résolu d'englober dans un même horizon comparatif des sources parfois très éloignées dans le temps et dans l'espace.
    Cette approche anthropologique permet d'établir les représentations communes des anciens Germains et Slaves, qui ne distinguaient pas entre sacré et profane et chez lesquels, surtout, le groupe primait sur l'individu.

    Karol Modzelewski propose ainsi une nouvelle interprétation de la généalogie historique de l'Europe : loin de se réduire au seul héritage méditerranéen et chrétien, elle doit compter avec son passé barbare.

  • Une biographie en apprend souvent plus sur une époque qu`un long traité d'histoire. Il en est ainsi de la vie de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), qui parvint en moins de vingt ans à imposer sur le marché français les toiles de Jouy et ses camaïeux monochromes, dont le succès fut immédiat. À travers le récit de cette réussite exemplaire, Serge Chassage raconte l'évolution d'une entreprise textile ouverte à l'international, attentive aux progrès techniques mais aussi réactive à l'actualité qui lui inspire ses plus beaux motifs : l'Indépendance américaine, le ballon des frères Montgolfier ou le Mariage de Figaro. Ce protestant n'en est pas moins un homme pragmatique, qui gère d'une main de maître ses hommes - près d'un millier à l'apogée de la manufacture - et innove en rationnalisant la division du travail. Anobli par la monarchie, Oberkampf incarne la figure du grand patron à la française, célébré et honoré par les princes de son temps.

  • Les cultes égyptiens ont fasciné les hommes des Lumières. S'appuyant sur des sources grecques tardives, certains ont cru y déceler la trace d'une religion double : parallèlement au culte polythéiste partagé par tous aurait existé une religion monothéiste, réservée aux initiés. Au XVIIIe siècle, les sociétés secrètes, notamment franc-maçonnes, où s'organisait le culte de la raison dans une Europe soumise au joug de l'absolutisme politique et de l'orthodoxie chrétienne, ont puisé dans les cultes à mystères une source d'inspiration et le modèle de leur propre fonctionnement. Centrant son analyse sur la conception d'une religion à deux niveaux, religio duplex, Jan Assmann en montre l'élaboration et les prolongements jusqu'à l'époque contemporaine, où elle permet de penser l'articulation entre les traditions religieuses particulières et une religion universelle. Il offre ainsi une réflexion virtuose et extraordinairement féconde sur les racines de notre culture moderne qui, en bien des manières et même indirectement, plongent jusque dans la civilisation de l'Égypte ancienne.

    Couverture : Création Studio Flammarion.
    Jacques Sablet, Élégie romaine ou Double portrait au cimetière protestant de Rome, huile sur toile, 1791, musée des Beaux-Arts de Brest. © Photo Josse / Leemage

  • Le 20 avril 1960, Rio de Janeiro se prépare à vivre une journée décisive. Dans quelques heures, elle ne sera plus la capitale du Brésil : le pouvoir part s'installer à Brasília, nouveau symbole de la modernité brésilienne. Le président Juscelino Kubitschek, qui a projeté ce transfert, orchestre les cérémonies destinées à ôter à la ville ses attributs de capitale. Laurent Vidal s'est penché sur cette journée particulière, dont il reconstitue le déroulement presque heure par heure, au terme d'une enquête minutieuse : fouillant dans les archives des journaux, interrogeant des témoins, donnant la parole aux acteurs du pouvoir, maîtres de ce départ, ainsi qu'aux habitants et aux poètes, spectateurs de cet événement soigneusement mis en scène, il redonne vie à un moment clé de l'histoire de la Ville Merveilleuse.

  • Entre la fin du xixe siècle et les années 20, prague s'imposa comme l'une des capitales européennes de la littérature, de la peinture et de l'architecture.
    Cette ville où il faisait bon vivre - tchèques et allemands y cohabitaient harmonieusement, et la communauté juive y fut longtemps préservée de l'antisémitisme - accueillit et inspira toutes les avant-gardes : symbolisme, décadence. expressionnisme. cubisme... une belle epoque injustement méconnue, et ressuscitée par ce livre que hantent, à chaque page, max brod. rilke, meyrink, mucha, bilek et tant d'autres...
    Autour de kafka, l'écrivain pragois par excellence, qui fait ici l'objet de nouvelles interprétations.

  • La correspondance (1907-1939) de Sigmund Freud avec ses cinq premiers enfants, Mathilde, Martin, Olivier, Ernst et Sophie ? Anna, la cadette, ayant fait l'objet d'une publication séparée ? permet de découvrir quel père a été l'inventeur de la psychanalyse et d'observer l'homme à distance de sa théorie et de sa pratique analytique.
    Freud n'était pas un père au quotidien, et son activité professionnelle l'éloignait de ses enfants. Mais il veillait à rester pour eux un soutien inaliénable, alors même qu'ils étaient devenus adultes. Il manifestait à leur égard une humanité profonde et palpable, une générosité débordante. Jamais il ne leur opposait une attitude moralisante. Au-delà de l'aide bienveillante, financière, psychologique et médicale, il contrebalançait son autorité par une écoute, une compréhension, une souplesse constantes. En patriarche, il avait « un besoin urgent à la vie à la mort » du sentiment que ses enfants « aient ce qu'il leur faut ». Au risque peut-être de les maintenir dans la dépendance.
    Certains traits de la pensée scientifique de Freud s'éclairent de ce jour nouveau. La même franchise face aux questions d'argent ou de sexualité, le même attachement à comprendre l'autre, la même tolérance envers l'humain... Aucune autre source que ces paroles paternelles n'exprime mieux la cohérence qui existe entre la personne de Freud et son oeuvre.

  • Qu´y a-t-il dans le regard étonné que le nouveau-né pose sur le monde ? dans le « pourquoi » insistant de l´enfant ? dans la sidération de l´adulte à l´écoute d´une note, d´un rythme, d´un trait d´esprit inouïs ? dans le vol suspendu du danseur ? Le surgissement d´un nouveau radical qui va bien au-delà du renouveau lié à la remémoration d´un signifiant refoulé, tel que Freud l´avait formulé. Il est la clé d´un lieu auquel le mot ne donne pas accès et que Lacan situait « plus loin » que l´inconscient.
    Mais comment s´approcher d´un tel lieu ? L´acte de création semble y mener lorsqu´il offre à notre perception de quoi appréhender l´invisible, l´inouï. Et n´y a-t-il qu´une réponse à cet étonnement ? Quelles instances psychiques met-il en jeu ? Pour répondre à ces questions, la religion offre une piste intéressante : le choix inconscient que provoque le nouveau radical sera celui de l´hérétique (qui veut que l´étonnement subsiste) ou celui de l´inquisiteur (qui veut le voir abdiquer). C´est ainsi que certains philosophes contemporains - tel Alain Badiou - sont conduits, au nom du dogme chrétien inventé par saint Paul, à ne voir qu´une imposture dans l´étonnante universalité des lois de la Parole données par Moïse.
    L´étonnement est ce qui cesse avec le dogme : lorsqu´il est la voie par laquelle le sujet entre en résonance avec la loi et l´outrepasse ; lorsqu´il rend le complexe d´OEdipe plus complexe en le renvoyant à son ancêtre Dionysos, dieu de ce qui sonne et résonne ; lorsqu´il donne accès au nouveau absolu délivrable par le réel.

  • Dans ce recueil de textes, réunis après la mort de Conrad Stein, on trouvera des clés pour la conduite de la cure. Des clés pour traverser les difficultés de l'analyse et en affronter les énigmes : celle du féminin, de la séduction, du tragique... Conrad

  • Les baïonnettes luisent, les canons tonnent et la cavalerie charge sur des airs d'opéra.
    En plein champ de bataille, le reporter affûte sa plume, le peintre pose son chevalet. Dans les rues et sur le parvis des églises, au théâtre, au Louvre ou dans les couloirs des lycées, les pères discutent de tactique et les enfants parlent de gloire... Pour la première fois, un historien explore le coeur et l'esprit des Français au temps où Napoléon les gouvernait par le verbe et par l'épée.

  • La religion des Romains a mauvaise réputation. Comparée aux religions universelles dites du Livre, elle paraît dénuée d´intérêt. Ignorant l´idée de révélation, dépourvue de croyances et de dogmes, elle ne se compose que de rites et d´obligations rituelles. C´est précisément ce ritualisme qui a longtemps été mal compris, voire méprisé. Or rites et sacrifices peuvent manifester une pensée théologique ou philosophique implicite : ils mettent en scène les hiérarchies qui existent dans ce monde-ci et dans l´au-delà, entre les hommes et les dieux, entre les dieux eux-mêmes, et entre leurs partenaires humains. Ainsi, la découpe d´un boeuf, l´ordre de distribution des parts de viande ou même la manière de les consommer en disent long sur les relations entre les dieux et les humains.

  • Ce livre renouvelle la représentation psychanalytique du psychisme humain en corrigeant la conception classique, fondée sur le refoulement. Il jette un nouvel éclairage sur les derniers textes de Freud, en dégageant le rôle d'une opération inédite que Kant avait pressentie sous le nom de « mensonge intérieur » et que Lacan allait appeler le « démenti ».
    Ce processus, peu connu, jusqu'ici réservé à la perversion, produit chez le sujet, à l'économie de tout travail inconscient, un clivage entre sa croyance et la réalité exprimé par la phrase canonique : « Je ne comprends pas de quoi vous me parlez. » Un peu comme si coexistaient chez lui tout à la fois la folie et le bon sens, Don Quichotte et Sancho Panza. Freud, sur l'Acropole d'Athènes, fit l'expérience de ce vécu étrange d'où il tira des conclusions fascinantes qui ébranlèrent les deux piliers fondateurs de sa théorie : le refoulement et l'inconscient.
    À la lumière de cas cliniques passionnants, Henri Rey-Flaud nous entraîne au plus profond de la « crypte » obscure où se jouent ces conflits ignorés, et nous montre comment, dans l'histoire contemporaine, les relations humaines ont été affectées par cette aptitude secrète à démentir la réalité lorsque celle-ci vient menacer les enjeux vitaux de l'individu ou de la société.

  • L'âge d'or du duel en France, ce n'est pas l'époque des mignons de Henri III, mais le siècle du fer et de la vapeur : après la Révolution française, plus besoin d'être noble pour porter l'épée et provoquer un adversaire aussi bien né que vous. Tout le monde peut se battre, et tout le monde se bat, à l'épée, au sabre, au pistolet ; à propos d'un pied écrasé par mégarde, d'un article de journal venimeux, ou d'un adultère trop voyant.
    A force de se battre, on commence à se tuer moins : le dernier duel meurtrier connu a lieu en 1903. Et puis, après la boucherie de la Grande Guerre, le duel s'étiole, même si quelques combats ont encore lieu jusque dans les années 50 - notamment celui qui opposa Defferre à Ribière, indigné d'avoir été traité d'" abruti ".
    Fourmillant de récits de rencontres légendaires ou méconnues, ce beau livre raconte la saga du duel sous toutes ses formes, sociales, littéraires ou politiques.

  • Compléter des séries de chiffres, mémoriser des figures géométriques, dessiner un arbre, interpréter des taches d'encre... Les tests de recrutement sont une gymnastique à laquelle il est bon de se préparer avant d'affronter psychologues et cabinets de sélection.
    Conçu dans le même esprit que Les Tests démystifiés, dont le succès depuis vingt ans ne s'est pas démenti, cet ouvrage se veut un manuel pratique pour mieux analyser les tests et les passer avec succès.
    Parce que les données du recrutement et de la psychologie ont évolué et parce que trouver un emploi est aujourd'hui plus difficile que jamais, Les Nouveaux Tests démystifiés offrent une approche actualisée de la question et de nombreux exercices d'application.

    Couverture : illustration Christian Roux
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  • En 1840, Louis-Napoléon Bonaparte, en exil depuis que son oncle l´Empereur a été chassé du trône, tente un débarquement nocturne sur les plages de Boulogne, avec pour objectif de marcher sur Paris.
    Hélas, l´entreprise échoue lamentablement : facilement capturé, le prince est tourné en ridicule et condamné à l´emprisonnement perpétuel dans la forteresse de Ham, dans la Somme.
    De cette punition censée le faire définitivement oublier des Français, Louis-Napoléon tire un profit inattendu : à force d´articles enflammés dénonçant le gouvernement, de rencontres avec les grandes figures républicaines, il se forge une image nouvelle et s´intègre de plain-pied dans le jeu politique national. À l´ombre des barreaux, le dandy londonien se mue en héros de la cause populaire, porte-parole des opprimés ; derrière ce Napoléon du peuple, on devine déjà les traits du futur empereur.

  • Dépression. Dans le langage courant, ce mot est utilisé sans discernement pour désigner la tristesse, l'humeur dépressive, la dépression caractérisée ou la maladie mélancolique qui peut conduire au suicide.
    Cette confusion de plus en plus fréquente entre

  • Il n'y a pas, en France, une droite mais trois : droite légitimiste, orléaniste et bonapartiste. Enoncée par René Rémond en 1954 dans la Droite en France, cette distinction est devenue classique, et le titre du présent ouvrage prend acte de cette acceptation. Mais, depuis, la France a changé ; les familles politiques aussi. La distinction est-elle encore valable ? La division droite-gauche elle-même a-t-elle encore un sens ? Qu'en est-il de l'extrême-droite ? Comment se situe le gaullisme par rapport à ces trois traditions ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles, dans cette étude qui se prolonge jusqu'au lendemain des présidentielles de 1981, René Rémond s'attache à répondre. Loin d'être périmée par l'actualité, sa thèse éclaire en fait le sens des événements les plus récents : en retour, leur déchiffrement projette une lumière nouvelle sur les périodes plus lointaines : l'historien est conduit à faire une lecture neuve du bonapartisme, du boulangisme et des ligues. En outre, tout un chapitre a été consacré au fascisme français et à l'examen des causes de sa faible pénétration.
    René Rémond, qui enseigne à l'université de Nanterre dont il a été le premier président, et à l'Institut d'Etudes Politiques, conjugue la discipline de l'historien et l'approche du politiste. Convaincu de la constance propre et de l'autonomie des faits de culture, il s'intéresse depuis longtemps à la continuité des idées politiques et aux manifestations de l'opinion publique.
    Les Droites en France est désormais un ouvrage classique de l'historiographie politique française.

  • Freud a découvert des espaces inconnus où glissent et s´entrechoquent des icebergs immobiles, oscillant dans un temps qui ne passe pas : l´inconscient. Il a inventé une méthode pour en explorer les profondeurs, un discours pour le présenter. Formulant les règles de sa pratique, s´efforçant d´écrire l´événement psychique, il n´a cessé de remettre en chantier le discours de sa méthode.
    La psychanalyse est sa «création». Les uns la récusent, d´autres veulent la refonder. Des traducteurs, des psychanalystes, des philosophes et d´autres commentateurs, français, anglosaxons, germanistes, ont particulièrement interrogé durant la seconde moitié du XXe siècle la manière dont il a pensé et exposé sa théorie. Pour relever les contraintes spécifiques qui se sont imposées à son écriture, Jean-François de Sauverzac a dû relire nombre d´entre eux, écouter leurs interprétations du rêve de Freud : son désir de fonder la connaissance rationnelle de l´inconscient. D´où un retour au texte freudien, à quelques figures saillantes de la rhétorique et des stratégies mises en oeuvre, puis, par delà le mythe d´un texte originaire ou perdu, un effort pour suivre, entre concepts et signifiants, le mouvement de ce work in progress et de son éternel retour.

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